{"id":918,"date":"1998-04-01T00:00:00","date_gmt":"1998-03-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/versions918\/"},"modified":"1998-04-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-03-31T22:00:00","slug":"versions918","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=918","title":{"rendered":"Versions"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> C&#8217;est l&#8217;un des \u00e9v\u00e9nements \u00e9ditoriaux d&#8217;importance, la parution dans la prestigieuse Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade de l&#8217;oeuvre po\u00e9tique (et th\u00e9\u00e2trale) de Rainer Maria Rilke, cinq ans apr\u00e8s un volume d&#8217;oeuvres en prose. <\/p>\n<p>Nous disposions d\u00e9j\u00e0, depuis 1972, d&#8217;une premi\u00e8re grande \u00e9dition de la po\u00e9sie de Rilke, mais le volume pr\u00e9par\u00e9 par Gerald Stieg comble des lacunes que celle-ci avait volontairement laiss\u00e9es et, utilisant le mode chronologique, permet une lecture qui respecte une cr\u00e9ation non fig\u00e9e. N\u00e9 en 1875 \u00e0 Prague, dans une famille catholique, d&#8217;un p\u00e8re qui aurait voulu faire de lui un brillant militaire et d&#8217;une m\u00e8re qui favorisa son penchant \u00e0 la po\u00e9sie, Rilke rencontre \u00e0 vingt-deux ans Lou Andreas-Salom\u00e9, son a\u00een\u00e9e de quinze ans. Celle-ci combat ses \u00e9lans excessifs auxquels succ\u00e8de souvent l&#8217;atonie de la volont\u00e9. D&#8217;abord influenc\u00e9 notamment par Novalis et Kierkegaard, Rilke se tourne vers les po\u00e8tes fran\u00e7ais qu&#8217;il traduit en allemand: Louise Labb\u00e9, Baudelaire, Verlaine, Mallarm\u00e9, Val\u00e9ry. De 1905 \u00e0 1906, il est le secr\u00e9taire d&#8217;Auguste Rodin, qui lui disait: &#8221; Il faut travailler, toujours travailler &#8220;. En 1914, il a en main la premi\u00e8re r\u00e9\u00e9dition des po\u00e8mes de H\u00f6lderlin. Celui que l&#8217;on avait pu prendre pour un fou est devenu un authentique po\u00e8te, dont Robert Musil, lui aussi victime d&#8217;une \u00e9ducation autrichienne militaire, dira, un an apr\u00e8s sa mort (en 1926 dans un sanatorium en Suisse): &#8221; Ce grand po\u00e8te lyrique n&#8217;a rien fait que porter pour la premi\u00e8re fois la po\u00e9sie \u00e0 son point de perfection &#8220;. La po\u00e9sie de Rilke, premi\u00e8re mani\u00e8re, est empreinte de n\u00e9oromantisme. Son univers est peupl\u00e9 de madones, d&#8217;anges et de fant\u00f4mes. Ses images sont souvent floues. L&#8217;ann\u00e9e 1903 est l&#8217;ann\u00e9e charni\u00e8re apr\u00e8s le Livre d&#8217;heures, o\u00f9 entre le Livre de la vie monastique et le Livre du p\u00e8lerinage d&#8217;une part, et le Livre de la pauvret\u00e9 et de la mort, d&#8217;autre part, s&#8217;amorce une importante \u00e9volution. Les images des Nouveaux Po\u00e8mes gagnent en r\u00e9alisme; les El\u00e9gies de Duino sont un grand cri path\u00e9tique. Rilke est pass\u00e9 de la naissance, de l&#8217;\u00e9closion de l&#8217;amour \u00e0 l&#8217;obsession de la mort. Les images sont concr\u00e8tes. Le second monde rilk\u00e9en est peupl\u00e9 de mendiants, malades, aveugles, l\u00e9preux, qui hantent les h\u00f4pitaux. Rilke avait v\u00e9cu de 1900 \u00e0 1902 \u00e0 Worpswede, pr\u00e8s de Br\u00e8me, dans la c\u00e9l\u00e8bre Colonie des peintres (Otto Modersohn, Paula Modersohn-Becker, Heinrich Vogeler, etc.). C&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;il avait \u00e9pous\u00e9 la sculptrice Clara Westhoff, pour un mariage \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. De ces fr\u00e9quentations, et de son travail aupr\u00e8s de Rodin, ses po\u00e8mes acquerront l&#8217;objectivit\u00e9 de la &#8221; po\u00e9sie de l&#8217;objet &#8220;. Rilke peindra d&#8217;apr\u00e8s nature des objets, des fleurs, des animaux, fera passer par sa po\u00e9tique des oeuvres d&#8217;art identifiables.<\/p>\n<p> <strong> Une oeuvre qui reste un d\u00e9fi aux traducteurs  <\/strong><\/p>\n<p>Le temps aidant &#8211; et n&#8217;est-ce pas l\u00e0 la preuve d&#8217;un authentique po\u00e8te ?