{"id":8814,"date":"2015-06-16T22:22:15","date_gmt":"2015-06-16T20:22:15","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-grece-c-etait-un-temps\/"},"modified":"2023-07-03T14:34:03","modified_gmt":"2023-07-03T12:34:03","slug":"article-grece-c-etait-un-temps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=8814","title":{"rendered":"Gr\u00e8ce : c\u2019\u00e9tait un temps d\u00e9raisonnable"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Le 20 juin auront lieu en France et en Europe des manifestations et des r\u00e9unions d\u2019assembl\u00e9es citoyennes en solidarit\u00e9 avec le peuple grec. La participation la plus massive possible est vivement esp\u00e9r\u00e9e. L\u2019issue d\u2019une partie cruciale est en train de se nouer. <\/p>\n<p><em>Dimanche<\/em> 14 juin, la reprise de la &#8220;n\u00e9gociation&#8221; entre les repr\u00e9sentants du gouvernement grec et ses cr\u00e9anciers a dur\u00e9 quarante-cinq minutes. Le gouvernement grec avait r\u00e9pondu \u00e0 la demande de nouvelles propositions formul\u00e9e par les cr\u00e9anciers, notamment l&#8217;acceptation de l&#8217;objectif d&#8217;exc\u00e9dent primaire de 1% du PIB pour cette ann\u00e9e. Ceux-ci ont remis sur la table quasiment \u00e0 l\u2019identique, les demandes qu\u2019ils formulent depuis dix mois, d\u2019abord au gouvernement Samaras puis, depuis f\u00e9vrier, au gouvernement grec \u00e9lu pour sortir d\u2019une aust\u00e9rit\u00e9 catastrophique. \u00c0 accepter en bloc. Les demandes des cr\u00e9anciers sont <em>\u00ab irrationnelles. Nous attendons patiemment qu\u2019ils acc\u00e8dent au r\u00e9alisme \u00bb<\/em>, a dit lundi Alexis Tsipras.<\/p>\n<p><strong><em>\u00ab Un vrai sentiment de 1914 \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>L\u2019affirmation d\u2018Alexis Tsipras est grave. Il n\u2019y a pas, en effet, de n\u00e9gociation possible en dehors de la confrontation de points de vue rationnels repr\u00e9sentants des points de vue et des int\u00e9r\u00eats divergents, mais recherchant un compromis raisonnable et viable et construisant une communaut\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eat. \u00c0 agir de fa\u00e7on irrationnelle ou, pour le dire autrement, de mani\u00e8re arbitraire selon la raison du plus fort, les cr\u00e9anciers nous m\u00e8nent \u00e0 la catastrophe.<em> \u00ab Les cr\u00e9anciers de la Gr\u00e8ce ont transform\u00e9 les n\u00e9gociations en guerre \u00bb<\/em>, a r\u00e9sum\u00e9 Yanis Varoufakis dans <a href=\"http:\/\/www.euractiv.fr\/sections\/euro-finances\/varoufakis-les-creanciers-de-la-grece-ont-transforme-les-negociations-en\">une interview<\/a> donn\u00e9e le 9 juin au journal allemand <em>Tagesspiegel<\/em> (\u00e0 lire in extenso). <\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.rtbf.be\/info\/chroniques\/detail_ce-sentiment-de-1914-paul-krugman?id=8996066&#038;chroniqueurId=5032403\">Comme le dit \u00e0 raison Paul Krugman<\/a>, <em>\u00ab il y a un vrai sentiment de 1914 dans ce qui se passe maintenant, l\u2019id\u00e9e de fiert\u00e9, d\u2019agacement et de vrais mauvais calculs sont en train de faire tomber l\u2019Europe de la falaise&#8230; Certains des acteurs principaux semblent bizarrement fatalistes, pr\u00eats et m\u00eame impatients d\u2019arriver \u00e0 la catastrophe \u2013 une sorte de version moderne de &#8220;l\u2019esprit de 1914&#8221; dans lequel un grand nombre de gens \u00e9taient enthousiastes \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019entrer en guerre. Ces protagonistes, ajoute-t-il, se sont persuad\u00e9s que le reste de l\u2019Europe peut ignorer sans probl\u00e8me une sortie de la Gr\u00e8ce de la zone euro, et