{"id":7942,"date":"2014-09-19T13:01:09","date_gmt":"2014-09-19T11:01:09","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/creations-d-emplois-les-comptes7942\/"},"modified":"2023-06-23T23:17:54","modified_gmt":"2023-06-23T21:17:54","slug":"creations-d-emplois-les-comptes7942","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=7942","title":{"rendered":"Cr\u00e9ations d&#8217;emplois : les comptes fabuleux du Medef"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Erreur m\u00e9thodologiques et tromperies id\u00e9ologiques : les cr\u00e9ations d&#8217;emplois estim\u00e9es par le Medef en \u00e9change d&#8217;une liquidation sans pr\u00e9c\u00e9dent de la condition salariale sont r\u00e9v\u00e9latrices de la &#8220;pens\u00e9e \u00e9conomique&#8221; qui nous gouverne.<\/p>\n<p>Le document du Medef, dont <em>Les \u00c9chos<\/em> du 15 septembre ont publi\u00e9 les &#8220;bonnes feuilles&#8221; est une offensive tous azimuts contre la condition salariale :<\/p>\n<p>\u2022 contre les cong\u00e9s pay\u00e9s : supprimer deux jours de cong\u00e9s pay\u00e9s par an ;<br \/>\n\u2022 contre le SMIC : un salaire serait inf\u00e9rieur au SMIC pour les <em>\u00ab\u2009populations les plus \u00e9loign\u00e9es de l\u2019emploi \u00bb<\/em> ;<br \/>\n\u2022 contre les 35 heures :<em> \u00ab\u2009en finir avec le principe d\u2019une dur\u00e9e l\u00e9gale impos\u00e9e \u00e0 toutes les entreprises\u2009\u00bb<\/em> ;<br \/>\n\u2022 contre les horaires encadr\u00e9s : permettre l\u2019ouverture des commerces le soir et le dimanche ;<br \/>\n\u2022 contre le contrat de travail : cr\u00e9er un contrat de projet qui <em>\u00ab prendrait fin automatiquement une fois le projet r\u00e9alis\u00e9 \u00bb<\/em> ;<br \/>\n\u2022 contre le droit du travail : <em>\u00ab lisser \u00bb<\/em> les seuils sociaux ;<br \/>\n\u2022 contre les &#8220;charges&#8221; : transformer le CICE en baisse de charges suppression des taxes sur la production.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019inconscient patronal qui s\u2019exprime brutalement : Gattaz dit tout haut ce que les patrons pensent tout bas. La promesse de cr\u00e9er un million d\u2019emplois avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mise en avant par le Medef, moyennant 100 milliards de baisses de &#8220;charges&#8221; [[Voir <a href=\"http:\/\/www.medef.com\/medef-tv\/videos\/detail\/medeftv\/1-million-demplois-cest-possible.html\">le spot publicitaire sur MedefTV<\/a>.]]. Ce qui est nouveau, c\u2019est l\u2019intervention provocatrice dans le d\u00e9bat public, quelques jours seulement apr\u00e8s les d\u00e9clarations d\u2019amour de Manuel Valls. Certes, le Medef a eu la d\u00e9licatesse de reporter la publication officielle de son br\u00fblot apr\u00e8s le discours de politique g\u00e9n\u00e9rale de sa derni\u00e8re conqu\u00eate.<\/p>\n<p>L\u2019autre nouveaut\u00e9 du document du Medef est de proposer un chiffrage des mesures qu\u2019il propose en termes de cr\u00e9ations d\u2019emplois. Le patronat promet la cr\u00e9ation, en cinq ans, de 690.000 \u00e0 1.590.000 emplois. Cet exercice est un \u00e9norme bluff et on ne sait pas trop comment y r\u00e9agir : haussement d\u2019\u00e9paules, d\u00e9rision, protestation scandalis\u00e9e ? Les chiffres sont en effet tir\u00e9s du chapeau et proprement extravagants. Ils sont illustr\u00e9s par le graphique ci-dessous.