{"id":8538,"date":"2015-03-26T11:53:41","date_gmt":"2015-03-26T10:53:41","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-la-generale-derniere-station-avant\/"},"modified":"2023-06-23T23:19:18","modified_gmt":"2023-06-23T21:19:18","slug":"article-la-generale-derniere-station-avant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=8538","title":{"rendered":"La G\u00e9n\u00e9rale : derni\u00e8re station avant terminus ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Ancien squat devenu coop\u00e9rative, la G\u00e9n\u00e9rale, haut-lieu culturel du 11e arrondissement, est menac\u00e9e par l&#8217;appel \u00e0 projets &#8220;R\u00e9inventer Paris&#8221; lanc\u00e9 par la ville. D\u00e9fendant son importance pour les politiques culturelles, elle se mobilise pour son avenir.<\/p>\n<p>Coop\u00e9rative artistique, politique et sociale, <a href=\"www.lagenerale.fr\">la G\u00e9n\u00e9rale<\/a> voit son projet remis en question, la sous-station \u00e9lectrique Parmentier qu&#8217;elle occupe faisant partie des sites de <a href=\"http:\/\/www.reinventer.paris\">&#8220;R\u00e9inventer Paris&#8221;<\/a>, appel \u00e0 &#8220;projets urbains innovants&#8221; lanc\u00e9 par la Ville de Paris en novembre dernier. \u00c0 vrai dire, il y a de tout parmi les vingt-trois sites concern\u00e9s. Comme on le pr\u00e9cise au cabinet de Jean-Louis Missika (adjoint charg\u00e9 de l&#8217;urbanisme, de l&#8217;architecture, des projets du Grand Paris, du d\u00e9veloppement \u00e9conomique et de l&#8217;attractivit\u00e9), cela va <em>\u00ab d&#8217;un h\u00f4tel particulier dans le Marais aux friches industrielles dans le Nord de paris. C&#8217;est une palette tr\u00e8s diverse mais qui a sa coh\u00e9rence et repr\u00e9sente les grands d\u00e9fis parisiens. \u00bb<\/em> <\/p>\n<p>Missika ayant \u00e9nonc\u00e9 le souhait, lors de la conf\u00e9rence de lancement en novembre, que la majorit\u00e9 des permis de construire soient d\u00e9livr\u00e9s fin 2016, leur point commun est de pouvoir <em>\u00ab \u00eatre mis en vente rapidement et lib\u00e9r\u00e9s gratuitement \u00bb<\/em>. Outre le fait que cette ambition de r\u00e9invention de Paris fait \u00e9trangement l&#8217;impasse sur les quartiers de l&#8217;Ouest et du centre de Paris \u2013 le cabinet de Missika arguant l\u00e0 d&#8217;une <em>\u00ab question d&#8217;opportunit\u00e9, la r\u00e9partition des projets suit la r\u00e9alit\u00e9 du foncier municipal \u00bb<\/em> \u2013, elle pose \u00e0 travers le cas de la G\u00e9n\u00e9rale la question de la politique culturelle de la Ville \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des lieux culturels alternatifs. <\/p>\n<p><strong><em>Du squat \u00e0 la p\u00e9pini\u00e8re<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>C&#8217;est en 2005, rue du G\u00e9n\u00e9ral-Lasalle dans le 19e arrondissement que la G\u00e9n\u00e9rale voit le jour. \u00c0 l&#8217;origine, l&#8217;aventure est conforme \u00e0 celle de nombre de squats artistiques : une poign\u00e9e de cr\u00e9ateurs d\u00e9cide d&#8217;investir un b\u00e2timent vacant depuis des ann\u00e9es pour inventer un espace de travail. Comme le raconte Sidonie Han (qui a rejoint l&#8217;\u00e9quipe lors de l&#8217;installation \u00e0 Parmentier), le collectif s&#8217;\u00e9toffe et se structure rapidement <em>\u00ab autour majoritairement de deux p\u00f4les. Le p\u00f4le des plasticiens et celui des personnes travaillant dans le spectacle vivant. Mais il y a aussi d&#8217;autres personnes, des activistes \u2013 nous sommes \u00e0 l&#8217;\u00e9poque du combat contre le CPE  \u2013, des associations d\u00e9fendant des sans-papiers, etc. \u00bb. <\/em> <\/p>\n<p>Revendiquant \u00e0 travers ses projets la circulation des corps et des id\u00e9es, le partage et l&#8217;\u00e9change des outils de travail, la G\u00e9n\u00e9rale va voir na\u00eetre une myriade de formes : expositions, performances, spectacles, concerts, projets d&#8217;\u00e9ditions (on compte parmi ses r\u00e9sidents les revues Vacarme et