{"id":8383,"date":"2015-02-13T10:28:59","date_gmt":"2015-02-13T09:28:59","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-les-nouveaux-lanceurs-d-alerte\/"},"modified":"2023-06-23T23:18:57","modified_gmt":"2023-06-23T21:18:57","slug":"article-les-nouveaux-lanceurs-d-alerte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=8383","title":{"rendered":"Les nouveaux lanceurs d&#8217;alerte : Snowden, Assange, Manning"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Dans un essai critique radical, Geoffroy de Lagasnerie revient sur les d\u00e9marches des &#8220;lanceurs d&#8217;alerte&#8221; pour interroger de nouvelles formes de pratiques politiques dissidentes, \u00e0 l&#8217;heure d&#8217;Internet et de la guerre contre le terrorisme. <\/p>\n<p>\u00c0 la question : <em>\u00ab Que se passe-t-il de nouveau en politique ? \u00bb<\/em>, le dernier livre de Geoffroy de Lagasnerie apporte une r\u00e9ponse tout \u00e0 fait in\u00e9dite. Et dont on pourrait, \u00e0 premi\u00e8re vue, s&#8217;\u00e9tonner. En effet <em>L&#8217;art de la r\u00e9volte \u2013 Snowden, Assange, Manning<\/em> semble, si l&#8217;on s&#8217;en tient \u00e0 son sous-titre, porter sur des cas individuels. Certes, chacun s&#8217;accorde aujourd&#8217;hui \u00e0 admettre l&#8217;importance de ces individus rebaptis\u00e9s du nom de &#8220;lanceurs d&#8217;alertes&#8221;. Reste que l&#8217;on associe d&#8217;ordinaire la politique \u00e0 des mobilisations collectives, sinon m\u00eame \u00e0 des groupes ou des collectifs bien d\u00e9finis. <\/p>\n<p>C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette opposition, celle de l&#8217;individuel et du collectif, que ce beau livre entend d\u00e9faire. Si le nouveau en politique passe toujours par l&#8217;invention de formes, de pratiques singuli\u00e8res, on ne voit pas pourquoi, en effet, des individus seraient moins capables d&#8217;innover que des collectifs. Du reste, Geoffroy de Lagasnerie le reconna\u00eet : pris ensemble, les cas Snowden, Assange, Manning forment une sorte de constellation ou de <em>\u00ab collectif virtuel \u00bb<\/em> ; et lui-m\u00eame \u00e9largit son analyse aux Anonymous en \u00e9tudiant les nouvelles formes de contestations qu&#8217;a rendu possible Internet. Il s&#8217;inscrit, ainsi, dans un dialogue critique avec les travaux d&#8217;Albert Hirschman, Judith Butler, <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/sandra-laugier-renouer-avec-la\">Sandra Laugier et Albert Ogien<\/a>, qui ont cherch\u00e9 \u00e0 penser en quoi des mobilisations de masse comme Occupy Wall Street, l&#8217;occupation des places Tahir ou Taksim, introduisaient d&#8217;abord de nouvelles formes de contestation sur la sc\u00e8ne politique.<\/p>\n<p><strong><em>La \u00ab case noire \u00bb de l&#8217;\u00c9tat<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>De ce point de vue, qu&#8217;ont donc de si singulier les cas Snowden, Assange, Manning ? C&#8217;est que ces cas permettent d&#8217;interroger \u00e0 nouveaux frais des cat\u00e9gories comme celles de d\u00e9sob\u00e9issance civile et d&#8217;\u00c9tat-Nation, ou la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;inscrire, jusqu&#8217;\u00e0 un certain point, toute action politique dans l&#8217;espace public. Bien s\u00fbr, la r\u00e9v\u00e9lation de secrets d&#8217;\u00c9tat par Snowden, Assange, Manning ont d&#8217;abord port\u00e9 sur la place publique une interrogation sur les pratiques de surveillance de masse des citoyens ; les rapports opaques qu&#8217;entretenaient notamment les \u00c9tats-Unis avec leurs partenaires diplomatiques ; les crimes de guerre et les exactions contre des civils qui, sans ces r\u00e9v\u00e9lations, seraient rest\u00e9es inconnues du public. Ces r\u00e9v\u00e9lations, ces &#8220;fuites&#8221;, remettent donc radicalement en question ce que Geoffroy de Lasganerie appelle la <em>\u00ab case noire \u00bb<\/em> de l&#8217;\u00c9tat : la zone d&#8217;ombre