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-20698\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil1-b26.jpg\" alt=\"medefmil1.jpg\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"544\" srcset=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil1-b26.jpg 460w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil1-b26-254x300.jpg 254w\" sizes=\"auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px\" \/><br \/>\n<em>Source : Les \u00c9chos, 15 septembre 2014<\/em> <\/p>\n<p><strong><em>Les baisses de &#8220;charges&#8221;, une balle dans le pied<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Le document distingue deux types d\u2019effets : par secteurs et par dispositifs. Il faut supposer que les premiers mesurent l\u2019impact des baisses de &#8220;charges&#8221; sur l\u2019emploi : les 100 milliards r\u00e9clam\u00e9s il y a un an conduiraient donc \u00e0 la cr\u00e9ation de 765.000 emplois (dans une fourchette de 440.000 \u00e0 1.090.000). Ce chiffre est probablement obtenu en appliquant une \u00e9lasticit\u00e9 de 0,6 pour le haut de la fourchette. Le calcul implicite est le suivant : 100 milliards d\u2019exon\u00e9rations repr\u00e9sentent approximativement une baisse de 12,5 % du &#8220;co\u00fbt du travail&#8221;. Je multiplie par 0,6 cette baisse pour trouver l\u2019effet sur l\u2019emploi qui est de 7,5 %. Les effectifs concern\u00e9s sont 15 millions de personnes, et donc je cr\u00e9e 1.125.000 emplois.<\/p>\n<p>Ce calcul de coin de table est une arnaque. Il invoque deux effets. Le premier est un &#8220;effet comp\u00e9titivit\u00e9&#8221; : mon co\u00fbt du travail baisse, je baisse mes prix, et je gagne des parts de march\u00e9, donc je cr\u00e9e des emplois. Mais c\u2019est un jeu \u00e0 somme nulle sur le march\u00e9 int\u00e9rieur, puisque ceux sur qui je vais prendre des parts de march\u00e9 vont en perdre et donc supprimer des emplois. Sur le march\u00e9 mondial, c\u2019est aussi un jeu \u00e0 somme nulle si les concurrents m\u00e8nent la m\u00eame politique de baisse des salaires. De plus, dans le cas fran\u00e7ais, la comp\u00e9titivit\u00e9 d\u00e9pend avant tout de facteurs autres que les prix. Rien ne garantit par ailleurs contre le choix d\u2019utiliser les baisses de &#8220;charges&#8221; \u00e0 autre chose que des cr\u00e9ations d\u2019emploi : r\u00e9tablissement des marges, distribution de dividendes, etc. La meilleure preuve en a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par le Medef lui-m\u00eame avec son refus syst\u00e9matique de la moindre garantie de cr\u00e9ation d\u2019emplois, comme contrepartie au CICE et au Pacte de responsabilit\u00e9. Le Medef demande au contraire que le CICE, qui est un cr\u00e9dit d\u2019imp\u00f4t, soit transform\u00e9 en une baisse p\u00e9renne des cotisations sociales.<\/p>\n<p>L\u2019autre effet g\u00e9n\u00e9ralement invoqu\u00e9 est celui de la &#8220;substitution capital-travail&#8221;. Une baisse du &#8220;co\u00fbt du travail&#8221; inciterait \u00e0 freiner l\u2019automatisation et la robotisation : on emploierait plus de travail (moins cher) et moins de capital. Pourtant le Medef sait tr\u00e8s bien \u2013 ou devrait le savoir \u2013 qu\u2019il est impossible de faire appara\u00eetre une modulation de l\u2019intensit\u00e9 capitalistique en fonction du salaire. Et m\u00eame si cela \u00e9tait, cela reviendrait \u00e0 se tirer une balle dans le pied, du point de vue m\u00eame du patronat, puisque cela \u00e9quivaudrait \u00e0 baisser en gamme et \u00e0 perdre encore un peu de comp\u00e9titivit\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin, et surtout, les propositions du Medef ont toujours royalement ignor\u00e9 les contrecoups de l\u2019application \u00e9ventuelle de ses mesures. Admettons que l\u2019on baisse de 100 milliards les cotisations sociales ou les imp\u00f4ts des entreprises. Qu\u2019advient-il du trou ainsi creus\u00e9 dans les ressources de l\u2019\u00c9tat et de la s\u00e9curit\u00e9 sociale ? Le Medef ne se pose pas la question : \u00e0 l\u2019\u00c9tat de se d\u00e9brouiller pour maigrir. Et puis, le coup de fouet imp\u00e9tueux donn\u00e9 au secteur priv\u00e9 