{"id":837,"date":"1998-02-01T00:00:00","date_gmt":"1998-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/theatre837\/"},"modified":"1998-02-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-01-31T23:00:00","slug":"theatre837","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=837","title":{"rendered":"Th\u00e9\u00e2tre"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>L&#8217;itin\u00e9raire brechtienPour cette pi\u00e8ce de jeunesse \u00e9crite entre 1921 et 1924, Dans la jungle des villes, Bertold Brecht s&#8217;inspire autant des romans policiers que des reportages sportifs, mais c&#8217;est dans les romans noirs d&#8217;Upton Sinclair, qu&#8217;il trouve le lieu embl\u00e9matique du monde capitaliste moderne: Chicago. Au sortir de la guerre de 14-18, m\u00eame si l&#8217;action est situ\u00e9e en 1912, il propose une vision crue et d\u00e9cap\u00e9e de l&#8217;homme et des rapports humains, \u00e0 travers le d\u00e9fi que lance Shlink, un riche marchand de bois asiatique, \u00e0 John Garga, modeste employ\u00e9, id\u00e9aliste et grand lecteur de Rimbaud.&#8221; Un combat &#8220;, affirme-t-il. En fait, une sorte de march\u00e9 o\u00f9 il offre sa position sociale contre l&#8217;accomplissement du r\u00eave de Garga: partir pour Tahiti. La pi\u00e8ce s&#8217;apparente alors \u00e0 une exp\u00e9rience quasi clinique dont l&#8217;enjeu devient: &#8221; Qu&#8217;est-ce que l&#8217;homme ? &#8220;.&#8221; Un \u00eatre humain a beaucoup de possibilit\u00e9s &#8221; affirme un personnage.<\/p>\n<p>Le couple antith\u00e9tique Shlink\/Garga tient de M\u00e9phisto\/Faust, mais que devient la vieille dualit\u00e9 de l&#8217;id\u00e9alisme classique, Bien contre le Mal, Ang\u00e9lisme contre diabolisme quand on les plonge au coeur de la vie moderne ? Tels paraissent bien les enjeux. La pi\u00e8ce est touffue, difficile, parfois confuse \u00e0 force de multiplier les points de vue. Elle a rarement \u00e9t\u00e9 bien mont\u00e9e. Le d\u00e9fi &#8211; gagn\u00e9 &#8211; de St\u00e9phane Braunschweig est de la rendre lisible, malgr\u00e9 ses points aveugles, sans rien gommer de sa complexit\u00e9 et de sa richesse en rendant patente l&#8217;impossibilit\u00e9 du combat et de son issue. Le couple apparemment antagoniste Shlink\/ Garga, Mal\/Bien, Jaune\/Blanc, Riche\/Pauvre, reste en fait indissociable; certes sado-masochiste, mais profond\u00e9ment uni dans une attirance homosexuelle r\u00e9ciproque. Brecht n&#8217;est pas encore marxiste; il n&#8217;a pas 25 ans mais d\u00e9j\u00e0 dialecticien, il rend probl\u00e9matiques les valeurs philosophiques dont il a h\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p> <strong> Les dollars, les d\u00e9sirs, l&#8217;alcool et le sexe, le rythme et la violence <\/strong><\/p>\n<p>Du combat, la mise en sc\u00e8ne garde la fi\u00e8vre et l&#8217;\u00e9nergie. Chaque roundtableau poss\u00e8de son intensit\u00e9 propre comme dans un match de boxe, sauf que, jamais, des coups ne parviennent \u00e0 \u00eatre \u00e9chang\u00e9s. Sur un plateau noir, quasiment nu o\u00f9 un simple rideau sombre vient d\u00e9couper les diff\u00e9rents lieux de la fiction, seuls des lits structurent l&#8217;espace. Les dollars, l&#8217;alcool, le d\u00e9sir et le sexe circulent sans cesse, cr\u00e9ant le mouvement du sens qui devient vertigineux. La bande-son qui joue sur les bruits des machines accentue le rythme et la violence. Philippe Cl\u00e9venot joue un Shlink insidieux, d&#8217;une souplesse serpentine et diabolique, mais, en m\u00eame temps, sans qu&#8217;on puisse en d\u00e9cider, un homme d\u00e9muni et bless\u00e9, fragile. Pervers et \u00e9mouvant. Olivier Cruveiller trace, de mani\u00e8re tr\u00e8s convaincante, l&#8217;itin\u00e9raire