{"id":8312,"date":"2015-01-28T16:53:59","date_gmt":"2015-01-28T15:53:59","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-marseille-inaugure-une-zad-urbaine\/"},"modified":"2023-06-23T23:18:48","modified_gmt":"2023-06-23T21:18:48","slug":"article-marseille-inaugure-une-zad-urbaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=8312","title":{"rendered":"Marseille inaugure une ZAD urbaine"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Depuis le 22 janvier, une Zone \u00e0 d\u00e9fendre (ZAD) est \u00e9tablie au c\u0153ur de Marseille. L&#8217;enjeu, emp\u00eacher la transformation d&#8217;un ancien parc public en immeuble d&#8217;habitation, rassemble habitants du quartier et activistes \u00e9colos. <\/p>\n<p>\u00ab <em>Ils ont fait \u00e7a comme des sauvages&#8230; \u00e0 8h du matin, il y avait d\u00e9j\u00e0 deux arbres abattus<\/em>\u00a0\u00bb. Jeudi  dernier, Muriel Wolff n&#8217;a gu\u00e8re appr\u00e9ci\u00e9 le spectacle offert par un \u00ab\u00a0<em>ballet<\/em>\u00a0\u00bb compos\u00e9 de camions blancs (\u00ab\u00a0<em>sans aucun logo visible<\/em>\u00a0\u00bb) et de \u00ab\u00a0<em>quatre ou cinq \u00e9lagueurs<\/em>\u00a0\u00bb. La veille, sous la pluie, le parc Michel L\u00e9vy avait vu d\u00e9barquer une premi\u00e8re pelleteuse qui s&#8217;\u00e9tait attach\u00e9e \u00e0 d\u00e9gommer \u00ab\u00a0<em>les petits arbres<\/em>\u00a0\u00bb du square.<\/p>\n<p>Le jeudi soir, \u00e0 la suite de ces deux journ\u00e9es d&#8217;abattage, quelques habitants et militants se r\u00e9unissent devant le parc. Certains d\u00e9cident d&#8217;y p\u00e9n\u00e9trer. <em>\u00ab On est rentr\u00e9 et on s&#8217;est install\u00e9 pour dire ici, c&#8217;est chez nous, c&#8217;est un parc public et on en partira pas \u00bb,<\/em> ass\u00e8ne Patrick, l&#8217;une des voix importantes du mouvement. Depuis, entre quinze et cinquante personnes y passent tous les jours et le site est occup\u00e9 vingt-quatre heures sur vingt-quatre, avec la pr\u00e9sence d&#8217;au moins sept ou huit personnes chaque nuit malgr\u00e9 un mistral glacial. <\/p>\n<p><strong><em>Le parc Michel-L\u00e9vy, une lutte citoyenne depuis 2008<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Des tentes sont plant\u00e9es, plusieurs foyers se consument, un espace est d\u00e9di\u00e9 au tri s\u00e9lectif, des listes de besoins sont affich\u00e9s, des palettes entass\u00e9es&#8230; Et des tags color\u00e9s ont fleuri sur les troncs d&#8217;arbre abattus et les murs de l&#8217;ancien centre d&#8217;animation. <em>\u00ab\u00a0On a accept\u00e9 de passer en ZAD\u00a0\u00bb,<\/em> r\u00e9sume Muriel, install\u00e9e dans le quartier depuis 1983 et l&#8217;une des historiques de la lutte. De fait, le d\u00e9but des travaux a provoqu\u00e9 un regain de mobilisation. Car si le parc est ferm\u00e9 depuis un an et demi, son sort fait l&#8217;objet d&#8217;une lutte citoyenne depuis le printemps 2008. <\/p>\n<p>Au c\u0153ur du quartier de Baille-Lodi dans le 6e arrondissement et \u00e0 deux pas de la place Castellane, le parc Michel-L\u00e9vy est l&#8217;un des rares espaces verts de cette partie de la ville. Longtemps, les jeux pour enfants et le terrain de boule y ont c\u00f4toy\u00e9 un centre d&#8217;animation (le Tempo) sous les ombraisons de grands arbres dont des platanes et quelques micocouliers. En f\u00e9vrier 2008, on apprend que le parc va \u00eatre vendu \u00e0 Unicil, groupe immobilier intervenant dans l&#8217;habitat social. Tr\u00e8s vite, les habitants qui refusent de voir dispara\u00eetre le seul (petit) poumon vert du quartier s&#8217;organisent et intentent des recours, gracieux puis juridiques, demandant que le square demeure un espace public. <\/p>\n<p>La bataille judiciaire s&#8217;\u00e9ternise, ils sont d\u00e9bout\u00e9s \u00e0 chaque fois. D\u00e9but juin 2013, le parc est ferm\u00e9 sans crier gare. Entra\u00eenant une nouvelle mobilisation des habitants qui, cette fois vont se constituer en un Collectif Michel L\u00e9vy. <em>\u00ab\u00a0On a explor\u00e9 toutes les voies possibles<\/em>, souligne Muriel. <em>On a lanc\u00e9 des appels \u00e0 des sp\u00e9cialistes des cause urbaines pour recueillir des avis techniques, juridiques; on a consult\u00e9 des avocats; on est all\u00e9 \u00e0 l&#8217;urbanisme&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong><em>Sept \u00e9tages et trois niveaux de parking en sous-sol<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Face \u00e0 cette lev\u00e9e de boucliers, la municipalit\u00e9 r\u00e9torque qu&#8217;une partie verte sera maintenue <em>\u00ab\u00a0\u00e0 