l\u2019emportera. <\/p>\n<p>Le d\u00e9s\u00e9quilibre comptable peut se r\u00e9duire de deux mani\u00e8res. La premi\u00e8re est une nouvelle r\u00e9duction de la taille de l\u2019\u00c9tat social : moins de cotisations, donc moins de prestations. Le message du Medef peut alors \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 ainsi : voyez-vous, dans le capitalisme, on ne peut cr\u00e9er d\u2019emplois que s\u2019ils sont rentables du point de vue des entreprises. Le <em>deal<\/em> est donc le suivant : nous vous promettons un emploi, \u00e0 condition que vous acceptiez une r\u00e9duction de vos avantages sociaux (et voil\u00e0 pourquoi vous devez aimer vos entreprises). Mais il peut se faire aussi que l\u2019\u00c9tat choisisse de compenser au moins en partie, comme il le fait d\u00e9j\u00e0 pour les exon\u00e9rations r\u00e9ellement existantes. Donc, d\u00e9ficit suppl\u00e9mentaire, nouvelles \u00e9conomies budg\u00e9taires et un peu plus de pressions d\u00e9flationnistes. Le choix est donc entre r\u00e9gression et r\u00e9cession.<\/p>\n<p>Dans ses calculs, le Medef s\u2019appuie sur un consensus qui s\u2019est \u00e9tabli \u00e0 partir de 2006 dans des organismes ad hoc tels que le Conseil d\u2019orientation de l\u2019emploi [[Voir : Michel Husson, <a href=\"http:\/\/hussonet.free.fr\/afep14.pdf\">&#8220;Co\u00fbt du travail et emploi : une histoires de chiffres&#8221;<\/a>, juillet 2014.]]. Les all\u00e9gements de cotisations sociales ont en effet commenc\u00e9 en 1993, lors du retour de la droite. Le recul est donc suffisant pour en dresser le bilan. C\u2019est ce qui a \u00e9t\u00e9 fait r\u00e9cemment dans un rapport de la s\u00e9natrice communiste Michelle Demessine [[Michelle Demessine, <em><a href=\"http:\/\/gesd.free.fr\/demessine.pdf\">Impact sur l\u2019emploi des exon\u00e9rations de cotisations sociales<\/a><\/em>, rapport, juillet 2014. On peut lire la synth\u00e8se et les recommandations <a href=\"http:\/\/gesd.free.fr\/demesynth.pdf\">ici<\/a>. Lire aussi : Mathilde Goanec, <a href=\"http:\/\/www.regard.fr\/web\/l-echec-de-la-reduction-du-cout-du,7916\">&#8220;L\u2019\u00e9chec de la r\u00e9duction du &#8216;co\u00fbt du travail&#8217; censur\u00e9 au S\u00e9nat&#8221;<\/a>, regards.fr, 11 septembre 2014.]] qui a \u00e9t\u00e9 censur\u00e9 (malgr\u00e9 la majorit\u00e9 dite de gauche au S\u00e9nat). La synth\u00e8se de ce rapport en r\u00e9sume le constat : <em>\u00ab Une forme de consensus s\u2019est \u00e9tabli au sein du Conseil d\u2019orientation pour l\u2019emploi en 2006 pour \u00e9valuer \u00e0 800.000 le nombre d\u2019emplois d\u00e9truits si l\u2019on supprimait les exon\u00e9rations de charges &#8220;Fillon&#8221;. N\u00e9anmoins, le nombre d\u2019emplois cr\u00e9\u00e9s stricto sensu depuis vingt ans appara\u00eet beaucoup plus faible, surtout si l\u2019on prend en compte l\u2019effet n\u00e9gatif sur l\u2019emploi des mesures de financement prises pour compenser les pertes de recettes pour la s\u00e9curit\u00e9 sociale engendr\u00e9es par les exon\u00e9rations de cotisations sociales patronales \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Le Medef s\u2019appuie aussi, probablement, sur une \u00e9tude du cabinet McKinsey, pompeusement intitul\u00e9e &#8220;Dynamiser le march\u00e9 du travail en France pour cr\u00e9er massivement des emplois&#8221;[[McKinsey France, <a href=\"http:\/\/www.mckinsey.com\/global_locations\/europe_and_middleeast\/france\/fr\/latest_thinking\/dynamiser_le_marche_du_travail_en_france_pour_creer_massivement_des_emplois\">Dynamiser le march\u00e9 du travail en France pour cr\u00e9er massivement des emplois<\/a>, mai 2014.]]