{"id":828,"date":"1998-02-01T00:00:00","date_gmt":"1998-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/art-contemporain828\/"},"modified":"1998-02-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-01-31T23:00:00","slug":"art-contemporain828","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=828","title":{"rendered":"Art contemporain"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> La pol\u00e9mique \u00e0 propos de l&#8217;art contemporain, tout au long de l&#8217;ann\u00e9e 1997, s&#8217;est poursuivie, se cherchant et s&#8217;alimentant \u00e0 plusieurs colloques et nombre d&#8217;articles de presse, se revivifiant \u00e0 la publication d&#8217;un nombre appr\u00e9ciable de livres, certains sans doute \u00e9crits dans la pr\u00e9cipitation, d&#8217;autres plus longuement m\u00fbris, les uns rest\u00e9s dans le cercle des professionnels, les autres ayant connu un \u00e9cho plus large, sans qu&#8217;on puisse mesurer leur int\u00e9r\u00eat respectif \u00e0 leur plus ou moins grande fortune m\u00e9diatique. D&#8217;autres livres sont sous presse, des colloques ou conf\u00e9rences sont annonc\u00e9es (1), des articles sont en pr\u00e9paration. La bataille continue. Visite du th\u00e9\u00e2tre des op\u00e9rations. <\/p>\n<p>La guerre entre &#8221; modernistes &#8221; et &#8221; antimodernistes &#8221; dans le domaine de l&#8217;art remonte \u00e0 la nuit des temps, on peut le penser&#8230; Dans son expression contemporaine, le clivage entre tradition et rupture artistiques atteint son paroxysme avec la peinture impressionniste \u00e0 laquelle on oppose, violemment, la peinture acad\u00e9mique, l&#8217;art officiel. La querelle n&#8217;a depuis jamais cess\u00e9. L&#8217;histoire de l&#8217;art moderne est faite, pour l&#8217;essentiel, de ces affrontements. Pour d\u00e9limiter dans le temps la phase actuelle de la pol\u00e9mique, on peut dire qu&#8217;elle a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e, il y a onze ans d\u00e9j\u00e0, dans la revue Esprit de f\u00e9vrier 1987. Olivier Mongin, dans un court article, au milieu d&#8217;un dossier sur le Xe anniversaire du Centre Georges-Pompidou, \u00e9voquait le &#8221; probl\u00e8me du jugement &#8221; et de la &#8221; valeur esth\u00e9tique &#8221; des oeuvres d&#8217;art contemporain. Il s&#8217;appuyait alors sur certains \u00e9crits de la sociologue Raymonde Moulin et sur les diatribes antimodernistes de Jean Clair, l&#8217;actuel conservateur du mus\u00e9e Picasso (2). C&#8217;est sur cette question des &#8221; crit\u00e8res d&#8217;appr\u00e9ciation esth\u00e9tique &#8221; qu&#8217;en juillet 1991 la m\u00eame revue relance le d\u00e9bat, cette fois sous la direction \u00e9nerv\u00e9e de Jean-Philippe Domecq. Esprit proposera deux autres livraisons sur le m\u00eame th\u00e8me, en f\u00e9vrier et octobre 1992, o\u00f9 le sentencieux le disputera au d\u00e9magogique. Pour ne pas laisser improductif un tel capital, le directeur d&#8217;Esprit, vient, dans le num\u00e9ro de janvier 1998 de sa revue, de publier un article qui prolonge les hostilit\u00e9s. Dans les Hommes de l&#8217;art et les autres. Le d\u00e9bat sur l&#8217;art contemporain, acte II, avocat des partis pris de Jean Clair, il s&#8217;en prend sans m\u00e9nagement \u00e0 Philippe Dagen, critique d&#8217;art au journal le Monde, professeur d&#8217;histoire de l&#8217;art contemporain \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Tours et l&#8217;un des protagonistes de la pol\u00e9mique dont il contribua \u00e0 \u00e9clairer certains aspects politiques inqui\u00e9tants lors de l&#8217;affaire Krisis (3). L&#8217;occasion de cet emportement est le livre, la Haine de l&#8217;art (Grasset), que vient de publier Philippe Dagen, ouvrage qui prend place dans la pol\u00e9mique de fa\u00e7on essentielle, informant le cours historique, pr\u00e9cisant les contours sociologiques, analysant les conventions et les pratiques culturelles des Fran\u00e7ais face aux arts, interrogeant les dispositifs institutionnels et \u00e9conomiques en vigueur dans ce pays. Utile tour du propri\u00e9taire qui nous \u00e9loigne des disputes de &#8221; go\u00fbt &#8220;. Il n&#8217;emp\u00eache, Olivier Mongin annonce pour l&#8217;ann\u00e9e 1998 un dossier qui &#8221; abordera entre autres la question des crit\u00e8res d&#8217;appr\u00e9ciation. On a les obsessions qu&#8217;on peut &#8220;, \u00e9crit-il, tr\u00e8s justement.<\/p>\n<p> <strong> Les &#8221; crit\u00e8res de jugement &#8220;, vaste programme&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>Bien qu&#8217;insignifiant et m\u00e9diocre tel qu&#8217;il est aujourd&#8217;hui pos\u00e9, le probl\u00e8me des &#8221; crit\u00e8res de jugement &#8221; continue de m\u00e9riter le questionnement: pour autant qu&#8217;on le soustraie \u00e0 l&#8217;emprise de la subjectivit\u00e9 et des &#8221; go\u00fbts &#8221; particuliers, pour autant qu&#8217;on le reprenne dans l&#8217;histoire de l&#8217;esth\u00e9tique et de ses traductions potentielles aux situations artistiques contemporaines. Marc Jimenez, philosophe, professeur d&#8217;esth\u00e9tique \u00e0 Paris I, Panth\u00e9on-Sorbonne, a \u00e9crit sur ces questions de quoi les sortir du d\u00e9sordre conceptuel o\u00f9 on les a entra\u00een\u00e9es (4). A commencer par le rappel de quelques \u00e9vidences: &#8221; ce sont les oeuvres qui engendrent les crit\u00e8res et non pas l&#8217;inverse &#8220;; &#8221; Si l&#8217;on tient absolument \u00e0 parler de crit\u00e8res, il faut les rechercher [&#8230;] dans l&#8217;oeuvre elle m\u00eame &#8220;; &#8221; Aucune th\u00e9orie esth\u00e9tique ne dispose aujourd&#8217;hui du guide qui permettrait de d\u00e9cerner infailliblement les \u00e9toiles du m\u00e9rite \u00e0 des oeuvres, pour la plupart, en attente d&#8217;interpr\u00e9tation &#8220;; au demeurant, il faut prendre acte de la &#8221; disparition des crit\u00e8res modernes et avant-gardistes &#8220;. Marc Jimenez indique aussi des approches intelligibles; ainsi propose-t-il qu&#8217;on s&#8217;oriente &#8221; vers la d\u00e9finition de crit\u00e8res esth\u00e9tiques sp\u00e9cifiques aux oeuvres contemporaines &#8220;, plut\u00f4t que de les juger \u00e0 l&#8217;humeur ou \u00e0 l&#8217;intimidation; il avertit cependant: &#8221; On con\u00e7oit sans peine la difficult\u00e9 de ce type de recherche &#8220;; d\u00e9courageant pour ceux qui ont opt\u00e9 pour un traitement convulsif de ces questions. Par ailleurs, il faut aussi engager la r\u00e9flexion dans une histoire des arts de ce temps qui ne soit pas que filialis\u00e9e \u00e0 celle de l&#8217;art moderne mais qui prenne en charge la r\u00e9volution culturelle de port\u00e9e anthropologique en cours dans les domaines des technologies de la production des &#8221; images &#8220;, de leurs circulations plan\u00e9taires, de leur communication. Le p\u00e9rim\u00e8tre des faits artistiques et anthropologiques de l&#8217;histoire de l&#8217;art s&#8217;est consid\u00e9rablement \u00e9largi au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es de cette histoire, il s&#8217;agit de les int\u00e9grer dans le d\u00e9bat.