{"id":9263,"date":"2015-12-14T13:55:44","date_gmt":"2015-12-14T12:55:44","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-bartolone-le-pouvoir-comme-seule\/"},"modified":"2023-06-23T23:21:05","modified_gmt":"2023-06-23T21:21:05","slug":"article-bartolone-le-pouvoir-comme-seule","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=9263","title":{"rendered":"Bartolone, le pouvoir comme seule conviction"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Le candidat socialiste \u2013 d\u00e9fait \u2013 \u00e0 la pr\u00e9sidence de l&#8217;\u00cele-de-France a voulu jouer de toutes les facettes de son parcours pour conqu\u00e9rir la r\u00e9gion. Portrait d\u2019un habile dont la longue marche est parfois pass\u00e9e sur les autres, avant le coup d&#8217;arr\u00eat de ce 13 d\u00e9cembre. <\/p>\n<p><em>Portrait extrait du num\u00e9ro d&#8217;automne de<\/em> Regards<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">* * *<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Juin 1981, la Seine-Saint-Denis vit un s\u00e9isme politique. Jusqu\u2019alors, les neuf d\u00e9put\u00e9s de ce d\u00e9partement ouvrier \u00e9taient tous communistes. Mais dans la foul\u00e9e de l\u2019\u00e9lection de Fran\u00e7ois Mitterrand, quatre socialistes parviennent par surprise \u00e0 gagner leur si\u00e8ge \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e. Parmi eux, Claude Bartolone. Il a \u00e0 peine trente ans et vient de conqu\u00e9rir sa place en d\u00e9boulonnant une communiste, la d\u00e9put\u00e9e-maire de Bagnolet Jacqueline Chonavel. Il ne l\u2019oubliera jamais.<br \/>\nSes d\u00e9buts, il les fait dans l\u2019ombre de Laurent Fabius. Claude Bartolone est longtemps son &#8220;porte-flingue&#8221;. Il aime la conqu\u00eate, le combat politique. La r\u00e9partition des r\u00f4les est acquise : au fils prodige de la Mitterrandie la formalisation, \u00e0 Barto la &#8220;mise en \u0153uvre&#8221;. Il fait siennes les vues du jeune premier ministre venu remplacer Pierre Mauroy \u00e0 Matignon, en 1984, quand l\u2019union de la gauche version programme commun explose. Ce sont les ann\u00e9es de jeunesse, celle des apprentissages dans un contexte de tr\u00e8s grande tension entre socialistes et communistes. Ce go\u00fbt de l\u2019affrontement ne le quitte plus. Aimant jouer le &#8220;bad boy&#8221;, il lance son meeting de d\u00e9but de campagne pour les r\u00e9gionales par un <em>\u00ab Bon sang, il n\u2019y a rien de tel que le parfum d\u2019une campagne \u00e9lectorale ! \u00bb<\/em> Une d\u00e9faite dans les urnes ? Il n\u2019en a connu qu\u2019une, aux cantonales de 1992. Aussi Barto cultive-t-il l\u2019image du gagneur et du cogneur. Ce n\u2019est pas qu\u2019une image.  <\/p>\n<h2>Coco killer en Seine-Saint-Denis<\/h2>\n<p><em>\u00ab C\u2019est un tueur \u00bb<\/em>, l\u00e2che le d\u00e9put\u00e9 PS de l\u2019Essonne, Michel Pouzol. Jacqueline Rouillon, ex-maire Front de gauche de Saint-Ouen et conseill\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, se souvient de sa faible inclination pour le d\u00e9bat autant que de sa violence : <em>\u00ab Il ne supporte pas qu\u2019on lui r\u00e9siste. Alors qu\u2019il venait d\u2019\u00eatre \u00e9lu pr\u00e9sident du Conseil g\u00e9n\u00e9ral, nous avons eu une s\u00e9ance m\u00e9morable sur l\u2019endettement du d\u00e9partement. C\u2019\u00e9tait un vrai cours magistral, sans d\u00e9bat. L\u2019objectif : montrer \u00e0 quel point les communistes avaient mal g\u00e9r\u00e9 le d\u00e9partement. Et comme je me suis indign\u00e9e de cette absence de d\u00e9bat, il m\u2019a lanc\u00e9, mena\u00e7ant, en pleine s\u00e9ance : &#8220;\u00c7a se r\u00e8glera \u00e0 Saint-Ouen !