{"id":7801,"date":"2014-06-10T00:09:20","date_gmt":"2014-06-09T22:09:20","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/crise-financiere-a-part-kerviel7801\/"},"modified":"2023-06-23T23:17:27","modified_gmt":"2023-06-23T21:17:27","slug":"crise-financiere-a-part-kerviel7801","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=7801","title":{"rendered":"Crise financi\u00e8re : \u00e0 part Kerviel, que sont les banquiers devenus ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">J\u00e9r\u00f4me Kerviel est en prison. Il a vite quitt\u00e9 la sc\u00e8ne m\u00e9diatique, remplac\u00e9 par les menaces judiciaires record contre BNP Paribas. Il reste cependant fort instructif de savoir ce que sont devenus ceux qui \u00e9taient aux manettes des d\u00e9rives du syst\u00e8me bancaire en France&#8230; <\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 J\u00e9r\u00f4me Kerviel ne passera pas par la case D\u00e9part, et s\u2019est rendu directement en prison, il n\u2019est pas inint\u00e9ressant de rechercher ce que sont devenus ceux qui \u00e9taient aux manettes du syst\u00e8me de la sp\u00e9culation bancaire en France. Syst\u00e8me qui a fait des d\u00e9g\u00e2ts beaucoup plus consid\u00e9rables que les 5 milliards d\u2019euros de &#8220;l\u2019affaire Kerviel&#8221; (co\u00fbt estim\u00e9 par la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale mais n\u2019ayant pas fait l\u2019objet d\u2019une expertise ind\u00e9pendante). On ne trouvera aucune autre condamnation individuelle, aucune v\u00e9ritable sanction, quelques d\u00e9parts n\u00e9goci\u00e9s, des retraites &#8220;chapeaut\u00e9es&#8221; et actives, des recyclages rondement men\u00e9es et m\u00eame quelques promotions&#8230; <\/p>\n<p><strong><em>Affaire Kerviel-Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>L\u2019affaire Kerviel, qui \u00e9clate en janvier 2008, est un r\u00e9v\u00e9lateur des d\u00e9rives de la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, banque fran\u00e7aise qui, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1990, a d\u00e9velopp\u00e9 au maximum ses activit\u00e9s de banque de financement et d\u2019investissement (BFI) et s\u2019est fait une sp\u00e9cialit\u00e9 des activit\u00e9s \u00e0 haut risque et sp\u00e9culatives, notamment sur les d\u00e9riv\u00e9s actions, le d\u00e9partement o\u00f9 travaillait J\u00e9r\u00f4me Kerviel. <\/p>\n<p>\u00c0 part la condamnation de J\u00e9r\u00f4me Kerviel, l\u2019affaire ne donne lieu qu\u2019\u00e0 une seule autre condamnation : la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale s\u2019est vue inflig\u00e9e par la Commission bancaire, autorit\u00e9 de contr\u00f4le bancaire \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits en juillet 2008, un bl\u00e2me et une amende de 4 millions d&#8217;euros pour des <em>\u00ab\u00a0carences graves du syst\u00e8me de contr\u00f4le interne\u00a0\u00bb<\/em>. La Commission a jug\u00e9 que &#8220;les d\u00e9faillance relev\u00e9es, en particulier les carences des contr\u00f4les hi\u00e9rarchiques, se sont poursuivies pendant une longue p\u00e9riode, \u00e0 savoir l&#8217;ann\u00e9e 2007, sans que le syst\u00e8me de contr\u00f4le interne n&#8217;ait permis de les d\u00e9celer et de les corriger&#8221;. <\/p>\n<p>Pour autant&#8230;<\/p>\n<p><strong>Daniel Bouton<\/strong>, PDG depuis 1997, a d\u00e9missionn\u00e9 en avril 2009. En 2008, en pleine tourmente la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale lui avait attribu\u00e9, ainsi qu\u2019\u00e0 quelques dirigeants, une nouvelle distribution de stock-options. Face