{"id":8381,"date":"2015-02-13T00:23:41","date_gmt":"2015-02-12T23:23:41","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-annie-thebaud-mony-a-chaque\/"},"modified":"2015-02-13T00:23:41","modified_gmt":"2015-02-12T23:23:41","slug":"article-annie-thebaud-mony-a-chaque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=8381","title":{"rendered":"Annie Th\u00e9baud-Mony : \u00ab \u00c0 chaque nouvelle preuve, les industriels lancent des contre-feux \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">L\u2019omnipr\u00e9sence des perturbateurs endocriniens qui contaminent le quotidien est le dernier al\u00e9a d\u2019une longue histoire. Celle des relations mortif\u00e8res entre industriels et chercheurs. La sociologue Annie Th\u00e9baud-Mony tire la sonnette d\u2019alarme.<\/p>\n<p>Directrice de recherches honoraire \u00e0 l\u2019Inserm, chercheuse associ\u00e9e au Groupement d\u2019int\u00e9r\u00eat scientifique sur les cancers professionnels \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Paris-13, Annie Th\u00e9baud-Mony est sp\u00e9cialiste des probl\u00e9matiques de sant\u00e9 et a particuli\u00e8rement travaill\u00e9 sur les maladies professionnelles. Dans <em>La Science asservie<\/em>, elle expose les m\u00e9canismes par lesquels la science se met au service des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s et des industriels, souvent avec la complicit\u00e9 de l&#8217;\u00c9tat.<\/p>\n<p><strong>Regards. Plomb, tabac, amiante, silicose, pesticides\u2026 Les industriels r\u00e9ussissent \u00e0 imposer sur le march\u00e9 des produits dont la toxicit\u00e9 est fortement suspect\u00e9e avant d&#8217;\u00eatre av\u00e9r\u00e9e. Comment s\u2019y prennent-ils ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p><strong>Annie Th\u00e9baud-Mony.<\/strong> Ils mettent en \u0153uvre une strat\u00e9gie du doute. Les industriels sont \u00e0 l\u2019aff\u00fbt de tout ce qui peut leur permettre de remettre le doute en chantier, avec une palette d\u2019action qui va du d\u00e9ni au mensonge pur et simple. Tous ceux qui tentent de pointer un probl\u00e8me sont syst\u00e9matiquement contredits. Les grands groupes ont notamment impos\u00e9 l\u2019id\u00e9e qu\u2019il faudrait reprouver continuellement, dans toutes les circonstances d\u2019exposition, le caract\u00e8re canc\u00e9rog\u00e8ne des substances incrimin\u00e9es. Du coup, \u00e0 chaque fois que de nouvelles preuves se font jour, ils lancent des contre-feux qui sont parfois \u00e0 l\u2019origine de th\u00e9ories fantaisistes. <\/p>\n<p><em> <strong><em>\u00ab Le mod\u00e8le de l&#8217;\u00e9pid\u00e9miologie ne permet plus de rendre compte de la r\u00e9alit\u00e9 \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em> <\/em><\/p>\n<p><strong>Comme lorsqu\u2019ils cherch\u00e8rent \u00e0 expliquer les cas de leuc\u00e9mies d\u00e9velopp\u00e9es par des enfants \u00e0 proximit\u00e9 de La Hague ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1990, des enfants habitant \u00e0 proximit\u00e9 du site Areva ont en effet \u00e9t\u00e9 atteints de leuc\u00e9mies. Au m\u00eame moment, on a vu \u00e9merger une hypoth\u00e8se sugg\u00e9rant que ces cancers seraient li\u00e9s \u00e0 un virus inconnu v\u00e9hicul\u00e9 par la population venue construire l\u2019usine de retraitement. Cette piste sans aucun fondement scientifique est apparue en r\u00e9action aux travaux de Jean-Fran\u00e7ois Viel qui \u00e9tablissait un lien entre une exposition \u00e0 la radioactivit\u00e9 et un exc\u00e8s de cas de leuc\u00e9mies\u2026 Bien qu\u2019ils aient \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans le tr\u00e8s s\u00e9rieux British Medical Journal, les travaux de Viel furent ainsi imm\u00e9diatement disqualifi\u00e9s par des chercheurs de l\u2019Inserm travaillant avec l\u2019industrie nucl\u00e9aire ! Pourtant, les risques sont connus depuis les ann\u00e9es 