{"id":8969,"date":"2015-09-07T01:44:00","date_gmt":"2015-09-06T23:44:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-juan-carlos-monedero-podemos-fera\/"},"modified":"2015-09-07T01:44:00","modified_gmt":"2015-09-06T23:44:00","slug":"article-juan-carlos-monedero-podemos-fera","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=8969","title":{"rendered":"Juan Carlos Monedero : \u00ab Podemos fera un meilleur score que le PSOE \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">En campagne pour les \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales, les dirigeants de Podemos \u00e9taient ce week-end \u00e0 Paris. Le politologue Juan Carlos Monedero et l\u2019eurod\u00e9put\u00e9e Tania Gonzalez analysent la situation des gauches europ\u00e9ennes et expliquent leur strat\u00e9gie.<\/p>\n<p>Juan Carlos Monedero est une des personnes les plus appr\u00e9ci\u00e9es dans les rangs de Podemos, alors m\u00eame qu\u2019<a href=\" https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/juan-carlos-monedero-un-mauvais\">il a quitt\u00e9 la direction du parti au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e<\/a>. Ce professeur de Sciences politiques \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Complutense de Madrid est un des membres fondateurs de Podemos, mais surtout le penseur du mouvement, tant dans la forme que dans le fond politique. De son c\u00f4t\u00e9, Tania Gonzalez est d\u00e9put\u00e9e europ\u00e9enne, dipl\u00f4m\u00e9e en sciences politique de la m\u00eame universit\u00e9. Activiste f\u00e9ministe, cette Asturienne de trente-deux ans accorde une grande place \u00e0 l\u2019exercice de la citoyennet\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Regards. Comment analysez-vous la situation politique en Gr\u00e8ce ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Juan Carlos Monedero.<\/strong> Nous sommes des pays avec des trajectoires diff\u00e9rentes, des poids \u00e9conomiques diff\u00e9rents, une int\u00e9gration europ\u00e9enne diff\u00e9rente et, par-dessus tout, un pass\u00e9 r\u00e9cent radicalement diff\u00e9rent. Avec leur politique de client\u00e9lisme, Nouvelle d\u00e9mocratie et le Pasok ont sabord\u00e9 la Gr\u00e8ce, ils ont fait des Grecs des gens suspects aux yeux des partenaires europ\u00e9ens, affubl\u00e9s d\u2019un \u00c9tat faible et d\u2019une dette ill\u00e9gitime. Tout ceci, nous ne l\u2019avons pas en Espagne. De plus, l\u2019Espagne repr\u00e9sente 12% du PIB europ\u00e9en l\u00e0 o\u00f9 la Gr\u00e8ce n\u2019en repr\u00e9sente que 2%. Alors oui, nous posons les m\u00eames questions, mais les Grecs ne sont pas \u00e0 la recherche des m\u00eames r\u00e9ponses. Mais nous avons appris trois choses de leur exp\u00e9rience : premi\u00e8rement, il est impossible de tuer un dragon pendant une chasse aux papillons. Deuxi\u00e8mement, nous devons redoubler d\u2019efforts pour sauvegarder l\u2019unit\u00e9 des forces populaires, car nous avons bien vu que le risque de rupture existe. Et troisi\u00e8mement, nous devons insister sur le fait que nous sommes une force de gouvernement, et ce quoi que nous d\u00e9cidions. Je crois que Tsipras a commis des erreurs qui auraient pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9es. Une figure comme Varoufakis repr\u00e9sente une coh\u00e9rence qui encourage les citoyens \u00e0 se porter \u00e0 l\u2019avant de n\u2019importe quel d\u00e9fi. Mais en m\u00eame temps, je suis convaincu que Tsipras va \u00eatre oblig\u00e9 de pr\u00e9senter un programme \u00e9lectoral qui lui permettra de r\u00e9soudre ces erreurs en retrouvant avec sa formation politique le chemin du gouvernement.<\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2> \u00ab Les gauches europ\u00e9ennes doivent conqu\u00e9rir les institutions pour les mettre au service du peuple \u00bb<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p><strong>Tania Gonzalez.