au toll\u00e9, il a d\u00fb y renoncer. En 2009, il part sans indemnit\u00e9s de d\u00e9part, mais avec une retraite de 730.000 euros par an. Il cr\u00e9e DMJB conseil, soci\u00e9t\u00e9 de Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion qui r\u00e9alise un chiffre d\u2019affaire de 550.000 euros et un exc\u00e8dent d\u2019exploitation de 500.000 euros (ann\u00e9e 2012). <\/p>\n<p><strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Oud\u00e9a<\/strong>, Directeur financier depuis 2003, est nomm\u00e9 Directeur g\u00e9n\u00e9ral en 2008 puis Pr\u00e9sident directeur g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 partir de 2009. <\/p>\n<p><strong>Jean-Pierre Mustier<\/strong>, entr\u00e9 comme trader options sur actions en 1987, est l\u2019un des artisans principaux du d\u00e9veloppement des activit\u00e9s \u00e0 hauts risques de la SG. Il est Directeur g\u00e9n\u00e9ral adjoint, en charge des activit\u00e9s de Banque de financement et d\u2019investissement depuis 2003. Il per\u00e7oit dans les ann\u00e9es qui suivent des r\u00e9mun\u00e9rations annuelles de quelques 10 millions d\u2019euros. Il est nomm\u00e9 en 2008, apr\u00e8s le d\u00e9clenchement de l\u2019affaire, Directeur du p\u00f4le Gestions d\u2019actifs et services aux investisseurs et Pr\u00e9sident directeur g\u00e9n\u00e9ral de SG Asset Management. Il quitte la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale en 2009, conseille diverses institutions financi\u00e8res et collecte des fonds pour des ONG. Depuis 2011, il dirige la banque de financement et d\u2019investissement de l\u2019italien UniCredit, premi\u00e8re banque italienne qui, en 2013, a r\u00e9duit ses effectifs de 8.500 salari\u00e9s et d\u00e9clar\u00e9 une perte record de 14 milliards d\u2019euros en effectuant des provisions massives sur des cr\u00e9ances douteuses non purg\u00e9es jusqu\u2019alors. Il affirme pr\u00f4ner d\u00e9sormais la <em>\u00ab simplicit\u00e9 qui co\u00fbte moins et est moins risqu\u00e9e \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p><strong>Christophe Miann\u00e9<\/strong>, adjoint de Jean-pierre Mustier, Responsable des d\u00e9riv\u00e9s actions depuis 1999. Non seulement il n\u2019a pas quitt\u00e9 la banque, mais il y occupe une position encore plus importante qu\u2019avant. En 2009 il est nomm\u00e9 Directeur des activit\u00e9s march\u00e9s et en janvier 2012, Directeur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la Banque de financement et d\u2019investissement. Lors des deux proc\u00e8s Kerviel de 2010 et 2012, il a accabl\u00e9 celui-ci, le traitant de criminel tout en ne se reconnaissant aucune faute. Selon le journal <a href=\"http:\/\/www.latribune.fr\/journal\/edition-du-1406\/enquete\/434278\/l-unique-rescape-de-l-affaire-kerviel.html\"><em>La Tribune<\/em><\/a> qui \u00e9voque le t\u00e9moignage d\u2019anciens collaborateurs, Christophe Miann\u00e9 avait pourtant \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits <em>\u00ab un m\u00e9pris absolu \u00bb <\/em> pour les contr\u00f4les, les consid\u00e9rant <em>\u00ab comme des co\u00fbts, il refusait d&#8217;y investir pour ne pas amputer les enveloppes de bonus \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p><strong>Luc Fran\u00e7ois<\/strong>, responsable mondial des d\u00e9riv\u00e9s actions au c\u00f4t\u00e9 de Christophe Miann\u00e9, et membre du Comit\u00e9 de direction de la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale au moment des faits. Il quitte l&#8217;\u00e9tablissement en 2008, rejoint la banque Morgan Stanley o\u00f9 il