{"id":8018,"date":"2014-10-28T09:31:36","date_gmt":"2014-10-28T08:31:36","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/partis-politiques-la-querelle-des8018\/"},"modified":"2023-06-23T23:18:03","modified_gmt":"2023-06-23T21:18:03","slug":"partis-politiques-la-querelle-des8018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=8018","title":{"rendered":"Partis politiques : la querelle des noms"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Le FN, l\u2019UMP et le PS vont-ils changer de nom, comme le proposent plusieurs de leurs tout premiers dirigeants ? Que cela advienne ou non, l\u2019\u00e9pisode en dit long, et sur la crise politique et sur les strat\u00e9gies qui s\u2019esquissent, \u00e0 droite comme \u00e0 gauche.<\/p>\n<p>Pourquoi changer ? Du c\u00f4t\u00e9 de Marine Le Pen, on veut pousser la mue &#8220;bleu Marine&#8221;, rompre avec l\u2019image extr\u00e9miste du vieux fondateur et faire de la mouvance frontiste le fer de lance d\u2019une droite conqu\u00e9rante et radicalis\u00e9e. Du c\u00f4t\u00e9 de Nicolas Sarkozy, on veut r\u00e9soudre la quadrature du cercle : incarner la novation avec un homme qui, hier au pouvoir, a conduit en cinq ans la droite gouvernementale du triomphe \u00e0 l\u2019\u00e9chec. <\/p>\n<p>Pour sa part, Manuel Valls pense qu\u2019il faut aller au bout d\u2019une logique : s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019autre politique possible \u00e0 gauche que celle de la gestion sociale-lib\u00e9rale, il faut construire le parti de cette politique ; or le PS ne parvient pas \u00e0 passer d\u00e9finitivement le gu\u00e9. <\/p>\n<p><strong><em>Le seul horizon de la pr\u00e9sidentielle<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Les uns et les autres ont bien s\u00fbr en ligne de mire la m\u00e8re de toutes les batailles \u00e9lectorales : l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle. Les uns et les autres anticipent ce qui para\u00eet d\u00e9sormais in\u00e9luctable : l\u2019\u00e9chec du quinquennat de Fran\u00e7ois Hollande.<\/p>\n<p>Mais derri\u00e8re les desseins imm\u00e9diats, se profilent des strat\u00e9gies de plus long souffle. Marine Le Pen r\u00eave d\u2019un c\u00e9sarisme prolongeant la dimension monarchique de la Ve R\u00e9publique, en rassemblant les \u00e9lites sociales et les cat\u00e9gories populaires d\u00e9stabilis\u00e9es autour d\u2019un projet centr\u00e9 sur le repli national et l\u2019ordre s\u00e9curitaire. Nicolas Sarkozy veut regrouper la culture de droite traditionnelle \u2013 qu\u2019il sait radicalis\u00e9e mais encore circonspecte devant le Front national \u2013, grignoter le centre et r\u00e9cup\u00e9rer une partie d\u2019un \u00e9lectorat d\u2019extr\u00eame droite que l\u2019inflexion voulue par sa figure de proue n\u2019a pas encore stabilis\u00e9. <\/p>\n<p>Quant \u00e0 Manuel Valls, il int\u00e9riorise la mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart des cat\u00e9gories populaires (l\u2019abstention n\u2019est-elle pas le <em>\u00ab premier parti ouvrier \u00bb <\/em> ?), la fragilit\u00e9 et la dispersion de la gauche de gauche et la possibilit\u00e9 d\u2019englober le centre dans une coalition plus ou moins &#8220;classes moyennes&#8221;, autour d\u2019une formule de type d\u00e9mocrate \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p><strong><em>Le parti, pivot de communication pour gouvernants<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>L\u2019arri\u00e8re-plan de ces man\u0153uvres n\u2019est rien d\u2019autre que la crise politique, si ce n\u2019est la crise de &#8220;la&#8221; politique dans sa forme institutionnelle. Le recul g\u00e9n\u00e9ral de la sph\u00e8re publique et l\u2019acceptation de la &#8220;mondialisation&#8221; ont brouill\u00e9 les rep\u00e8res \u00e0 gauche et \u00e0 droite. Les partis politiques, de moins en moins diff\u00e9rents les uns des autres, assumant le pouvoir sur des cycles courts (installation de l\u2019alternance), paraissent \u00e9galement impuissants face aux turbulences \u00e9conomico-sociales. Souvent emp\u00eatr\u00e9s dans des &#8220;affaires&#8221; m\u00ealant inextricablement l\u2019exercice du pouvoir et l\u2019int\u00e9r\u00eat personnel, ils sont soumis \u00e0 un discr\u00e9dit massif (huit \u00e0 neuf sond\u00e9s sur dix affirment leur d\u00e9fiance).