d&#8217;un id\u00e9aliste dont les r\u00eaves se limitent rapidement aux prostitu\u00e9es du bordel chinois et devient finalement une parfaite petite frappe. Il n&#8217;emp\u00eache, dans la sc\u00e8ne de leur derni\u00e8re rencontre, situ\u00e9e au bord du lac Michigan, loin du bruit et de la fureur de la ville, les deux hommes sont seuls au milieu du plateau nu et c&#8217;est beau comme l&#8217;assassinat de Pasolini sur la plage par un ragazzo. Flore Lefebvre des No\u00ebttes est, cette fois-ci, \u00e9tonnante par la vari\u00e9t\u00e9 de la palette qu&#8217;elle propose, en soeur au grand coeur, martyre de l&#8217;amour et finalement prostitu\u00e9e lucide. C&#8217;est une mise en sc\u00e8ne violente et claire qui a le charme et l&#8217;\u00e9nergie de certains romans noirs am\u00e9ricains, et ressuscite le &#8221; jeune Brecht &#8220;, vieux aujourd&#8217;hui de 100 ans, qui d\u00e9cape avec crudit\u00e9 les valeurs id\u00e9alistes en en montrant la vacuit\u00e9 et la non-ad\u00e9quation \u00e0 notre monde..<\/p>\n<p><strong> L&#8217;itin\u00e9raire brechtien <\/strong><\/p>\n<p>10 f\u00e9vrier 1898, Bertold Brecht na\u00eet \u00e0 Augsbourg, d&#8217;une m\u00e8re originaire de For\u00eat noire et d&#8217;un p\u00e8re Bavarois. Famille bourgeoise et protestante. A 18 ans, il entreprend sa &#8221; m\u00e9decine &#8221; \u00e0 Munich.1918, Brecht est enr\u00f4l\u00e9 comme infirmier dans un h\u00f4pital de l&#8217;arri\u00e8re.1919, il \u00e9crit sa premi\u00e8re pi\u00e8ce Baal.1922, il obtient le Prix Kleist pour sa troisi\u00e8me pi\u00e8ce Tambours dans la nuit.1922-1933, il lit beaucoup Marx, \u00e9crit 14 pi\u00e8ces qu&#8217;il monte lui-m\u00eame et publie un recueil de po\u00e8mes: les Sermons domestiques.1928, Homme pour Homme.1928, l&#8217;Op\u00e9ra de quat&#8217;sous.1931, Sainte-Jeanne des Abattoirs.1933-1948, il fuit le nazisme, en exil d&#8217;abord au Danemark, puis en Su\u00e8de, en Finlande; il passe par la France et l&#8217;Angleterre et s&#8217;installe en Californie en 1941. Il \u00e9crit, durant cette p\u00e9riode d&#8217;exil, la plupart de ses grandes pi\u00e8ces.1937, les Fusils de la m\u00e8re Carrar.1938, Grand&#8217;peur et mis\u00e8re du IIIe Reich.1940, Ma\u00eetre Puntila et son valet Matti.1943, la Bonne-Ame de Se-Tchouan.1944, le Cercle de craie caucasien.1947, la Vie de Galil\u00e9e.1948, il rentre en Allemagne, dans la zone sovi\u00e9tique et fonde, avec l&#8217;actrice H\u00e9l\u00e8ne Weigel, son \u00e9pouse, le Berliner Ensemble, qui s&#8217;installe au Schiffbauerdamm-Theater en RDA (1954 ). Il y met en sc\u00e8ne les pi\u00e8ces \u00e9crites pendant l&#8217;exil. Durant toute sa vie, il travaille avec des musiciens: d&#8217;abord Kurt Weill, puis Hans Eisler, Paul Dessau et Hans-Dieter Hosalla, et \u00e9crit des textes th\u00e9oriques sur le th\u00e9\u00e2tre dans son Journal et dans ses Ecrits sur le th\u00e9\u00e2tre.1951, Jean Vilar monte M\u00e8re Courage \u00e0 Suresnes en ouverture du TNP, avec Germaine Mont\u00e9ro.1954: le Berliner Ensemble est invit\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre des Nations.14 ao\u00fbt 1956, Bertold Brecht meurt d&#8217;un infarctus du myocarde alors qu&#8217;il r\u00e9p\u00e8te la Vie de Galil\u00e9e.n S. B.-G.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-837","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/837","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=837"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/837\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=837"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=837"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=837"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}