{"id":9007,"date":"2015-09-21T10:05:39","date_gmt":"2015-09-21T08:05:39","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-soiree-de-victoire-douce-amere\/"},"modified":"2015-09-21T10:05:39","modified_gmt":"2015-09-21T08:05:39","slug":"article-soiree-de-victoire-douce-amere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=9007","title":{"rendered":"Soir\u00e9e de victoire douce-am\u00e8re pour Syriza \u00e0 Ath\u00e8nes"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Alexis Tsipras a r\u00e9ussi son pari politique en confortant l&#8217;assise de Syriza au d\u00e9triment de ses dissidents, et en maintenant la diff\u00e9rence entre gauche et droite. Reste d\u00e9sormais \u00e0 assumer la poursuite de l&#8217;aust\u00e9rit\u00e9\u2026 R\u00e9cit et r\u00e9actions.<\/p>\n<p>Devant la tente de Syriza, sur la place des Pleureuses, en plein c\u0153ur d&#8217;Ath\u00e8nes, Alexis Tsipras s&#8217;empare du micro et commence un court discours. Une dizaine de minutes tout au plus. Il n&#8217;a pas le temps de terminer qu&#8217;un autre homme politique fraye son chemin dans la foule rassembl\u00e9e. Comme l&#8217;ex et futur premier ministre du pays l&#8217;avait fait quelques minutes auparavant. Sous un tonnerre d&#8217;applaudissements, tous les deux. Cet homme, c&#8217;est Panos Kamenos, le chef de file des Grecs ind\u00e9pendants. Ce parti, donn\u00e9 perdant par les sondages pendant la campagne \u00e9lectorale, obtient 3,7% des suffrages exprim\u00e9s et dix si\u00e8ges \u00e0 la Vouli, le parlement hell\u00e9nique. Syriza, lui, a obtenu 35,52% des voix et 145 si\u00e8ges. Un peu moins que le 25 janvier 2015, o\u00f9 il faisait course en t\u00eate avec 36,34% des voix et 149 si\u00e8ges. Un peu plus que ce que laissaient entendre les intentions de vote.<\/p>\n<p>Panos Kamenos rejoint l&#8217;estrade sur laquelle Alexis Tsipras tient son discours, au moment o\u00f9 ce dernier explique qu&#8217;il formera une majorit\u00e9 avec&#8230; les Grecs ind\u00e9pendants. Le timing est parfait. Les embrassades de rigueur. D&#8217;autres partis rejoindront-ils la coalition ? \u00c0 eux seuls, ils peuvent, en tout cas, gouverner. Ils disposent de 155 si\u00e8ges \u00e0 la Vouli, soit quatre de plus que la majorit\u00e9 absolue. Pendant la campagne, cons\u00e9cutive \u00e0 sa d\u00e9mission le 20 ao\u00fbt, Alexis Tsipras avait tendu la main au Pasok, le parti social-d\u00e9mocrate en d\u00e9confiture depuis qu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 appliquer l&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 et les m\u00e9morandums. Sera-t-il, lui aussi, du prochain gouvernement ? <\/p>\n<h2>Contre l&#8217;aust\u00e9rit\u00e9, malgr\u00e9 le m\u00e9morandum ?<\/h2>\n<p>\u00c0 peine les premiers r\u00e9sultats annonc\u00e9s, la pr\u00e9sidente du parti socialiste Fofi Gennimata s&#8217;est d\u00e9clar\u00e9e en faveur d&#8217;<em>\u00ab alliances \u00bb<\/em> afin d\u2019avoir <em>\u00ab un gouvernement stable pour quatre ans \u00bb<\/em>. Mais Alexis Tsipras a toujours dit parall\u00e8lement qu&#8217;il refusait de gouverner avec des responsables politiques de <em>\u00ab l&#8217;ancien syst\u00e8me \u00bb<\/em>, dont le Pasok fait partie, mais pas sa nouvelle direction. Alors qu&#8217;il n&#8217;avait obtenu que 4,7% en janvier 2015, le Pasok remonte un peu dans les r\u00e9sultats, avec 6,25% des voix et dix-sept si\u00e8ges. Int\u00e9gr\u00e9 au gouvernement, il pourrait \u00eatre confort\u00e9 dans un r\u00f4le d&#8217;alli\u00e9 incontournable qu&#8217;il a eu depuis 2012. Dans l&#8217;opposition, il p\u00e8se peu. Comme sa participation \u00e0 une coalition n&#8217;est pas n\u00e9cessaire pour gouverner, c&#8217;est donc une majorit\u00e9 gouvernementale alliant Syriza et les Grecs ind\u00e9pendants qui devrait \u00eatre reconduite.