{"id":8674,"date":"2015-05-08T19:10:01","date_gmt":"2015-05-08T17:10:01","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-royaume-uni-le-duopole-tories\/"},"modified":"2015-05-08T19:10:01","modified_gmt":"2015-05-08T17:10:01","slug":"article-royaume-uni-le-duopole-tories","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=8674","title":{"rendered":"Royaume-Uni : le duopole Tories-Labour contest\u00e9, le Labour d\u00e9savou\u00e9"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Inattendus et paradoxaux : les r\u00e9sultats des \u00e9lections l\u00e9gislatives britanniques accordent aux conservateurs une victoire qu&#8217;ils auront du mal \u00e0 g\u00e9rer. Le succ\u00e8s des ind\u00e9pendantistes \u00e9cossais et la d\u00e9route des travaillistes \u00e9taient plus pr\u00e9visibles. Analyse.<\/p>\n<p>Comme en 1992. Lorsque le r\u00e9sultat du sondage sorti des urnes est apparu sur la BBC hier soir, les commentateurs ont \u00e9voqu\u00e9 une autre \u00e9lection perdue contre toute attente par les travaillistes : celle de 1992. Cette comparaison historique est en fait peu pertinente. La d\u00e9faite de Neil Kinnock \u00e9tait alors moins cuisante que la d\u00e9b\u00e2cle subie par Ed Miliband hier. <\/p>\n<p>Les conservateurs ont certes remport\u00e9 largement cette \u00e9lection en d\u00e9jouant les derniers sondages. Mais il s\u2019agit davantage d\u2019une d\u00e9route des travaillistes plut\u00f4t qu\u2019un triomphe conservateur. Il n\u2019y aura pas d\u2019adh\u00e9sion populaire \u00e0 la politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 de David Cameron. On peut parler d\u2019un d\u00e9saveu des travaillistes, de leur strat\u00e9gie et de leur programme.<\/p>\n<p><strong><em>Un bipartisme de plus en plus fragilis\u00e9<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Le pourcentage des voix conservatrices est stable par rapport \u00e0 2010 (36,8% contre 36,1%). Avec un tel score, aucun parti n\u2019aurait pu obtenir une majorit\u00e9 des si\u00e8ges dans le pass\u00e9. C\u2019est le signe patent d\u2019une fragmentation du vote au niveau national. Le Labour gagne tr\u00e8s peu par rapport \u00e0 2010 : 30,6% contre 29% en 2010. En augmentant tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement son pourcentage de voix le parti travailliste a pourtant perdu une trentaine de si\u00e8ges. Cela confirme une tendance lourde observ\u00e9e depuis plusieurs \u00e9lections : le duopole \u00e9lectoral Labour \/ Tories est plus que jamais menac\u00e9.<\/p>\n<p>Des &#8220;petits&#8221; partis, bien que tr\u00e8s minoritaires sur le plan national, continuent de grignoter des voix aux deux &#8220;grands&#8221; partis. C\u2019est le cas du SNP en \u00c9cosse, mais aussi de Plaid Cymru au Pays de Galles ou encore de UKIP et des Verts en Angleterre. Seul le syst\u00e8me \u00e9lectoral (scrutin majoritaire \u00e0 un tour) permet de museler ces petits partis (UKIP a gagn\u00e9 3,8 millions de voix, mais il n\u2019aura que deux d\u00e9put\u00e9s ; avec plus d\u2019un million de voix, les Verts n\u2019en n\u2019auront qu\u2019une seule). Les \u00e9carts tr\u00e8s importants entre le nombre de voix et sa traduction en nombre de si\u00e8ges suscitent l\u2019insatisfaction croissante de l\u2019\u00e9lectorat, qui estime que cette situation cr\u00e9e un d\u00e9ni de d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>Le taux de participation (66%) a \u00e9t\u00e9 \u00e0 peine sup\u00e9rieur \u00e0 celui de 2010 (65,1%). Deux partis ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la mobilisation de leur \u00e9lectorat : les conservateurs en Angleterre et le SNP en \u00c9cosse. Le Labour n\u2019a pas mobilis\u00e9 davantage son \u00e9lectorat qu\u2019en 2010, l\u2019ann\u00e9e de leur plus mauvais r\u00e9sultat depuis 1918. Ceci explique sa d\u00e9route en \u00c9cosse, mais aussi la perte de si\u00e8ges au profit des conservateurs en Angleterre.