{"id":871,"date":"1998-03-01T00:00:00","date_gmt":"1998-02-28T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/agriculture871\/"},"modified":"1998-03-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-02-28T23:00:00","slug":"agriculture871","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=871","title":{"rendered":"Agriculture"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>A voir au SalonDu 1er au 8 mars, l&#8217;agriculture hexagonale aura tenu son Salon international annuel, remportant, une fois de plus, un franc succ\u00e8s, tant du c\u00f4t\u00e9 des paysans que des citadins. De la reine des vaches laiti\u00e8res au taureau reproducteur le plus lourd, du concours des meilleurs fromages \u00e0 celui des vins d&#8217;appellation en passant par les techniques de production les plus pointues, le Salon fonctionne comme une vitrine o\u00f9 la France agricole pr\u00e9sente ses plus beaux atours. Mais il ne doit pas \u00eatre regard\u00e9 comme la photographie exacte de ce qu&#8217;est aujourd&#8217;hui la France paysanne, encore moins le reflet fid\u00e8le de l&#8217;\u00e9volution du niveau de vie des agriculteurs. Depuis 1973, la production agricole fran\u00e7aise a augment\u00e9 de 40% en volume tandis que le nombre d&#8217;actifs agricoles a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 par deux, la productivit\u00e9 du travail augmentant de 5% par an en moyenne.2, 4 millions de personnes (actifs agricoles et leurs familles) vivaient en 1995 sur 700 000 exploitations. Tout en produisant plus, l&#8217;agriculture lib\u00e8re chaque ann\u00e9e une moyenne de 65 000 hectares pour l&#8217;urbanisation et 20 000hectares pour la for\u00eat. Entre 1955 et 1995, la surface moyenne de chaque exploitation est pass\u00e9e de 14 \u00e0 39 hectares. L&#8217;agriculture fran\u00e7aise et les industries de transformations d\u00e9gagent chaque ann\u00e9e un exc\u00e9dent commercial de l&#8217;ordre de 50milliards de francs. S&#8217;agissant enfin du niveau de vie des paysans, les comptes de l&#8217;INSEE ne calculent qu&#8217;un revenu brut par exploitation, g\u00e9n\u00e9ralement sup\u00e9rieur au revenu disponible pour le m\u00e9nage. Une moyenne des ann\u00e9es 1992, 1993 et 1994 le situaient \u00e0 149 000 francs par exploitation, avec une fourchette de 1 \u00e0 9: 42 000 francs de moyenne pour un \u00e9leveur du massif central, 360 000 francs pour les bonnes exploitations laiti\u00e8res ou c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res.<\/p>\n<p> <strong>  La formule 1 des \u00e9tables <\/strong><\/p>\n<p>Comme son nom l&#8217;indique, une vache laiti\u00e8re sert \u00e0 donner du lait qui devient ensuite un produit conditionn\u00e9 ou transform\u00e9: lait UHT, yaourt, beurre, poudre, fromage etc. Plus de quatre millions de vaches laiti\u00e8res peuplent les \u00e9tables et les herbages de notre pays. En moyenne chacune produit un peu plus de 5.000 litres de lait par an. Les b\u00eates de concours du Salon d\u00e9passent souvent les 10 000 litres pour une lactation de 310 jours. Les plus productives sont la Prim-Holstein, la Normande et la Montb\u00e9liarde. La vache laiti\u00e8re doit donner un veau chaque ann\u00e9e pour renouveler son cycle de lactation. Pouss\u00e9e au rendement comme une formule 1, elle d\u00e9passe rarement six \u00e0 sept lactations. Avec cette rotation rapide du cheptel laitier, la s\u00e9lection avance \u00e0 grands pas. Ainsi s&#8217;oriente-t-on vers un gain d&#8217;environ 100 litres de lait par vache pour1997. Le top niveau de la s\u00e9lection consiste \u00e0 faire ins\u00e9miner les meilleures laiti\u00e8res avec la semence de taureaux aux performances bien \u00e9tablies dans le m\u00eame registre g\u00e9n\u00e9tique. Ces vaches deviennent alors des productrices d&#8217;embryons, lesquels sont ensuite greff\u00e9s sur des m\u00e8res porteuses. Ces derni\u00e8res feront alors na\u00eetre des veaux, m\u00e2les ou femelles, porteurs du patrimoine g\u00e9n\u00e9tique de parents exceptionnels. La France, comme les autres pays europ\u00e9ens, est soumise aux quotas laitiers depuis 1984. A l&#8217;exp\u00e9rience, le syst\u00e8me n&#8217;a pas g\u00e9n\u00e9r\u00e9 que des d\u00e9fauts. Le prix du lait s&#8217;est maintenu \u00e0 un prix convenable, bien qu&#8217;en baisse en francs constants. Mais il ne restait plus que 141 000 livreurs de lait en 1996 contre environ 350 000 en 1984. Enfin chaque producteur livrait en moyenne 159 600 litres en 1996 contre 65 600 en1983.