qu\u2019un tel d\u00e9part pourrait m\u00eame avoir un effet salutaire en montrant le prix qu\u2019il faut payer pour un tel comportement. Mais ils font une terrible erreur. M\u00eame sur le court terme, les garde-fous financiers qui seraient cens\u00e9s contenir les effets d\u2019une sortie de la Gr\u00e8ce n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 test\u00e9s et pourraient bien \u00e9chouer. En plus de \u00e7a, la Gr\u00e8ce, qu\u2019on le veuille ou non, fait partie de l\u2019Union Europ\u00e9enne et ses probl\u00e8mes se r\u00e9pandraient certainement sur le reste de l\u2019union m\u00eame si les fondements financiers restaient. \u00bb<\/em> <\/p>\n<p>Et pourtant c\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit. L\u2019\u00e9ditorialiste du <em>Financial Times<\/em>, Wolfgang M\u00fcnchau <a href=\"http:\/\/www.ft.com\/cms\/s\/0\/5e38f1be-1116-11e5-9bf8-00144feabdc0.html#axzz3dD8Ujt2T\">a fait les comptes<\/a>. L\u2019application du programme d&#8217;ajustement budg\u00e9taire de quatre ans exig\u00e9 par les cr\u00e9anciers conduirait \u00e0 une baisse combin\u00e9e du PIB grec sur quatre ans de 12,6%, d\u00e9bouchant alors en 2019 sur un taux de dette \/ PIB de 200%. <em>\u00ab Ma conclusion, <\/em> \u00e9crit l\u2019\u00e9ditorialiste<em>, est que l&#8217;acceptation du programme de la Tro\u00efka constituerait un double suicide \u2013 pour l&#8217;\u00e9conomie grecque, et pour la carri\u00e8re politique du premier ministre grec. \u00bb<\/em> Cela n\u2019emp\u00eache pas le r\u00e9dacteur \u00e9conomique du <em>Monde<\/em>, Vincent Giret, de mettre la marche \u00e0 l\u2019abime sur le dos du<em> \u00ab jusqu\u2019au-boutisme du gouvernement grec \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Pour ses calculs, Wolfgang M\u00fcnchau a pu s\u2019appuyer sur ceux du FMI et de son \u00e9conomiste en chef Olivier Blanchard, qui a admis en 2013 s\u2019\u00eatre totalement tromp\u00e9 sur l\u2019impact du programme d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 impos\u00e9 \u00e0 la Gr\u00e8ce. Le FMI avait compl\u00e8tement sous-estim\u00e9 ce que l\u2019on appelle le multiplicateur des d\u00e9penses publiques. Cela n\u2019emp\u00eache pas le FMI de camper \u00e0 nouveau sur les exigences de baisse des retraites, de hausse de la TVA et de d\u00e9mant\u00e8lement du droit du travail. On doit \u00e0 cette obstination une bonne partie de l\u2019\u00e9chec de la &#8220;n\u00e9gociation&#8221; de ce week-end. La Gr\u00e8ce avait propos\u00e9 de compenser le rejet de la baisse des retraites par une baisse des d\u00e9penses militaires. Ce n\u2019est pas une r\u00e9forme structurelle a jug\u00e9 le FMI. <\/p>\n<p><strong><em>Dette insoutenable<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but, la vraie question est en fait celle de la dette que les politiques de la Tro\u00efka, servilement appliqu\u00e9es par les gouvernements grecs, ont rendue encore plus insoutenable qu\u2019en 2009. La Gr\u00e8ce n\u2019a pas pay\u00e9 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de 300 millions au FMI le 5 juin. Elle a pu bloquer le paiement de toutes les \u00e9ch\u00e9ances de ce mois au 30 juin soit 1,3 milliards d\u2019euros. Les 7,2 milliards d\u2019aide qui sont la contrepartie de la n\u00e9gociation en cours repartiront pour l\u2019essentiel imm\u00e9diatement en paiement des \u00e9ch\u00e9ances et ne serviront en rien \u00e0 relancer l\u2019\u00e9conomie grecque. D\u2019ici 2020, la Gr\u00e8ce devra rembourser 35 milliards d&#8217;euros, soit plus de 18% du PIB actuel. C\u2019est pour cela que les cr\u00e9anciers cherchent \u00e0 lui imposer un exc\u00e9dent budg\u00e9taire