{"id":8143,"date":"2014-12-09T12:27:28","date_gmt":"2014-12-09T11:27:28","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-isabelle-stengers-la-rationalite\/"},"modified":"2023-06-23T23:18:22","modified_gmt":"2023-06-23T21:18:22","slug":"article-isabelle-stengers-la-rationalite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=8143","title":{"rendered":"Isabelle Stengers : \u00ab La rationalit\u00e9 se trouve du c\u00f4t\u00e9 de la remise en question du pouvoir et des experts \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Face \u00e0 la science institutionnelle, au &#8220;progr\u00e8s&#8221; et \u00e0 la violence d&#8217;\u00c9tat comme agents d&#8217;un ordre d\u00e9pass\u00e9, la philosophe Isabelle Stengers interroge les nouvelles formes de l&#8217;\u00e9cologie politique et de l&#8217;activisme dans l&#8217;espace public contemporain.<\/p>\n<p>Isabelle Stengers est docteur en philosophie et enseigne \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 libre de Bruxelles. Elle travaille sur l&#8217;histoire et la philosophie des sciences, et a notamment \u00e9crit <em>Sciences et pouvoir<\/em> (La D\u00e9couverte,1997, 2002) et de <em>Une autre science est possible ! Manifeste pour un ralentissement des sciences<\/em> (La D\u00e9couverte, 2013). <\/p>\n<p><strong>Vous avez souvent \u00e9voqu\u00e9 la question \u00e9cologique, et l&#8217;<em>\u00ab \u00e9tat de guerre \u00bb<\/em> que, dans l&#8217;espace public et intellectuel, elle suscite&#8230;<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Isabelle Stengers. Ce qu\u2019on appelle la Science comme institution se pr\u00e9sente au nom des valeurs d&#8217;objectivit\u00e9 et de neutralit\u00e9 qu&#8217;elle oppose, comme telles, \u00e0 un public d\u00e9fini comme irrationnel. Ce public devrait, d\u00e8s lors, accepter que les questions qui le concernent soient arbitr\u00e9es au nom d\u2019un &#8220;bien commun&#8221; dont la dite Science pr\u00e9tend d\u00e9tenir les clefs. La Science, prise en ce sens, est li\u00e9e \u00e0 une guerre qui ne dit pas son nom. Comme au temps de la colonisation, elle op\u00e8re une forme de &#8220;pacification&#8221; : une guerre qui ne conna\u00eet pas d\u2019ennemis, seulement des &#8220;\u00e9gar\u00e9s&#8221; \u00e0 &#8220;(r\u00e9)\u00e9duquer&#8221;. Elle renvoie la contestation du c\u00f4t\u00e9 des passions irrationnelles, et d\u00e9nonce ceux qui &#8220;politisent&#8221; une question, comme si elle-m\u00eame se situait hors  de l&#8217;espace politique et public. La multiplication actuelle des ZAD a, d\u00e8s lors, un sens \u00e9minemment politique et intellectuel. Ceux qui en \u00e9taient exclus s\u2019approprient non seulement des moyens concrets d\u2019intervenir, mais s&#8217;emparent aussi des questions dont ils n\u2019\u00e9taient pas cens\u00e9s se m\u00ealer, fabriquent une intelligence collective \u00e0 leur sujet. Ce que j&#8217;appelle, ailleurs, une <em>\u00ab intelligence publique des sciences \u00bb <\/em> [[<em>Une autre science est possible !<\/em>, d&#8217;Isabelle Stengers, La D\u00e9couverte.]].<\/p>\n<p><em> <strong><em>\u00ab Les scientifiques et experts qui ont d\u00e9fendu l&#8217;industrialisation et le &#8220;progr\u00e8s&#8221; sont avant tout des d\u00e9fenseurs de l\u2019ordre public \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em> <\/em><\/p>\n<p><strong>Vous dites aussi que l&#8217;\u00e9cologie politique a pr\u00e9cis\u00e9ment pour enjeu de r\u00e9soudre cet \u00ab \u00e9tat de guerre \u00bb\u2026<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>S&#8217;il importe \u00e0 l&#8217;\u00e9cologie politique de penser un &#8220;\u00e9tat de paix&#8221;, ce ne saurait \u00eatre au sens d&#8217;un consensus, o\u00f9 il s&#8217;agirait de surmonter ce qui nous divise par les seuls moyens du bon sens et de la bonne volont\u00e9. La paix n&#8217;est possible que comme cr\u00e9ation. Elle n&#8217;exclut pas, mais exige au contraire d\u2019affirmer les divergences, les diff\u00e9rences, car c\u2019est la seule mani\u00e8re d\u2019explorer les possibilit\u00e9s d\u2019articulation que j&#8217;aimerais appeler <em>\u00ab diplomatiques \u00bb.