<\/p>\n<p><strong><em><br \/>\nCameron en position d\u00e9licate malgr\u00e9 la victoire<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Les lib\u00e9raux-d\u00e9mocrates, en s\u2019alliant avec les conservateurs au gouvernement apr\u00e8s avoir reni\u00e9 nombre de leurs promesses de campagne, ont \u00e9t\u00e9 logiquement punis par leurs supporteurs plut\u00f4t de centre gauche. Ils passent de 23% des voix en 2010 \u00e0 8% aujourd\u2019hui. En r\u00e9alit\u00e9, les trois principaux partis britanniques s\u2019en sortent mal. C\u2019est \u00e9vident pour le parti lib\u00e9ral-d\u00e9mocrate et pour le parti travailliste. <\/p>\n<p>En d\u00e9pit de son succ\u00e8s triomphal, David Cameron se trouve aussi dans une position politique assez pr\u00e9caire : il va devoir organiser un p\u00e9rilleux r\u00e9f\u00e9rendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l\u2019Union europ\u00e9enne d\u2019ici 2017 comme il s\u2019y est engag\u00e9. L\u2019issue de ce scrutin est aujourd\u2019hui incertaine car il ne dispose que d\u2019une majorit\u00e9 de quelques si\u00e8ges \u00e0 la Chambre des communes. Son aile droite, eurosceptique, va lui faire payer tr\u00e8s cher son soutien. Souvenons-nous qu\u2019avec une majorit\u00e9 absolue plus importante en 1992, John Major avait perdu pied, peu \u00e0 peu, \u00e0 la suite des attaques de cette aile droite sur la question europ\u00e9enne. Les conflits portant sur l\u2019UE l\u2019avaient affaibli, et cela avait facilit\u00e9 la victoire du New Labour en 1997.<\/p>\n<p>Le triomphe du SNP en \u00c9cosse pose un d\u00e9fi majeur au \u00e0 David Cameron et au Labour. Cameron a stigmatis\u00e9 le &#8220;s\u00e9paratisme&#8221; du SNP pendant la campagne et accus\u00e9 Ed Miliband de projeter une alliance avec les ind\u00e9pendantistes en cas de victoire. Se sentant menac\u00e9, Miliband a cru bon de s\u2019engager \u00e0 ne pas faire d\u2019alliance avec le SNP en cas de victoire. Ce discours a eu un double effet : il a mobilis\u00e9 l\u2019\u00e9lectorat conservateur en Angleterre et il a suscit\u00e9 un \u00e9lan patriotique \u00e9cossais autour du SNP en \u00c9cosse ! Si d\u2019aventure le Royaume-Uni d\u00e9cidait de quitter l\u2019UE, le SNP, favorable au maintien dans l\u2019UE, exigerait la tenue d\u2019un nouveau r\u00e9f\u00e9rendum pour l\u2019ind\u00e9pendance qu\u2019il pourrait remporter. On le voit, David Cameron aura une situation tr\u00e8s d\u00e9licate \u00e0 g\u00e9rer.<\/p>\n<p><strong><em>D\u00e9b\u00e2cle absolue des travaillistes<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, ce n\u2019est pas tant une victoire des conservateurs qu\u2019il faut commenter aujourd\u2019hui, qu\u2019une d\u00e9b\u00e2cle absolue des travaillistes. Ed Miliband, un social-d\u00e9mocrate bon teint, a \u00e9t\u00e9 diabolis\u00e9 pendant cinq ann\u00e9es par la presse de droite tablo\u00efde. Ces critiques personnelles ont port\u00e9, car Miliband, pas moins charismatique que Cameron et certainement plus brillant sur le plan intellectuel, n\u2019a pas pu se d\u00e9faire d\u2019une image de &#8220;gauche radicale&#8221; et de personnage sans carrure politique. <\/p>\n<p>Mais ce sont surtout la strat\u00e9gie et les orientations politiques du Labour qui ont \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9es par l\u2019\u00e9lectorat. Miliband n\u2019a pas su trancher entre le blairisme et une ligne sociale-d\u00e9mocrate moderne et plus \u00e0 gauche. Il a tenu aux \u00e9lecteurs un discours souvent critique sur les m\u00e9faits du capitalisme financier, a volontiers parl\u00e9 de justice sociale et d\u2019\u00e9galit\u00e9. Mais, en fin de compte, il n\u2019aura propos\u00e9 qu\u2019une version soft des politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 brutales des conservateurs. <\/p>\n<p>Les \u00e9lecteurs \u00e9cossais ont, pour cette raison, d\u00e9sert\u00e9 vers le SNP qui leur promettait des politiques de redistribution et de d\u00e9fense des services publics. En Angleterre, cet \u00e9lectorat s\u2019est, dans une large partie, abstenu, voire a vot\u00e9 UKIP dans certains bastions du nord. Ed Miliband a incarn\u00e9 cette ligne sociale-d\u00e9mocrate vell\u00e9itaire qui parle de justice sociale, mais met en \u0153uvre des politiques qui lui tournent le dos.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Inattendus et paradoxaux : les r\u00e9sultats des \u00e9lections l\u00e9gislatives britanniques accordent aux conservateurs une victoire qu&#8217;ils auront du mal \u00e0 g\u00e9rer. Le succ\u00e8s des ind\u00e9pendantistes \u00e9cossais et la d\u00e9route des travaillistes \u00e9taient plus pr\u00e9visibles. 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