{"id":8755,"date":"2015-06-01T09:08:13","date_gmt":"2015-06-01T07:08:13","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-nouvelles-frontieres-nouveaux\/"},"modified":"2015-06-01T09:08:13","modified_gmt":"2015-06-01T07:08:13","slug":"article-nouvelles-frontieres-nouveaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=8755","title":{"rendered":"Nouvelles fronti\u00e8res, nouveaux fronts"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Dans un livre \u00e9clatant, Anne-Laure Amilhat Szary, g\u00e9ographe, revient sur ce que repr\u00e9sentent aujourd\u2019hui les fronti\u00e8res. Objet de nouvelles politiques et levier du capitalisme dans un monde globalis\u00e9, elles fa\u00e7onnent nos vies quand elles ne les d\u00e9truisent pas. <\/p>\n<p>Il est rare que l\u2019on ait envie de saluer un livre, tant il change notre perception. C\u2019est le cas du livre d\u2019Anne-Laure Amilhat Szary, sobrement intitul\u00e9 <em>Qu\u2019est-ce qu\u2019une fronti\u00e8re aujourd\u2019hui ?<\/em> Ce qui importe dans le titre, c\u2019est \u00e9videmment <em>\u00ab aujourd\u2019hui \u00bb<\/em> : qu\u2019arrive-t-il, que se passe-t-il aujourd\u2019hui aux fronti\u00e8res ? Quelles en sont les formes nouvelles ? Quelles nouvelles forces s\u2019exercent aujourd\u2019hui aux fronti\u00e8res, ou s\u2019en emparent ? Toutes ces questions peuvent para\u00eetre incongrues. Et, c\u2019est vrai, tout laisse \u00e0 penser que nous vivrions, aujourd\u2019hui, dans un &#8220;monde sans fronti\u00e8res&#8221;. Ce serait m\u00eame le caract\u00e8re essentiel de ce qui fait notre pr\u00e9sent, notre actualit\u00e9. Celle d\u2019un monde contemporain dont la chute du mur de Berlin, en 1989, marquerait l\u2019av\u00e8nement.<\/p>\n<p>C\u2019est pourtant faux, \u00e0 tout le moins inexact. On a vu, depuis la chute du mur, de nouveaux \u00c9tats appara\u00eetre ; de nouveaux murs surgir (en Inde, aux \u00c9tats-Unis, en Isra\u00ebl) ; bien plus,<em> \u00ab la dislocation des \u00e9quilibres issus de la guerre froide a permis la cr\u00e9ation de 27.000 km de fronti\u00e8res dans le monde depuis 1991 \u00bb<\/em>. Alors pourquoi cette impression, ce sentiment d\u2019une dislocation des fronti\u00e8res ? C\u2019est simplement, selon Anne-Laure Amilhat Szary, que la fonction des fronti\u00e8res aurait chang\u00e9. D\u00e8s lors, la question se d\u00e9place : qu\u2019est-ce qui fait aujourd\u2019hui une fronti\u00e8re, et que fait une fronti\u00e8re, comment op\u00e8re-t-elle ? Pour prendre la mesure de ce d\u00e9placement, il faut rappeler, m\u00eame bri\u00e8vement, ce qu\u2019on entend traditionnellement par ce terme. <\/p>\n<p><strong><em>La fronti\u00e8re, une invention europ\u00e9enne<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>La fronti\u00e8re, telle que nous l\u2019entendons encore aujourd\u2019hui, a l\u2019\u00e2ge de la souverainet\u00e9. Et plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019\u00e2ge de la souverainet\u00e9 des \u00c9tats-Nations europ\u00e9ens. La fronti\u00e8re comme limite codifi\u00e9e par le droit international est en effet issue, comme le rappelle Anne-Laure Amilhat Szary, de la guerre de Trente ans, qui vit l\u2019Europe se d\u00e9chirer en des guerres sanglantes, meurtri\u00e8res et r\u00e9p\u00e9t\u00e9es. Elle a, par cons\u00e9quent, une date de naissance : la signature, en 1648, des trait\u00e9s de Westphalie, par lesquels les grands royaumes europ\u00e9ens mettent fin, pour un temps, \u00e0 leurs conflits, et