{"id":873,"date":"1998-03-01T00:00:00","date_gmt":"1998-02-28T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/beaux-arts873\/"},"modified":"1998-03-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-02-28T23:00:00","slug":"beaux-arts873","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=873","title":{"rendered":"Beaux-Arts"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Malakoff, lieu pour l&#8217;art contemporain<strong> Six expositions, de mars \u00e0 mai, montrent la diversit\u00e9 de ce que l&#8217;on peut \u00e9noncer actuellement sous le nom de sculpture contemporaine. Visites averties. <\/strong><\/p>\n<p>A Sens, \u00e0 l&#8217;Orangerie du Mus\u00e9e municipal, le sculpteur Ivan Messac pr\u00e9sente un ensemble important de pi\u00e8ces en marbre blanc, ainsi que de grands dessins au fusain et \u00e0 la sanguine, issus d&#8217;une longue aventure entre Carrare, en Italie, et la France. Le marbre est un mat\u00e9riau qui semble antinomique avec le travail contemporain et c&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui pla\u00eet \u00e0 l&#8217;artiste. Sortir des id\u00e9es re\u00e7ues, comme celle qui dit que l&#8217;art de notre temps ne peut provenir que de l&#8217;emploi des nouvelles technologies. Mais l&#8217;informatique permet de cr\u00e9er des images tr\u00e8s classiques, nombre de productions en t\u00e9moignent. Donc le marbre, pourquoi pas ? C&#8217;est l&#8217;une des questions que pose la sculpture d&#8217;Ivan Messac qui emploie le marbre comme une mati\u00e8re quelconque, d\u00e9barrass\u00e9 de son prestige de mat\u00e9riau noble et qui n&#8217;exige pas le savoir-faire du &#8221; beau m\u00e9tier &#8220;. Le marbre comme une sorte de performance qui r\u00e8gle l&#8217;effort, la d\u00e9pense et accompagne une r\u00e9flexion de po\u00e8te face \u00e0 la vitesse du monde actuel. Sans h\u00e9ro\u00efsme m\u00e9taphorique, il interroge la m\u00e9moire, une m\u00e9moire dont l&#8217;absence ne permet plus \u00e0 l&#8217;\u00eatre humain de se construire en tant qu&#8217;\u00eatre autonome, pensant, et ne permet pas davantage de se projeter dans l&#8217;avenir, de construire et d&#8217;\u00eatre en mouvement (1). Claude L\u00e9v\u00eaque utilise la quasi-totalit\u00e9 des salles de la Villa Arson \u00e0 Nice pour cr\u00e9er, pour la premi\u00e8re fois, un environnement d\u00e9termin\u00e9 par la lumi\u00e8re, intitul\u00e9 &#8221; Plus de lumi\u00e8re &#8220;. Il a con\u00e7u un parcours o\u00f9 le visiteur fait l&#8217;exp\u00e9rience de la couleur de la lumi\u00e8re, enti\u00e8rement baign\u00e9, tour \u00e0 tour, dans le jaune, le bleu, le rose, le vert et le blanc.<\/p>\n<p> <strong> Messac et la m\u00e9moire du marbre, L\u00e9v\u00eaque et la couleur de la lumi\u00e8re <\/strong><\/p>\n<p>A quoi nous renvoie la lumi\u00e8re ? Quelles connotations peut-elle avoir ? Quelle influence, quel conditionnement sur notre corps ? Tant\u00f4t l&#8217;espace est celui de cellules o\u00f9 le corps se projette par l&#8217;interm\u00e9diaire d&#8217;un matelas solitaire, tant\u00f4t il est inaccessible et derri\u00e8re les barreaux: un lustre auquel pendent des ceintures noires. Cette atmosph\u00e8re de lumi\u00e8re est-elle apaisante avec quelques \u00e9l\u00e9ments nous rappelant la vigilance ? O\u00f9 nous pla\u00e7ons-nous face \u00e0 cette mise en relation du corps tr\u00e8s directe ? Toute la lumi\u00e8re utilis\u00e9e par Claude L\u00e9v\u00eaque est d\u00e9termin\u00e9e en fait par les diff\u00e9rents puits de lumi\u00e8res de l&#8217;architecture. Dans un espace tenant de la voie de circulation, des pommes de douche s&#8217;alignent au mur dans un environnement jaune n\u00e9on. Dans une autre salle, de la lumi\u00e8re blanche clignote en un cercle d&#8217;ampoules. Faut-il fuir cette ordonnance ou bien se laisser bercer par cette ambiance dans laquelle nous plonge Claude L\u00e9v\u00eaque ? Pas si simple. Refuge ou enfermement: il faut de toute fa\u00e7on en faire l&#8217;exp\u00e9rience pour juger et s&#8217;approprier le moment: &#8221; Plus de lumi\u00e8re &#8221; pour tous ? (2) Claude L\u00e9v\u00eaque, encore, dans un autre lieu, une autre installation: sur une invitation de l&#8217;\u00e9quipe du Centre national d&#8217;art contemporain de Grenoble, l&#8217;artiste investit un atelier d&#8217;artiste dans le quartier de Villeneuve. Le titre de l&#8217;installation, The world is a game, laisse augurer l&#8217;ambiance; elle comporte une partie sonore non n\u00e9gligeable, constitu\u00e9e de sons de jeux \u00e9lectroniques. Le visiteur est pris dans un tourbillon d&#8217;images des fa\u00e7ades du quartier de Villeneuve, une projection d&#8217;images \u00e0 diff\u00e9rentes vitesses. Les