Multitudes), \u00e9missions de radio, et m\u00eame une cantine associative. Si l&#8217;aventure est \u00e9ph\u00e9m\u00e8re \u2013 le b\u00e2timent est vid\u00e9 \u00e0 l&#8217;automne 2007 \u2013, elle marque les esprits, notamment par la capacit\u00e9 du projet \u00e0 exc\u00e9der les seuls cercles alternatifs pour f\u00e9d\u00e9rer une large vari\u00e9t\u00e9 de spectateurs et de partenaires. <em>\u00ab Des journalistes, des programmateurs et aussi des membres de la DRAC (Direction r\u00e9gionale des affaires culturelles) venaient voir des spectacles \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p>Tandis que les plasticiens migrent \u00e0 S\u00e8vres sur proposition de la DRAC arts plastiques, une partie du collectif revendique de prolonger le travail sur l&#8217;Est parisien et de p\u00e9renniser son existence. Apr\u00e8s deux ann\u00e9es de n\u00e9gociations marqu\u00e9es par des rapports de force <em>\u00ab rendus possibles par le buzz autour du projet \u00bb,<\/em> la G\u00e9n\u00e9rale s&#8217;installe en 2008 au 14 avenue Parmentier, signant avec la Ville de Paris un bail de trois ans renouvelable trois fois. Depuis, le <em>\u00ab collectif a pas mal \u00e9volu\u00e9 et r\u00e9unit des plasticiens, des graphistes, des gens travaillant dans le cin\u00e9ma, le spectacle vivant, ou s&#8217;int\u00e9ressant aux croisements entre arts et autres disciplines. \u00bb <\/em> <\/p>\n<p><strong><em>Manufacture et laboratoire<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Le collectif de la G\u00e9n\u00e9rale s&#8217;est surtout adapt\u00e9 \u00e0 son lieu, modelant son projet pour ce nouvel espace. <em>\u00ab Petit \u00e0 petit les choses se sont organis\u00e9es : nous avons cr\u00e9\u00e9 des postes, investi financi\u00e8rement dans le b\u00e2timent, notamment en concevant la bo\u00eete noire <\/em> [&#8220;bo\u00eete&#8221; permettant \u00e0 des spectacles de jouer, ndlr]<em>. \u00bb<\/em> Elle souhaite \u00e9galement prolonger dans la dur\u00e9e son travail de terrain. \u00c0 l&#8217;image de cette structuration, la G\u00e9n\u00e9rale obtient du Conseil r\u00e9gional d&#8217;\u00cele-de-France l&#8217;aide &#8220;Fabriques de culture&#8221;, <em>\u00ab un dispositif destin\u00e9 aux lieux dits &#8220;interm\u00e9diaires&#8221; comme le collectif 12 \u00e0 Mantes-la-Jolie, Le Th\u00e9\u00e2tre la Loge, la Blanchisserie \u00e0 Ivry-sur-Seine, etc. S&#8217;ils sont tr\u00e8s diff\u00e9rents, tous ont le cul entre deux chaises et se situent dans un espace interm\u00e9diaire \u00e0 l&#8217;institution. \u00bb<\/em> <\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, la G\u00e9n\u00e9rale emploie quatre salari\u00e9s permanents et de nombreux intermittents. Space Invader, le Surnatural Orchestra, le compositeur Tom Johnson, l\u2019\u00c9cole nationale sup\u00e9rieure des arts d\u00e9coratifs, ou encore le festival Sonic Protest font partie des expositions, spectacles, concerts, festivals, etc. que les spectateurs ont pu d\u00e9couvrir gratuitement. <\/p>\n<p>Mais ces ouvertures publiques ne sont que la part \u00e9merg\u00e9e de l&#8217;iceberg. Toute l&#8217;ann\u00e9e, le lieu est mis \u00e0 disposition d&#8217;artistes sans contrepartie financi\u00e8re et des \u00e9quipes sont accompagn\u00e9es, des plus \u00e9tablies aux plus pr\u00e9caires. Selon Sidonie Han, le collectif <em>\u00ab revendique un travail qui devrait \u00eatre fait \u00e0 Paris et qui est \u00e0 la mesure d&#8217;autres lieux plus institutionnels. Nous avons accueilli des compagnies en r\u00e9p\u00e9tition avant leurs repr\u00e9sentations au Th\u00e9\u00e2tre Paris-Villette ou au Th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point. Quelque part, c&#8217;est tr\u00e8s ingrat, car nous &#8220;absorbons&#8221; la contraction des p\u00e9riodes de r\u00e9p\u00e9tition et de cr\u00e9ation due \u00e0 la baisse des financements, alors que ce temps invisible est n\u00e9cessaire aux \u00e9quipes. \u00bb<\/em> <\/p>\n<p><strong><em>Mobilisation