{"id":9136,"date":"2015-11-04T12:00:42","date_gmt":"2015-11-04T11:00:42","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-podemos-radicalement-perdant\/"},"modified":"2023-06-23T23:20:48","modified_gmt":"2023-06-23T21:20:48","slug":"article-podemos-radicalement-perdant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=9136","title":{"rendered":"Podemos, radicalement perdant ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">2015 a marqu\u00e9 un tournant pour Podemos. Au fil des \u00e9lections municipales et r\u00e9gionales, Pablo Iglesias a affin\u00e9 sa strat\u00e9gie en vue des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales du 20 d\u00e9cembre. Mais sa centralisation et sa perte de radicalit\u00e9 pourraient lui co\u00fbter cher.<\/p>\n<p>Podemos n\u2019a pas deux ans d\u2019existence. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, les alliances au cas par cas ont fait office de r\u00e8gle absolue. Petite &#8220;absorption&#8221; d\u2019associations militantes par-ci, petite salade d\u2019\u00e9tiquettes politiques par-l\u00e0, etc. \u00c0 chaque fois, Iglesias a tent\u00e9 de mettre la gauche radicale en ordre de bataille derri\u00e8re sa banni\u00e8re violette, imposant sa vision de l\u2019\u00e9chiquier politique \u00e0 Izquierda unida (IU) \u2013 f\u00fbt-il parfois d\u00e9sorient\u00e9 par plus radical que lui, comme ce fut le cas avec la maire de Barcelone, Ada Colau. <\/p>\n<p>Mais, en g\u00e9n\u00e9ral, Podemos est parvenu \u00e0 f\u00e9d\u00e9rer, avec cette id\u00e9e que l\u2019axe gauche \/ droite \u00e9tait un \u00e9l\u00e9ment fondamental de la &#8220;caste&#8221;, et qu\u2019il fallait d\u00e9sormais regarder le monde \u00e0 travers un prisme haut \/ bas, caste \/ peuple. Le concept a plu, mais la magie s\u2019essouffle peut-\u00eatre.<\/p>\n<h2>Un centralisme st\u00e9rile (voire perdant)<\/h2>\n<p>Si le bipartisme est en voie d\u2019extinction en Espagne, il sera tr\u00e8s certainement remplac\u00e9 en d\u00e9cembre par une partie \u00e0 quatre : PP, Ciudadanos, PSOE et Podemos. Un tableau qui penche s\u00e9rieusement \u00e0 droite, attirant presque malgr\u00e9 lui Pablo Iglesias. Sauf qu\u2019\u00e0 ce jeu-l\u00e0, la gauche radicale perd et perdra toujours. Dernier sondage : le PP et le PSOE joue \u00e0 armes \u00e9gales autour des 23%. Troisi\u00e8me, Ciudadanos, d\u00e9passe les 20%. Enfin, Podemos peine \u00e0 passer la barre des 15%. [[Rappelons toutefois avec quelles pr\u00e9cautions il faut prendre les sondages espagnols, aussi libres et ind\u00e9pendants soient les m\u00e9dias qui les diffusent.]].<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, Podemos ne va pas bien, et un coup de volant \u00e0 gauche est plus que jamais n\u00e9cessaire. Car la chute dans les sondages de Podemos r\u00e9sulte principalement de sa centralisation. Si le pari de l\u2019abandon du discours de la gauche classique a entrain\u00e9 un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat politique aupr\u00e8s d&#8217;une population d\u00e9sabus\u00e9e, ce discours n\u2019en \u00e9tait pas moins r\u00e9volutionnaire en ce qu\u2019il rejetait les codes d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 in\u00e9galitaire. Mais \u00e0 vouloir ratisser toujours plus large, Podemos en a perdu son essence.<\/p>\n<p>La composition et le nom de Podemos pour les \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales ont \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de d\u00e9bats houleux, certains craignant que l\u2019esprit du 15-M (r\u00e9volte des Indign\u00e9s) ne se dissipe dans la forme d&#8217;un parti trop institutionnel. Finalement, les cadres de Podemos ont dit &#8220;Non \u00e0 la soupe de sigles&#8221;. Si Podemos est parvenu \u00e0 rallier sous son nom quelques mouvements de gauche, principalement de petits partis r\u00e9gionaux, reste tout de m\u00eame \u00e0 s\u2019accorder avec deux forces majeures : Izquierda unida et la Catalogne.<\/p>\n<h2>Appel d\u2019air \u00e0 gauche<\/h2>\n<p>Alberto Garzon, le candidat d\u2019IU, entend bien profiter du contexte pour sortir son parti de la tombe (IU avait obtenu 6,92% des voix aux G\u00e9n\u00e9rales de 2011), en partant lui aussi \u00e0 la chasse aux soutiens. Seulement, contrairement \u00e0 Iglesias, il n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 radicaliser son discours. Exemple significatif, Garzon a critiqu\u00e9 les renoncements d\u2019Alexis Tsipras. D\u2019ailleurs, IU se pr\u00e9sentera aux G\u00e9n\u00e9rales sous le nom de\u2026 Unit\u00e9 populaire.