<\/p>\n<p> <strong>  Blondes et rousses <\/strong><\/p>\n<p>La vache allaitante doit ce titre au fait qu&#8217;elle allaite son veau durant plusieurs mois. Le troupeau allaitant se compose donc de race \u00e0 viande dont la puissante morphologie fait l&#8217;admiration des visiteurs du Salon, connaisseurs ou pas. Avec ses zones herbag\u00e8res du grand Massif Central, la France se veut le berceau des races allaitantes dont les plus r\u00e9put\u00e9es sont la Charolaise, la Limousine, la Salers, une blonde et deux rousses. S&#8217;y ajoutent d&#8217;autres races plus excentr\u00e9es: la Blonde d&#8217;Aquitaine et la Maine Anjou notamment. Les meilleures viandes proviennent du troupeau allaitant, le fin du fin \u00e9tant le boeuf de quatre ans engraiss\u00e9 au pr\u00e9. L&#8217;\u00e9levage bovin fran\u00e7ais comptait plus de 4,2 millions de vaches allaitantes en 1997, d\u00e9passant pour la premi\u00e8re fois le nombre des laiti\u00e8res. En effet, brid\u00e9s par les quotas, de nombreux \u00e9leveurs ajoutent aujourd&#8217;hui un petit troupeau allaitant au cheptel laitier pour consommer tout leur fourrage et d\u00e9gager un revenu d&#8217;appoint. Quand la maladie de la vache folle est venue semer le trouble chez les consommateurs, les 120 000 exploitations agricoles de bovins allaitants ont \u00e9t\u00e9 les plus affect\u00e9es par les cons\u00e9quences de la m\u00e9vente alors que leur viande \u00e9tait potentiellement la plus saine. Depuis, les progr\u00e8s de l&#8217;identification des viandes ont partiellement redress\u00e9 la situation. N\u00e9anmoins, sur la base des r\u00e9sultats de ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es, les revenus des \u00e9leveurs sp\u00e9cialis\u00e9s dans le bovin allaitant et la viande ovine n&#8217;atteignaient que 47% du revenu moyen des agriculteurs. Cette forme d&#8217;\u00e9levage demeure pourtant la seule capable de valoriser les zones herbag\u00e8res inconvertibles particuli\u00e8rement nombreuses en France.<\/p>\n<p> <strong>  Du grain \u00e0 moudre <\/strong><\/p>\n<p>La France est championne d&#8217;Europe en production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re, laquelle fr\u00f4lait les 63 millions de tonnes en 1997. Les gros c\u00e9r\u00e9aliers ne sont pas seulement des c\u00e9r\u00e9aliers. Une bonne pratique agronomique suppose la rotation des culture afin que la m\u00eame plante ne puise pas toujours les m\u00eames \u00e9l\u00e9ments dans un sol qui s&#8217;en trouverait vite appauvri. Ainsi, 80% des c\u00e9r\u00e9aliers pratiquent au moins quatre cultures diff\u00e9rentes et 50% d\u00e9passent les six cultures. Au nord de la Loire, la production dominante demeure le bl\u00e9 pour 60% des surfaces, les autres c\u00e9r\u00e9ales \u00e9tant l&#8217;orge et le ma\u00efs. Betterave industrielle, pomme de terre, colza, pois prot\u00e9agineux et tournesol compl\u00e8tent souvent le tableau. Au sud de la Loire, le ma\u00efs irrigu\u00e9 devient souvent la culture dominante et la part des ol\u00e9oprot\u00e9agineux (soja, tournesol, colza) est importante dans certaines zones bien que brid\u00e9e depuis que l&#8217;Europe a renonc\u00e9 au d\u00e9veloppement de ces cultures dans le cadre de l&#8217;accord dans l&#8217;Organisation mondiale du commerce (ex GATT) pour ne pas g\u00eaner les exportateurs de soja am\u00e9ricains et br\u00e9siliens. En r\u00e9duisant les prix garantis pour leur substituer des primes \u00e0 l&#8217;hectare et de la jach\u00e8re r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e, la r\u00e9forme de la Politique agricole commune de 1992 a relanc\u00e9 la course \u00e0 l&#8217;agrandissement des exploitations et au rendement c\u00e9r\u00e9alier via l&#8217;irrigation. L&#8217;eau est souvent pr\u00e9lev\u00e9e par forage dans les nappes phr\u00e9atiques au d\u00e9triment du d\u00e9bit des ruisseaux et des rivi\u00e8res. La recherche d&#8217;une baisse permanente des cours pour descendre au niveau du prix mondial est \u00e0 nouveau inscrite dans la prochaine r\u00e9forme de la PAC. Elle accro\u00eetrait les ph\u00e9nom\u00e8nes n\u00e9gatifs observ\u00e9s depuis 1992, \u00e0 commencer par les d\u00e9g\u00e2ts sur l&#8217;environnement.