{"id":8028,"date":"2014-10-31T09:21:28","date_gmt":"2014-10-31T08:21:28","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/vincent-geisser-en-tunisie-avoir8028\/"},"modified":"2023-06-23T23:18:05","modified_gmt":"2023-06-23T21:18:05","slug":"vincent-geisser-en-tunisie-avoir8028","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=8028","title":{"rendered":"Vincent Geisser : \u00ab En Tunisie, avoir r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 Ben Ali ne paie plus \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Si le pays semble avoir bien s\u00e9curis\u00e9 sa transition d\u00e9mocratique, les r\u00e9sultats de ses premi\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives libres confirment un \u00e9chec patent : celui des partis historiques de gauche, lamin\u00e9s dans les urnes. L\u2019analyse de Vincent Geisser, sp\u00e9cialiste du monde arabe.<\/p>\n<p>Des \u00e9lections du 26 octobre en Tunisie, on a surtout retenu la &#8220;d\u00e9faite&#8221; du parti islamiste Ennahda, devanc\u00e9 par le parti conservateur Nidaa Toun\u00e8s (85 si\u00e8ges contre 69) qui doit d\u00e9sormais s&#8217;engager dans une complexe recherche d&#8217;alliances. Mais s&#8217;il a consolid\u00e9 le processus d\u00e9mocratique, le scrutin r\u00e9v\u00e8le aussi l&#8217;impuissance des formations de gauche \u00e0 peser dans l&#8217;espace politique. <\/p>\n<p><strong>Regards. La gauche est-elle la grande perdante des \u00e9lections de cette semaine ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p><strong>Vincent Geisser. <\/strong> Il est s\u00fbr qu\u2019elle est mal en point. Le parti vainqueur, Nidaa Toun\u00e8s, est souvent d\u00e9crit en France comme moderne et \u201cla\u00efc\u201d parce qu\u2019anti-islamiste, mais c\u2019est surtout un parti conservateur patriarcal et lib\u00e9ral form\u00e9 autour d\u2019un chef supr\u00eame, B\u00e9ji Ca\u00efd Essebsi, qui a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9sign\u00e9 son fils comme successeur. Le parti islamiste Ennahda arriv\u00e9 en deuxi\u00e8me est aussi ultra-conservateur et encore plus lib\u00e9ral sur le plan \u00e9conomique. Quasiment tous les partis historiques de gauche ont \u00e9t\u00e9 lamin\u00e9s, \u00e0 l\u2019exception du Front populaire dirig\u00e9 par Hamma Hammami, arriv\u00e9 quatri\u00e8me avec 3,7% des voix. Mais tous les autres partis de gauche se sont pris une racl\u00e9e. Le Congr\u00e8s pour la r\u00e9publique (CPR) de Moncef Marzouki, qui \u00e9tait la deuxi\u00e8me force du pays avec 30 si\u00e8ges, n\u2019en a plus que deux, Ettakatol passe de 21 \u00e0 un, Al Joumhouri (Le R\u00e9publicain), qui a pris la suite du Parti d\u00e9mocratique et progressiste (PDP), n\u2019a qu\u2019un si\u00e8ge et enfin El Massar, l\u2019h\u00e9ritier de Ettajdid et du PCT, qui avait 10 si\u00e8ges, les a tous perdus.<\/p>\n<p><strong>Comment s&#8217;est constitu\u00e9 le Front populaire, seul rescap\u00e9 de cette d\u00e9faite de la gauche ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Cette coalition est le r\u00e9sultat du regroupement en 2012 d\u2019une dizaine de petits partis de gauche autour du Parti des travailleurs (PCOT), qui esp\u00e9raient ainsi faire \u00e9merger un troisi\u00e8me p\u00f4le susceptible de briser la bipolarisation entre islamistes d\u2019Ennahda et s\u00e9culiers de Nidaa Toun\u00e8s. Son relatif succ\u00e8s s\u2019explique par le charisme de son leader, par le fait qu\u2019il ait refus\u00e9 de participer en 2011 au gouvernement d\u2019Ennahda et par une forte implantation militante sur le terrain (notamment dans le bassin minier de Gafsa). Il passe ainsi de 4 \u00e0 14 si\u00e8ges sur 217, ce qui lui permet pour la premi\u00e8re fois de former un groupe parlementaire. <\/p>\n<p><em> <strong><em>\u00ab Trois grandes \u00e9preuves ont successivement divis\u00e9 la gauche \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em> <\/em><\/p>\n<p><strong>Revenons en arri\u00e8re : quel \u00e9tait l\u2019\u00e9tat de ces forces de gauche sous Ben Ali ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Elles \u00e9taient dispers\u00e9es entre plusieurs groupes politiques aux statuts tr\u00e8s vari\u00e9s. L\u2019ancien Parti communiste, renomm\u00e9 Ettajdid en 1994, adoptait une position ambivalente \u00e0 l\u2019\u00e9gard du r\u00e9gime. Il a longtemps appel\u00e9 \u00e0 voter