<\/p>\n<p> <strong> Production politique d&#8217;images et r\u00e9ception par le public <\/strong><\/p>\n<p>Dix ans donc de controverses, de d\u00e9bats, de disputes mais aussi de m\u00e9pris, d&#8217;insinuations et de calomnies \u00e0 l&#8217;\u00e9gard d&#8217;artistes qui n&#8217;ont d\u00e9m\u00e9rit\u00e9 que de n&#8217;\u00eatre pas au nombre de ceux reconnus par le &#8221; go\u00fbt &#8221; des procureurs de l&#8217;art contemporain. Dix ans d&#8217;affrontements id\u00e9ologiques dans les domaines de l&#8217;art et de la culture, dont on sait qu&#8217;ils ne sont pas \u00e9tablis hors de la sph\u00e8re du politique. Toute production d&#8217;image est production politique d&#8217;images, et leur r\u00e9ception par le public comme les discours multiples qui les accompagnent, id\u00e9ologiques, philosophiques, etc., y compris les plus embrouill\u00e9s, ne sont pas moins politiques. C&#8217;est particuli\u00e8rement manifeste pour la plupart des avant-gardes historiques de ce si\u00e8cle qui ont \u00e9t\u00e9 prises dans une sym\u00e9trie qui les rivaient \u00e0 la modernit\u00e9 politique, \u00e0 l&#8217;utopie de la r\u00e9volution sociale (5). De cette concordance, il ne reste aujourd&#8217;hui qu&#8217;une n\u00e9cessit\u00e9, celle de la d\u00e9cliner selon ses manifestations particuli\u00e8res, politiques, artistiques, sachant par ailleurs que l&#8217;art n&#8217;est pas n\u00e9cessairement au fondement de la transformation sociale et non plus objet de consensus, ciment social ou coh\u00e9sion nationale. L&#8217;art, sous nos yeux, est occup\u00e9 \u00e0 red\u00e9finir les modalit\u00e9s de sa fonction sociale (et donc de sa situation politique), mais, par manque d&#8217;instruments conceptuels et d\u00e9faut flagrant d&#8217;empathie, on ne lui trouve pas les discours qui l&#8217;exprimeraient. Contexte carentiel o\u00f9 le sens de l&#8217;oeuvre d&#8217;art est submerg\u00e9 par la d\u00e9n\u00e9gation qu&#8217;on lui oppose.<\/p>\n<p> <strong> Les d\u00e9rives possibles d&#8217;une d\u00e9n\u00e9gation  <\/strong><\/p>\n<p>C&#8217;est l&#8217;un des enseignements qu&#8217;on peut tirer de la pol\u00e9mique qui a pris un tour politique radicalis\u00e9 d\u00e8s le moment o\u00f9 la question des &#8221; crit\u00e8res d&#8217;appr\u00e9ciation &#8221; se retrouva au fond d&#8217;une impasse doctrinale. Le journal Lib\u00e9ration, en mai 1996, abritait les digressions de Jean Baudrillard sur l&#8217;art contemporain, &#8221; Le complot de l&#8217;art &#8220;, article par lequel le d\u00e9bat ne gagnait pas en clart\u00e9 mais qui y introduisait de la fac\u00e9tie, ce dont il manquait. Ce m\u00eame journal, le 30 d\u00e9cembre 1997, a publi\u00e9, moins plaisant, et m\u00eame franchement inqui\u00e9tant, mena\u00e7ant et dangereux, un article intitul\u00e9 &#8221; Territoire de non-sens, \u00e9tat de non-droit &#8220;, sign\u00e9 par Pierre Souchaud, directeur d&#8217;un &#8221; magazine d&#8217;art contemporain &#8221; aujourd&#8217;hui disparu, Artension, qui condamnait sans appel ces artistes et cet art contemporain qui ont le tort de ne plus s&#8217;adonner \u00e0 la peinture, figurative de pr\u00e9f\u00e9rence. Article inqui\u00e9tant, par l&#8217;insulte qui s&#8217;y exerce: Daniel Buren est une &#8221; personne intrins\u00e8quement indigne &#8220;; Catherine Millet, directrice de la revue Artpress, quant \u00e0 elle, rel\u00e8ve d&#8217;une &#8221; b\u00eatise \u00e0 la puissance deux &#8220;(6). Mena\u00e7ant, par le vocabulaire douteux qui est adress\u00e9 \u00e0 certain art contemporain: &#8221; anomalie dans l&#8217;ordre du droit et du sens &#8220;; &#8221; d\u00e9rogation aux lois et r\u00e8gles &#8220;; &#8221; contr\u00f4le &#8220;; &#8221; r\u00e9gulation &#8220;; &#8221; conventions morales et artistiques&#8230;&#8221; Dangereux car des \u00e9crits de cette nature inscrivent potentiellement l&#8217;interdit de l&#8217;art qui ne rentrerait pas dans les choix artistiques sous-entendus, c&#8217;est-\u00e0-dire, s&#8217;il est n\u00e9cessaire de le dire, qu&#8217;ils portent implicitement l&#8217;accusation d&#8217;art d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9. C&#8217;est l\u00e0 l&#8217;une des d\u00e9rives les plus alarmantes du d\u00e9bat, mais elle ne vient jamais qu&#8217;\u00e0 la suite de celles constat\u00e9es dans Esprit, dans Krisis, dans le Figaro, ailleurs encore. Son outrance a cependant cet int\u00e9r\u00eat qu&#8217;elle am\u00e8ne \u00e0 comprendre que la d\u00e9n\u00e9gation de l&#8217;art contemporain est bien autre chose qu&#8217;une querelle d&#8217;anciens et de modernes, qu&#8217;elle peut comporter des conceptions politiques sous-jacentes o\u00f9 les libert\u00e9s publiques, celles de l&#8217;expression et de la cr\u00e9ation notamment, sont mises en p\u00e9ril.<\/p>\n<p> <strong> &#8221; Choix contre choix &#8220;, &#8221; tendance contre tendance &#8221; <\/strong><\/p>\n<p>Autrement, la pr\u00e9sence du politique dans le d\u00e9bat prend des formes moins extr\u00eames, mais pas pour autant n\u00e9gligeables. Certaines d&#8217;ailleurs revendiqu\u00e9es, comme c&#8217;est le cas dans le livre d&#8217;Yves Michaud, la Crise de l&#8217;art contemporain. Utopie, d\u00e9mocratie et com\u00e9die (7). Ce livre trouve l&#8217;int\u00e9r\u00eat du lecteur dans une r\u00e9flexion qui se porte sur les relations des domaines du politique et de l&#8217;esth\u00e9tique (au sens philosophique), de l&#8217;histoire et de l&#8217;industrie des loisirs, de l&#8217;\u00e9conomique et de la d\u00e9pense culturelle de l&#8217;Etat. Mais, quoi qu&#8217;il en soit des litiges dont ils proc\u00e9deraient, on ne peut qu&#8217;\u00e9carter les \u00e9l\u00e9ments de ce livre o\u00f9 le r\u00f4le de l&#8217;Etat dans les champs de la culture et de la cr\u00e9ation est r\u00e9cus\u00e9 au profit, par exemple, de structures associatives financ\u00e9es, tout de m\u00eame, par le budget de la Culture, ainsi que l&#8217;auteur vient de le proposer dans des d\u00e9clarations \u00e0 Beaux-Arts magazine du mois de janvier. Dans ce registre de l&#8217;Etat culturel tentaculaire, des fonctionnaires irresponsables et d&#8217;un art officiel, les contributions de Marc Fumaroli et d&#8217;Alain Finkielkraut (8) ont amplement rempli leur office \u00e9litaire. Que les politiques publiques dans les secteurs de la culture et de la cr\u00e9ation soient susceptibles de faire l&#8217;objet d&#8217;\u00e9valuations, certainement. Que l&#8217;action du minist\u00e8re de la Culture dans l&#8217;un de ses secteurs les plus sensibles (pour ne pas dire &#8221; expos\u00e9 &#8220;), celui de l&#8217;art contemporain, m\u00e9rite la critique, sans doute. Pourtant, on voudrait \u00eatre assur\u00e9 que les proc\u00e8s qui sont mont\u00e9s, principalement contre la d\u00e9l\u00e9gation aux Arts plastiques, comportent, en arri\u00e8re-plan, autre chose que les controverses sur les choix artistiques qui se d\u00e9gagent de l&#8217;action men\u00e9e. On est