<\/em> C&#8217;est en ce sens que l&#8217;\u00e9cologie est imm\u00e9diatement politique ; l&#8217;\u00e9cologie politique, s&#8217;il y en a, est toute enti\u00e8re un art de la diplomatie. Elle se constitue comme une \u00e9cologie des relations, des pratiques collectives : entre des pratiques de savoir, des types d&#8217;activit\u00e9, d&#8217;intelligence collective divergentes, mais capables, \u00e9ventuellement, de compromis entre elles. Au sens o\u00f9 Emilie Hache parle d&#8217;un compromis comme promesse commune, mais promesse de cr\u00e9ation d&#8217;une nouvelle situation politique. Un compromis int\u00e9ressant est un compromis qui cr\u00e9e de nouvelles relations entre partenaires, autant que de nouvelles formulations des probl\u00e8mes [[<em>Ce \u00e0 quoi nous nous tenons, propositions pour une \u00e9cologie pragmatique<\/em>, d&#8217;Emilie Hache, La D\u00e9couverte.]].<\/p>\n<p><strong><br \/>\nIl importe donc de ne jamais s\u00e9parer science et politique ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Les deux sont ins\u00e9parables car une science, pour le meilleur et pour le pire, cr\u00e9e ses propres questions, et ces questions peuvent \u00eatre, si une situation n\u2019est pas d\u00e9ploy\u00e9e politiquement et publiquement, l\u2019arbre qui cache la for\u00eat. Les questions et les &#8220;faits&#8221; scientifiques qui leur r\u00e9pondent ne sont pas &#8220;hors valeur&#8221;. Moins que jamais aujourd\u2019hui, o\u00f9 l\u2019innovation et la comp\u00e9titivit\u00e9 sont le mot d\u2019ordre. Les sciences s\u00e9lectionnent et ignorent n\u00e9cessairement certains &#8220;faits&#8221; en fonction de leurs questions ; elles interpr\u00e8tent et \u00e9valuent . En ce sens, la s\u00e9paration entre faits et valeurs est toujours ruineuse pour quiconque prend au s\u00e9rieux la d\u00e9mocratie. Sans quoi les scientifiques, devenus des experts, n&#8217;ont plus pour raison d&#8217;\u00eatre ou recours que la d\u00e9fense de l&#8217;ordre public. Une des choses les plus int\u00e9ressantes dans le mouvement de lutte contre les OGM, ou \u00e0 Sivens, r\u00e9side dans le fait que les activistes ont oppos\u00e9 aux experts non seulement des valeurs, mais aussi d&#8217;excellentes raisons &#8220;objectives&#8221;, si l&#8217;on veut, de contester les verdicts d&#8217;experts qui se sont donn\u00e9s pour mission de servir l&#8217;industrialisation et le &#8220;progr\u00e8s&#8221;<\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>\u00ab La rationalit\u00e9 se trouve en fait du c\u00f4t\u00e9 de la remise en question du pouvoir et des experts par les activistes \u00bb<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p><strong>Cela signerait la fin de ce que l&#8217;on a appel\u00e9 les Lumi\u00e8res ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Ou alors le d\u00e9but de la r\u00e9sistance \u00e0 une science qui, au nom de la raison, se fait l&#8217;instrument d&#8217;une domestication op\u00e9rant au nom de l&#8217;ordre public, et visant \u00e0 \u00e9touffer, r\u00e9duire les diff\u00e9rences et les diff\u00e9rends constitutifs de l&#8217;espace public. L&#8217;affaire de Sivens a montr\u00e9 o\u00f9 cela peut mener : des experts, tout sauf neutres et objectifs, mais livr\u00e9s \u00e0 des conflits d&#8217;int\u00e9r\u00eat ; une expertise qui se prot\u00e8ge de tout questionnement public, quitte \u00e0 faire appel \u00e0 l&#8217;ordre public de mani\u00e8re paramilitaire. De m\u00eame, dans l&#8217;affaire de l&#8217;a\u00e9roport de Notre-Dame-des-Landes. L&#8217;intervention des activistes nous a offert une formidable le\u00e7on de chose politique : la rationalit\u00e9 se trouve en fait du c\u00f4t\u00e9 de la remise en question du pouvoir et des experts. Comme nous l&#8217;avaient d\u00e9j\u00e0 appris Foucault, puis Act-Up dans son sillage, si on peut parler de rationalit\u00e9 c\u2019est dans ces \u00e9v\u00e9nements publics o\u00f9 la rationalit\u00e9 s&#8217;exerce dans une forme de r\u00e9sistance, de r\u00e9tivit\u00e9 face au pouvoir et ses processus de l\u00e9gitimation, souvent fort peu scientifiques et rationnels en v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nIl importe, \u00e9galement, de ne pas s\u00e9parer mouvements sociaux et \u00e9cologistes ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>F\u00e9lix Guattari avait r\u00eav\u00e9, dans <em>Les trois \u00e9cologies<\/em>, d&#8217;une convergence entre ce qu&#8217;on appelait alors les &#8220;rouges&#8221; et les &#8220;verts&#8221;. C&#8217;est bien ce qui est en train de se concr\u00e9tiser autour des ZAD. La mort de R\u00e9mi Fraisse, le fait qu&#8217;il ait \u00e9t\u00e9 un jeune \u00e9cologiste, oblige \u00e0 reconsid\u00e9rer des cat\u00e9gories impos\u00e9es, qui s\u00e9paraient mouvements sociaux et mouvements \u00e9cologistes. Ce drame coalise des gens venus d&#8217;horizons tr\u00e8s diff\u00e9rents, donne &#8220;consistance&#8221; \u00e0 des alliances sans, pour autant, qu&#8217;il soit n\u00e9cessaire d&#8217;imposer, d&#8217;en haut, une convergence des luttes. Plut\u00f4t que de parler de convergence, je pr\u00e9f\u00e8re parler de consistance, au sens o\u00f9 Deleuze parlait d&#8217;un mur de pierre s\u00e8ches, qui &#8220;tient&#8221; parfaitement sans ciment. C&#8217;est ce type de murs, de r\u00e9sistances collectives qu&#8217;il importe de construire, qui passent, l\u00e0 encore, par des compromis qui sont tout sauf des compromissions, des reniements de nos diff\u00e9rences, de nos asp\u00e9rit\u00e9s. Ces compromis cr\u00e9ent en effet de nouvelles relations, transversales, qui passent aussi par des nouvelles mani\u00e8res de vivre, des nouvelles techniques de n\u00e9gociation. La pens\u00e9e d&#8217;\u00c9tat et le capitalisme ont d\u00e9shonor\u00e9 ces mots, il faut nous les r\u00e9approprier, nous r\u00e9approprier leur sens inventif et affirmatif.<\/p>\n<p><em> <strong><em>\u00ab La question n\u2019est pas de choisir entre violence et non-violence mais de fabriquer des compromis intelligents \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em> <\/em><\/p>\n<p><strong>Mais les mouvements sociaux n&#8217;excluent pas toujours une forme de violence. Quand les mouvements \u00e9cologistes se sont toujours voulus non-violents\u2026<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Je m&#8217;inscris plut\u00f4t dans une tradition de la non-violence, de la d\u00e9sob\u00e9issance civile venue des \u00c9tats-Unis, \u00e0 travers la pens\u00e9e pragmatique et le mouvement des droits civiques. La non-violence n&#8217;est pas une valeur morale, mais strat\u00e9gique et pragmatique. Et l\u00e0 encore, nous pouvons imaginer de nouvelles alliances, de nouveaux agencements, \u00e9viter que des activistes lancent des briques en direction des forces de l&#8217;ordre par-dessus les t\u00eates d&#8217;activistes pratiquant des sit-in pacifiques ! La question n\u2019est pas de choisir entre violence et non-violence mais de fabriquer, ici encore, des compromis intelligents, de cr\u00e9er assez de confiance pour ne pas se laisser diviser. Quoi qu&#8217;il en soit, je ne d\u00e9noncerai jamais la violence des activistes, s&#8217;il s&#8217;agit de justifier ou de ratifier une perception diff\u00e9rentielle de la violence : l&#8217;une l\u00e9gitime (la violence d&#8217;\u00c9tat), l&#8217;autre ill\u00e9gitime (la violence des activistes). Non seulement celles-ci sont \u00e9videmment tout \u00e0 fait in\u00e9gales en puissance, mais elles sont d\u2019une autre nature. Tout, ici, est affaire d&#8217;\u00e9valuation, de dosage, de pharmacologie (le pacifisme peut \u00eatre une mani\u00e8re de se laisser anesth\u00e9sier, et la violence, une addiction).