G\u00e9n\u00e9rale<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>C&#8217;est en d\u00e9couvrant la plaquette du programme &#8220;R\u00e9inventer Paris&#8221; que la G\u00e9n\u00e9rale apprend officiellement <a href=\"http:\/\/www.reinventer.paris\/fr\/sites\/1248-sous-station-voltaire-11e.html\">les projets de la Ville pour la sous-station \u00e9lectrique<\/a> Parmentier. Alors que la majorit\u00e9 des sites sont libres quant aux usages possibles, le b\u00e2timent a ici vocation \u00e0 accueillir un cin\u00e9ma <em>\u00ab populaire et qualitatif \u00bb<\/em>. Interrog\u00e9e sur la pertinence d&#8217;un nouveau cin\u00e9ma dans une ville qui dispose d\u00e9j\u00e0 d\u2019un des parcs de salles les plus importants au monde avec pr\u00e8s de 400 \u00e9crans [[Dont 90 class\u00e9s &#8220;art et essai&#8221; (ce qui am\u00e8ne \u00e0 un \u00e9cran pour 6.000 habitants, l\u00e0 o\u00f9 \u00e0 Berlin il y en a un pour 12.000 habitants). Sur les 815 projets pr\u00e9sent\u00e9s, 59 concernent la G\u00e9n\u00e9rale. Parmi les candidatures figurent, selon Le Film fran\u00e7ais, celles de MK2, du Cin\u00e9-Movida (L&#8217;\u00e9p\u00e9e de Bois et le futur cin\u00e9ma des Batignolles), ou encore de Cap\u2019 Cin\u00e9ma (L\u2019\u00c9toile Lilas)]], l&#8217;adjointe \u00e0 la culture de la mairie du 11e Martine Debieuvre explique : <em>\u00ab le onzi\u00e8me est sous-dot\u00e9. On a un d\u00e9ficit de cin\u00e9mas tr\u00e8s important, puisqu&#8217;il n&#8217;y en a que trois, tous situ\u00e9s \u00e0 Bastille. \u00bb <\/em> <\/p>\n<p>Depuis, en vue de l&#8217;arriv\u00e9e \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance de son bail en juillet 2017, la G\u00e9n\u00e9rale se mobilise. <a href=\"http:\/\/www.lagenerale.fr\/?p=4995\">Lanc\u00e9e le 17 mars, une p\u00e9tition<\/a> demande des garanties \u00e9crites de la Ville \u2013 l&#8217;\u00e9quipe n&#8217;ayant pour l&#8217;instant eu que des confirmations orales du cabinet d&#8217;Anne Hidalgo et de Bruno Julliard, premier adjoint \u00e0 la mairie de Paris charg\u00e9 de la culture \u2013, quant \u00e0 son relogement. Parmi les soutiens figure notamment Corinne Rufet, vice-pr\u00e9sidente (EELV) de la r\u00e9gion \u00cele-de-France qui a, selon <em>Le Parisien<\/em>, interpell\u00e9 Bruno Julliard sur le fait que la Ville voudrait remplacer la G\u00e9n\u00e9rale <em>\u00ab par un \u00e9ni\u00e8me lieu de conso culturelle \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p>Derri\u00e8re le relogement se dessine la crainte de voir un projet d\u00e9mantel\u00e9, amput\u00e9, vid\u00e9 de sa substance via l&#8217;\u00e9loignement de son territoire d&#8217;action, l&#8217;attribution d&#8217;un b\u00e2timent non adapt\u00e9 \u00e0 son travail, ou la signature d&#8217;un bail de courte dur\u00e9e. Si ces inqui\u00e9tudes se concr\u00e9tisaient, elles seraient aussi un signe \u00e9loquent de l&#8217;instrumentalisation de la culture par la municipalit\u00e9, et des artistes par les \u00e9lus, sans aucun \u00e9gard pour les projets men\u00e9s. Avec tous les paradoxes que cela charrie&#8230; Ainsi, tout en \u00e9voquant le fait que leurs interlocuteurs aient <em>\u00ab beaucoup de mal \u00e0 imaginer qu&#8217;on fait un travail de terrain \u00bb<\/em>, Sidonie Han rappelle : <em>\u00ab En m\u00eame temps, c&#8217;est ce qu&#8217;ils demandent dans tous les cahiers des charges des projets. Mais c&#8217;est comme s&#8217;ils n&#8217;y croyaient pas vraiment. \u00bb <\/em> <div id='gallery-1' class='gallery galleryid-8538 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/generale-home-432.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/generale-home-432-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"generale-home.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ancien squat devenu coop\u00e9rative, la G\u00e9n\u00e9rale, haut-lieu culturel du 11e arrondissement, est menac\u00e9e par l&#8217;appel \u00e0 projets &#8220;R\u00e9inventer Paris&#8221; lanc\u00e9 par la ville. 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