<\/strong> L\u2019attitude de Syriza, que se soit avec le r\u00e9f\u00e9rendum ou la convocation de nouvelles \u00e9lections, montre que ce gouvernement met en valeur la d\u00e9mocratie, et c\u2019est pour moi une chose tr\u00e8s importante. Cependant, avec ce qui se passe en Gr\u00e8ce, je ne pense pas qu\u2019on puisse \u00eatre optimiste pour l\u2019avenir des gauches europ\u00e9ennes. C\u2019est le but des institutions europ\u00e9ennes de nous faire croire qu\u2019une autre politique n\u2019est pas possible. Ils veulent faire peur aux gens pour qu\u2019ils se taisent et n\u2019aillent pas voter. Mais je pense qu\u2019ils n\u2019oseront pas agir de la m\u00eame mani\u00e8re avec Podemos au pouvoir.<\/p>\n<p><strong>Que pensez-vous de l\u2019appel du Parti de gauche \u00e0 un \u00ab sommet international du plan B \u00bb ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Tania Gonzalez.<\/strong> Je trouve positif ce genre d\u2019action, ayant pour but le changement d\u00e9mocratique. Seulement, je ne pense pas que l\u2019on puisse changer les choses, du moins pas de la m\u00eame fa\u00e7on, si les forces de gauche ne parviennent pas \u00e0 atteindre le pouvoir dans leurs pays respectifs. Conqu\u00e9rir les institutions pour les mettre au service du peuple est fondamental pour mettre en \u0153uvre une autre politique. Quant \u00e0 une \u00e9ventuelle sortie de l\u2019euro, je pense qu\u2019il faut d\u2019abord se concentrer sur l\u2019Europe actuelle, revenir sur la politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, replacer le citoyen au centre afin de la ramener vers ses ambitions originelles de libert\u00e9 et de respect des droits de l\u2019Homme.<\/p>\n<p><strong>Juan Carlos Monedero.<\/strong> L\u2019Europe doit avoir une discussion au sujet de la sortie de l\u2019euro. Nous avons vu que l\u2019euro ne servait que les int\u00e9r\u00eats d\u2019une minorit\u00e9 et non l\u2019ensemble des nations. Podemos est tr\u00e8s clair, nous ne souhaitons pas sortir de l\u2019euro, parce que les citoyens ne le veulent pas. Mais nous devons reconsid\u00e9rer le fonctionnement de la monnaie unique, red\u00e9finir le fonctionnement de la BCE, exiger que la politique mon\u00e9taire soit au service de la croissance et non \u00e0 celui des banques. Ainsi, la discussion n\u2019est pas tant sur la sortie de l\u2019euro que sur la reconstruction de la politique mon\u00e9taire europ\u00e9enne.<\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2> \u00ab Podemos peut \u00eatre majoritaire aux \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales \u00bb<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p><strong>Les sondages montrent tous qu\u2019<a href=\" http:\/\/www.eldiario.es\/politica\/PP-afianza-recuperacion-opciones-mayoria_0_422408001.html\">aucune formation politique ne parviendrait \u00e0 obtenir une majorit\u00e9 aux \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales<\/a>, except\u00e9 si le PP et le PSOE s\u2019allient. Quel serait alors le r\u00f4le de Podemos ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Juan Carlos Monedero.<\/strong> Nous n\u2019avons jamais accord\u00e9 cr\u00e9dit aux sondages qui, depuis le d\u00e9but, soit nous sous-estiment, soit nous surestiment. Nous pr\u00e9f\u00e9rons nous int\u00e9resser aux tendances. Podemos demeure la premi\u00e8re force en termes de vote direct, ce qui ne veut pas dire que nous nous prenons pour la premi\u00e8re force du pays. Les tendances ne font que nous rappeler qu\u2019il faut continuer \u00e0 faire des efforts. Et apr\u00e8s tous ces mois de processus interne et d\u2019attaques externes, apr\u00e8s avoir fait de Podemos la premi\u00e8re force du changement en Espagne, nous avons pris une d\u00e9cision tr\u00e8s importante : celle d\u2019ouvrir nos listes \u00e9lectorales \u00e0 tous les citoyens, car ce n\u2019est pas parce que quelqu\u2019un n\u2019est pas dans Podemos qu\u2019il ne partage pas notre volont\u00e9 de changement.<\/p>\n<p><strong>Tania Gonzalez.