primaire \u00e9quivalent, \u00e0 coups de &#8220;r\u00e9formes structurelles&#8221; socialement, \u00e9conomiquement et politiquement ravageuses et donc totalement irrationnelles. <\/p>\n<p>Le FMI admet que cette dette est insoutenable et qu\u2019une restructuration devra intervenir. Le gouvernement grec a mis <a href=\"http:\/\/www.latribune.fr\/economie\/union-europeenne\/comment-la-grece-veut-revenir-sur-les-marches-internationaux-480220.html\">un plan de restructuration<\/a> sur la table. L\u2019Union europ\u00e9enne, Allemagne en t\u00eate, ne veut pas entendre parler de restructuration. Moyennant quoi&#8230; le FMI refuse tout compromis sur l\u2019exc\u00e9dent budg\u00e9taire grecs et sur les &#8220;r\u00e9formes&#8221; qui l\u2019accompagnent et qui rendront la dette grecque en r\u00e9alit\u00e9 encore plus insoutenable. \u00c0 moins que, faute d\u2019accord, la Gr\u00e8ce ne fasse d\u00e9faut d\u00e8s juillet et qu\u2019elle ne soit entra\u00een\u00e9e, par le jeu des r\u00e9actions en chaine, \u00e0 une sortie de l\u2019euro et \u00e0 un d\u00e9faut g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 sur toute sa dette \u2013 y compris les 160 milliards dus \u00e0 l\u2019Allemagne et \u00e0 la France. Bienvenue en Ubuland !<\/p>\n<p>Thomas Piketty en a bien r\u00e9sum\u00e9 les m\u0153urs dans <a href=\"http:\/\/www.marianne.net\/thomas-piketty-grece-on-invente-penitence-eternelle-100234608.html\">une r\u00e9cente interview \u00e0 <em>Marianne<\/em><\/a> : <em>\u00ab De quoi a-t-on discut\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent ? De l&#8217;obligation pour les Grecs de payer jusqu&#8217;\u00e0 4 % de leur PIB d&#8217;imp\u00f4t en plus de ce que n\u00e9cessitent leurs d\u00e9penses publiques pour rembourser la dette publique. A vouloir absolument que les Grecs payent, on invente le paiement \u00e9ternel, la p\u00e9nitence \u00e9ternelle. Alors m\u00eame que les jeunes Grecs ne sont pas plus responsables que les jeunes g\u00e9n\u00e9rations d&#8217;Allemands des ann\u00e9es 50-60 pour les &#8220;b\u00eatises&#8221; bien plus grosses de leurs parents. Il faut \u00eatre clair, cela ne se fera pas. Ce que les Allemands veulent absolument \u00e9viter, on finira de toute fa\u00e7on par le faire : restructurer la dette grecque, et avec elle l&#8217;ensemble de celles des pays de la zone euro. Car, pour que l&#8217;annulation des dettes pour certains soit acceptable pour les uns, il faudra aussi le faire pour les autres, comme le Portugal. La le\u00e7on \u00e0 tirer de ce triste \u00e9pisode, c&#8217;est que la rigidit\u00e9 doctrinale sur le paiement des dettes est contre-productive et absurde. La dette est une question politique, citoyenne, pas technique. \u00c0 trop la laisser \u00e0 un petit groupe d&#8217;experts, de technocrates et de financiers, on arrive justement \u00e0 des solutions id\u00e9ologiques ! \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Et sa conclusion est la bonne : au-del\u00e0 de la dette grecque, c\u2019est bien l\u2019ensemble du probl\u00e8me de la dette publique dans l\u2019Union europ\u00e9enne qu\u2019il faut traiter.