est Responsable monde des d\u00e9riv\u00e9s actions. En 2012, il rejoint Natixis, la banque de financement et d\u2019investissement de la BPCE <em>(voir ci-dessous)<\/em> dont il devient l\u2019un des hommes cl\u00e9s, Responsable des march\u00e9s de capitaux pour la banque de financement et d&#8217;investissement de Natixis et membre du comit\u00e9 ex\u00e9cutif. <\/p>\n<h2>Les autres Banques de financement et d\u2019investissement : Calyon et Natixis<\/h2>\n<p>Le mod\u00e8le de la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale s\u2019est diffus\u00e9 dans les ann\u00e9es 2000 au Cr\u00e9dit agricole, aux Caisses d\u2019\u00e9pargne et aux Banques Populaires, banques &#8220;mutualistes&#8221; saisies elles aussi par la tentation de la banque de financement et d\u2019investissement et des activit\u00e9s \u00e0 haut risques et sp\u00e9culatives. En 2003, Calyon nait de la fusion des activit\u00e9s banques de financement et d\u2019investissement du Cr\u00e9dit Agricole et du Cr\u00e9dit Lyonnais. En 2006, Natixis nait de la fusion des banques d\u2019investissement des Caisses d\u2019\u00e9pargne (Ixis) et des Banques Populaires ( Natexis). Dans la crise financi\u00e8re qui \u00e9clate en 2008 ces banques se r\u00e9v\u00e8lent particuli\u00e8rement fragiles. Elles accumulent les pertes abyssales, mettent en danger les groupes bancaires dont elles d\u00e9pendent. Le sauvetage mobilise des aides publiques massives. Les Caisses d\u2019\u00e9pargne et les Banques populaires doivent fusionner d\u2019urgence en 2009.<\/p>\n<p><strong>S\u2019agissant de Calyon, Marc Litzler<\/strong>, son Directeur g\u00e9n\u00e9ral depuis 2004, recrut\u00e9 pour d\u00e9velopper en grand la BFI du Cr\u00e9dit Agricole o\u00f9 il a fait partie de l\u2019\u00e9quipe dirigeante des activit\u00e9s d\u00e9rives actions de la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, a quitt\u00e9 Calyon et le m\u00e9tier de la finance en 2008. <strong>S\u2019agissant de Natixis, Dominique Ferrero<\/strong>, son directeur g\u00e9n\u00e9ral, quitte ses fonctions en 2009. <\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019instar de Daniel Bouton pour la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, les pr\u00e9sidents des banques, <strong>Georges Pauget<\/strong> pour le Cr\u00e9dit agricole et Calyon, <strong>Charles Millhaud<\/strong> pour les Caisses d\u2019\u00e9pargne, <strong>Philippe Dupont<\/strong> pour les Banques populaires et Natixis, ont \u00e9galement quitt\u00e9 leurs fonctions en b\u00e9n\u00e9ficiant de retraites chapeaux et en cr\u00e9ant des soci\u00e9t\u00e9s de conseil.<\/p>\n<p><strong>O\u00f9 est Christian Noyer ?<\/strong> Six ans apr\u00e8s le d\u00e9clenchement de ces tourmentes, les banques fran\u00e7aises affirment avoir totalement assaini leurs bilans. Ce n\u2019est peut-\u00eatre pas aussi s\u00fbr que cela. En janvier 2014, <a href=\"http:\/\/www.oecd-ilibrary.org\/economics\/the-state-of-the-banking-sector-in-europe_5k3ttg7n4r32-en;jsessionid=3knao1ebfg6js.x-oecd-live-02\">un rapport de l\u2019OCDE<\/a> pointait l\u2019insuffisance de fonds propres de certaines banques europ\u00e9ennes, dont le Cr\u00e9dit agricole. Il n\u2019est pas non plus \u00e9vident qu\u2019elles aient enti\u00e8rement tourn\u00e9 la page des activit\u00e9s \u00e0 haut risque et de la sp\u00e9culation. <\/p>\n<p>Mais toute aussi choquante est l\u2019attitude du gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, d\u00e9j\u00e0 en fonction \u00e0 cette \u00e9poque et qui aurait d\u00fb lui aussi en tirer les le\u00e7ons. Au lieu de