. La &#8220;mod\u00e9lisation Mc Kinsey&#8221; conduit \u00e0 des r\u00e9sultats encore plus extraordinaires : pour 30 milliards d\u2019euros de baisse des &#8220;charges&#8221; bien cibl\u00e9e, il serait possible de cr\u00e9er 1.056.000 emplois en 2018, et 1.365.000 en 2022 <em>(voir figure ci-dessous)<\/em>. Tout cela est enrob\u00e9 dans des pr\u00e9sentations flatteuses, ch\u00e8res aux consultants, qui aident \u00e0 l\u00e9gitimer des calculs et un discours fondamentalement id\u00e9ologiques. On ne r\u00e9siste pas ici \u00e0 citer l\u2019une des recommandations de l\u2019\u00e9tude qui fait partie d\u2019un <em>\u00ab sc\u00e9nario d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration \u00bb<\/em> et consiste \u00e0 <em>\u00ab fournir des conseils en orientation d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de douze ans \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-20699\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil2-f5c.jpg\" alt=\"medefmil2.jpg\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"254\" srcset=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil2-f5c.jpg 460w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil2-f5c-300x166.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px\" \/><br \/>\n<em>Source : McKinsey France<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><strong><em>Salaire minimum : le retour d&#8217;une vieille lune du patronat<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>On pourrait multiplier les m\u00eames critiques concernant les &#8220;dispositifs&#8221; propos\u00e9s par le Medef. Ses sempiternelles j\u00e9r\u00e9miades sur le salaire minimum dont le niveau trop \u00e9lev\u00e9 emp\u00eacherait d\u2019embaucher des salari\u00e9s peu productifs ne sont fond\u00e9es sur aucune \u00e9tude probante. Le salaire minimum est une protection importante contre une d\u00e9rive salariale g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, et c\u2019est bien ce qui irrite le patronat. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment pour cette raison qu\u2019a \u00e9t\u00e9 institu\u00e9 un salaire minimum interprofessionnel en Allemagne. Au moment m\u00eame o\u00f9 Jean-Claude Juncker [[Ludovic Lamant, <a href=\"http:\/\/gesd.free.fr\/lamansmic.pdf\">&#8220;Pour un salaire minimum en Europe&#8221;<\/a>, <em>Mediapart<\/em>, 18 ao\u00fbt 2014.]] ou la DGT [[<a href=\"http:\/\/gesd.free.fr\/teco133.pdf\">&#8220;Pistes pour l&#8217;instauration d&#8217;une norme de salaire minimum europ\u00e9enne&#8221;<\/a>, DGT, Tr\u00e9sor-Eco n\u00b0133, juillet 2014.]] \u2013 la Direction G\u00e9n\u00e9rale du Tr\u00e9sor \u2013 plaident pour l\u2019instauration d\u2019une <em>\u00ab norme de salaire minimum europ\u00e9enne \u00bb<\/em> (certes \u00e0 un niveau <em>\u00ab appropri\u00e9 \u00bb<\/em>, il ne faut pas r\u00eaver) permettant <em>\u00ab d\u2019att\u00e9nuer les possibilit\u00e9s de dumping social et de concurrence excessive sur les salaires \u00bb<\/em>, ce retour des vielles lunes patronales est sinistre.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes mesurant l\u2019impact du smic cit\u00e9es par la DGT pour \u00e9tablir <em>\u00ab la forte sensibilit\u00e9 de l\u2019emploi \u00e0 son co\u00fbt au niveau du salaire minimum \u00bb<\/em> remontent \u00e0 1999 et 2001 et leurs donn\u00e9es vont respectivement jusqu\u2019en 1994 et 1999. La seule \u00e9tude r\u00e9cente [[Pierre Cahuc, St\u00e9phane Carcillo, Thomas Le Barbanchon, <a href=\"http:\/\/gesd.free.fr\/iza8330.pdf \">&#8220;Do Hiring Credits Work in Recessions? Evidence from France&#8221;<\/a>, IZA Discussion Paper n\u00b08330, July 2014.]], reprise dans un document de l\u2019Institut Montaigne [[Pierre Cahuc et St\u00e9phane Carcillo, <a href=\"http:\/\/gesd.free.fr\/cahuc414.pdf\">&#8220;All\u00e9ger le co\u00fbt du travail pour augmenter l\u2019emploi : les clefs de la r\u00e9ussite&#8221;, Institut