1930 : \u00e0 l\u2019\u00e9poque, les &#8220;radiums girls&#8221; qui peignaient le cadran des montres avec du radium d\u00e9veloppaient des n\u00e9croses affreuses. <\/p>\n<p><strong>Au d\u00e9but de votre livre, vous affirmez qu\u2019une majorit\u00e9 de scientifiques participent de ce syst\u00e8me\u2026<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Il existe un paradigme qui domine aujourd\u2019hui la sant\u00e9 publique. La plupart des scientifiques ne le remettent pas en cause. Ce paradigme repose sur l\u2019\u00e9pid\u00e9miologie, une discipline qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la distribution statistique d\u2019une maladie dans la population \u00e0 un moment donn\u00e9 et qui est devenue la science causale du cancer par excellence. Le probl\u00e8me, c\u2019est que le mod\u00e8le qu\u2019elle propose ne permet pas de prouver qu\u2019un cancer est associ\u00e9 \u00e0 tel ou tel produit. S\u2019il avait peut-\u00eatre du sens autrefois, il ne permet plus de rendre compte de la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui. D\u2019abord, parce qu\u2019il compare la situation d\u2019un groupe d\u2019individus avec celle d\u2019une population t\u00e9moin cens\u00e9e \u00eatre &#8220;pr\u00e9serv\u00e9e&#8221;. Or de nos jours, tout le monde est expos\u00e9 \u00e0 de multiples polluants ! Surtout, l\u2019\u00e9pid\u00e9miologie ne prend pas en compte la caract\u00e9ristique essentielle du cancer, qui est de s\u2019inscrire dans une histoire qui commence tr\u00e8s souvent des ann\u00e9es avant la survenue de sympt\u00f4mes. Cette maladie rel\u00e8ve de processus longs et complexes, situ\u00e9s \u00e0 l\u2019articulation d\u2019agressions par des canc\u00e9rog\u00e8nes divers rencontr\u00e9s dans le travail ou l\u2019environnement, et de m\u00e9canismes de d\u00e9fense qui ne sont pas \u00e9galement r\u00e9partis dans la population. Quand un cancer se d\u00e9clenche, il est donc impossible d\u2019identifier quel polluant a jou\u00e9 un r\u00f4le. Il existe un vide scientifique.<\/p>\n<p><em> <strong><em>\u00ab Les industriels ont r\u00e9ussi \u00e0 imposer de ne pas se fier aux donn\u00e9es toxicologiques \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em> <\/em><\/p>\n<p><strong>Et une br\u00e8che dans laquelle s\u2019engouffrent les industriels ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est surtout, chez eux, de la malhonn\u00eatet\u00e9. Car il existe des disciplines qui sont capables de construire une connaissance de la toxicit\u00e9 des produits. C\u2019est le cas de la toxicologie qui \u00e9tudie les m\u00e9canismes d\u2019action des canc\u00e9rog\u00e8nes en milieu biologique et qui valide ses r\u00e9sultats gr\u00e2ce \u00e0 des exp\u00e9rimentations animales. Nous n\u2019avons aucun exemple o\u00f9 un canc\u00e9rog\u00e8ne valid\u00e9 comme tel pour l\u2019animal ne l\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pour l\u2019homme. Pourtant, les industriels ont r\u00e9ussi \u00e0 imposer de ne pas se fier aux donn\u00e9es toxicologiques : ils exigent une soi-disant preuve \u00e9pid\u00e9miologique. Au lieu de travailler \u00e0 la compl\u00e9mentarit\u00e9 des regards disciplinaires, ils font comme si l\u2019\u00e9pid\u00e9miologie pouvait, toute seule, prouver que le cancer est li\u00e9 \u00e0 tel ou tel facteur. <\/p>\n<p><strong>\u00c0 quand peut-on faire remonter la collusion entre industriels et chercheurs ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Elle a commenc\u00e9 dans les ann\u00e9es 1920 avec l\u2019introduction du plomb dans l\u2019essence et le d\u00e9veloppement du tabac. D\u00e9j\u00e0, \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle, l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9radiquer les causes de risques li\u00e9s au travail avait \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9e. Certes, l\u2019employeur