quoi, il a critiqu\u00e9 comme <em>\u00ab irresponsable \u00bb<\/em> le projet de directive la Commission europ\u00e9enne visant \u00e0 faire un pas pour limiter ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de l\u2019affaire Kerviel, en restreignant le trading sur fonds propres et en obtenant une certaine s\u00e9paration des activit\u00e9s de banque et de trading pour les principales banques europ\u00e9ennes <em>(lire <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/dominique-plihon-les-reformes,7703\">&#8220;Dominique Plihon : \u00ab Les r\u00e9formes europ\u00e9ennes ne s\u2019attaquent pas \u00e0 la financiarisation \u00bb&#8221;<\/a>)<\/em>. <\/p>\n<p><strong><em>Affaire Dexia<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>L\u2019affaire Dexia est un autre volet de la crise bancaire \u00e0 la fran\u00e7aise. En fait, il n\u2019y a pas un, mais deux scandales Dexia. Le premier concerne la banque belgo-fran\u00e7aise Dexia et sa course folle \u00e0 la rentabilit\u00e9 qui l\u2019a men\u00e9e \u00e0 un sauvetage en 2008\/2009 et \u00e0 sa liquidation de fait en 2011\/2012. Le second scandale c\u2019est celui des pr\u00eats toxiques aux collectivit\u00e9s territoriales et aux h\u00f4pitaux publics (Lire <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/Banques-la-grande-amnistie,7266\">&#8220;Banques, la grande amnistie&#8221;<\/a> et <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/Pas-d-amnistie-pour-les-banques,7380\">&#8220;Pas d&#8217;amnistie pour les banques&#8221;<\/a>). La facture s&#8217;\u00e9l\u00e8ve d\u00e9j\u00e0 \u00e0 6,6 milliards d&#8217;euros pour l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais mais elle pourrait encore gonfler.<\/p>\n<p>La Cour des comptes a publi\u00e9 en juillet 2013 <a href=\"http:\/\/www.ccomptes.fr\/Actualites\/A-la-une\/Dexia-un-sinistre-couteux-des-risques-persistants\">un rapport d\u00e9taill\u00e9 sur Dexia<\/a>. Elle souligne la d\u00e9faillance des autorit\u00e9s de supervision qui <em>\u00ab n\u2019ont pas su pr\u00e9venir les risques avant 2008 \u00bb<\/em> et qui <em>\u00ab se sont abstenues, apr\u00e8s 2008, d\u2019\u00e9tablir et de sanctionner les manquements au titre de leur contr\u00f4le prudentiel, alors que plusieurs infractions \u00e0 la r\u00e9glementation prudentielle et aux obligations de contr\u00f4le interne \u00e9taient relev\u00e9es \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Les responsables des autorit\u00e9s de supervision sont depuis 2003 :<\/p>\n<p><strong>Christian Noyer<\/strong>, le pr\u00e9sident de la Commission bancaire au titre de Gouverneur de la Banque de France. Il est encore le Gouverneur de la Banque de France. Son mandat s\u2019ach\u00e8vera en 2015. Il est \u00e9galement toujours pr\u00e9sident de l\u2019ACPR, autorit\u00e9 de supervision bancaire fran\u00e7aise qui a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 la Commission bancaire. <\/p>\n<p><strong>Dani\u00e8le Nouy<\/strong>, la secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de la Commission bancaire. En d\u00e9cembre 2013, elle a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e par le conseil de l\u2019UE \u00e0 la t\u00eate du M\u00e9canisme de Supervision bancaire Unique (MSU) charg\u00e9 de la supervision des 130 plus grosses banques europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Le sauvetage de Dexia a \u00e9t\u00e9 suivi d\u2019un changement de ses \u00e9quipes dirigeantes, puis d\u2019un renouvellement substantiel du conseil d\u2019administration en 2009. \u00c0 la demande des \u00c9tats, les deux principaux dirigeants de la banque \u2013 le fran\u00e7ais <strong>Pierre Richard<\/strong>, pr\u00e9sident du conseil d\u2019administration, et le belge <strong>Axel Miller<\/strong>, administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u2013 ont quitt\u00e9 leur poste.