loin, bien entendu, d&#8217;en \u00eatre assur\u00e9; la question alors devient in\u00e9vitablement celle du &#8221; choix contre choix &#8220;, &#8221; tendance contre tendance &#8220;; et, dans ce cas, ce ne sont pas les porteurs de choix oppos\u00e9s \u00e0 ceux qui sont en cours qui pr\u00e9sentent n\u00e9cessairement de &#8221; meilleurs &#8221; choix. Au reste, il ne s&#8217;agit pas de &#8221; meilleur &#8221; choix mais de choix qui refl\u00e8tent la diversit\u00e9, la pluralit\u00e9 et la vitalit\u00e9 de la cr\u00e9ation et de la vie artistique fran\u00e7aise dans sa phase actuelle. Les accusations d&#8217;art officiel ou d&#8217;artistes d&#8217;Etat sortent des plumes, mais o\u00f9 est l&#8217;\u00e9tude vraiment inform\u00e9e et indiscutable d\u00e9montrant que les achats d&#8217;art contemporain participent d&#8217;une pens\u00e9e unique ? Si une pluralit\u00e9 est absente des choix op\u00e9r\u00e9s, ce n&#8217;est pas par l&#8217;anath\u00e8me qu&#8217;on l&#8217;y am\u00e8nera, mais, s&#8217;il en est besoin, par des r\u00e9formes d\u00e9mocratiques apport\u00e9es aux proc\u00e9dures des choix et des aides. Entre les marchands d&#8217;art et les &#8221; fonctionnaires de l&#8217;art &#8220;, l&#8217;artiste n&#8217;est pas devant la peste ou le chol\u00e9ra; l&#8217;Etat a pour lui une continuit\u00e9 que le commerce de l&#8217;art ne peut et d\u00e9sire peu avoir: on le sait depuis la grande crise qui se prolonge depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990; les galeristes ont ferm\u00e9 leur galerie ou sont en \u00e9tat de l\u00e9thargie; l&#8217;Etat fran\u00e7ais a continu\u00e9 d&#8217;enrichir les collections publiques et d&#8217;\u00e9tendre ou de restaurer le r\u00e9seau mus\u00e9al.<\/p>\n<p>1. Nathalie Heinich, sociologue, directeur de recherche au CNRS, publie deux ouvrages, les Rejets de l&#8217;art: l&#8217;art, le public et les valeurs (Jacqueline Chambon) et le Triple Jeu de l&#8217;art contemporain, une sociologie des arts plastiques (Minuit).Ces deux livres donnent lieu \u00e0 quatre conf\u00e9rences par l&#8217;auteur \u00e0 l&#8217;Ecole nationale sup\u00e9rieure des Beaux-Arts, les 20 et 27\/1, les 3 et 10\/2 (Informations: 01 47 03 50 00).<\/p>\n<p>2. Sur cette affaire, voir Regards n? 25, juin 1997, pages 39 \u00e0 41.(Les articles sont consultables sur Internet: http :\/\/lot49.fr ).Voir aussi l&#8217;article de Philippe Dagen, &#8221; L&#8217;art contemporain sous le regard de ses ma\u00eetres censeurs &#8220;, dans le Monde du 15\/2\/1997 et le dossier de la revue Artpress, n? 223 d&#8217;avril 1997, &#8221; L&#8217;extr\u00eame droite attaque l&#8217;art contemporain &#8220;.<\/p>\n<p>3. Olivier Mongin citait cet extrait d&#8217;une conf\u00e9rence donn\u00e9e par Jean Clair: la &#8221; b\u00e9ate adoration d&#8217;une modernit\u00e9 qui sert tous les propos, d&#8217;une gauche &#8221; r\u00e9nov\u00e9e &#8221; \u00e0 un n\u00e9o-lib\u00e9ralisme sauvage &#8220;.La (plus petite) dimension politique du d\u00e9bat \u00e9tait l\u00e0 clairement pos\u00e9e.Jean Clair \u00e9tant l&#8217;auteur d&#8217;un ouvrage paru en 1983, Consid\u00e9rations sur l&#8217;\u00e9tat des Beaux-Arts.Critique de la modernit\u00e9 (Gallimard), on aurait pu le prendre comme point de d\u00e9part de l&#8217;actuelle pol\u00e9mique.Il est d&#8217;ailleurs l&#8217;auteur d&#8217;un livre r\u00e9cent, la Responsabilit\u00e9 de l&#8217;artiste.Les avant-gardes entre terreur et raison (Gallimard, 1997).Portant pour l&#8217;essentiel sur