d\u00e9cident de <em>\u00ab fonder l\u2019\u00e9quilibre de leurs puissances sur la base d\u2019une stabilit\u00e9 territoriale \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p>D\u00e8s lors, fronti\u00e8re, \u00c9tat-Nation, territoire, souverainet\u00e9 deviennent des termes ins\u00e9parables. La fronti\u00e8re d\u00e9signe la limite d\u2019un territoire sur lequel s\u2019exerce la souverainet\u00e9 d\u2019un \u00c9tat-nation. C\u2019est, pour ainsi dire, une <em>\u00ab enveloppe protectrice \u00bb<\/em>. Les langues europ\u00e9ennes le disent d\u2019ailleurs dans leur diversit\u00e9 : &#8220;front&#8221;, la fronti\u00e8re est ce qui s\u00e9pare (de l\u2019ennemi) ; &#8220;boundary&#8221;, la fronti\u00e8re est ce qui lie deux \u00c9tats, et relie aussi bien une nation \u00e0 elle-m\u00eame, la d\u00e9finit. Bref, la fronti\u00e8re, comme limite, ouvre et ferme, s\u00e9pare et relie ; et dans tous les cas, elle identifie.<\/p>\n<p><strong><em>La fronti\u00e8re comme ligne mythique<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>La fronti\u00e8re, en un autre sens encore, est une invention europ\u00e9enne. La repr\u00e9sentation de la fronti\u00e8re, au sens moderne, est en effet indissociable d\u2019un appareil cartographique savant. S\u2019il est vrai que les premi\u00e8res fronti\u00e8res europ\u00e9ennes ont \u00e9t\u00e9 trac\u00e9es le long de fleuves, de montagnes (de mani\u00e8re \u00e0 ancrer leur l\u00e9gitimit\u00e9 dans des fronti\u00e8res pr\u00e9tendument naturelles), il n\u2019en reste pas moins qu\u2019elles rel\u00e8vent de <em>\u00ab l\u2019id\u00e9e d\u2019une limite lin\u00e9aire \u00bb<\/em>, qui repose sur la mat\u00e9rialisation visuelle d\u2019un ordre politique. <\/p>\n<p>C\u2019est si vrai que l\u2019arbitraire des fronti\u00e8res, leur trac\u00e9 lin\u00e9aire, donnera lieu \u00e0 des contestations, et donc de nouvelles conventions, pour peu qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019\u00e9valuer la d\u00e9viation d\u2019un cours d\u2019eau, un d\u00e9placement g\u00e9ologique. Bien plus, c\u2019est encore la figure (mythique) de la ligne qui imposera sa force expansionniste dans la diffusion du mod\u00e8le europ\u00e9en de la fronti\u00e8re, notamment lors des d\u00e9coupages \u2013 le plus souvent aberrants \u2013 des territoires soumis par les puissances colonisatrices europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p><strong><em>Un capitalisme transfrontalier<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce donc qui, d\u00e8s lors, a chang\u00e9 aujourd\u2019hui, et trouble notre repr\u00e9sentation de la fronti\u00e8re ? C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette organisation de la fronti\u00e8re autour de la figure de la ligne, comme repr\u00e9sentation d\u2019un pouvoir souverain. Il faut, d\u2019abord, compter avec la multiplication et la mont\u00e9e en puissance de tous les territoires et zones transfrontali\u00e8res. Certes, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019arbitraire du trac\u00e9 frontalier venait partager des populations de m\u00eame langue ou de m\u00eame ethnie, les pouvoirs nationaux ne sont jamais vraiment parvenus \u00e0 r\u00e9duire les sentiments d\u2019appartenance transfrontaliers. Mais d\u00e9sormais, dans un monde globalis\u00e9, notamment au travers d\u2019\u00e9changes commerciaux intenses, l\u2019int\u00e9gration transfrontali\u00e8re cohabite avec les pouvoirs frontaliers [[C\u2019est vrai, par exemple, des flux d\u2019\u00e9changes entre vieilles familles de n\u00e9gociants du Nord-Cameroun, ou du commerce des f\u00e8ves de cacao entre le Ghana et la C\u00f4te d\u2019Ivoire.]]