Montaigne<\/a>, avril 2014.]], extrapole ind\u00fbment les r\u00e9sultats du dispositif &#8220;z\u00e9ro charges&#8221; institu\u00e9 entre d\u00e9cembre 2008 et d\u00e9cembre 2009 pour les entreprises de moins de dix salari\u00e9s. Les auteurs trouvent que la baisse de 0,04 % du &#8220;co\u00fbt du travail&#8221; a permis de <em>\u00ab cr\u00e9er \u00bb<\/em> 0,08 % d\u2019emplois. Ensuite, ils extrapolent ce r\u00e9sultat \u00e0 l\u2019ensemble des entreprises en faisant une r\u00e8gle de trois : si 360 millions (le co\u00fbt du dispositif) ont permis de <em>\u00ab cr\u00e9er \u00bb<\/em> 30.000 emplois, alors une baisse de &#8220;charges&#8221; de 10 milliards d\u2019euros (en supprimant ce qu\u2019il reste de cotisations patronales au niveau du Smic) \u00ab pourrait cr\u00e9er jusqu\u2019\u00e0 800.000 emplois \u00bb. <\/p>\n<p>Voil\u00e0 un exemple qui confirme, pour reprendre la formule d\u2019un \u00e9conomiste, que <em>\u00ab la mauvaise recherche [comme la mauvaise monnaie] chasse la bonne \u00bb<\/em>. En effet, dans une p\u00e9riode de r\u00e9cession, les tr\u00e8s petites entreprises ont pu utiliser cette (microscopique) bouff\u00e9e d\u2019oxyg\u00e8ne pour un peu moins licencier. L\u2019extrapolation \u00e0 l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9conomie de cette micro-exp\u00e9rience est une erreur m\u00e9thodologique et une tromperie id\u00e9ologique. C\u2019est d\u2019autant plus vrai que Cahuc et Carcillo trichent avec leurs propres r\u00e9sultats ant\u00e9rieurs : dans un pr\u00e9c\u00e9dent travail [[Pierre Cahuc et St\u00e9phane Carcillo, <a href=\"http:\/\/gesd.free.fr\/cahuc12a.pdf\">&#8220;Les cons\u00e9quences des all\u00e9gements g\u00e9n\u00e9raux de cotisations patronales sur les bas salaires&#8221;<\/a>, <em>Revue Fran\u00e7aise d&#8217;\u00c9conomie<\/em>, vol 27, n\u00b02, octobre 2012.]], ils avaient &#8220;\u00e9tabli&#8221; que la fameuse \u00e9lasticit\u00e9 \u00e9tait de -1 entre 1 et 1,3 smic et de 0,3 entre 1,3 et 1,6 smic. Mais ils sautent sur la faramineuse \u00e9lasticit\u00e9 de 2 et n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 l\u2019extrapoler jusqu\u2019\u00e0 1,6 smic, sans la faire d\u00e9cro\u00eetre. <\/p>\n<p>Rebsamen \u00e9tait plus modeste quand il promettait la cr\u00e9ation de 190.000 emplois gr\u00e2ce aux 10 milliards d&#8217;euros d&#8217;exon\u00e9rations de cotisations patronales du Pacte de responsabilit\u00e9. C\u2019est quatre fois moins que Cahuc et Carcillo, ce qui illustre la pr\u00e9cision de ces estimations scientifiques. Il faut noter que ce type d\u2019exercice administratif est r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 partir d\u2019une maquette &#8220;all\u00e9gements&#8221; de la DGT [[DGT, <a href=\"http:\/\/gesd.free.fr\/dgtmaq14.pdf\">&#8220;Maquette &#8216;all\u00e9gements&#8217;. \u00c9valuation des effets de variations du co\u00fbt du travail sur l\u2019emploi&#8221;<\/a>, janvier 2014.]] qui postule que l\u2019\u00e9lasticit\u00e9 est de 0,9 au niveau du Smic, et qu\u2019elle d\u00e9cro\u00eet ensuite jusqu\u2019\u00e0 0,2 au niveau de 2 fois le smic. La note pr\u00e9sentant cette maquette admet cependant que <em>\u00ab les estimations portant sur l\u2019\u00e9lasticit\u00e9 au niveau du smic sont assez anciennes \u00bb<\/em>, mais revendique un choix <em>\u00ab prudent quant aux effets emploi \u00e0 attendre sur les tr\u00e8s bas salaires \u00bb.<\/em> Il n\u2019en reste pas moins, comme la DGT  le reconna\u00eet, qu\u2019il \u00ab n\u2019existe pas de publications acad\u00e9miques d\u00e9taill\u00e9es sur l\u2019estimation de cette \u00e9lasticit\u00e9 mais seulement des r\u00e9sultats partiels \u00bb.