{"id":8882,"date":"2015-07-06T17:13:55","date_gmt":"2015-07-06T15:13:55","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-le-monologue-de-la-femme-gelee\/"},"modified":"2023-06-23T23:20:12","modified_gmt":"2023-06-23T21:20:12","slug":"article-le-monologue-de-la-femme-gelee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=8882","title":{"rendered":"Le monologue de la femme gel\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Adaptant <em>La Femme gel\u00e9e<\/em> d&#8217;Annie Ernaux, r\u00e9cit intime sur l&#8217;emprisonnement d&#8217;une femme dans une vie rang\u00e9e et ultra-genr\u00e9e, la compagnie Tuchenn offre une version sc\u00e9nique \u00e9pur\u00e9e fond\u00e9e sur un dialogue entre texte et musique. <\/p>\n<p>Dans <em>La Femme gel\u00e9e,<\/em> paru en 1981, Annie Ernaux raconte la lente prise de conscience de sa situation de femme. Partant de son enfance, de son \u00e9ducation, se livrant \u00e0 une description minutieuse des diff\u00e9rentes figures f\u00e9minines ayant accompagn\u00e9 sa jeunesse, scrutant pr\u00e9cis\u00e9ment celle qu&#8217;elle-m\u00eame va ensuite endosser, l&#8217;autrice analyse finement les limites de l&#8217;\u00e9mancipation f\u00e9minine. Ou comment la petite fille pleine de r\u00eaves, issue d&#8217;un milieu ouvrier et populaire, va au final se retrouver prise dans les carcans bourgeois de la f\u00e9minit\u00e9. <\/p>\n<p>Tenue de mener de front travail et vie de famille, emprisonn\u00e9e dans sa propre vie, &#8220;gel\u00e9e&#8221;, elle va d\u00e9cider de quitter son mari pour retrouver sa libert\u00e9. C&#8217;est ce trajet autant social qu&#8217;intime que l&#8217;\u00e9quipe de Tuchenn, compagnie rompue \u00e0 l&#8217;adaptation de textes non-th\u00e9\u00e2traux, transpose au plateau, dans une forme r\u00e9unissant la com\u00e9dienne Violaine V\u00e9rit\u00e9 et le musicien Adrien Tricot. <\/p>\n<p>Racontant la gen\u00e8se de ce projet, Violaine V\u00e9rit\u00e9 \u2013 qui signe \u00e9galement l&#8217;adaptation du roman \u00e0 la sc\u00e8ne \u2013  confie <em>\u00ab Au d\u00e9part quand j&#8217;ai lu ce livre, j&#8217;ai imm\u00e9diatement pens\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re qui venait de mourir. Ce qui m&#8217;a \u00e9galement int\u00e9ress\u00e9 est la fa\u00e7on dont Annie Ernaux d\u00e9crypte avec beaucoup d&#8217;acuit\u00e9 son trajet de femme. La mani\u00e8re dont elle parle de ce chemin de la petite fille \u00e9lev\u00e9e dans un milieu tr\u00e8s populaire de Normandie qui se retrouve femme install\u00e9e dans une vie bourgeoise m&#8217;a vraiment passionn\u00e9. Ce parcours constitue pour elle une vraie d\u00e9chirure et son \u00e9criture rend compte de cela. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>D&#8217;autant que si le r\u00e9cit d&#8217;Annie Ernaux est celui d&#8217;une femme vivant dans les ann\u00e9es 60, cette probl\u00e9matique des limites de l&#8217;\u00e9mancipation f\u00e9minine sont bien, comme le rappelle la com\u00e9dienne, <em>\u00ab toujours d&#8217;actualit\u00e9. D&#8217;une certaine mani\u00e8re&#8230; Peut-\u00eatre y a-t-il simplement aujourd&#8217;hui une conscience plus grande de ces situations. Mais lorsque nous jouons le spectacle, je suis \u00e9tonn\u00e9e du nombre de femmes de tous les \u00e2ges et de tous les milieux qui viennent me voir. Elles me disent y trouver quelque chose qui les touche, personnellement. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne par Bernard Colin, la version sc\u00e9nique du texte, qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en intelligence avec Annie Ernaux, d\u00e9place le monologue vers le dialogue, et Violaine V\u00e9rit\u00e9 prend en charge le r\u00e9cit avec Adrien Tricot. <em>\u00ab Annie Ernaux fait partie de la g\u00e9n\u00e9ration ayant vu les d\u00e9buts du rock, elle en parle beaucoup dans ses \u00e9crits. Je souhaitais la pr\u00e9sence d&#8217;un univers rock, mais je ne voulais pas que ce soit quelqu&#8217;un de sa g\u00e9n\u00e9ration ou de la mienne. Voulant travailler sur le croisement des g\u00e9n\u00e9rations il fallait que le musicien soit jeune, qu&#8217;il r\u00e9ponde \u00e0 cette histoire avec sa musique d&#8217;aujourd&#8217;hui. \u00bb<\/em> <\/p>\n<p>S&#8217;exprimant uniquement par la musique, le jeune homme, dont on pr\u00e9sume qu&#8217;il pourrait aussi \u00eatre le fils \u00e0 qui la m\u00e8re confie son histoire, <em>\u00ab n&#8217;accompagne \u00bb<\/em> pas mais con\u00e7oit, au contraire, un univers sonore permettant l&#8217;existence d&#8217;un dialogue. Une fa\u00e7on, peut-\u00eatre, de rappeler que la lutte contre les in\u00e9galit\u00e9s et les oppressions de toutes sortes passe aussi par leur d\u00e9signation et leur identification.<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-8882 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/femme-gelee-home-f56.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/femme-gelee-home-f56-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"femme-gelee-home.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Adaptant <em>La Femme gel\u00e9e<\/em> d&#8217;Annie Ernaux, r\u00e9cit intime sur l&#8217;emprisonnement d&#8217;une femme dans une vie rang\u00e9e et ultra-genr\u00e9e, la compagnie Tuchenn offre une version sc\u00e9nique \u00e9pur\u00e9e fond\u00e9e sur un dialogue entre texte et musique. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":22231,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-8882","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8882","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8882"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8882\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/22231"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8882"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8882"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8882"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}