. <\/p>\n<p>Il faut se garder, toutefois, comme l\u2019observe Anne-Laure Amilhat Szary, d\u2019y voir une simple subversion des territoires d\u2019\u00c9tat. D\u2019une part, ces \u00e9changes marginaux d\u00e9pendent des infrastructures (routes, centre d\u2019approvisionnement, etc.) centralis\u00e9es par l\u2019\u00c9tat. D\u2019autre part, ces \u00e9changes d\u00e9pendent de march\u00e9s internationaux, quand ce n\u2019est pas de nouveaux grands entrepreneurs transnationaux. La mobilit\u00e9 des \u00e9changes, et donc des fronti\u00e8res, d\u00e9pend d\u00e8s lors de la volatilit\u00e9 des flux du capital, qui recompose diff\u00e9rentiellement les territoires. Surtout, il devient difficile d\u2019opposer fronti\u00e8res ouvertes et fronti\u00e8res ferm\u00e9es. <\/p>\n<p><strong><em>Des fronti\u00e8res \u00ab intelligentes \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>C\u2019est que les fronti\u00e8res ne sont plus, \u00e0 proprement parler, les lieux d\u2019une &#8220;limite&#8221;, qui s\u2019ouvre et se ferme \u00e0 des entit\u00e9s prises individuellement (des personnes, des marchandises), mais le lieu d\u2019un &#8220;processus&#8221;, qui \u00e9value et traite diff\u00e9rentiellement des flux (de capitaux, de populations, d\u2019informations). Si bien qu\u2019un \u00c9tat ou un ensemble d\u2019\u00c9tats peut anticiper certains flux, et permettre leur intensification tout en en r\u00e9duisant d\u2019autres gr\u00e2ce, notamment, \u00e0 <em>\u00ab l\u2019utilisation de nouvelles technologies reliant des bases de donn\u00e9es pour calculer les risques aux fronti\u00e8res \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p>On parlera donc d\u00e9sormais de <em>smart borders<\/em>, de fronti\u00e8res intelligentes, qui recueillent et croisent des informations sur l\u2019identit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique (iris, r\u00e9tine, etc.), des donn\u00e9es sur les comportements des populations (niveau de vie, d\u00e9placements, etc.), de mani\u00e8re \u00e0 d\u00e9composer et recomposer les individus. Les fronti\u00e8res, d\u00e9sormais, nous traversent autant que nous les traversons. <\/p>\n<p><strong><em>Un  \u00ab complexe s\u00e9curitaro-industriel \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Mais les fronti\u00e8res s\u2019\u00e9tendent (<em>debordering<\/em>) et se reconfigurent (<em>rebordering<\/em>) \u00e9galement, au point, \u00e9crit Anne-Laure Amilhat Szary, qu\u2019il devient difficile de leur assigner un lieu, sinon m\u00eame de parler de lieu. C\u2019est la Chine qui reconstruit une fronti\u00e8re dans l\u2019espace virtuel, en d\u00e9ployant un pare-feu g\u00e9ant ; des \u00c9tats qui, ici ou l\u00e0, de fa\u00e7on moins spectaculaire, instaurent des restrictions d\u2019acc\u00e8s \u00e0 certains sites Internet. Ce sont \u00e9galement des dispositifs technologiques de surveillance (capteurs de temp\u00e9rature, de mouvements, cam\u00e9ras, drones, robots) qui, \u00e0 l\u2019ombre des fronti\u00e8res traditionnelles (et notamment des murs indiens, isra\u00e9liens ou am\u00e9ricains) d\u00e9bordent les trac\u00e9s traditionnels pour pr\u00e9venir des &#8220;menaces&#8221; diffuses : trafic d\u2019armes, terrorisme, migrants. <\/p>\n<p>Bien plus, les fronti\u00e8res traversent d\u00e9sormais