<\/p>\n<p> <strong>  Productions \u00e0 risques <\/strong><\/p>\n<p>Outre le vin, avec ses grandes ann\u00e9es favoris\u00e9es par des conditions climatiques souvent favorables durant la d\u00e9cennie en cours, l&#8217;agriculture de cette fin de si\u00e8cle conna\u00eet quelques secteurs aux progr\u00e8s techniques rapides et aux conditions de mise en march\u00e9 souvent d\u00e9licates en raison des surproductions cycliques, et des conditions impos\u00e9es par les grandes surfaces et leurs centrales d&#8217;achat. Le &#8221; hors-sol &#8220;, ainsi nomm\u00e9 dans la mesure o\u00f9 l&#8217;\u00e9levage s&#8217;effectue dans des b\u00e2timents approvisionn\u00e9s par des aliments fabriqu\u00e9s et fournis par les industriels de la nutrition animale, est devenu la m\u00e9thode d&#8217;\u00e9levage quasi exclusive des porcs, des poulets, des pintades et des dindes. Dans ces productions de fa\u00e7onniers, le niveau technique de l&#8217;\u00e9leveur joue un r\u00f4le d\u00e9terminant. R\u00e9duire le taux de mortalit\u00e9, \u00e9viter les \u00e9pid\u00e9mies, obtenir le meilleur rapport entre la consommation d&#8217;aliments et la prise de poids d&#8217;un lot d&#8217;animaux sont les crit\u00e8res \u00e0 partir desquels l&#8217;\u00e9leveur gagnera convenablement sa vie ou pas. A condition que la baisse brutale des cours ne vienne pas tout an\u00e9antir. Probl\u00e8me: ces productions deviennent polluantes quand elles se concentrent dans une m\u00eame r\u00e9gion. La Bretagne en sait quelque chose. Couvrant ses besoins en viande porcine, la France est exportatrice nette de volailles. En fruits et l\u00e9gumes, les al\u00e9as climatiques produisent parfois des cons\u00e9quences inattendues. Une bonne r\u00e9colte peut devenir catastrophique si elle d\u00e9bouche une offre trop abondante et un effondrement des cours pour des produits conditionn\u00e9s en raison du co\u00fbt de la main-d&#8217;oeuvre. De plus, les achats pr\u00e9ventifs des grandes surface aupr\u00e8s d&#8217;exportateurs ext\u00e9rieurs \u00e0 l&#8217;Union europ\u00e9enne peuvent provoquer le m\u00eame r\u00e9sultat. D&#8217;o\u00f9, parfois, la col\u00e8re des producteurs et des manifestations de destructions spectaculaires. Notons enfin que la France demeure lourdement d\u00e9ficitaire en fruits et l\u00e9gumes frais.<\/p>\n<p><strong> A voir au Salon <\/strong><\/p>\n<p>Entr\u00e9e payante tous les jours de 9 H \u00e0 19 H, parc des expositions de la porte de Versailles \u00e0 Paris. Nocturne le venderdi 6 mars jusqu&#8217;\u00e0 22 H. Hall 1, concours des races bovines, ovines, caprines et porcines, du 1er au 7 mars avec d\u00e9fil\u00e9 des animaux prim\u00e9s le dernier jour. Hall 2\/1, aviculture et animaux de compagnie.150 chiens et les plus beaux sp\u00e9cimen du patromoine avicole et cunicole fran\u00e7ais. Hall 3, gastronomie et produits des r\u00e9gions. Hall 4, agriculture biologique, tourisme, tr\u00e9sors des mers et des rivi\u00e8res. Hall 7, tourisme \u00e9questre, concours g\u00e9n\u00e9ral des produits agricoles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-871","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/871","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=871"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/871\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=871"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=871"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=871"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}