{"id":924,"date":"1998-04-01T00:00:00","date_gmt":"1998-03-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/peinture924\/"},"modified":"1998-04-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-03-31T22:00:00","slug":"peinture924","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=924","title":{"rendered":"Peinture"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Cap au Nord<strong> Au XIXe si\u00e8cle, lorsque les peintres quittaient leur atelier parisien pour peindre la campagne d&#8217;Ile-de-France, les reflets de ses ciels dans les eaux de la Seine, lorsqu&#8217;ils allaient &#8221; sur le motif &#8220;, comme disait C\u00e9zanne, ils prenaient le train \u00e0 la gare Saint-Lazare, et la peignaient&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>Le projet initial de l&#8217;exposition &#8221; Manet, Monet, la gare Saint-Lazare &#8221; devait concentrer l&#8217;attention sur le tableau de Manet, le Chemin de fer (1872-1873). Cette exposition dossier s&#8217;est finalement \u00e9largie en une exposition transversale qui situe l&#8217;activit\u00e9 artistique dans le quartier de l&#8217;Europe, nouveau quartier de Paris. Cette exposition est davantage dans l&#8217;ordre des projets \u00e9labor\u00e9s par le Mus\u00e9e d&#8217;Orsay qui a pour vocation de replacer l&#8217;art dans son contexte historique. Aussi voit-on se cr\u00e9er un nouveau langage artistique en m\u00eame temps qu&#8217;\u00e9merge un nouveau quartier dont le coeur grandit, que des rues nouvelles sont perc\u00e9es par le baron Haussmann. Le contexte est celui du second Empire, Napol\u00e9on III, de la guerre franco-allemande de 1870 et de la Commune de Paris. L&#8217;exposition s&#8217;ouvre sur le tableau d&#8217;Henri Fantin-Latour (1870), repr\u00e9sentant le groupe dit &#8221; des Batignolles &#8220;, le titre du tableau \u00e9tant Un atelier aux Batignolles. Les personnages sont mis en place, il y a l\u00e0 Edouard Manet, l&#8217;a\u00een\u00e9; le critique et \u00e9crivain, Emile Zola, ainsi que le peintre Claude Monet.<\/p>\n<p> <strong> Un parcours entre architecture, sociologie et histoire de l&#8217;art <\/strong><\/p>\n<p>Le parcours de l&#8217;exposition oscille entre architecture, sociologie, histoire et art: l&#8217;av\u00e8nement de ce nouveau quartier et les artistes qui viennent s&#8217;y \u00e9tablir. Manet, Monet, Caillebotte, attir\u00e9s par la modernit\u00e9 que repr\u00e9sente le chemin de fer, l&#8217;\u00e9toile du pont de l&#8217;Europe et ses larges croisillons m\u00e9talliques. L&#8217;invitation au voyage, la gare Saint-Lazare permet des liaisons plus rapides, d&#8217;abord avec Saint-Germain-en-Laye, puis d&#8217;autres destinations, vers l&#8217;ext\u00e9rieur proche de Paris qui est encore la campagne et vers la Normandie. Monet, par exemple, habite dans le quartier puis d\u00e9m\u00e9nage, \u00e0 Argenteuil. Mais la circulation devenant possible, il passe son temps entre Argenteuil, dont il peint la gare, et Paris, o\u00f9 il retrouve ses amis, ses clients. Centrer l&#8217;exposition autour de Manet et Monet n&#8217;est pas sans signification. Le premier repr\u00e9sente une sorte de figure paternelle qui s&#8217;obstine \u00e0 pr\u00e9senter ses oeuvres au Salon officiel, quitte \u00e0 essuyer des refus, alors que ses cadets, tel Monet, avec sa c\u00e9l\u00e8bre toile Impressions soleil levant, n&#8217;h\u00e9sitent pas \u00e0 cr\u00e9er un salon dissident. Mais tous se serrent les coudes, et l&#8217;on voit Caillebotte, le plus ancien du quartier de l&#8217;Europe, et le plus argent\u00e9 \u00e9galement, louer un studio \u00e0 Monet pour lui permettre d&#8217;avoir un pied-\u00e0-terre \u00e0 Paris.