hauteurs de l&#8217;espace sont balay\u00e9es par des images noir et blanc. Sur un grand mur est projet\u00e9e l&#8217;image fixe d&#8217;un toboggan de piscine. Lorsque tout ce man\u00e8ge d&#8217;images s&#8217;arr\u00eate, c&#8217;est au tour de sept globes d&#8217;\u00e9clairage urbain de clignoter \u00e0 intervalles irr\u00e9guliers au mur, au sol et dans les escaliers. Les ouvertures vitr\u00e9es de l&#8217;atelier sont recouvertes d&#8217;un film de protection solaire bleu qui s\u00e9pare le visiteur de l&#8217;ext\u00e9rieur (3). Autre lieu avec Claude L\u00e9v\u00eaque, qui investit, du 7 au 28 mars, un appartement priv\u00e9 au 29, rue Debelleyme 75003 Paris t\u00e9l.: 01.40.29.93.83. L&#8217;a musique ralentie d&#8217;un boys band coule sur de grandes fleurs couleurs pastel acidul\u00e9es, &#8221; trash &#8220;, de m\u00eame qu&#8217;une lumi\u00e8re rose et bleu tendre sortie d&#8217;ampoules de spots. Dans la cuisine, une vid\u00e9o sans son est diffus\u00e9e dont le titre, les Lumi\u00e8res de la ville, donne le nom \u00e0 l&#8217;installation. En septembre, Claude L\u00e9v\u00eaque sera pr\u00e9sent avec une exposition personnelle dans les nouveaux locaux de la galerie Agn\u00e8s B, \u00e0 Paris, au 44 rue Quincampoix (75004). Un autre artiste que l&#8217;on peut rapprocher des deux premiers en ce qu&#8217;il participe de la remise en question de la sculpture en exp\u00e9rimentant ses limites, expose \u00e0 Vitry, \u00e0 la Galerie municipale. Bill Culbert travaille entre la France et l&#8217;Angleterre depuis 1961. Son travail proc\u00e8de du d\u00e9bat sur la sculpture qui anime la sc\u00e8ne artistique britannique depuis Henry Moore en passant par Anthony Caro et jusqu&#8217;\u00e0 Philip King, parall\u00e8le, en France, aux oeuvres d&#8217;artistes comme Arman, C\u00e9sar ou Tinguely et, plus r\u00e9cemment, Claude L\u00e9v\u00eaque.<\/p>\n<p> <strong> Bill Culbert, la photo comme m\u00e9dium de la sculpture <\/strong><\/p>\n<p>A Vitry, on nous propose, en une dizaine d&#8217;oeuvres, une importante exposition de cet artiste d\u00e9j\u00e0 reconnu mais qui n&#8217;a pas eu l&#8217;occasion de montrer, en Ile-de-France, son travail r\u00e9cent. On peut rapprocher \u00e9galement la d\u00e9marche de Bill Culbert de celle d&#8217;Ivan Messac puisqu&#8217;ils ont commenc\u00e9 tous deux par la peinture, mais se d\u00e9finissent tous deux aujourd&#8217;hui comme sculpteurs et non comme peintres utilisant la sculpture. Bill Culbert a utilis\u00e9 \u00e9galement la photographie comme outil et m\u00e9dium de la sculpture, la mati\u00e8re photographique pouvant \u00eatre sculpt\u00e9e comme la lumi\u00e8re, mat\u00e9riau \u00e0 part enti\u00e8re dans la sculpture de Bill Culbert, ainsi des alignements de n\u00e9ons pos\u00e9s sur les murs, mais aussi des installations utilisant d&#8217;autres mat\u00e9riaux ou objets que la lumi\u00e8re artificielle comme cette mar\u00e9e de bidons noirs jonchant le sol entre des n\u00e9ons allum\u00e9s. L&#8217;accumulation des objets \u00e9clairants, m\u00eal\u00e9s \u00e0 des objets \u00e9clair\u00e9s, la r\u00e9cup\u00e9ration et le recyclage d&#8217;objets quotidiens, sans qualit\u00e9 esth\u00e9tique pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e sont \u00e0 la base du regard po\u00e9tique que Bill Culbert jette sur le monde et la soci\u00e9t\u00e9. Comme Claude L\u00e9v\u00eaque, il s&#8217;approprie des lieux inoccup\u00e9s, telles, en 1997, les pi\u00e8ces d&#8217;un appartement \u00e0 l&#8217;abandon dans un quartier HLM d&#8217;Avignon. Son utilisation du d\u00e9cor meublant les institutions administratives et son allusion au c\u00e9l\u00e8bre d\u00e9tective Philip Marlowe, marginal enqu\u00eateur d\u00e9couvrant les dessous noirs, glauques, inavou\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9, montrent bien la posture que l&#8217;artiste adopte par rapport \u00e0 ce monde (4).<\/p>\n<p>1. Ivan Messac, Sens, Mus\u00e9e municipal.Jusqu&#8217;au 25 mai.<\/p>\n<p>2. Claude L\u00e9v\u00eaque, Nice, Villa Arson.Jusqu&#8217;au 23 mars .<\/p>\n<p>3. Claude L\u00e9v\u00eaque, Grenoble, quartier Villeneuve.Jusqu&#8217;au 15 mai.<\/p>\n<p>4. Bill Culbert, Ivry-sur-Seine, Galerie municipale.Du 6 mars au 5 avril.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-873","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/873","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=873"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/873\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=873"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=873"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=873"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}