<\/p>\n<p><strong>Si les mouvements des femmes ont \u00e0 jouer un r\u00f4le, c&#8217;est en ce sens ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Je ne suis pas essentialiste, mais par situation, les femmes se sont retrouv\u00e9es \u00e9cart\u00e9es des grands emportements, des grandes causes, des grandes mobilisations l\u00e9gitimes r\u00e9serv\u00e9es aux hommes. Elles y ont acquis un art du langage, de la n\u00e9gociation, du pragmatisme, de la d\u00e9loyaut\u00e9 oserais-je dire. Or je crois que cette d\u00e9loyaut\u00e9 envers les grandes causes, les grands mots et les grands r\u00e9cits est justement une vertu qu&#8217;il importe de cultiver, d\u00e8s lors que l&#8217;on tend \u00e0 s&#8217;enfermer dans des impasses, des situations de blocage. Le rire, les mots de d\u00e9dramatisation, qui l\u00e8vent les crispations, les cramponnements \u00e0 des positions intenables, sont les grandes armes des femmes. Les mots sont les amis des femmes, et les femmes aiment les mots, y compris ceux qui trahissent les grands mots. L&#8217;\u00e9co-f\u00e9minisme, c&#8217;est aussi le souci de ce qu&#8217;on pourrait appeler une forme de spiritualit\u00e9, qui est tout sauf un spiritualisme, puisqu&#8217;elle s&#8217;enquiert des relations entre vivants, entre modes de vie divergents. Cette libert\u00e9 des femmes cr\u00e9e chez beaucoup un sentiment d&#8217;ill\u00e9gitimit\u00e9, d&#8217;ins\u00e9curit\u00e9. J\u2019aime le mot de Virginia Woolf, <em>\u00ab nous devons penser \u00bb<\/em>, c&#8217;est-\u00e0-dire cultiver la perception de ce qui est fragile, pr\u00e9caire, jamais innocent. Et savoir en rire, ensemble ; c&#8217;est toujours le cas lorsque les femmes (et les hommes) se d\u00e9couvrent engag\u00e9-e-s dans ce que Deleuze appelait un <em>\u00ab devenir-femme \u00bb<\/em>, qui est d&#8217;abord un <em>\u00ab devenir-vivant \u00bb<\/em>.<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-8143 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/stengers-1-67a.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/stengers-1-67a-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"stengers-1.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Face \u00e0 la science institutionnelle, au &#8220;progr\u00e8s&#8221; et \u00e0 la violence d&#8217;\u00c9tat comme agents d&#8217;un ordre d\u00e9pass\u00e9, la philosophe Isabelle Stengers interroge les nouvelles formes de l&#8217;\u00e9cologie politique et de l&#8217;activisme dans l&#8217;espace public contemporain.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":21055,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[293,431],"class_list":["post-8143","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-web","tag-entretien","tag-zad"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8143","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8143"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8143\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/21055"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8143"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8143"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8143"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}