{"id":875,"date":"1998-03-01T00:00:00","date_gmt":"1998-02-28T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/orientales875\/"},"modified":"1998-03-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-02-28T23:00:00","slug":"orientales875","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=875","title":{"rendered":"Orientales"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Revisitant Confucius, De la peinture&#8230;en soie majeur<strong> La Chine lointaine est convoit\u00e9e par les marchands, in\u00e9puisable march\u00e9. Chine, culture mill\u00e9naire et cr\u00e9ation contemporaine. Quelques pas vers elle. <\/strong><\/p>\n<p>Bleu de Chine, c&#8217;est une belle aventure, gr\u00e2ce \u00e0 Genevi\u00e8ve Imbot-Bichet, qui a cr\u00e9\u00e9 cette maison d&#8217;\u00e9dition en 1994 (une Entreprise unipersonnelle \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e) pour faire d\u00e9couvrir aux lecteurs fran\u00e7ais des oeuvres d&#8217;auteurs chinois c\u00e9l\u00e8bres ou inconnus. Cela, dans d&#8217;excellentes traductions sign\u00e9es, entre autres, Fran\u00e7oise Naour, Isabelle Rabut et Angel Pino&#8230; Chaque couverture, originale et fort belle, est illustr\u00e9e par une calligraphie de Fabienne Verdier.&#8221; J&#8217;ai commenc\u00e9 par faire moi-m\u00eame des traductions d&#8217;oeuvres litt\u00e9raires chinoises que j&#8217;aimais, raconte Genevi\u00e8ve. J&#8217;envoyais ces manuscrits dans de grandes maisons d&#8217;\u00e9dition parisiennes&#8230;qui me faisaient attendre pendant des mois des r\u00e9ponses le plus souvent n\u00e9gatives&#8230; J&#8217;ai d\u00e9cid\u00e9 de prendre moi-m\u00eame les choses en main ! &#8221; Sous le charme discret de la litt\u00e9rature chinoise<\/p>\n<p>Elle a commenc\u00e9 par un coup de ma\u00eetre: Contes et libell\u00e9s, de Wang Meng (de vrais petits chefs-d&#8217;oeuvre dont nous avons parl\u00e9 dans R\u00e9volution) puis ont suivi: Tibet, les ann\u00e9es cach\u00e9es, de Zhaxi Dawa, Destruction de Pa Kin, Fleur-Entrelacs du musulman Zhang Chengzhi, des r\u00e9cits sur le Shangha\u00ef des ann\u00e9es trente, l&#8217;Eau et les nuages de Shen Congwen, l&#8217;Impitoyable de Zhang Kangkang, cette remarquable femme \u00e9crivain qui a fait partie des groupes de &#8221; jeunes instruits &#8221; envoy\u00e9s dans les campagnes en 1966&#8230;&#8221; Mes p\u00f4les d&#8217;int\u00e9r\u00eat: les minorit\u00e9s nationales, la litt\u00e9rature des femmes, celle des ann\u00e9es trente, et les textes d&#8217;auteurs qui, sur la Chine, prennent des positions politiques importantes. Ainsi ai-je publi\u00e9 Pour un Mus\u00e9e de la r\u00e9volution culturelle de Pa Kin. Avec mon \u00e9quipe, tr\u00e8s soud\u00e9e, de traducteurs, nous travaillons dans un climat de grande amiti\u00e9. Je commence \u00e0 recevoir de nombreux manuscrits, les projets abondent, l&#8217;audience s&#8217;\u00e9largit. J&#8217;aimerais mener une vraie &#8221; politique d&#8217;auteurs &#8220;, c&#8217;est-\u00e0-dire garder des \u00e9crivains, les publier r\u00e9guli\u00e8rement&#8230;&#8221;<\/p>\n<p>Derni\u00e8re parution de Bleu de Chine: la Danseuse de Yangge de Chi Zijian. N\u00e9e en 1964, la jeune femme, qui publie depuis 1985, s&#8217;inscrit dans le courant actuel n\u00e9o-r\u00e9aliste. Elle d\u00e9clare au sujet de ses livres: &#8221; C&#8217;est dans les faits qu&#8217;on pourrait croire banals et anodins que r\u00e9sident le charme \u00e9ternel de l&#8217;existence humaine et ses limites in\u00e9luctables&#8230;&#8221; &#8220;Voyage au pays des nuits blanches &#8220;, dans le recueil la Danseuse de Yangge, est de loin sup\u00e9rieur \u00e0 celle-ci (un peu trop influenc\u00e9e par l&#8217;oeuvre inoubliable de Shen Congwen, \u00e0 notre go\u00fbt). C&#8217;est justement au coeur de la banalit\u00e9 du quotidien qu&#8217;intervient l\u00e0, tout en force et subtilit\u00e9, ce qui peu \u00e0 peu se r\u00e9v\u00e8le invraisemblable, la pr\u00e9sence baroque d&#8217;un mari disparu&#8230; On ne peut s&#8217;emp\u00eacher de penser aux \u00e9tranges et merveilleux r\u00e9cits de la grande tradition chinoise qui, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&#8217;\u00e9poque des Tang (618-907), pr\u00e9cipitaient le surnaturel et le fantastique dans la vie ordinaire, en accumulant mille et une preuves de leur &#8221; r\u00e9alit\u00e9 &#8220;. A lire, relire, et avec quel bonheur !, les Histoires d&#8217;amour et de mort de la Chine ancienne, douze nouvelles traduites et pr\u00e9sent\u00e9es par Andr\u00e9 L\u00e9vy, r\u00e9\u00e9dit\u00e9es par Flammarion. N\u00e9 en Chine en 1940, Gao Xingjian vit en France depuis 1988, au dix-huiti\u00e8me \u00e9tage d&#8217;une tour qui plane dans une brume l\u00e9g\u00e8re. Il dit: &#8221; J&#8217;aime Paris. Je suis bien ici. Je peux travailler librement ! &#8221; Gao Xingjian est peintre, \u00e9crivain, et aussi homme de th\u00e9\u00e2tre et po\u00e8te. Il \u00e9crit ou il peint, selon, par longues p\u00e9riodes, en \u00e9coutant de la musique&#8230; Bach, Vivaldi, mais aussi les modernes, surtout Messiaen&#8230; Exclusivement en noir et blanc, sa peinture oscille entre abstraction et figuration.