Ben Ali et n\u2019a commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9mettre des critiques ouvertes \u00e0 l\u2019\u00e9gard du r\u00e9gime que tr\u00e8s tardivement. Le parti Ettakatol de Mustafa Ben Jaafar \u2013 cr\u00e9\u00e9 en 1994, l\u00e9galis\u00e9 en 2002 et qui serait un peu l\u2019\u00e9quivalent du PS fran\u00e7ais (il est membre de l\u2019International socialiste) \u2013 a toujours \u00e9t\u00e9 un v\u00e9ritable parti de r\u00e9sistance d\u00e9mocratique \u00e0 Ben Ali, tout comme le PDP de Nejib Chebbi, l\u00e9galis\u00e9 en 1988. Enfin, il y avait les partis d\u2019opposition ill\u00e9gaux, comme le PCOT de Hammami ou le CPR de Marzouki. Si cette gauche politique \u00e9tait embryonnaire, une vraie tradition de la gauche syndicale s\u2019\u00e9tait toutefois maintenue gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019UGTT, l\u2019unique centrale syndicale tunisienne. L\u2019UGTT a encore accru son importance au moment des soul\u00e8vements de d\u00e9cembre 2010-janvier 2011, les sections locales ayant aid\u00e9 les manifestants, ce qui a permis au syndicat de sortir aur\u00e9ol\u00e9 de sa participation \u00e0 la r\u00e9volution, quand bien m\u00eame la direction avait longtemps \u00e9t\u00e9 proche du r\u00e9gime.<\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s la r\u00e9volution, il semble que les diff\u00e9rents mouvements de gauche aient \u00e9chou\u00e9 \u00e0 s\u2019unir. Pourquoi?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Trois grandes \u00e9preuves ont successivement divis\u00e9 la gauche. La premi\u00e8re a port\u00e9 sur la participation au gouvernement de transition qui comportait des anciens ministres de Ben Ali. Le PCOT, Ettakatol, le CPR et l\u2019UGTT \u00e9taient contre tandis que Ettajdid et le PDP de N\u00e9jib Chebbi \u00e9taient pour. La deuxi\u00e8me division a port\u00e9 sur la participation au gouvernement islamiste issu des \u00e9lections de l\u2019Assembl\u00e9e nationale constituante d\u2019octobre 2011. Ettakatol et le CPR ont accept\u00e9, alors que le PCOT, l\u2019UGTT et le PDP ont refus\u00e9 car il \u00e9tait inconcevable pour ces derniers de servir d\u2019alibis progressistes aux islamistes. La troisi\u00e8me division est intervenue apr\u00e8s les assassinats politiques des leaders de la gauche populaire, Chokri Bela\u00efd et Mohamed Brahmi. Au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9 2013, une partie des d\u00e9put\u00e9s de gauche se sont retir\u00e9s de l\u2019Assembl\u00e9e nationale constituante et ont demand\u00e9 sa d\u00e9mission, tandis qu\u2019Ettakatol d\u00e9fendait l\u2019id\u00e9e de rester pour terminer la constitution. R\u00e9sultat, les forces de gauche se sont pr\u00e9sent\u00e9es en ordre dispers\u00e9 aux \u00e9lections l\u00e9gislatives. Les repr\u00e9sentants de l\u2019UGTT se sont quant \u00e0 eux r\u00e9partis dans les diff\u00e9rents partis de gauche, mais certains ont aussi ralli\u00e9 Nida Tounes, comme Ta\u00efeb Baccouche.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9chec de la gauche ne tient pas seulement \u00e0 ses divisions\u2026<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Non, bien s\u00fbr. En r\u00e9alit\u00e9, la gauche a surtout \u00e9t\u00e9 inaudible dans un paysage politique bipolaire \u00e9cras\u00e9 par deux populismes : le populisme des nostalgiques de l\u2019ordre ancien de Nidaa Toun\u00e8s, un parti \u201cattrape-tout\u201d qui a su exploiter le filon du \u201cc\u2019\u00e9tait mieux avant\u201d et du vote utile pour faire barrage aux islamistes, et le populisme identitaire d\u2019Ennahda, le parti de l\u2019ordre moral. Les gens se sont r\u00e9fugi\u00e9s aupr\u00e8s de ces deux options qui \u00e9taient par ailleurs les seules avoir les moyens financiers et m\u00e9diatiques de d\u00e9ployer de v\u00e9ritables machines de guerre \u00e9lectorales.