-, Rilke aura \u00e9t\u00e9 un d\u00e9fi aux traducteurs, ne fussent-ils conscients que de contribuer \u00e0 la connaissance de la Weltliteratur. On ne compte plus les traductions des Lettres \u00e0 un jeune po\u00e8te, des El\u00e9gies de Duino (parfois traduites sous le titre El\u00e9gies duin\u00e9siennes) et des Sonnets \u00e0 Orph\u00e9e, sous la plume de traducteurs illustres ou non, mais dont le travail cr\u00e9ateur nous aura toujours plus rapproch\u00e9s du texte original; pour n&#8217;en retenir que quelques-uns, avec l&#8217;injustice que constitue ce type de liste: Arthur Adamov, Maurice Betz, Armel Guerne, Philippe Jaccottet, Jean-Yves Masson, Armand Robin, Claude Vig\u00e9e. T\u00e2che oh ! combien difficile, quand on sait que Rilke \u00e9crivit aussi des oeuvres en fran\u00e7ais (la pr\u00e9sente \u00e9dition en contient environ 250): le doute du traducteur est ici encore plus fort que dans d&#8217;autres cas de traduction ! N&#8217;a-t-il pas sans cesse en t\u00eate l&#8217;anecdote du chant contenu dans les Carnets de Malte Laurids Brigge ? Alors que Rilke prise la traduction de la prose traduite par Maurice Betz, Rilke traduit lui-m\u00eame ce chant et sa version lui semble &#8221; reproduire \u00e0 peu pr\u00e8s cet \u00e9lan rythmique qui, dans le texte allemand, fait que la voix de la jeune fille s&#8217;\u00e9l\u00e8ve au-dessus de la prose et se d\u00e9tache d&#8217;elle de son propre essor &#8220;. En fait, peu de po\u00e8mes avaient \u00e9t\u00e9 traduits du temps de Rilke; quant \u00e0 ses po\u00e8mes fran\u00e7ais, auxquels il a donn\u00e9 le m\u00eame nom que celui de ses po\u00e8mes allemands, ils sont loin d&#8217;\u00eatre des traductions. Comme le souligne Gerald Stieg: &#8221; Bref, Rilke, le ma\u00eetre traducteur, est convaincu que la traduction de ses po\u00e8mes en fran\u00e7ais n&#8217;est ni possible ni souhaitable &#8220;. Dans ces conditions, forts de l&#8217;exp\u00e9rience notamment de Rilke lui-m\u00eame o\u00f9, pour magnifier la musique, la traduction attente au sens, les traducteurs (R\u00e9my Colombat, Jean-Claude Crespy, Dominique Iehl, R\u00e9my Lambrechts, Marc de Launay, Jean-Pierre Lefebvre, Jacques Legrand, Marc Petit et Maurice Regnault) ont accord\u00e9 la priorit\u00e9 aux structures s\u00e9mantiques, parti pris qui, vu la qualit\u00e9 du travail de ces derniers, a pour effet de rapprocher la po\u00e9sie de Rilke de la po\u00e9sie fran\u00e7aise actuelle.n F. M.<\/p>\n<p> <strong> Rainer Maria Rilke, OEuvres po\u00e9tiques et th\u00e9\u00e2trales. La Pl\u00e9iade, Gallimard, 1890 p., 445 F. <\/strong><\/p>\n<p>1. Neuf \u00e9coles d&#8217;architectures fran\u00e7aises participent \u00e0 cette op\u00e9ration et accueillent chacune un \u00e9crivain: Jean-Claude Izzo intervient \u00e0 Marseille, Emmanuel Hocquard \u00e0 Bordeaux, Muriel Bloch \u00e0 Lille, H\u00e9l\u00e8ne Bleskine \u00e0 Nancy, Jean Rolin \u00e0 Saint-Etienne, Annie Leclerc \u00e0 Rennes, Herv\u00e9 Prudon \u00e0 Paris-La Villette et Leslie Kaplan \u00e0 Paris-Villemin.<\/p>\n<p>2. &#8221; Le moins est un plus &#8220;, expression de l&#8217;architecte allemand Mies van der Rohe, reprise notamment par l&#8217;Anglais Norman Foster, concepteur du Carr\u00e9 d&#8217;art de N\u00eemes.&#8221; Ce qui est petit est beau &#8220;, a \u00e9t\u00e9 dit par l&#8217;Am\u00e9ricain Franck Lloyd Wright.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> C&#8217;est l&#8217;un des \u00e9v\u00e9nements \u00e9ditoriaux d&#8217;importance, la parution dans la prestigieuse Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade de l&#8217;oeuvre po\u00e9tique (et th\u00e9\u00e2trale) de Rainer Maria Rilke, cinq ans apr\u00e8s un volume d&#8217;oeuvres en prose. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-918","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/918","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=918"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/918\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=918"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=918"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=918"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}