<\/p>\n<p> <strong> Gao Xingjian, peintre, \u00e9crivain, homme de th\u00e9\u00e2tre, po\u00e8te <\/strong><\/p>\n<p>Il utilise les mat\u00e9riaux chinois traditionnels, papier de riz, encre et eau, mais pour cr\u00e9er des oeuvres tout \u00e0 fait d&#8217;aujourd&#8217;hui, habit\u00e9es d&#8217;espaces, de formes, de nuances, de vides vivants. Ce sont des &#8221; visions int\u00e9rieures &#8220;. Sans id\u00e9es, signes, sentiments, concepts. Ne jouant ni sur la d\u00e9monstration, ni sur le para\u00eetre&#8230; Rigueur, puret\u00e9 d&#8217;une r\u00eaverie spirituelle, destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre contempl\u00e9e, m\u00e9dit\u00e9e longuement&#8230; Il expose ses oeuvres en France, en Europe et aux USA. Dans son dernier recueil qui regroupe des nouvelles, paru sous le titre Une canne \u00e0 p\u00eache pour mon grand-p\u00e8re, Gao Xingjian explore un autre monde.&#8221; L&#8217;\u00e9criture est un monologue int\u00e9rieur, une parole, une voix ! &#8221; Il enregistre toujours avant d&#8217;\u00e9crire sur les th\u00e8mes qui lui sont chers, enfance, choses vues, moments porteurs de myst\u00e8re, comme dans Instantan\u00e9s. Il \u00e9crit maintenant en fran\u00e7ais, &#8221; en essayant de d\u00e9passer le sens des mots, de mettre \u00e0 nu leur musique &#8220;. Il vit de sa peinture, &#8221; l&#8217;\u00e9criture est un luxe ! &#8220;. Il ne souhaite plus retourner vivre en Chine, il y a trop souffert&#8230;<\/p>\n<p> <strong> Wang Meng, Contes et libelles, traduits par Fran\u00e7oise Naour, Bleu de Chine, 140 p., 96 F <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Chi Zijian, la Danseuse de Yangge, Voyage au pays des nuits blanches, traduction de Dong Chun, avec la collection de J. Desperrois, Bleu de Chine, 140 p., 119 F Histoires d&#8217;amour et de mort de la Chine ancienne, traduction et pr\u00e9sentation d&#8217;Andr\u00e9 L\u00e9vy, GF-Flammarion, 244 p.(cat\u00e9gorie 5) <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Gao Xingjian, Une canne \u00e0 p\u00eache pour mon grand-p\u00e8re, traduit par No\u00ebl Dutrait, \u00e9ditions de l&#8217;Aube, 112 p., 80 F <\/strong><\/p>\n<p><strong> Revisitant Confucius <\/strong><\/p>\n<p>Le titre du dernier essai de Fran\u00e7ois Jullien sonne comme une provocation: Un sage est sans id\u00e9e. Bien s\u00fbr, il s&#8217;agit du sage oriental, pour qui la sagesse est &#8221; la voie &#8220;, l&#8217;Europe n&#8217;ayant gard\u00e9 de la sagesse &#8221; que des d\u00e9combres ou quelques pans isol\u00e9s &#8220;&#8230; Fran\u00e7ois Jullien revisite Confucius et les penseurs tao\u00efstes. Premier constat: le sage, parce qu&#8217;il est sans parti pris, &#8221; sans id\u00e9e &#8220;, est parfaitement ouvert et disponible&#8230; Et voil\u00e0 la sagesse face \u00e0 la philosophie, sa non-histoire confront\u00e9e \u00e0 une histoire&#8230; A l&#8217;inverse de Hegel qui disait qu&#8217;il d\u00e9butait par la philosophie des Chinois pour n&#8217;en plus parler par la suite, Fran\u00e7ois Jullien chemine en Chine \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&#8217;H\u00e9raclite, de Montaigne et d&#8217;Heidegger. Ce brillant expos\u00e9 se savoure comme une subtile friandise, avec la sensation, pour le lecteur, d&#8217;\u00eatre un peu plus intelligent devant des questions qui ont \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 nos philosophes. Une chose est s\u00fbre: comme l&#8217;auteur l&#8217;affirme dans sa conclusion, face au conformisme de la sagesse, \u00f4 combien la philosophie, dans son principe, se r\u00e9v\u00e8le r\u00e9volutionnaire&#8230; S. B.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Jullien, Un sage est sans id\u00e9e, Seuil, 230 p., 120 F<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-875","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/875","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=875"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/875\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=875"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=875"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=875"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}