<\/p>\n<p> <strong> La figure du personnage moderne et urbain  <\/strong><\/p>\n<p>De m\u00eame, Manet pr\u00e9sente dans son atelier les oeuvres de ses cadets et pr\u00eate de l&#8217;argent \u00e0 Monet. Lorsqu&#8217;on regarde les oeuvres de Manet et, tout particuli\u00e8rement celle qui est au centre de l&#8217;exposition, le Chemin de fer, la conception est certes de faire une peinture de son temps et de traiter des th\u00e8mes contemporains tout comme Caillebotte ou Monet, mais les personnages sont sans distance par rapport au spectateur, ce qui choque les bonnes gens de l&#8217;\u00e9poque. Cette oeuvre est reprise maintes fois par les caricaturistes qui s&#8217;en donnent \u00e0 coeur joie. Les deux personnages, une femme, le mod\u00e8le attitr\u00e9 de Manet, la c\u00e9l\u00e8bre Olympia, Victorine Meurent, et une enfant, qui tourne le dos pour regarder vers les grilles donnant sur les voies ferr\u00e9es, sont d\u00e9crites comme deux folles enferm\u00e9es et le petit chien que tient Victorine devient, sous leur plume, un phoque. Pourtant le tableau est accept\u00e9 au salon 1874. La fa\u00e7on dont peint Manet avec ses aplats et sa constante fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l&#8217;atelier, bien qu&#8217;il ait commenc\u00e9, par exemple, cette toile en plein air, les nombreux personnes qu&#8217;il peint montrent que la figure du personnage moderne et urbain est l&#8217;un de ses centres d&#8217;int\u00e9r\u00eat. Chez Manet, les personnages sont des silhouettes fondues dans la perspective atmosph\u00e9rique.<\/p>\n<p> <strong> Le paysage en train, le paysage du train, le mouvement <\/strong><\/p>\n<p>Monet, lui, peint la gare Saint-Lazare avec son trafic, ses fum\u00e9es. Il peint onze toiles (ou douze) sur le sujet, se postant \u00e0 tous les carrefours des voies et \u00e0 toute heure. Il va m\u00eame jusqu&#8217;\u00e0 demander une autorisation afin de planter son chevalet dans la gare m\u00eame. Cet ensemble de toiles sur la gare Saint-Lazare augure des futurs ensembles de toiles qu&#8217;il peindra \u00e0 V\u00e9theuil, par exemple, ou celui des cath\u00e9drales \u00e0 Rouen. Zola chante les louanges de Monet et, lorsqu&#8217;il \u00e9crit, dix ans plus tard, la B\u00eate humaine, sa description de la gare dans le chapitre premier semble sortir en ligne directe d&#8217;un tableau de Monet. Le paysage en train, le paysage du train, la lumi\u00e8re filtrant \u00e0 travers les marquises de verre &#8211; spectre de la lumi\u00e8re maintenant connu par la science (gr\u00e2ce aux \u00e9tudes d&#8217;Eug\u00e8ne Chevreul), le mouvement, voil\u00e0 ce qui passionne Monet alors que Manet, montant \u00e0 bord d&#8217;un train dans la cabine de pilotage, s&#8217;int\u00e9resse davantage aux &#8221; h\u00e9ros modernes &#8220;.n L. G.<\/p>\n<p> <strong> Paris, Mus\u00e9e d&#8217;Orsay, jusqu&#8217;au 17 mai 1998. <\/strong><\/p>\n<p><strong> Cap au Nord <\/strong><\/p>\n<p>Faisant suite aux grandes expositions sur l&#8217;art moderne aux Pays-Bas et en Allemagne, le Mus\u00e9e d&#8217;art moderne de la Ville de Paris se consacre actuellement aux pays du Nord. Epoustouflante exposition par le choix des artistes historiques dont les oeuvres t\u00e9moignent de l&#8217;expression au Danemark, en Finlande, Islande, Norv\u00e8ge et Su\u00e8de. En une sorte de symbiose, chaque artiste, au fait de l&#8217;avant-garde du d\u00e9but du si\u00e8cle, pose des questions avec une lucidit\u00e9 et une hardiesse loin des conventions. L&#8217;artiste