<\/p>\n<p>Mais, souligne la Cour des comptes, <em>\u00ab la mise en cause de la responsabilit\u00e9 des anciens dirigeants n\u2019a \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9e ni par les nouveaux dirigeants nomm\u00e9s en 2008, ni par les actionnaires d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents ou entr\u00e9s au capital en 2008, ni par les \u00c9tats. Les anciens dirigeants ont certes \u00e9t\u00e9 \u00e9vinc\u00e9s, mais ils ont pu conserver le b\u00e9n\u00e9fice d\u2019avantages financiers substantiels, parmi lesquels, pour les dirigeants fran\u00e7ais, des dispositifs contestables de retraites chapeaux \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Ainsi, ce n&#8217;est qu&#8217;en 2012 que le conseil d&#8217;administration de Dexia a tent\u00e9 de remettre en cause ces avantages financiers. <strong>Pierre Richard<\/strong>, le pr\u00e9sident de Dexia jusqu\u2019en 2008 a accept\u00e9 de diviser par deux sa retraite chapeau, soit le niveau encore tr\u00e8s confortable de 300.000 euros, un montant qui, de plus, n&#8217;int\u00e8gre pas sa retraite de haut fonctionnaire. Par ailleurs, il est rest\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 une date r\u00e9cente, membre du conseil d\u2019orientation de l\u2019Institut de l\u2019entreprise, think tank du grand patronat sur l\u2019enseignement de l\u2019\u00e9conomie. Et il est, semble-t-il, toujours administrateur d\u2019EDF \u00c9nergies nouvelles.<\/p>\n<p><strong>Rembert Von Lowis<\/strong>, directeur financier du groupe, a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une indemnit\u00e9 de d\u00e9part de 673.760 euros tout en redevenant imm\u00e9diatement salari\u00e9 de l\u2019INSEE, son corps d\u2019origine.<\/p>\n<p><strong>Bruno Deletr\u00e9<\/strong>, membre du Comit\u00e9 de direction de Dexia, qui a \u00e9t\u00e9 longtemps en charge des financements structur\u00e9s \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire des pr\u00eats devenus toxiques \u2013, quitte Dexia en juin 2008, avec une indemnit\u00e9 de 725.000 euros. Il est revers\u00e9 imm\u00e9diatement dans la fonction publique et en juillet 2008, il r\u00e9alise pour la ministre de l\u2019\u00c9conomie Christine Lagarde un rapport sur&#8230; &#8220;l\u2019organisation de la supervision des activit\u00e9s financi\u00e8res en France&#8221; <em>(sic)<\/em>. En 2009, il int\u00e8gre le groupe Banque populaire Caisse d\u2019\u00e9pargne (BPCE). Depuis juillet 2011, il est directeur g\u00e9n\u00e9ral du Cr\u00e9dit foncier de France et membre du comit\u00e9 ex\u00e9cutif de la BPCE.<\/p>\n<p>Tout cela, conclut la Cour des comptes <em>\u00ab fait de Dexia le symbole d\u2019un sinistre bancaire sans d\u00e9signation, ni mise en cause de responsables, dont les cons\u00e9quences financi\u00e8res lourdes sont laiss\u00e9es \u00e0 la charge des contribuables \u00bb.<\/em><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-7801 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/marx-sg-kerviel-897.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/marx-sg-kerviel-897-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"marx-sg-kerviel.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u00e9r\u00f4me Kerviel est en prison. 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