<\/p>\n<p><strong><em>La hausse des seuils sociaux, sans effet de seuil<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Les seuils sociaux bloqueraient la croissance des entreprises parce que les chefs d\u2019entreprise r\u00e9pugneraient \u00e0 changer de cat\u00e9gorie et d\u2019\u00eatre soumis \u00e0 d\u2019insupportables contraintes administratives. Leur lissage (mais comment lisser un seuil ?) devrait cr\u00e9er, selon le Medef, entre 50.000 et 100.000 emplois. Une \u00e9tude [[Nila Ceci-Renaud et Paul-Antoine Chevalier, <a href=\"Nila Ceci-Renaud et Paul-Antoine Chevalier, \"L\u2019impact des seuils de 10, 20 et 50 salari\u00e9s sur la taille des entreprises fran\u00e7aises\", Economie et statistique n\u00b0437, 2010.\">&#8220;L\u2019impact des seuils de 10, 20 et 50 salari\u00e9s sur la taille des entreprises fran\u00e7aises&#8221;<\/a>, <em>\u00c9conomie et statistique<\/em> n\u00b0437, 2010.]] de l\u2019Insee consacr\u00e9e \u00e0 cette question fait appara\u00eetre un r\u00e9sultat \u00e9tonnant : l\u2019effet de seuil appara\u00eet dans les donn\u00e9es fiscales, mais d\u00e9j\u00e0 moins dans les d\u00e9clarations \u00e0 l\u2019Urssaf et sont <em>\u00ab \u00e0 peine perceptibles \u00bb<\/em> dans les DADS (d\u00e9claration automatis\u00e9e des donn\u00e9es sociales). La seule explication possible, pour les auteurs de l\u2019article, est un comportements de <em>\u00ab contournement \u00bb<\/em> des seuils : recours aux heures suppl\u00e9mentaires ou \u00e0 l\u2019externalisation, filialisation, ou tout simplement sous-d\u00e9claration. La sous-d\u00e9claration serait plus risqu\u00e9e dans le cas des DADS <em>\u00ab du fait des contr\u00f4les administratifs et des enjeux en termes de droits pour les salari\u00e9s \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p>Cependant, les auteurs signalent, par un bel euph\u00e9misme, qu\u2019il y a sans doute <em>\u00ab un manque d\u2019information des d\u00e9clarants \u00bb<\/em> dans la mesure o\u00f9 ils n\u2019ont aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 sous-d\u00e9clarer leurs effectifs dans les donn\u00e9es fiscales puisque <em>\u00ab ces d\u00e9clarations sont sans effet sur le calcul de l\u2019imp\u00f4t \u00bb<\/em>. Et m\u00eame en prenant les sources les plus propices \u00e0 un effet de seuil, les auteurs concluent \u00e0 un effet <em>\u00ab de faible ampleur \u00bb <\/em> sur la d\u00e9mographie des entreprises (et donc sur l\u2019emploi) : la proportion d\u2019entreprises entre 0 et 9 salari\u00e9s diminuerait de 0,4 point en l\u2019absence de discontinuit\u00e9s administratives, tandis que la proportion d\u2019entreprises entre 10 et 19 salari\u00e9s et celle d\u2019entreprises entre 20 et 250 salari\u00e9s augmenteraient de 0,2 point \u00bb.<\/p>\n<p><strong><em>Les jours f\u00e9ri\u00e9s, un calcul de coin de table<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>La suppression de deux jours f\u00e9ri\u00e9s conduirait selon le Medef \u00e0 un suppl\u00e9ment de Pib de 1 %, et \u00e0 la cr\u00e9ation de 100.000 emplois. L\u00e0 encore, il s\u2019agit d\u2019un calcul de coin de table : deux jours ouvr\u00e9s sur 200 (c\u2019est en fait 251 en 2013 et 2014), cela fait bien 1 %. Mais le Medef commet deux grossi\u00e8res erreurs. La premi\u00e8re est que si les salari\u00e9s doivent travailler deux jours de plus, le suppl\u00e9ment de PIB sera par d\u00e9finition produit sans cr\u00e9ation d\u2019emplois. La seconde permet de mettre le doigt sur le mod\u00e8le \u00e9conomique sous-jacent du patronat qui est d\u00e9cid\u00e9ment tr\u00e8s fruste : pour augmenter la production, il suffit de travailler plus. Il se trouve que ce n\u2019est pas ainsi que fonctionne l\u2019\u00e9conomie, c\u2019est un peu plus compliqu\u00e9.