l&#8217;expressionnisme allemand dans ses rapports avec le pouvoir, ceux de Weimar, du IIIe Reich, de l&#8217;apr\u00e8s-guerre, il semble bien \u00eatre l&#8217;exc\u00e9dent de l&#8217;un des nombreux articles \u00e9crits par Jean Clair et r\u00e9unis dans Malinconia.Motifs saturniens dans l&#8217;art de l&#8217;entre-deux-guerres (Gallimard, 1996).Comportant une pr\u00e9face, un premier chapitre et quelques passages o\u00f9 apparaissent les tortillages attendus sur l&#8217;inanit\u00e9 de l&#8217;art d&#8217;aujourd&#8217;hui, la Responsabilit\u00e9 de l&#8217;artiste se donne ainsi l&#8217;air de participer au d\u00e9bat actuel.<\/p>\n<p>4. Marc Jimenez, Qu&#8217;est-ce que l&#8217;esth\u00e9tique (Gallimard-Folio essais, 1997).Edit\u00e9 en livre de poche, cet expos\u00e9 historique et analytique de l&#8217;esth\u00e9tique en tant que discipline autonome, de la Gr\u00e8ce des Ve et IVe si\u00e8cle avant notre \u00e8re jusqu&#8217;\u00e0 nos jours, est une magnifique introduction aux d\u00e9bats actuels; \u00e9crit librement et clairement, cet ouvrage rigoureux m\u00e9rite d&#8217;occuper une place centrale dans la pol\u00e9mique.Marc Jimenez \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 intervenu en 1995 avec la Critique.Crise de l&#8217;art ou consensus culturel ? (Klincksieck, coll.Esth\u00e9tique).Mais on trouve rarement ces deux ouvrages dans la bibliographie ou les citations (quand ils veulent bien en fournir) des protagonistes les plus bruyants de la pol\u00e9mique.<\/p>\n<p>5. La notion d&#8217;avant-garde, dans son appellation historique et surtout comme identification de l&#8217;art contemporain, a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9e dans ses composantes politiques et artistiques, et abandonn\u00e9e \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970, mais on la retrouve r\u00e9guli\u00e8rement utilis\u00e9e par les tenants de l&#8217;\u00e9puration de la modernit\u00e9, dans un sens p\u00e9joratif, comme marque de l&#8217;imposture artistique.<\/p>\n<p>6. Catherine Millet a publi\u00e9 en mars 1997 un court et vigoureux livre, l&#8217;Art contemporain, une excellente introduction aux d\u00e9bats actuels (Flammarion, coll.Domino, 1997).<\/p>\n<p>7. Yves Michaud, la Crise de l&#8217;art contemporain.Utopie, d\u00e9mocratie et com\u00e9die (PUF, coll.Intervention philosophique, 1997)<\/p>\n<p>8. Marc Fumaroli, l&#8217;Etat culturel.Essai sur une religion moderne (\u00e9ditions de Fallois, 1992; Le livre de Poche, coll.Biblio essais, 1993).Alain Finkielkraut, la D\u00e9faite de la pens\u00e9e (Gallimard, 1987; Gallimard, coll.Folio essais, 1989).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> La pol\u00e9mique \u00e0 propos de l&#8217;art contemporain, tout au long de l&#8217;ann\u00e9e 1997, s&#8217;est poursuivie, se cherchant et s&#8217;alimentant \u00e0 plusieurs colloques et nombre d&#8217;articles de presse, se revivifiant \u00e0 la publication d&#8217;un nombre appr\u00e9ciable de livres, certains sans doute \u00e9crits dans la pr\u00e9cipitation, d&#8217;autres plus longuement m\u00fbris, les uns rest\u00e9s dans le cercle des professionnels, les autres ayant connu un \u00e9cho plus large, sans qu&#8217;on puisse mesurer leur int\u00e9r\u00eat respectif \u00e0 leur plus ou moins grande fortune m\u00e9diatique. D&#8217;autres livres sont sous presse, des colloques ou conf\u00e9rences sont annonc\u00e9es (1), des articles sont en pr\u00e9paration. La bataille continue. 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