avait l\u2019obligation de tenir les ateliers dans un \u00e9tat de propret\u00e9 qui ne nuise pas \u00e0 la sant\u00e9 des travailleurs, mais en cas d\u2019accident, la victime \u00e9tait indemnis\u00e9e sans que l\u2019on s\u2019occupe de la cause. Il faut cependant attendre la loi de 1919 qui reconna\u00eet les maladies professionnelles pour qu\u2019apparaissent des alliances entre industriels et scientifiques. Les premiers prennent alors conscience de leur int\u00e9r\u00eat \u00e0 neutraliser la connaissance sur les effets sanitaires de produits dont ils savent qu\u2019ils d\u00e9ciment ouvriers et ouvri\u00e8res. <\/p>\n<p><em> <strong><em>\u00ab En France, l\u2019impunit\u00e9 des employeurs est totale \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em> <\/em><\/p>\n<p><strong>Comment se comporte la France ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Elle d\u00e9tient le record de la mortalit\u00e9 masculine par cancer avant soixante-cinq ans, par rapport aux autres pays de l\u2019OCDE qui ne sont pourtant d\u00e9j\u00e0 pas brillants. Chez nous, l\u2019impunit\u00e9 des employeurs est totale ! En th\u00e9orie, les textes interdisent tout contact entre les salari\u00e9s et les produits canc\u00e9rog\u00e8nes, mutag\u00e8nes et toxiques pour la reproduction. Pour le d\u00e9mant\u00e8lement des \u00e9crans \u00e0 tubes cathodiques, par exemple, l\u2019INRS pr\u00e9conise des mesures de protection collective et de travail en syst\u00e8me clos. Donc la r\u00e8glementation existe, sauf qu\u2019elle n\u2019est pas appliqu\u00e9e\u2026 Je suis all\u00e9e \u00e0 Montlu\u00e7on voir l\u2019entreprise Environnement Recycling sp\u00e9cialis\u00e9e dans le recyclage des \u00e9crans d\u2019ordinateur et autres appareils \u00e9lectroniques. L\u2019employeur se contente de fournir un petit masque en papier \u00e0 ses salari\u00e9s, des handicap\u00e9s int\u00e9rimaires, qui respirent des poussi\u00e8res associant vingt-huit m\u00e9taux toxiques. C\u2019est juste un exemple. Sans compter ceux qui sous-traitent les risques aupr\u00e8s de soci\u00e9t\u00e9s qui sacrifient leurs travailleurs. Si les industriels ne se sentent pas tenus de respecter la r\u00e9glementation en France, c\u2019est parce qu\u2019ils n\u2019encourent pas de sanction. Et quand l\u2019un d\u2019entre eux est pris la main dans le sac, ce sont souvent les pouvoirs publics qui payent \u00e0 sa place.<\/p>\n<p><strong>Quelle diff\u00e9rence avec un voisin comme l\u2019Italie ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>En Italie, l\u2019institution judiciaire est beaucoup plus vigilante sur les risques industriels. C\u2019est li\u00e9 au fait que, dans ce pays, les procureurs sont ind\u00e9pendants de la puissance politique qui ne peut pas intervenir quand les premiers d\u00e9cident d\u2019ouvrir une enqu\u00eate. R\u00e9sultat, le procureur de Turin a pu se pencher sur le dossier de l\u2019amiante. Il a cr\u00e9\u00e9 un observatoire des cancers professionnels : les m\u00e9decins font des d\u00e9clarations aupr\u00e8s de la police judiciaire qui m\u00e8ne l\u2019enqu\u00eate. S\u2019il est prouv\u00e9 que l\u2019employeur n\u2019a pas respect\u00e9 le code du travail, il est sanctionn\u00e9 par une amende ou de la prison. Le proc\u00e8s de l\u2019entreprise Eternit s\u2019est appuy\u00e9 sur la notion de &#8220;d\u00e9sastre volontaire&#8221; qui est pr\u00e9sente dans le code p\u00e9nal italien : d\u00e8s lors, il ne s\u2019est plus agi de prouver que l\u2019homicide \u00e9tait bien li\u00e9 \u00e0 l\u2019amiante, mais de savoir quelles \u00e9taient les connaissances dont disposait l\u2019entrepreneur suisse Stephan Schmidheiny quand il a expos\u00e9 les salari\u00e9s \u00e0 cette substance. <\/p>\n<p><em> <strong><em>\u00ab La recherche publique est en train de passer sous la coupe des industriels \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em> <\/em><\/p>\n<p><strong>Dans certains pays du Sud, la faiblesse des infrastructures sanitaires sert la cause des multinationales\u2026<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Le cas du Br\u00e9sil est embl\u00e9matique. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, une publicit\u00e9 vantait la qualit\u00e9 du r\u00e9seau d\u2019eau br\u00e9silien, affirmant que les tuyaux en amiante-ciment, mis bout \u00e0 bout, repr\u00e9sentaient la distance s\u00e9parant la croute terrestre du centre de la terre. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1960, les soci\u00e9t\u00e9s Eternit Suisse et Saint-Gobain ont implant\u00e9 une mine dans ce pays qui \u00e9tait en proie \u00e0 une dictature militaire. Devenu le troisi\u00e8me producteur mondial d\u2019amiante, il a inond\u00e9 toute l\u2019Am\u00e9rique latine pour le plus grand profit des multinationales europ\u00e9ennes. Alors que le march\u00e9 europ\u00e9en s\u2019effondrait et que les pays d\u2019Europe du nord commen\u00e7aient \u00e0 interdire l\u2019amiante\u2026 D\u00e8s les ann\u00e9es 1990, nous nous sommes mis en lien avec des coll\u00e8gues br\u00e9siliens pour tenter d\u2019alerter sur les d\u00e9g\u00e2ts que son utilisation produisait chez eux. Mais un habitant sur trois n\u2019ayant pas acc\u00e8s aux soins m\u00e9dicaux, l\u2019identification des pathologies \u00e9tait impossible. Seuls quelques grands centres urbains disposent des infrastructures n\u00e9cessaires \u2013 radiologie, scanner\u2026 Du coup, certains chercheurs se servent aujourd\u2019hui de la pr\u00e9carit\u00e9 de ce syst\u00e8me de soins pour r\u00e9futer l\u2019existence d\u2019un probl\u00e8me sanitaire. <\/p>\n<p><strong>Votre livre s\u2019intitule <em>La Science asservie<\/em>. Les partenariats public-priv\u00e9 orientent-ils la recherche ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est un m\u00e9canisme redoutable. Qu\u2019on y ait recours pour certaines applications industrielles de recherche fondamentale ne para\u00eet pas d\u00e9nu\u00e9 de fondement. Mais en sant\u00e9 publique, demander \u00e0 ceux qui sont juges et parties de financer la recherche revient \u00e0 introduire une relation de d\u00e9pendance. Toute la recherche sur le nucl\u00e9aire est financ\u00e9e par le CEA [Commissariat \u00e0 l\u2019\u00e9nergie atomique], EDF et Areva ou, indirectement, par des fondations. Comme la Fondation pour une culture de s\u00e9curit\u00e9 industrielle cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Toulouse en 2005, juste apr\u00e8s la catastrophe de Toulouse. La recherche publique est en train de passer sous la coupe des industriels. Ils distribuent beaucoup plus de bourses de th\u00e8se ou postdoctorales que l\u2019\u00c9tat, et les jeunes n\u2019ont pas le choix. La plupart passe aujourd\u2019hui par ce moule. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019omnipr\u00e9sence des perturbateurs endocriniens qui contaminent le quotidien est le dernier al\u00e9a d\u2019une longue histoire. Celle des relations mortif\u00e8res entre industriels et chercheurs. La sociologue Annie Th\u00e9baud-Mony tire la sonnette d\u2019alarme.<\/p>\n","protected":false},"author":573,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[412,293,307],"class_list":["post-8381","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-web","tag-ecologie","tag-entretien","tag-sante"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8381","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/573"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8381"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8381\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8381"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8381"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8381"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}