&#8221; \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p>Barto ne d\u00e9teste pas entretenir le cercle de ses ennemis. L&#8217;hostilit\u00e9 entre lui et les communistes de Seine-Saint-Denis est solidement ancr\u00e9e. <em>\u00ab La m\u00e9thode Bartolone en Seine-Saint-Denis, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 de tuer les communistes, r\u00e9sume sans d\u00e9tour un \u00e9lu. Il est celui qui s\u2019est ing\u00e9ni\u00e9, dans le seul but de la conqu\u00eate, \u00e0 creuser les divisions locales entre socialistes et communistes. Il y avait en Seine-Saint-Denis une forte tradition d\u2019union de la gauche qu\u2019il s\u2019est appliqu\u00e9 \u00e0 d\u00e9truire en faisant des communistes l\u2019ennemi principal. \u00bb<\/em> \u00c0 Montreuil, Villetaneuse, Saint-Ouen, La Courneuve ou Saint-Denis, notamment, il a conduit les hostilit\u00e9s. \u00c0 Saint-Denis, il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 d\u00e9barquer le secr\u00e9taire de section historique, George Sali, pour placer son poulain, Mathieu Hanotin. Objectif : d\u00e9gommer les communistes et le maire sortant Didier Paillard (PCF). La droite applaudit des deux mains. L\u2019UDI Jean-Christophe Lagarde f\u00e9licite Claude Bartolone de <em>\u00ab grignoter l\u2019empire communiste \u00bb<\/em> et \u00c9ric Raoult, ancien d\u00e9put\u00e9-maire du Raincy, le surnomme &#8220;Coco killer&#8221;.<\/p>\n<p>Preuve de son efficacit\u00e9 de tueur, Bartolone parvient en 2008 \u00e0 ravir aux communistes la pr\u00e9sidence d\u2019un Conseil g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9put\u00e9 imprenable. Ce d\u00e9partement n\u2019avait-il pas \u00e9t\u00e9 dessin\u00e9 quarante ans plus t\u00f4t comme un bantoustan communiste suppos\u00e9 circonscrire leur influence ? De coup de boutoir en coup de boutoir, Bartolone fait mieux que les gaullistes : il les d\u00e9loge. Du Conseil g\u00e9n\u00e9ral d\u2019abord. De villes ensuite. Le r\u00e9sultat est moins probant en 2014, marqu\u00e9 par un affaissement de toute la gauche : le d\u00e9partement rouge vire au bleu et la collecte socialiste est nulle. Les barto-boys ne parviennent \u00e0 s\u2019imposer ni \u00e0 Montreuil et ni \u00e0 Saint-Denis face aux communistes et aux Verts. Mais la gauche dans son ensemble est affaiblie gravement et perd des fiefs au profit de l\u2019UDI ! Barto ne gagne pas \u00e0 tous les coups.<\/p>\n<h2>Le sens du tempo, le go\u00fbt des premi\u00e8res places<\/h2>\n<p>Bartolone parvient \u00e0 \u00e9largir le cercle de ses ennemis aux \u00e9cologistes du d\u00e9partement. Sa gestion est directement mise en cause par Dominique Voynet lorsqu\u2019elle jette l\u2019\u00e9ponge, en mars 2014. Ses propos rappellent ceux de l\u2019ancienne maire de Saint-Ouen : <em>\u00ab Pour \u00eatre r\u00e9\u00e9lue, je devrais me r\u00e9soudre \u00e0 des compromis, \u00e0 des alliances, \u00e0 des prises de position qui bousculent mes valeurs et mes convictions et me conduiraient \u00e0 ne plus me ressembler \u00bb<\/em>. Elle fait allusion dans Lib\u00e9ration \u00e0 un <em>\u00ab parrain de la Seine-Saint-Denis \u00bb<\/em>, dont elle ne voulait pas avoir \u00e0 <em>\u00ab baiser la bague \u00bb<\/em>. Selon Dominique Voynet, Claude Bartolone se trouverait \u00e0 la t\u00eate de <em>\u00ab gens qu&#8217;il a plac\u00e9s, \u00e0 tous les niveaux de responsabilit\u00e9 \u00bb<\/em> dans le d\u00e9partement et <em>\u00ab qui lui doivent