o\u00f9 une administration, au nom de la raison d&#8217;\u00c9tat et la guerre contre le terrorisme, se sent autoris\u00e9e \u00e0 soustraire des informations au public et \u00e0 la d\u00e9lib\u00e9ration d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p>Faire &#8220;fuiter&#8221; des informations confidentielles, ou class\u00e9es sous le sceau du secret d&#8217;\u00c9tat, constitue donc d\u00e9j\u00e0 un geste radical : porter \u00e0 son maximum d&#8217;intensit\u00e9 l&#8217;id\u00e9e d\u00e9mocratique de &#8220;publicit\u00e9&#8221;. Kant et toute la tradition lib\u00e9rale des Lumi\u00e8res le disaient d\u00e9j\u00e0, au XIXe si\u00e8cle : la publicit\u00e9 de la d\u00e9cision politique est la forme imp\u00e9rieuse qui s&#8217;impose, ou devrait par principe s&#8217;imposer \u00e0 l&#8217;\u00c9tat et ses repr\u00e9sentants \u2013 m\u00eame et surtout en mati\u00e8re de relations internationales, de guerre et de paix. La d\u00e9cision de d\u00e9clarer l&#8217;\u00e9tat de guerre devrait constituer la &#8220;chose publique&#8221; par excellence, et ne saurait, fut-ce par un droit d&#8217;exception, \u00eatre soustraite \u00e0 la d\u00e9lib\u00e9ration du public. <\/p>\n<p>Pour autant, cette tradition, aussi belle et \u00e9clair\u00e9e soit-elle, ne s&#8217;est jamais autoris\u00e9e \u00e0 penser positivement le droit, pour un citoyen, de faire &#8220;fuiter&#8221; des informations concernant l&#8217;\u00e9tat de guerre, et de remettre en question la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Or, Geoffroy de Lagasnerie y insiste : si nous voulons penser ce que peuvent avoir de singulier des gestes comme ceux de Snowden, Assange ou Manning, c&#8217;est en leur donnant une valeur positive. En les pensant comme une nouvelle forme de contestation radicale de la raison d&#8217;\u00c9tat, une mise en \u00e9chec, en pratique, des mesures exceptionnelles que se r\u00e9servent de mettre en \u0153uvre ses repr\u00e9sentants, d\u00e8s lors qu&#8217;ils d\u00e9clarent, souverainement et sans autre forme de proc\u00e8s, la nation en &#8220;\u00e9tat de guerre&#8221;.<\/p>\n<p><strong><em>\u00c9loge de la \u00ab fuite \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>On objectera que cette tradition lib\u00e9rale a pourtant rendu possible, et au fond implicitement autoris\u00e9 une forme de contestation qui porte un nom c\u00e9l\u00e8bre depuis l&#8217;opposition de Thoreau \u00e0 la Guerre du Mexique, jusqu&#8217;aux mobilisations contre la Guerre du Vietnam, et celles d&#8217;Irak et d&#8217;Afghanistan :  la &#8220;d\u00e9sob\u00e9issance civile&#8221;. Reste que, l\u00e0 encore, si grandiose soit-elle, cette forme traditionnelle de contestation de la raison d&#8217;\u00c9tat s&#8217;inscrit encore dans l&#8217;horizon de l&#8217;\u00c9tat-Nation et des cat\u00e9gories qui lui sont associ\u00e9s : celles de respect de la loi, de citoyennet\u00e9, de responsabilit\u00e9 publique. C&#8217;est en effet encore au nom de la loi elle-m\u00eame que, dans la tradition de la d\u00e9sob\u00e9issance civile, un citoyen conteste publiquement, par un geste exemplaire, la loi et l&#8217;ordre du droit. Or, \u00e0 en croire, Geoffroy de Lagasnerie, la singularit\u00e9 de Snowden et d&#8217;Assange tient notamment \u00e0 ce que ceux-ci se sont, en pratique, soustraits \u00e0 cet horizon de pens\u00e9e : ils n&#8217;ont pas seulement fait &#8220;fuit\u00e9&#8221; des secrets d&#8217;\u00c9tat, ils ont eux-m\u00eames &#8220;fui&#8221; (et il faut l&#8217;entendre positivement) la juridiction de l&#8217;\u00c9tat-Nation. En s&#8217;exilant ou demandant asile aupr\u00e8s d&#8217;autres \u00c9tats. Et Chelsea Manning elle-m\u00eame, si elle est aujourd&#8217;hui emprisonn\u00e9e, a d&#8217;abord agi anonymement. <\/p>\n<p>C&#8217;est donc en ce sens que l&#8217;on peut regrouper, sous une m\u00eame constellation de pens\u00e9e, des pratiques comme celles d&#8217;Assange, Snowden, Manning, ou