<\/p>\n<p><strong><em>&#8220;Gracques&#8221; enrag\u00e9s<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>C\u2019est certainement ce qui fait enrager les &#8220;Gracques&#8221;. Ce<em> \u00ab groupe informel d\u2019anciens hauts fonctionnaires socialistes \u00bb<\/em> qui vieillissent en ultras est pr\u00eat \u00e0 engager la France et l\u2019Europe dans toutes les aventures pour d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats des banquiers, financiers et oligarques de haut vol qu\u2019ils sont devenus. Quand il y a surendettement, c\u2019est toujours la faute des emprunteurs, jamais celle des pr\u00e9teurs. La seule chose qui compte est qu\u2019ils rentrent \u2013 et \u00e0 n\u2019importe quel prix \u2013 dans leurs fonds. Et si non, que l\u2019on condamne les mauvais payeurs aux gal\u00e8res \u00e9ternelles afin de faire passer \u00e0 tout le monde le go\u00fbt de ce pain-l\u00e0. <em>\u00ab M. Tsipras est un braqueur de banque qui menace de tout faire sauter \u00bb<\/em>, \u00e9crivent-ils, <a href=\"http:\/\/www.lesechos.fr\/idees-debats\/editos-analyses\/021137279879-grece-ne-laissons-pas-m-tsipras-braquer-les-banques-1128409.php \">dans un texte hallucinant<\/a>, publi\u00e9 il y a deux jours sur le site des <em>\u00c9chos<\/em>. <\/p>\n<p>L\u2019anonymat \u00e9tant la r\u00e8gle, dans ce groupe courageux mais pas t\u00e9m\u00e9raire, on ne sait si la plume a \u00e9t\u00e9 cette fois ci tenue par Jean-Pierre Jouyet, Denis Olivennes, Bernard Spitz (le patron de la F\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise des assurances) ou par Fran\u00e7ois Villeroy de Galhau (le r\u00e9cent ancien dirigeant de BNP-Paribas que l\u2019on pr\u00e9sente comme le futur gouverneur de la Banque de France), tous r\u00e9put\u00e9s faire partie du groupe. Quoi qu\u2019il en soit, cette prose d\u2019incendiaires montre a contrario, l\u2019importance du travail d\u2019audit de la dette conduite par le Parlement grec dont les premiers travaux vont \u00eatre incessamment rendus publics.<\/p>\n<p><strong><em>Les r\u00e9formes, parlons-en !<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>L\u2019irrationnel domine dans les &#8220;r\u00e9formes&#8221; que les cr\u00e9anciers veulent imposer \u00e0 la Gr\u00e8ce. <a href=\"http:\/\/prospect.org\/article\/what-reform-strange-case-greece-and-europe\">Comme l\u2019analyse James Galbraith<\/a>, \u00e9conomiste am\u00e9ricain et ami de Yanis Varoufakis, <em>\u00ab ce qui manque dans les demandes des cr\u00e9anciers c\u2019est&#8230; la r\u00e9forme \u00bb<\/em>.  <\/p>\n<p><em>\u00ab La v\u00e9ritable r\u00e9forme,<\/em> explique-t-il, <em>est un processus qui exige du temps, de la patience, de la planification et de l&#8217;argent. La r\u00e9forme des retraites et de l&#8217;assurance sociale, les droits du travail modernes, les privatisations raisonnables et la collecte effective des imp\u00f4ts sont des r\u00e9formes. Comme le sont les mesures relatives \u00e0 l&#8217;administration publique, au syst\u00e8me judicaire, \u00e0 la perception des imp\u00f4ts, \u00e0 l&#8217;int\u00e9grit\u00e9 des statistiques et \u00e0 d&#8217;autres questions, qui sont en principe convenues et que les Grecs souhaitent mettre en \u0153uvre \u2013 ce que les cr\u00e9anciers refusent pour des raisons de n\u00e9gociation. Il devrait s\u2019agir d\u2019un programme d&#8217;investissements cibl\u00e9s sur des services de qualit\u00e9 que la Gr\u00e8ce est apte \u00e0 fournir, y compris dans les soins de sant\u00e9, de soins aux personnes \u00e2g\u00e9es, l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur, la recherche et les arts. La r\u00e9forme suppose d\u2019admettre que la Gr\u00e8ce ne peut pas r\u00e9ussir en calquant purement et simplement ce que font d&#8217;autres pays. La Gr\u00e8ce doit \u00eatre diff\u00e9rente : un pays avec des petites boutiques, des petits h\u00f4tels, une haute culture, et des plages ouvertes. Une restructuration de la dette qui ram\u00e8nerait la Gr\u00e8ce sur les march\u00e9s (et oui, cela pourrait \u00eatre fait, et les Grecs ont une proposition visant \u00e0 faire) serait \u00e9galement, selon tous les crit\u00e8res raisonnables, une r\u00e9forme \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><em>\u00ab L&#8217;objet r\u00e9el du programme des cr\u00e9anciers, <\/em> ajoute-t-il,<em> n\u2019est donc pas la r\u00e9forme. Des coupes dans les retraites, des baisses de salaires, des augmentations d&#8217;imp\u00f4ts et des ventes en catastrophe sont exig\u00e9es avec la pens\u00e9e magique que l&#8217;\u00e9conomie se r\u00e9tablira en d\u00e9pit d&#8217;imp\u00f4ts plus \u00e9lev\u00e9s, de la baisse du pouvoir d&#8217;achat, et de l\u2019exportation des b\u00e9n\u00e9fices des entreprises privatis\u00e9es. La magie a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 test\u00e9e pendant cinq ans, sans succ\u00e8s dans le cas grec. Voil\u00e0 pourquoi, au lieu de r\u00e9cup\u00e9rer, comme pr\u00e9vu apr\u00e8s le plan de sauvetage de 2010, la Gr\u00e8ce a subi une perte de plus de 25% de son revenu sans aucun redressement en vue. Voil\u00e0 pourquoi le fardeau de la dette est pass\u00e9 d&#8217;environ 100% du PIB \u00e0 180%. Mais admettre cet \u00e9chec, dans le cas de la Gr\u00e8ce, serait saper l&#8217;ensemble du projet de politique europ\u00e9enne et l&#8217;autorit\u00e9 de ceux qui le mettent en \u0153uvre \u00bb. <\/em> <\/p>\n<p><strong><em>Et pendant ce temps-l\u00e0, Fran\u00e7ois Hollande&#8230;<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Les n\u00e9gociations sont donc dans l&#8217;impasse. <em>\u00ab Soit le gouvernement grec va trop conc\u00e9der, perdre son soutien populaire et s\u2019effondrer,<\/em> note James Galbraith.<em> Et, dans ce cas,<\/em> juge-t-il,<em> que le r\u00e9sultat final soit une nouvelle mise sous administration judiciaire du pays ou Aube Dor\u00e9e, la d\u00e9mocratie est morte en Europe. Soit, \u00e0 la fin des fins, les Grecs seront oblig\u00e9s de prendre \u2013 avec un co\u00fbt et des risques \u00e9normes &#8211; leur destin en mains, et d&#8217;esp\u00e9rer de l&#8217;aide d&#8217;o\u00f9 qu&#8217;elle vienne. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Fran\u00e7ois hollande a, en d\u00e9but de semaine, enjoint \u00e0 Alexis Tsipras de reprendre <em>\u00ab le plus vite possible la n\u00e9gociation \u00bb<\/em> avec ses cr\u00e9anciers. C\u2019est tout ? C\u2019est tout ! Face \u00e0 un enjeu historique, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique fran\u00e7aise, qui pourrait tant peser sur le cours de l\u2019Europe, continue de se cacher derri\u00e8re les institutions europ\u00e9ennes et derri\u00e8re les positions allemandes dont il ne se d\u00e9marque nullement. Comme le dit encore Thomas Piketty, <em>\u00ab cette strat\u00e9gie, permettant de se d\u00e9fausser alternativement sur Bruxelles ou Berlin, est confortable, mais irresponsable quand on sait qu&#8217;\u00e0 la fin des fins toute cette m\u00e9canique s&#8217;effondrera, parce qu&#8217;elle ne marche tout simplement pas. Si le gouvernement fran\u00e7ais laissait faire ceux qui, comme Wolfgang Sch\u00e4uble en Allemagne, veulent pousser les Grecs dehors, il porterait une terrible responsabilit\u00e9 historique \u00bb. <\/em> <\/p>\n<p>C\u2019est aussi pour exiger que le gouvernement fran\u00e7ais prenne toutes ses responsabilit\u00e9s et soutienne enfin les demandes raisonnables du peuple et du gouvernement grec, que pour ma part, je manifesterai samedi 20 juin \u00e0 Paris de Stalingrad \u00e0 la R\u00e9publique. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 20 juin auront lieu en France et en Europe des manifestations et des r\u00e9unions d\u2019assembl\u00e9es citoyennes en solidarit\u00e9 avec le peuple grec. La participation la plus massive possible est vivement esp\u00e9r\u00e9e. 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