<\/p>\n<p><em> <strong><em>\u00ab Il y a une r\u00e9sistance bien ancr\u00e9e, presque culturelle, \u00e0 tout exc\u00e8s de lib\u00e9ralisme \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em> <\/em><\/p>\n<p><strong>De fait, il n\u2019y a pas eu de d\u00e9bat de fond sur les questions \u00e9conomiques et sociales sur lesquelles la gauche aurait pu se positionner, alors que les in\u00e9galit\u00e9s et le ch\u00f4mage \u00e9taient en grande partie \u00e0 l\u2019origine des soul\u00e8vements de 2010-2011&#8230;<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est vrai, mais en m\u00eame temps, je ne pense pas que ces questions soient les plus clivantes. Car, en Tunisie, contrairement aux autres pays arabes, il existe un relatif consensus autour de l\u2019attachement \u00e0 un \u00c9tat redistributeur et \u00e0 un service public fort et performant, notamment \u00e0 l\u2018\u00e9cole et \u00e0 l\u2019h\u00f4pital publics. La Tunisie est l\u2019un des rares pays de la r\u00e9gion o\u00f9 l\u2019\u00e9lite fait encore ses \u00e9tudes dans des universit\u00e9s publiques. Il y a une r\u00e9sistance bien ancr\u00e9e, presque culturelle, \u00e0 tout exc\u00e8s de lib\u00e9ralisme. Bien s\u00fbr, le pays a connu des r\u00e9formes d\u2019ajustement structurel et le Front populaire est plus anti-lib\u00e9ral que les autres partis, mais aucun parti n\u2019a pour ambition de transformer la Tunisie en pays atelier\u2026 <\/p>\n<p><strong>Quel sujet aurait alors pu f\u00e9d\u00e9rer l&#8217;\u00e9lectorat de gauche ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Pour moi, l\u2019enjeu crucial qui aurait m\u00e9rit\u00e9 d\u2019\u00eatre au c\u0153ur de la campagne, c\u2019est la r\u00e9forme des appareils de s\u00e9curit\u00e9, de la justice et des medias. C\u2019est le gros rat\u00e9 de la transition d\u00e9mocratique. Ennahda n\u2019y a pas touch\u00e9 et Nidaa Toun\u00e8s, qui comporte bon nombre d\u2019anciens benalistes, ne s\u2019y attaquera pas non plus. Globalement, ni l\u2019un ni l\u2019autre ne sont vraiment dans la rupture avec les institutions du benalisme. Il est r\u00e9v\u00e9lateur que lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 question de faire passer une loi qui exclurait pendant cinq ans les candidatures aux \u00e9lections des anciens du r\u00e9gime benaliste, aussi bien Ennahda que Nidaa Toun\u00e8s ont vot\u00e9 contre. Les jeunes r\u00e9volutionnaires qui avaient br\u00fbl\u00e9 des commissariats n\u2019ont pas du tout \u00e9t\u00e9 amnisti\u00e9s : ils ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s et condamn\u00e9s. A contrario, les anciens tortionnaires sous Ben Ali n\u2019ont \u00e9t\u00e9 que tr\u00e8s faiblement inqui\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Mais les Tunisiens n\u2019aspirent-ils pas \u00e0 une v\u00e9ritable rupture avec l\u2019\u00e8re de Ben Ali? Rupture qu\u2019incarnent le mieux les partis historiques de la r\u00e9sistance au r\u00e9gime&#8230;<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Cela peut para\u00eetre surprenant, mais on s\u2019aper\u00e7oit que non. Cela fait seulement quatre ans que les Tunisiens \u00e9taient dans l\u2019euphorie de la chute du r\u00e9gime et r\u00eavaient de vrais changements, mais aujourd\u2019hui ils veulent \u00eatre rassur\u00e9s, ils veulent de l\u2019ordre, de la propret\u00e9, des dirigeants \u201ccomp\u00e9tents\u201d, des poubelles ramass\u00e9es etc. En France, il y a eu au lendemain de la deuxi\u00e8me guerre mondiale un front glorieux de la r\u00e9sistance r\u00e9unissant des communistes, gaullistes et chr\u00e9tiens qui ont pu utiliser cette l\u00e9gitimit\u00e9 pour porter d\u2019ambitieuses r\u00e9formes. Ce n\u2019est pas du tout le cas en Tunisie. Ce n\u2019est m\u00eame plus un honneur d\u2019avoir appartenu aux partis de la r\u00e9sistance \u00e0 Ben Ali. Je dirais m\u00eame que c\u2019est vu comme \u00e9tant ringard, une chose du pass\u00e9. Et de fait, \u00e7a n\u2019a pas rapport\u00e9 de voix.<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-8028 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/geisser-livre-eca.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/geisser-livre-eca-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"geisser-livre.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/tunisie-elections-0e8.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/tunisie-elections-0e8-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"tunisie-elections.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si le pays semble avoir bien s\u00e9curis\u00e9 sa transition d\u00e9mocratique, les r\u00e9sultats de ses premi\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives libres confirment un \u00e9chec patent : celui des partis historiques de gauche, lamin\u00e9s dans les urnes. 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