m\u00eame plus largement celle des Anonymous : r\u00e9cuser la n\u00e9cessit\u00e9 de se laisser identifier et juger sur une sc\u00e8ne publique, domin\u00e9e par le pouvoir d&#8217;\u00c9tat. C&#8217;est d&#8217;ailleurs, comme le remarque Geoffroy de Lagasnerie, ce qui aura d\u00e9clench\u00e9 une telle fureur (et autant de propos et de mesures punitives d\u00e9mesur\u00e9es) chez les repr\u00e9sentants de l&#8217;\u00c9tat am\u00e9ricain. Comme le rappelle Geoffroy de Lagasnerie, lorsque le secr\u00e9taire d&#8217;\u00c9tat am\u00e9ricain, <a href=\"http:\/\/www.nbcnews.com\/politics\/first-read\/kerry-snowden-coward-traitor-n116366\">John Kerry<\/a>, s&#8217;en est violemment pris \u00e0 Snowden, c&#8217;est moins pour avoir fait fuiter des informations, que pour avoir lui-m\u00eame <em>\u00ab fui \u00bb<\/em> : <em>\u00ab Les patriotes ne vont pas en Russie, ils ne demandent pas l&#8217;asile \u00e0 Cuba,  ils ne demandent pas l&#8217;asile au Venezuela, ils d\u00e9fendent leur cause ici. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Et certes, on pourrait s&#8217;interroger sur ces conduites, ces gestes singuliers et tout \u00e0 fait in\u00e9dits. Y voir une forme de &#8220;d\u00e9lation&#8221;, de &#8220;l\u00e2chet\u00e9&#8221;, de &#8220;tra\u00eetrise&#8221;, en tout cas une mani\u00e8re de refuser d&#8217;assumer ses responsabilit\u00e9s. Mais pr\u00e9cis\u00e9ment, comme le demande Geoffroy de Lagasnerie, pourquoi des citoyens devraient-ils \u00eatre tenus responsables d&#8217;une situation qui est d&#8217;abord le fait des \u00c9tats et, au premier chef, de leurs repr\u00e9sentants ? Pourquoi des citoyens devraient-ils agir en toute l\u00e9galit\u00e9, l\u00e0 o\u00f9 l&#8217;\u00c9tat se r\u00e9serve le droit d&#8217;agir en toute opacit\u00e9 et, comme l&#8217;a au fond d\u00e9montr\u00e9 l&#8217;histoire dramatique de ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, en Irak ou en Afghanistan, s&#8217;est montr\u00e9 tout \u00e0 fait irresponsable ? Ne faudrait-il pas, plut\u00f4t, <em>\u00ab accorder aux activistes qui accomplissent ces op\u00e9rations les m\u00eames protections juridiques dont jouissent les manifestants dans la rue \u00bb<\/em> ? Et <em>\u00ab d\u00e9criminaliser l&#8217;espace virtuel \u00bb <\/em> comme l&#8217;est, jusqu&#8217;\u00e0 un certain point, l&#8217;espace de contestation publique que repr\u00e9sente traditionnellement la rue ? C&#8217;est si vrai que l&#8217;on constate aujourd&#8217;hui que, sans protections juridiques sp\u00e9cifiques, cette criminalisation de l&#8217;espace virtuel menace de s&#8217;\u00e9tendre \u00e0 d&#8217;autres enjeux que ceux de la &#8220;guerre contre le terrorisme&#8221;, ainsi qu&#8217;\u00e0 d&#8217;autres protagonistes que des activistes comme Snowden ou Assange (en l&#8217;esp\u00e8ce <a href=\"http:\/\/blogs.mediapart.fr\/edition\/les-invites-de-mediapart\/article\/280115\/secret-des-affaires-informer-n-est-pas-un-delit\">les journalistes<\/a> qui interrogent l&#8217;opacit\u00e9 des affaires financi\u00e8res, ou m\u00eame de <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/philippe-aigrain-il-y-a-une-derive\">simples citoyens<\/a>).<\/p>\n<p><strong><em>Rompre avec la soumission, d\u00e9finir le \u00ab citoyen du monde \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Bref, penser la singularit\u00e9 et la radicalit\u00e9 de gestes comme ceux de Snowden, d&#8217;Assange, doit nous amener \u00e0 reconsid\u00e9rer les limites de l&#8217;ordre du droit sur lequel se fonde l&#8217;\u00c9tat-Nation. Bien plus, il faut aller jusqu&#8217;\u00e0 s&#8217;interroger sur la cat\u00e9gorie de citoyen, si celle-ci nous lie, sans que nous n&#8217;en ayons jamais d\u00e9cid\u00e9 et d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, \u00e0 une appartenance nationale impos\u00e9e et au fond, \u00e9crit Geoffroy de Lagasnerie <em>\u00ab contingente \u00bb<\/em>. Et en effet, de quel droit un \u00c9tat