<\/p>\n<p>La principale mission de ce gouvernement sera d&#8217;appliquer le m\u00e9morandum sign\u00e9 sous la contrainte par Alexis Tsipras le 13 juillet. <em>\u00ab J&#8217;esp\u00e8re que nous pourrons mener une politique de gauche \u00bb<\/em>, explique Sia Anagnostopoulou qui vient f\u00eater la victoire de Syriza. Malgr\u00e9 le sourire sur les l\u00e8vres, elle souligne que <em>\u00ab nombre d&#8217;autres partis voulaient une alliance large int\u00e9grant Nouvelle d\u00e9mocratie (droite) \u00bb<\/em>. Consciente des faibles marges de man\u0153uvre qu&#8217;offre l&#8217;accord de pr\u00eat avec les cr\u00e9anciers, elle ajoute : <em>\u00ab Mon angoisse est que nous devions continuer \u00e0 n\u00e9gocier avec les cr\u00e9anciers. Or, nous devons montrer qu&#8217;il existe une autre voie que l&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 en Europe \u00bb<\/em>. Car, <em>\u00ab pour nous, il y a toujours une rupture entre la gauche et la droite \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Cette <em>\u00ab rupture \u00bb<\/em> est, elle aussi, un des ressorts du vote. <em>\u00ab J&#8217;h\u00e9sitais mais j&#8217;ai vot\u00e9 Syriza finalement \u00bb<\/em>, explique Dimitris Gianopoulos. \u00c0 dix-neuf ans, il h\u00e9sitait : Syriza, auquel il avait d\u00e9j\u00e0 accord\u00e9 son vote en janvier, ou Unit\u00e9 populaire, la fraction qui a fait scission et dont il admire <em>\u00ab la vraie vedette, Zoe Konstantopoulou \u00bb<\/em> ? Il aura fait un choix : <em>\u00ab Je pr\u00e9f\u00e8re que ce soit la gauche qui applique ce nouveau m\u00e9morandum. Au moins, elle fera attention aux plus pauvres \u00bb<\/em>, argumente-t-il. <em>\u00ab C&#8217;est historique ! Cette victoire est celle du peuple \u00bb<\/em>, affirme Yannis Bournous, responsable des relations europ\u00e9ennes du parti, pr\u00e9sent Place des pleureuses.<\/p>\n<h2>La d\u00e9faite d&#8217;Unit\u00e9 populaire<\/h2>\n<p>C&#8217;est pourtant sur ce point qu&#8217;a eu lieu la scission au sein de Syriza et qui a conduit \u00e0 constituer, autour de son aile gauche qu&#8217;incarnait le courant plate-forme de gauche, le mouvement Unit\u00e9 populaire (UP). Alors que Zoe Konstantopoulou se pr\u00e9sentait sur cette liste et que le tonitruant ex-ministre des Finances Yanis Varoufakis a appel\u00e9 \u00e0 voter pour deux de ses candidats, UP ne franchit pas la barre des 3% n\u00e9cessaires pour entrer au Parlement. Alors qu&#8217;ils voulaient incarner le <em>\u00ab peuple qui dit non \u00bb<\/em>, celui qui <em>\u00ab s&#8217;oppose \u00bb<\/em> au <em>\u00ab totalitarisme \u00e9conomique \u00bb<\/em>, <a href=\"lot49.fr\/web\/article\/zoe-konstantopoulou-alexis-tsipras\">comme l&#8217;explique Zoe Konstantopoulou<\/a>, ils n&#8217;ont pas capitalis\u00e9 sur les r\u00e9sultats du r\u00e9f\u00e9rendum. Le 5 juillet 2015, ils \u00e9taient 61,31% \u00e0 dire &#8220;non&#8221; aux mesures propos\u00e9es par les cr\u00e9anciers. Le 13 juillet, Alexis Tsipras signait un nouveau m\u00e9morandum pour \u00e9viter \u00e0 son pays un d\u00e9faut de payement. Les opposants \u00e0 la ligne gouvernementale avaient fini par quitter les rangs du parti apr\u00e8s la d\u00e9mission de Tsipras le 20 ao\u00fbt. Certains \u2013 comme Panayotis Lafazanis, leur chef de file \u2013 pr\u00eats \u00e0 pr\u00f4ner la sortie de l&#8217;euro, d&#8217;autres \u2013 comme Zoe Konstantopoulou \u2013 d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 faire respecter la d\u00e9mocratie avant tout. Leur discours n&#8217;aura pas s\u00e9duit.