l&#8217;identique\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Ce lieu va redevenir un espace public, il y aura bien un jardin. Unicil est d\u00e9sormais propri\u00e9taire du terrain, ils ont un permis de construire et tout ce qui est pr\u00e9vu doit \u00eatre fait dans la l\u00e9galit\u00e9. M. Moraine est \u00e0 l&#8217;\u00e9coute des habitants de son secteur. Il les a d\u00e9j\u00e0 re\u00e7us et consid\u00e8re que c&#8217;est un mieux pour eux \u00bb<\/em>, r\u00e9sume une collaboratrice du maire UMP du secteur, Yves Moraine. Et d&#8217;inviter les zadistes de Michel L\u00e9vy \u00e0<em> \u00ab\u00a0se rapprocher d&#8217;Unicil\u00a0\u00bb<\/em> puisque <em>\u00ab\u00a0la vente est finalis\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em>. <\/p>\n<p>Le parc est cens\u00e9 accueillir un immeuble de sept \u00e9tages avec quarante-sept logements sociaux. Et son rez-de-chauss\u00e9e doit \u00eatre lou\u00e9 \u00e0 la Ville pour qu&#8217;elle y r\u00e9installe un centre d&#8217;animation auquel sera adjoint ce qui reste d&#8217;espace vert. En sous-sol\u00a0: un parking de trois niveaux. Un espace vert tr\u00e8s r\u00e9duit, donc, soulignent les zadistes, et <em>\u00ab\u00a0contrairement \u00e0 ce que pr\u00e9tend la mairie, ce sera impossible d&#8217;y replanter les arbres \u00e0 haute tiges du parc\u00a0\u00bb<\/em>, d\u00e9plore Patrick.  <\/p>\n<p>Sur la fourche de l&#8217;un d&#8217;entre eux, un micocoulier centenaire r\u00e9pertori\u00e9 comme arbre \u00e0 prot\u00e9ger, David Escalier a install\u00e9 sa plate-forme d\u00e8s jeudi 22 au soir. Militant de Greenpeace, impliqu\u00e9 sur la plupart des luttes environnementales de la r\u00e9gion, il y passe toutes ses nuits et une partie de ses journ\u00e9es quand sa formation en mara\u00eechage biologique lui en laisse le temps. De l\u00e0-haut, harnach\u00e9 comme un \u00e9lagueur, il alpague les riverains qui passent dans la rue adjacente et r\u00e9pond \u00e0 la presse: <em>\u00ab\u00a0On demande l&#8217;annulation de ce permis de construire; on d\u00e9fend un projet alternatif qui permette de maintenir ici un espace public et de libert\u00e9 pour les habitants; et que ce soit autog\u00e9r\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em> <\/p>\n<p><strong><em>Convergence entre locaux et zadistes<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Si elle ne s&#8217;op\u00e8re pas sans tensions, intrins\u00e8quement li\u00e9es \u00e0 ce type de lutte, la convergence entre historiques &#8220;locaux&#8221; du collectif et zadistes plus ou moins exog\u00e8nes (la plupart sont de Marseille), suit son cours. Et se noue \u00e0 travers les AG de fin d&#8217;apr\u00e8s-midi et la mise en place de micro-projets favorisant la r\u00e9appropriation de l&#8217;espace par les gens du quartier. Mercredi 28 janvier, les zadistes de Michel L\u00e9vy (soutenus par les Paniers marseillais, les Amis de la terre et d&#8217;autres organisations) ont pr\u00e9vu des ateliers peinture et fabrication de tipis pour les enfants. Ils seront anim\u00e9s par des <em>\u00ab\u00a0jeunes titulaires du BAFA\u00a0\u00bb<\/em> qui ont rejoint le mouvement, se f\u00e9licite Patrick. <\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Pour l&#8217;instant, \u00e7a se passe tr\u00e8s bien avec la police, ils viennent juste prendre des nouvelles, s&#8217;assurer que tout va bien\u00a0\u00bb<\/em>, glisse-t-il. Mardi matin, le possible d\u00e9p\u00f4t d&#8217;une plainte par Unicil \u00e9tait \u00e9voqu\u00e9, mais rien ne semblait indiquer l&#8217;imminence d&#8217;une intervention de la police et chacun se pr\u00e9parait \u00e0 passer encore quelques nuits sur place. <\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0On r\u00e9sistera pacifiquement bien s\u00fbr<\/em>, assure Patrick. <em>Mais si l&#8217;huissier vient pour nous faire signer l&#8217;arr\u00eat\u00e9 d&#8217;expulsion, il faudra qu&#8217;il monte nous voir en haut des arbres avec son costume, son document et son stylo. On va rigoler. Et puis qu&#8217;il vienne avec son baudrier parce qu&#8217;on lui fournira pas, hein\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-8312 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/zad-marseille-910.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/zad-marseille-910-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"zad-marseille.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le 22 janvier, une Zone \u00e0 d\u00e9fendre (ZAD) est \u00e9tablie au c\u0153ur de Marseille. 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