<\/strong> Il y a un peu plus d\u2019un an, Podemos a surpris tout le monde en faisant irruption dans le paysage politique espagnol. Les \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales (qui se tiendront au plus tard le 20 d\u00e9cembre), qui sont pour nous la derni\u00e8re \u00e9tape du cycle \u00e9lectoral, sont un moment o\u00f9 tout reste possible. Nous pensons qu\u2019il est possible d\u2019obtenir une majorit\u00e9 seul. Mais nous nous pr\u00e9parons aussi \u00e0 l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019une fragmentation du parlement. C\u2019est pour cela que nous mettons en place une politique d\u2019ouverture vers d\u2019autres mouvements politiques, comme Izquierda unida. Podemos doit \u00eatre l\u2019outil de participation pour tous ceux qui veulent changer les choses en Espagne. Mais pour ce qui est des alliances, tout d\u00e9pend du contexte r\u00e9gional, qui est tr\u00e8s diff\u00e9rent d\u2019une communaut\u00e9 autonome \u00e0 une autre.<\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2> \u00ab Le PSOE va devoir choisir entre Podemos et le PP \u00bb<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p><strong>Juan Carlos Monedero.<\/strong> Il y a deux grandes approches. Tu peux t\u2019impliquer \u00e0 court terme dans le circuit \u00e9lectoral ou dans un changement de conscience de ton pays \u00e0 long terme. Nous avons choisi les deux options. D\u2019abord quand nous \u00e9tions professeurs de sciences politiques, que nous sommes descendus dans la rue en 2011 et que nous avons cr\u00e9\u00e9 notre \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9vision, La Tuerka. Nous avions alors la volont\u00e9 de faire \u00e9voluer les consciences. Puis nous avons cr\u00e9\u00e9 Podemos, pour nous relier aux cycles \u00e9lectoraux. Non pas pour former un groupe parlementaire et n\u2019\u00eatre que la b\u00e9quille de la transformation politique, mais bel et bien afin de gagner les \u00e9lections. Je crois que, sur ce point, nous avons la m\u00eame approche que Syriza : donner une r\u00e9ponse politique sociale, nouvelle et diff\u00e9rente.<\/p>\n<p><strong>Une alliance entre Podemos et le PSOE para\u00eet in\u00e9vitable si vous souhaitez gouverner. Quel est votre sentiment \u00e0 ce sujet ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Juan Carlos Monedero.<\/strong> Aux \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales, il n\u2019y a que le PSOE qui va avoir un probl\u00e8me, car nous ferons un meilleur r\u00e9sultat qu\u2019eux. Ainsi, les socialistes vont devoir choisir entre soutenir Podemos pour que nous gouvernions, ou constituer une grande coalition avec le PP. Le PSOE risque de suivre une feuille de route similaire \u00e0 celle du Pasok : s\u2019il en vient \u00e0 soutenir une grande coalition, je crois que ce sera sa fin. De fait, le PSOE a quasiment disparu en Catalogne, les socialistes andalous n\u2019ont plus rien \u00e0 voir avec le PSOE, et \u00e0 Madrid, ils sont divis\u00e9s. De plus, ils tiennent un discours soi-disant plus social, mais d\u00e8s qu\u2019ils vont \u00e0 Bruxelles, ils soutiennent le TTIP. Toutes ces contradictions font du PSOE un parti confus. <\/p>\n<p><strong>Tania Gonzalez.<\/strong> Nous allons appliquer la m\u00eame strat\u00e9gie que pour les municipales et gagner les \u00e9lections ! \u00c0 Madrid, \u00e0 Barcelone, \u00e0 Cadiz, Podemos prouve qu\u2019il est possible de faire de la politique d\u2019une autre mani\u00e8re. Et dans ces municipalit\u00e9s, ce n\u2019est pas le PSOE qui dirige, ce ne sont pas les socialistes qui mettent en \u0153uvre un quelconque changement dans ce pays. Alors nous ne pensons pas \u00e0 faire des alliances avec un PSOE qui n\u2019a jamais montr\u00e9 le moindre signe de changement de comportement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En campagne pour les \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales, les dirigeants de Podemos \u00e9taient ce week-end \u00e0 Paris. 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