beaucoup ou qui croient lui devoir beaucoup \u00bb<\/em>. Don Bartolone, cet autre surnom lui colle d\u00e9sormais \u00e0 la peau. Arnaud Montebourg l\u2019a appris de l\u2019ire qu\u2019il provoqua quand il osa soutenir S\u00e9gol\u00e8ne Royal en 2006 (dans la primaire qui l\u2019opposait \u00e0 Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius). Comment celui qu\u2019il pense avoir fait d\u00e9put\u00e9 en lui r\u00e9servant une circonscription imprenable peut-il ainsi choisir ce camp ? Bartolone s\u2019\u00e9trangle. <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.donspep.caissedesdepots.fr\/?journal=REGA\"><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/banniere-don-regards-4.jpg\" alt=\"banniere-don-regards-4.jpg\" align=\"center\" \/><\/a><\/p>\n<p>Mais ce sens de l\u2019action aux confins de la violence et de la domination lui sourit le plus souvent. Car Bartolone a aussi le sens du tempo et, d\u00e9sormais, une haute id\u00e9e de sa personne. Le go\u00fbt des premi\u00e8res places, il l\u2019a acquis \u00e0 son poste de ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la Ville dans le gouvernement Jospin. \u00catre le bras droit de Fabius ne lui suffit plus tout \u00e0 fait, d\u2019autant que ce dernier traverse une s\u00e9v\u00e8re p\u00e9riode de solitude apr\u00e8s 2005. Les socialistes ne lui pardonnent pas d\u2019avoir fait savoir qu\u2019il voterait &#8220;non&#8221; au Trait\u00e9 constitutionnel europ\u00e9en (TCE). Hollande est particuli\u00e8rement rancunier. Fabius perd largement la primaire de 2006. Bartolone trouve \u00e0 s\u2019extirper du placard quand S\u00e9gol\u00e8ne Royal a besoin de rassembler toute la famille socialiste. Il sera le repr\u00e9sentant de la &#8220;fabiusie&#8221; dans l\u2019\u00e9quipe de campagne. Il y gagne sa place et ne fera pas que de la figuration. Mais c\u2019est aussi le d\u00e9but de la fin entre les deux hommes. <\/p>\n<p>D\u00e9sormais, Claude Bartolone ne roule plus pour Fabius, mais pour lui m\u00eame. La s\u00e9paration est consomm\u00e9e en 2008. Les anecdotes sur leur divorce sont l\u00e9gion. On raconte que Fabius lui aurait reproch\u00e9 d\u2019avoir mal d\u00e9fendu les int\u00e9r\u00eats du courant dans les n\u00e9gociations internes lors de l\u2019\u00e9pique congr\u00e8s de Reims \u2013 qui imposa Martine Aubry \u00e0 la t\u00eate du PS face \u00e0 S\u00e9gol\u00e8ne Royal. Pas assez de secr\u00e9taires nationaux obtenus, aurait tanc\u00e9 l\u2019ancien premier ministre ! Pire, le m\u00e9pris de classe affleure dans la bouche de Fabius lorsque Bartolone le consulte sur son ambition de conqu\u00e9rir le d\u00e9partement : <em>\u00ab C\u2019est beaucoup de travail, je ne crois pas que ce soit une bonne id\u00e9e \u00bb<\/em>. Pour le fils de d&#8217;ouvriers agricoles \u00e9migr\u00e9s en Tunisie, c\u2019est un peu raide. <\/p>\n<h2>Convictions minimales, critiques hom\u00e9opathiques<\/h2>\n<p>Car Bartolone est fier de son parcours. Il n\u2019est pas de grands discours o\u00f9 il ne rappelle ses origines populaires, son arriv\u00e9e au Pr\u00e9-Saint-Gervais en 1960, le projet de CAP de m\u00e9canique qu\u2019il parvient \u00e0 transformer en licence de math\u00e9matiques. Pour cet homme politique int\u00e9gral, faire valoir ses origines populaires et immigr\u00e9es, ainsi que sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la Seine-Saint-Denis, rel\u00e8ve autant de l\u2019orgueil personnel que du calcul politique. Dans un paysage politique d\u2019une consternante homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 sociale, Bartolone se pr\u00e9vaut sans mod\u00e9ration de ses ascendances. <em>\u00ab J\u2019ai v\u00e9cu trente ans dans la m\u00eame rue en Seine-Saint-Denis, expliquait-il \u00e0 la presse en 2013, J\u2019ai juste chang\u00e9 de c\u00f4t\u00e9 pour avoir une plus belle vue. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Mais cette insistance n\u2019est pas sans relation avec ses convictions. On lui en conna\u00eet peu, sauf celle qu\u2019il partagea avec Fabius dans le d\u00e9sastre de 2002. Comme Fabius, il analyse l\u2019\u00e9viction de Jospin par le foss\u00e9 entre les socialistes et le peuple. R\u00e9pondant \u00e0 un chat du Monde, il dit : <em>\u00ab Vous avez certainement remarqu\u00e9 que nous avons perdu les \u00e9lections le 21 avril. Et il serait irresponsable aujourd&#8217;hui de ne pas tirer les le\u00e7ons de ce terrible \u00e9chec, de ne pas prendre en compte le fait que la mondialisation qui se construit est plus dure, difficile \u00e0 vivre pour les salari\u00e9s que ce que pouvaient imaginer bien souvent les plus pessimistes \u00bb<\/em>. C\u2019est pour combler ce foss\u00e9 qu\u2019avec Fabius, ils prennent position en faveur du &#8220;non&#8221; en 2005. Les fabiusiens, class\u00e9s \u00e0 la droite du PS, surprennent. Ce brouillage d\u2019image, ce repositionnement, Bartolone va le faire fructifier. Il devient le pote de tout le monde. Et aujourd\u2019hui qu\u2019il m\u00e8ne campagne, il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 dire : <em>\u00ab On peut vivre avec 4 % de d\u00e9ficit budg\u00e9taire, pas avec 4 degr\u00e9s de plus \u00bb<\/em>, histoire d\u2019entretenir une petite musique critique, de parler \u00e0 l\u2019oreille du Front de gauche et des \u00e9cologistes. La conqu\u00eate de la pr\u00e9sidence de r\u00e9gion est \u00e0 ce prix.<\/p>\n<p><em>\u00ab Au-del\u00e0 de la surface, Claude Bartolone n\u2019a pas beaucoup investi les id\u00e9es \u00bb<\/em>, estime pourtant le politologue R\u00e9mi Lefebvre. Il fait de ses origines populaires et de son appartenance \u00e0 la Seine-Saint-Denis son viatique, un substitut d\u2019identit\u00e9 politique. <em>\u00ab Il est difficile \u00e0 situer dans le PS, poursuit R\u00e9mi Lefebvre, car il a toujours r\u00e9ussi \u00e0 se cr\u00e9er une image d\u00e9cal\u00e9e. \u00bb<\/em> Claude Bartolone brouille les cartes \u00e0 loisir, respect\u00e9 comme un possible adversaire par Fran\u00e7ois Hollande, proche de Martine Aubry mais sans jamais frayer avec les frondeurs. Afin d\u2019affirmer ses ambitions, il s\u2019autorise parfois la critique vis-\u00e0-vis du gouvernement. <em>\u00ab Certes, mais de mani\u00e8re hom\u00e9opathique \u00bb<\/em>, r\u00e9pond R\u00e9mi Lefebvre. Dans la salle des quatre-colonnes, on ne se bouscule pas pour parler du pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e. On n\u2019insulte pas l\u2019avenir. <em>\u00ab Il n\u2019a pas vraiment de structure politique, pas d\u2019id\u00e9e, mais c\u2019est bon tacticien \u00bb<\/em>, l\u00e2che quand m\u00eame un \u00e9lu socialiste. <em>\u00ab Un tr\u00e8s bon man\u0153uvrier qui n&#8217;a jamais eu ni id\u00e9e ni ligne politique \u00bb<\/em>, tacle encore un jeune d\u00e9put\u00e9 PS. <em>\u00ab Il a une stature plus qu\u2019une ossature \u00bb<\/em>, estime Jean-Daniel L\u00e9vy, directeur de l\u2019institut Harris Interactive. <em>\u00ab Le bartolonisme n\u2019existe pas \u00bb<\/em>, confirme R\u00e9mi Lefebvre.  <\/p>\n<h2>La r\u00e9gion fera l&#8217;affaire<\/h2>\n<p>Si le bartolonisme n\u2019existe pas, Claude Bartolone existe de plus en plus. Lui qui se voyait pr\u00e9sident de la future m\u00e9tropole parisienne a d\u00fb renoncer \u00e0 ce r\u00eave. La droite est d\u00e9sormais majoritaire dans l\u2019espace francilien. Il rebondit et parvient, \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale et sans vote, \u00e0 obtenir l\u2019investiture socialiste. Un d\u00e9put\u00e9 socialiste raconte : <em>\u00ab Sa m\u00e9thode, c\u2019est la Blitzkrieg, la guerre \u00e9clair \u00bb<\/em>. La tactique repose au moins autant sur la violence de l\u2019attaque que sur son caract\u00e8re inattendu. En une d\u00e9claration sur BFMTV et un tweet pour clouter le tout, il annonce sa candidature. L\u2019affaire est dans le sac, il envoie Marie-Pierre de la Gontrie et Jean-Paul Huchon au tapis. Le roi socialiste de l\u2019\u00cele-de-France ce sera lui, ou personne. Au passage, il jette par-dessus bord ses &#8220;convictions&#8221; en faveur de la m\u00e9tropole parisienne. Apr\u00e8s avoir dit ses pr\u00e9f\u00e9rences pour une m\u00e9tropole des cath\u00e9drales allant de Reims \u00e0 Orl\u00e9ans et de Rouen \u00e0 Amiens, il a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 demander la fin des d\u00e9partements au profit d\u2019une nouvelle institution m\u00e9tropolitaine int\u00e9gr\u00e9e. D\u00e9sormais il se demande : pourquoi faire ? Il imagine que, lui pr\u00e9sident, il n\u2019y en a plus vraiment besoin et que la r\u00e9gion fera tr\u00e8s bien l\u2019affaire.  <\/p>\n<p>N\u2019attendez pas de lui des id\u00e9es affirm\u00e9es sur le r\u00f4le de la r\u00e9gion. Il annonce que sous sa pr\u00e9sidence, l\u2019\u00cele-de-France sera humaine : tant mieux ! La politique locale, les questions territoriales, ce n\u2019est vraiment pas son fort. Le bilan de son passage au Conseil g\u00e9n\u00e9ral appara\u00eet bien mince, hormis la g\u00e9n\u00e9ralisation des partenariats public priv\u00e9s (PPP), notamment pour la construction des coll\u00e8ges, d\u00e9nonc\u00e9e par le Front de gauche comme une bombe \u00e0 retardement. <em>\u00ab Il n\u2019a eu aucune vraie r\u00e9flexion sur l\u2019\u00e9chelon d\u00e9partemental, estime un cadre du Conseil g\u00e9n\u00e9ral. Claude Bartolone n\u2019est absolument pas un b\u00e2tisseur de politiques publiques. Il s\u2019est servi de ce mandat comme d\u2019un marchepied pour la suite de sa carri\u00e8re politique, au niveau national, mais a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement absent dans la vie au quotidien du Conseil g\u00e9n\u00e9ral. \u00bb<\/em> Cela s\u2019est traduit tr\u00e8s concr\u00e8tement par un glissement organisationnel : <em>\u00ab Il a en quelque sorte pr\u00e9sidentialis\u00e9 le pouvoir en diluant celui des vice-pr\u00e9sidents \u00bb<\/em>.  <\/p>\n<p>S\u2019il parvient en d\u00e9cembre \u00e0 se faire \u00e9lire vice-roi de France, sera-t-il combl\u00e9 ? Rien n\u2019est moins certain. \u00c0 soixante-quatre ans, Bartolone est une jeunesse. Il a sa vie politique devant lui.<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-9263 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/bartolone-portrait-2-77d.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/bartolone-portrait-2-77d-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"bartolone-portrait-2.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le candidat socialiste \u2013 d\u00e9fait \u2013 \u00e0 la pr\u00e9sidence de l&#8217;\u00cele-de-France a voulu jouer de toutes les facettes de son parcours pour conqu\u00e9rir la r\u00e9gion. 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