le plus repr\u00e9sent\u00e9 est le Norv\u00e9gien Edvard Munch (1863-1944), dont la soixantaine d&#8217;oeuvres marquent cette exposition. Le parcours commence par les oeuvres du Finlandais Akseli Gallen-Kallela (1862-1946), qui situe le paysage, paysage o\u00f9 le min\u00e9ral, le v\u00e9g\u00e9tal et l&#8217;organique se fondent dans la lumi\u00e8re aveuglante de la neige. La neige semble transformer les couleurs \u00e0 la mesure de la douleur de l&#8217;oeil. August Strindberg (1849-1912), dont on conna\u00eet l&#8217;oeuvre th\u00e9\u00e2trale, se montre ici en peintre (autodidacte) dont les oeuvres couvrent les cimaises d&#8217;une salle de peintures hallucinantes par leur libert\u00e9 abstraite et informelle, aussi par de pr\u00e9cieuses impressions directes sur plaques photographiques, des &#8221; c\u00e9lestographies &#8220;. Un autre Su\u00e9dois, le peintre Carl Hill (1849-1911), m\u00eale dessins et graphies o\u00f9 les hallucinations visuelles et les fantasmes \u00e9rotiques rejoignent l&#8217;oeuvre des plus grands explorateurs de l&#8217;expression plastique moderne. Etonnante \u00e9galement est l&#8217;oeuvre du peintre finlandais Helene Schjerfbeck (1862-1946), qui scrute, d&#8217;autoportrait en autoportrait, les traces de la vie et de la mort, se prenant comme objet et sujet de son art jusqu&#8217;aux derni\u00e8res lueurs, celles de son dernier autoportrait. Tous ces artistes ont voyag\u00e9, ont connu toutes les capitales, c\u00f4toy\u00e9 les artistes d&#8217;avant-garde, ont \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9s par eux, ont particip\u00e9 aux discussions passionn\u00e9es du moment, mais leur singularit\u00e9, telle une insularit\u00e9 int\u00e9rieure, a pris le dessus. Munch, par exemple, revient en Norv\u00e8ge, on le voit sur des vues photographiques peindre dans son atelier en plein air, les pieds enfonc\u00e9s dans la neige.<\/p>\n<p>La lumi\u00e8re aveuglante de la neige qui transforme la couleur<\/p>\n<p>A ce premier volet historique et pour aller vers la p\u00e9riode plus contemporaine, une figure, celle de l&#8217;artiste danois, n\u00e9 en 1938, Per Kirkeby: peintre et sculpteur, il con\u00e7oit une sculpture architecturale en briques, carrefour, porte et noeud vo\u00fbt\u00e9 d&#8217;une architecture que l&#8217;on peut continuer \u00e0 imaginer, ouverte ou ferm\u00e9e sur elle-m\u00eame. Du m\u00eame artiste, se pr\u00e9sente, \u00e0 une \u00e9tape interm\u00e9diaire, un ensemble de grandes toiles o\u00f9 l&#8217;\u00e9criture vient structurer la couleur en la scandant d&#8217;une graphie min\u00e9rale. Une toile se d\u00e9tache des autres par une organisation de formes organiques plus sculpturales et \u00e0 l&#8217;\u00e9clairage plus complexe. Au dernier niveau, la jeune cr\u00e9ation est \u00e0 d\u00e9couvrir &#8211; une vingtaine d&#8217;artistes: une formule intelligente qui permet d&#8217;aborder la complexit\u00e9 actuelle apr\u00e8s avoir abord\u00e9 les bases historiques par un ensemble d&#8217;oeuvres remarquablement choisi.n L. G.<\/p>\n<p>Paris, Mus\u00e9e d&#8217;art moderne de la Ville, jusqu&#8217;au 10 et 17 mai 1998.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-924","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/924","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=924"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/924\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=924"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=924"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=924"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}