<\/p>\n<p><em>\u00ab Comme pour le r\u00e9f\u00e9rendum, il y a plusieurs lectures possibles de ce r\u00e9sultat \u00bb<\/em>, explique Olga Athaniti. <em>\u00ab La soci\u00e9t\u00e9 a une vision diff\u00e9rente de celle de certains membres du parti, leur drame n&#8217;est pas celui que vit la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb<\/em>, analyse cette repr\u00e9sentante de Syriza au PGE. Une soci\u00e9t\u00e9 qui a compris que <em>\u00ab la politique peut all\u00e9ger les politiques du m\u00e9morandum m\u00eame dans cette p\u00e9riode affreuse pour les forces populaires \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Une chanson de Manu Chao r\u00e9sonne dans les haut-parleurs. Panayotis Lafazanis et Zoe Konstantopoulou apparaissent \u00e0 l&#8217;\u00e9cran. Ils sont hu\u00e9s. <em>\u00ab La bonne nouvelle, c&#8217;est qu&#8217;on s&#8217;est d\u00e9barrass\u00e9 de ces insatisfaits permanents \u00bb<\/em>, temp\u00eate une voix dans l&#8217;assembl\u00e9e. Qui relayera, d\u00e9sormais, la contestation ? Ce r\u00f4le ne peut \u00eatre celui de Nouvelle d\u00e9mocratie, parti de droite qui se stabilise (28%). Ni celui des n\u00e9o-nazis d&#8217;Aube dor\u00e9e, qui restent la troisi\u00e8me force d&#8217;opposition avec 7% des voix et dix-huit si\u00e8ges. \u00c0 gauche, il reste le tr\u00e8s dogmatique parti communiste grec (KKE) qui augmente l\u00e9g\u00e8rement sa part, avec 5,54% des voix et quinze si\u00e8ges. UP n&#8217;est pas rentr\u00e9 au Parlement. \u00c0 l&#8217;heure o\u00f9 de nouvelles mesures d&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 (baisse de certaines retraites, hausses de TVA&#8230;) doivent \u00eatre appliqu\u00e9es, Olga Athaniti dit son <em>\u00ab espoir de nous retrouver dans la rue, dans les mouvements sociaux \u00bb<\/em>. Car les lendemains qui arrivent ne seront pas forc\u00e9ment des lendemains qui chantent. Le 20 septembre, \u00e0 deux heures du matin, plus personne ne faisait d&#8217;ailleurs la f\u00eate au stand de Syriza.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alexis Tsipras a r\u00e9ussi son pari politique en confortant l&#8217;assise de Syriza au d\u00e9triment de ses dissidents, et en maintenant la diff\u00e9rence entre gauche et droite. Reste d\u00e9sormais \u00e0 assumer la poursuite de l&#8217;aust\u00e9rit\u00e9\u2026 R\u00e9cit et r\u00e9actions.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[420,478],"class_list":["post-9007","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-web","tag-grece","tag-syriza"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9007","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9007"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9007\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9007"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9007"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9007"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}