<\/p>\n<p>Pourtant, le leader d\u2019IU r\u00e9p\u00e8te \u00e0 l\u2019envi que son parti n\u2019est pas contre une alliance avec Podemos. Mais hors de question pour lui d\u2019abandonner son logo, son nom, ses couleurs. Si Iglesias et Garzon partagent une m\u00eame vision du monde, rien ne semble pouvoir emp\u00eacher que les deux forces majeures de la gauche radicale luttent chacune dans son coin.<\/p>\n<p>La surprise pourrait bien venir de Barcelone, o\u00f9 la maire, Ada Colau, avait mis Podemos derri\u00e8re elle pour arriver au pouvoir. Elle vient d\u2019annoncer que sa liste politique, Barcelona en Com\u00fa, se pr\u00e9sentait aux \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales. Colau, qui s\u2019\u00e9tait mise en retrait lors des r\u00e9gionales catalanes (au grand dam de Podemos), est une des figures les plus populaires de sa r\u00e9gion. Son influence est telle qu\u2019elle pourrait <a href=\" https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/quelques-clefs-des-elections\">\u00e9viter \u00e0 Pablo Iglesias un nouveau d\u00e9sastre en Catalogne<\/a>, non seulement en lui ouvrant cet espace r\u00e9gional de premier plan, mais aussi en le poussant \u00e0 d\u00e9centraliser ses propositions. Une force consid\u00e9rable, d\u2019autant plus que Colau esp\u00e8re unir Podemos et IU sous son aile. Mod\u00e8le \u00e0 suivre ?<\/p>\n<h2>De l\u2019urgence de se (re)radicaliser<\/h2>\n<p>Ciudadanos a beau \u00eatre plus ancien que Podemos, il lui a fallu attendre l\u2019essor du &#8220;parti des Indign\u00e9s&#8221; pour sortir de sa Catalogne natale. Surfant sur le rejet des \u00e9lites et de la corruption qui gangr\u00e8ne l\u2019Espagne, Ciudadanos s\u2019est fait une belle place \u00e0 la gauche du PP, captant un \u00e9lectorat que m\u00eame la centralisation de Podemos n\u2019a pas suffi \u00e0 convaincre. Comme Pablo Iglesias, leur leader, Albert Rivera, est jeune, il tranche avec la vieillissante caste politique, il crie \u00e0 qui veut l\u2019entendre que le changement, c\u2019est maintenant. Sauf que dans les faits, Ciudadanos ne promet aucun changement concret de politique sociale et \u00e9conomique. Le slogan pourrait \u00eatre : &#8220;Rien ne change. Tout se transforme&#8221;. Mais Rivera est clair, il se positionne \u00e0 droite, lib\u00e9ral, sans tabou. Ce qui tend \u00e0 le cr\u00e9dibiliser face \u00e0 un Podemos clair-obscur, ni de droite, ni de gauche, bien au contraire ! Et le PP aura besoin des voix de Ciudadanos (peut-\u00eatre m\u00eame de celles du PSOE), s\u2019il entend gouverner \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p>Il aura fallu attendre que Podemos esquisse <a href=\" http:\/\/www.europapress.es\/nacional\/noticia-60-propuestas-programa-pablo-iglesias-direccion-podemos-elecciones-generales-20151103200804.html\">un programme \u00e9lectoral<\/a> pour que la radicalit\u00e9 resurgisse. Augmentation des aides sociales, augmentation des imp\u00f4ts pour les plus fortun\u00e9s, droit \u00e0 d\u00e9cider pour l\u2019ind\u00e9pendance de la Catalogne, audit et restructuration de la dette, ouverture d\u2019enqu\u00eates sur le franquisme. Un programme dont Ciudadanos est l\u2019antith\u00e8se.<\/p>\n<p>Mais comment porter ce programme au plus haut ? Il \u00e9tait question un temps &#8220;d\u2019ouvrir Podemos&#8221;, mais de quelle fa\u00e7on ? En passant par les &#8220;candidatures d\u2019unit\u00e9 populaire&#8221; qui ont fait les succ\u00e8s de Madrid et Barcelone. Mais ce mod\u00e8le est-il extensible au niveau national ? IU y a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pondu non. Reste alors \u00e0 Iglesias de revenir \u00e0 ses fondamentaux pour peser au maximum \u00e0 gauche du PSOE, et ce sera aux autres formations de choisir si elles votent avec Podemos, ou \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Car la partie sera serr\u00e9e, et la droite pr\u00eate \u00e0 tous les coups bas pour conserver le peu du pouvoir qu\u2019il lui reste.<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-9136 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/podemos-generales-bdf.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/podemos-generales-bdf-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"podemos-generales.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2015 a marqu\u00e9 un tournant pour Podemos. Au fil des \u00e9lections municipales et r\u00e9gionales, Pablo Iglesias a affin\u00e9 sa strat\u00e9gie en vue des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales du 20 d\u00e9cembre. 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