<\/p>\n<p>L\u2019abstention devenue structurelle fragilise les coalitions en place. Quand la moiti\u00e9 du corps \u00e9lectoral se d\u00e9tourne des urnes, un d\u00e9placement modeste des voix fait et d\u00e9fait les majorit\u00e9s, entre la droite et la gauche, mais aussi \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de chaque camp. La conqu\u00eate de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie \u00e9lectorale se fait \u00e0 moindre prix\u2026 Le parti de cadres &#8220;attrape-tout&#8221; devient l\u2019horizon de la politique organis\u00e9e. On n\u2019attrape pas les mouches avec du vinaigre : si les vieilles images ne fonctionnent plus, il faut en construire d\u2019autres, valables pour un temps incertain, plus court en tout cas qu\u2019il ne l\u2019\u00e9tait au temps d\u2019une d\u00e9mocratie encore expansive. <\/p>\n<p>Le parti politique n\u2019est plus un agent de politisation populaire : il est un pivot de communication pour les gouvernants pr\u00e9sents ou \u00e0 venir. Ce faisant, il est un instrument parmi d\u2019autres de la &#8220;gouvernance&#8221; technocratique. Le &#8220;court-termisme&#8221; est ainsi pass\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie \u00e0 la politique : l\u2019horizon de l\u2019action n\u2019est plus l\u2019histoire, mais la prochaine \u00e9lection tenue pour strat\u00e9gique.<\/p>\n<p><strong><em>Vers une recomposition s\u00e9rieuse<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Les projets de recomposition iront-ils jusqu\u2019\u00e0 leur terme ? Difficile de le dire, tant les opinions s\u2019av\u00e8rent incertaines et les militants politiques d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9s. Nul doute pourtant que les p\u00e9rip\u00e9ties actuelles annoncent une recomposition s\u00e9rieuse de l\u2019\u00e9chiquier politique. Ses contours se d\u00e9termineront autour de quelques enjeux fondamentaux. Peut-on penser une autre logique gouvernementale que celle de la r\u00e9duction de la d\u00e9pense publique et des<em> \u00ab co\u00fbts \u00bb <\/em> pr\u00e9sum\u00e9s du travail ? Le clivage de la droite et de la gauche autour de la question de l\u2019\u00e9galit\u00e9 garde-t-il tout son sens ? Les cat\u00e9gories populaires, vou\u00e9es au ressentiment, n\u2019auront-elles pas d\u2019autres choix que l\u2019abstention ou le vote pour une droite extr\u00eame ? Le mariage de la concurrence et de la gouvernance est-il l\u2019horizon de toute soci\u00e9t\u00e9 ?<\/p>\n<p>Sur toutes ces questions, la gauche de gauche a forg\u00e9 des r\u00e9ponses globalement convergentes au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Mais elle n\u2019a pas encore trouv\u00e9 la dynamique politique qui leur offrira un d\u00e9bouch\u00e9, du bas jusqu\u2019en haut de la sph\u00e8re sociale. L\u2019ampleur des changements qui se dessinent devrait ainsi la mettre en garde : si les dynamiques politiques convergentes ne voient pas le jour de son c\u00f4t\u00e9, son avenir pourrait se chercher du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Italie. Au-del\u00e0 des Alpes, pour l\u2019instant en tout cas, la gauche de gauche est au tapis. En France, les moyens existent pour que la catastrophe soit conjur\u00e9e. Mais le temps presse\u2026<\/p>\n<p><em>Illustration r\u00e9alis\u00e9e avec le <a href=\"http:\/\/www.slate.fr\/story\/93847\/generateur-de-noms-parti-ps-ump-fn?code=MS0xLTI3IDQtMS00MyAwLTEtNDc\">g\u00e9n\u00e9rateur de noms de partis<\/a> de Slate.<\/em><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-8018 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/partis-noms-2cd.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/partis-noms-2cd-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"partis-noms.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le FN, l\u2019UMP et le PS vont-ils changer de nom, comme le proposent plusieurs de leurs tout premiers dirigeants ? Que cela advienne ou non, l\u2019\u00e9pisode en dit long, et sur la crise politique et sur les strat\u00e9gies qui s\u2019esquissent, \u00e0 droite comme \u00e0 gauche.<\/p>\n","protected":false},"author":328,"featured_media":20833,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[210],"tags":[],"class_list":["post-8018","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-qui-veut-la-peau-de-roger-martelli"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8018","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/328"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8018"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8018\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/20833"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8018"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8018"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8018"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}