<\/p>\n<p>Dans une note r\u00e9cente [[Insee, <a href=\"http:\/\/www.insee.fr\/fr\/indicateurs\/cnat_trim\/Pub_Meth\/38g430_Correction_JO_2013_2016.pdf\">&#8220;Les corrections de jours ouvrables dans les comptes trimestriels : le cas des ann\u00e9es 2013 \u00e0 2016&#8221;<\/a>, 18 juin 2014.]], l\u2019Insee propose une \u00e9valuation moins farfelue de l\u2019impact d\u2019un jour ouvr\u00e9 suppl\u00e9mentaire : <em>\u00ab En 2015, avec 252 jours de semaine ouvr\u00e9s, l\u2019effet du calendrier sur la croissance du PIB serait de +0,06 point. Enfin en 2016, ann\u00e9e bissextile, l\u2019effet du calendrier serait de +0,11 point. \u00bb<\/em> L\u2019\u00e9valuation de l\u2019Insee est donc seize fois inf\u00e9rieure \u00e0 celle du Medef, dont on ne comprend pas pourquoi il ne propose pas que toutes les ann\u00e9es deviennent bissextiles.<\/p>\n<p><strong><em>Les 35 heures, d\u00e9j\u00e0 contourn\u00e9es<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Il suffit sur ce point de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l\u2019article de Sandrine Foulon [[Sandrine Foulon, <a href=\"http:\/\/www.alternatives-economiques.fr\/la-fin-des-35-heures--les-entrepris_fr_art_633_69297.html\">&#8220;La fin des 35 heures, les entreprises n\u2019en veulent pas&#8221;<\/a>, <em>Alternatives \u00e9conomiques<\/em>, septembre 2014.]]. Elle rappelle que les entreprises disposaient depuis 2008 des accords comp\u00e9titivit\u00e9 et, depuis juin 2013, de la loi de s\u00e9curisation de l\u2019emploi, qui permettaient de contourner les 35 heures. Or, <em>\u00ab les accords de maintien dans l\u2019emploi sign\u00e9s depuis un an se comptent sur le doigt d\u2019une main \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><strong><em>Il y a trente ans d\u00e9j\u00e0 : les promesses de Gattaz p\u00e8re<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>En juillet 1984 [[Voir : <a href=\"http:\/\/hussonet.free.fr\/gattaz14.pdf\">&#8220;Trente ans apr\u00e8s, le bluff du patronat continue&#8221;<\/a>, note hussonet n\u00b071, 18 f\u00e9vrier 2014.]], Yvon Gattaz, alors pr\u00e9sident du CNPF (l\u2019anc\u00eatre du Medef) proposait la mise en place d&#8217;<em>\u00ab emplois nouveaux \u00e0 contraintes all\u00e9g\u00e9es \u00bb<\/em> (ENCA). Il promettait la cr\u00e9ation de 471.000 emplois \u00e0 condition que l&#8217;autorisation administrative pr\u00e9alable en cas de licenciement soit supprim\u00e9e et que les &#8220;charges&#8221; sociales pour les nouveaux embauch\u00e9s soient r\u00e9duites. L&#8217;autorisation administrative de licenciement sera supprim\u00e9e par Chirac deux ans plus tard. <\/p>\n<p>Trente ans plus tard, Yvon Gattaz n\u2019en d\u00e9mord pas et d\u00e9fend son bilan : <em>\u00ab Dix-huit mois apr\u00e8s l\u2019annonce, 246.000 emplois avaient \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9s de la pente inexorablement descendante et 129.000 emplois nouveaux r\u00e9ellement cr\u00e9\u00e9s. \u00bb<\/em> [[Sophie Fay, <a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/economie\/20140214.OBS6428\/gattaz-pere-gattaz-fils-la-medef-academy.html\">&#8220;Medef Academy&#8221;<\/a>, <em>Le Nouvel Observateur<\/em>, 13 f\u00e9vrier 2014.]]. La courbe de l\u2019emploi marque effectivement un retournement \u00e0 la hausse en 1987 et 1988, mais se borne \u00e0 suivre celle du PIB. Il suffit de comparer ce petit sursaut de l\u2019emploi \u00e0 la marche d\u2019escalier franchie avec les 35 heures pour comprendre o\u00f9 sont les vrais moyens de cr\u00e9er des emplois (voir graphique).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-20700\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil3-c8a.jpg\" alt=\"medefmil3.jpg\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"348\" srcset=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil3-c8a.jpg 460w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil3-c8a-300x227.