les espaces p\u00e9riph\u00e9riques, au point que les \u00c9tats, notamment europ\u00e9ens, d\u00e9localisent leur contr\u00f4le aux fronti\u00e8res. C\u2019est ainsi qu\u2019on a vu l\u2019Europe faire reposer, de fait, sa politique migratoire sur une s\u00e9rie d\u2019acteurs non europ\u00e9ens, publics et aussi bien priv\u00e9s. La cr\u00e9ation des ILO et de Frontex, en 2004, des patrouilles RABIT en 2007, le PEV (Pacte europ\u00e9en de voisinage) en 2008, ont conduit, en amont des fronti\u00e8res traditionnelles, \u00e0 confier les t\u00e2ches de contr\u00f4le d\u2019identit\u00e9, de r\u00e9tention et de refoulement des migrants \u00e0 des pays comme la Lybie (avec le succ\u00e8s que l\u2019on sait), aussi bien qu\u2019\u00e0 la privatisation des pr\u00e9rogatives d\u2019intervention sur la M\u00e9diterran\u00e9e. <\/p>\n<p><strong><em>La fronti\u00e8re : un appareil de capture des vies<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Il faut donc parler d\u2019une v\u00e9ritable <em>\u00ab \u00e9conomie de surveillance \u00bb<\/em> qui implique des acteurs transnationaux, publics et priv\u00e9s, et d\u2019une <em>\u00ab exportation de la fronti\u00e8re \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du domaine de souverainet\u00e9 \u00bb.<\/em> \u00c0 travers l\u2019exercice de contr\u00f4le des flux, la fronti\u00e8re se diversifie, dans ses modalit\u00e9s comme dans sa spatialit\u00e9 :<em> \u00ab pour continuer \u00e0 faire limite \u00bb<\/em>, les points de contr\u00f4le ne peuvent fonctionner que s\u2019ils sont reli\u00e9s autrement qu\u2019\u00e0 travers une ligne, c\u2019est-\u00e0-dire en r\u00e9seau, formant un syst\u00e8me de donn\u00e9es constitu\u00e9 comme un nuage (<em>cloud<\/em>) ou une ombre port\u00e9e (que symbolise \u00e0 merveille, si l\u2019on peut dire, la surveillance satellitaire).<\/p>\n<p>Ces nouvelles politiques frontali\u00e8res ne sont pas seulement dangereuses pour les libert\u00e9s publiques ; d\u00e9sastreuses en termes de co\u00fbt et d\u2019investissement ; d\u00e9vastatrices \u2013 et c\u2019est \u00e9videmment l\u2019essentiel \u2013 en terme de vies. Les drames de Lampedusa, de Reggio Calabria nous contraignent \u00e9videmment \u00e0 une r\u00e9flexion sur le fait qu\u2019aujourd\u2019hui, <em>\u00ab la fronti\u00e8re capture des vies \u00bb<\/em>. Mais ils ne doivent pas nous faire oublier cette autre figure de la violence des fronti\u00e8res : celles de ces vies qui, \u00e0 l\u2019ombre de ces nouvelles fronti\u00e8res, dans des zones d\u2019extra-territorialit\u00e9, se voient repouss\u00e9es sans pour autant pouvoir franchir la fronti\u00e8re, ni regagner leur lieu de vie [[Ce sont les camps, les zones de r\u00e9tention qui se multiplient : pour ne citer qu\u2019eux, ceux de Tinzouaten, entre le Mali et l\u2019Alg\u00e9rie ; de Holot, en Isra\u00ebl ; de Subotica, en Serbie ; et bien s\u00fbr, plus pr\u00e8s de nous, Calais.]]. Comme l\u2019\u00e9crit Anne-Laure Amilhat Szary, il n\u2019est d\u00e8s lors pas plus grand p\u00e9ril, pire condition, dans ce monde pr\u00e9tendument ouvert, que d\u2019\u00eatre aujourd\u2019hui retenu, condamn\u00e9 \u00e0 vivre &#8220;dans&#8221; la fronti\u00e8re, ce nouveau &#8220;non-lieu&#8221;. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un livre \u00e9clatant, Anne-Laure Amilhat Szary, g\u00e9ographe, revient sur ce que repr\u00e9sentent aujourd\u2019hui les fronti\u00e8res. 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