s&#8217;autorise-t-il, au nom du patriotisme, \u00e0 nous rappeler \u00e0 notre statut et nos devoirs de citoyens, quand les citoyens que nous sommes n&#8217;ont jamais choisi, au total, d&#8217;appartenir \u00e0 un \u00c9tat-Nation plut\u00f4t qu&#8217;un autre ? De quel droit un \u00c9tat s&#8217;autorise-t-il \u00e0 nous assigner \u00e0 r\u00e9sidence, \u00e0 contr\u00f4ler non seulement nos faits et gestes, mais encore nos all\u00e9es et venues ? <\/p>\n<p>C&#8217;est ici, sans doute, que Geoffroy de Lagasnerie porte l&#8217;interrogation critique \u00e0 son point d&#8217;intensit\u00e9 maximale, en prenant pour objet de r\u00e9flexion la contestation radicale de la cat\u00e9gorie de citoyennet\u00e9, qu&#8217;incarne, \u00e0 ses yeux, Edward Snowden. Lorsque Snowden fuit, mais d\u00e9clare vouloir pour ainsi <em>\u00ab divorcer \u00bb<\/em> d&#8217;avec l&#8217;\u00c9tat-Nation am\u00e9ricain, r\u00e9cuse l&#8217;id\u00e9e m\u00eame de citoyennet\u00e9 am\u00e9ricaine, il sort en effet du cadre de la d\u00e9sob\u00e9issance civile. Snowden rompt avec la soumission \u00e0 des institutions nationales pour s&#8217;installer dans l&#8217;ordre de la s\u00e9dition ou mieux, pourrait-on dire, de la s\u00e9cession. Et sans doute, en fuyant, en migrant, pour chercher un terrain d&#8217;action plus conforme aux valeurs de justice et de libert\u00e9, rencontre-t-il une aporie, ou du moins une difficult\u00e9. Car il ne nous invite rien moins qu&#8217;\u00e0 devenir, pour Geoffroy de Lagasnerie, <em>\u00ab citoyen du monde \u00bb<\/em>. Ce sont ces derniers mots, en effet, qui concluent le tr\u00e8s riche essai de Geoffroy de Lagasnerie. Or celui-ci les maintient d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment entre parenth\u00e8ses. <\/p>\n<p>C&#8217;est sans doute que le sens de l&#8217;antique cat\u00e9gorie de \u00ab citoyen du monde \u00bb reste encore largement ind\u00e9cis et exige donc, plus que jamais sans doute, d&#8217;\u00eatre d\u00e9fini positivement. Quels espaces, quels droits, quelles protections juridiques (et sans doute devraient-elles \u00eatre, alors,de l&#8217;ordre du droit international) peuvent et doivent \u00eatre accord\u00e9s \u00e0 tous ceux qui, aujourd&#8217;hui, entendent d&#8217;abord se d\u00e9finir comme \u00ab citoyens du monde \u00bb ? C&#8217;est en quelque sorte la question sur laquelle ouvre la conclusion de ce livre tr\u00e8s riche, intense, radical.<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-8383 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/lagasnerie-livre-9ae.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/lagasnerie-livre-9ae-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"lagasnerie-livre.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/lagasnerie-assange-8c7.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/lagasnerie-assange-8c7-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"lagasnerie-assange.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un essai critique radical, Geoffroy de Lagasnerie revient sur les d\u00e9marches des &#8220;lanceurs d&#8217;alerte&#8221; pour interroger de nouvelles formes de pratiques politiques dissidentes, \u00e0 l&#8217;heure d&#8217;Internet et de la guerre contre le terrorisme. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":21497,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[404],"class_list":["post-8383","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-web","tag-libertes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8383","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8383"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8383\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/21497"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8383"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8383"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8383"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}