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px\" \/><br \/>\n<em>En milliers. Source : Dares<\/em><\/p>\n<p><strong><em>Comment cr\u00e9er (vraiment) un million d\u2019emplois ?<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat employeur en dernier ressort : un nouveau calcul de coin de table montre qu\u2019un million d\u2019emplois publics pay\u00e9s au salaire moyen co\u00fbterait \u00e0 l\u2019\u00c9tat 16,4 milliards d\u2019euros nets [[Ce calcul tient compte des prestations \u00e9conomis\u00e9es, des recettes fiscales suppl\u00e9mentaires et des frais de fonctionnement induits. Voir Anne Debr\u00e9geas, <a href=\"http:\/\/autretravail.free.fr\/?p=47\">&#8220;Combien co\u00fbte un million d\u2019emplois publics&#8221;<\/a>, juillet 2013.]], \u00e0 comparer aux 30 milliards d\u2019euros accord\u00e9s aux entreprises sans aucune garantie de cr\u00e9ation d\u2019emplois.<\/p>\n<p>La r\u00e9duction de la dur\u00e9e du travail a, contrairement au discours patronal, fait ses preuves. Pr\u00e8s de deux millions d\u2019emplois ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s entre 1997 et 2002, et la courbe de l\u2019emploi <em>(voir graphique ci-dessus)<\/em> a franchi alors une spectaculaire marche d\u2019escalier qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 redescendue ensuite [[Voir : Michel Husson et St\u00e9phanie Treillet, <a href=\"http:\/\/hussonet.free.fr\/rttct20.pdf\">&#8220;La r\u00e9duction du temps de travail : un combat central et d\u2019actualit\u00e9&#8221;<\/a>, <em>ContreTemps<\/em> n\u00b0 20, 2014, http:\/\/goo.gl\/LKLH38 ; Michel Husson, <a href=\"https:\/\/mega.co.nz\/#!Q4oxSAjL!srUrY8IDrt1NPVXAo0EuUwf4HjGYvCOWMhZbiHyZ0zw\">&#8220;Unemployment, working time and financialisation: the French case&#8221;<\/a>, <em>Cambridge Journal of Economics<\/em>, 2013.]].<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-7942 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil1-223.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil1-223-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"medefmil1.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil2-659.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil2-659-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"medefmil2.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil3-58f.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/medefmil3-58f-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"medefmil3.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/gattaz-disneyland-344.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/gattaz-disneyland-344-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"gattaz-disneyland.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Erreur m\u00e9thodologiques et tromperies id\u00e9ologiques : les cr\u00e9ations d&#8217;emplois estim\u00e9es par le Medef en \u00e9change d&#8217;une liquidation sans pr\u00e9c\u00e9dent de la condition salariale sont r\u00e9v\u00e9latrices de la &#8220;pens\u00e9e \u00e9conomique&#8221; qui nous gouverne.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":20698,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[319,472],"class_list":["post-7942","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economie","tag-emploi","tag-medef"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7942","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7942"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7942\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/20698"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7942"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7942"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7942"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}