{"id":7732,"date":"2014-03-15T17:08:00","date_gmt":"2014-03-15T16:08:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/alexis-tsipras-meilleur-espoir7732\/"},"modified":"2023-06-23T23:17:16","modified_gmt":"2023-06-23T21:17:16","slug":"alexis-tsipras-meilleur-espoir7732","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=7732","title":{"rendered":"Alexis Tsipras, meilleur espoir europ\u00e9en"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Nous avons publi\u00e9 ce long portrait d&#8217;Alexis Tsipras dans le num\u00e9ro de Regards au printemps 2014, alors que le leader de Syriza briguait la pr\u00e9sidence de la Commission europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>3\u202f f\u00e9vrier. Si\u00e8ge du Parti communiste fran\u00e7ais. La coupole dessin\u00e9e par Oscar Niemeyer est comble. Ce soir on joue \u00e0 guichets ferm\u00e9s et un \u00e9cran de retransmission a m\u00eame \u00e9t\u00e9 install\u00e9 dans le hall pour que tous puissent voir la star. Alexis Tsipras, vient de terminer son discours de candidat \u00e0 la pr\u00e9sidence de la commission europ\u00e9enne. Parmi ceux qui se pressent pour l\u2019applaudir, on croise Susan George, \u00c9tienne Balibar, Bernard Thibault\u2026 Et Jacqueline Tesson. Ivryenne, elle a eu envie de \u00ab\u202fmettre un visage et une voix sur celui qui a r\u00e9ussi \u00e0 faire en Gr\u00e8ce ce que nous ne parvenons pas \u00e0 faire en France\u202f\u00bb.<em> \u00ab\u202fVous imaginez\u2009? <\/em> poursuit Jacqueline les yeux brillants,<em> un peu comme si le Front de gauche \u00e9tait devant le PS et l\u2019UMP\u2009!\u202f\u00bb<\/em> Comment est-il parvenu \u00e0 rassembler un camp tout aussi dispers\u00e9 que la gauche fran\u00e7aise\u2009? Comment a-t-il pu gagner la confiance de suffisamment de ses concitoyens pour qu\u2019ils voient en lui une alternative cr\u00e9dible aux pressions de la Commission europ\u00e9enne ou du FMI venus mettre son pays en coupe r\u00e9gl\u00e9e\u2009?<\/p>\n<p>Ce soir, une fois encore, Alexis Tsipras argumente avec m\u00e9thode. D\u2019une \u00e9loquence sans emphase, il n\u2019a pas la faconde d\u2019un Jean-Luc M\u00e9lenchon. Exit les poncifs journalistiques qui appellent abusivement Tsipras le &#8220;M\u00e9lenchon grec&#8221;. Son style\u2009? Celui d\u2019un mec normal. D\u2019ailleurs m\u00eame son apparence est ordinaire. Il ressemble \u00e0 beaucoup des jeunes hommes d\u2019aujourd\u2019hui, cheveux courts, allure sportive, sourire un peu timide. Il circule en moto et ne porte pas de cravate. Malgr\u00e9 l\u2019affluence des grands jours, celle des militants et des journalistes, le leader de la gauche radicale est d\u2019un calme olympien, un calme dont il a su faire une marque de fabrique. Ton neutre, ma\u00eetrise de soi et amabilit\u00e9 courtoise font d\u00e9sormais partie du personnage. \u00c9gal \u00e0 lui-m\u00eame en toutes circonstances, la for\u00eat de micros et cam\u00e9ras qu\u2019il ne manque pas de provoquer \u00e0 chacun de ses d\u00e9placements en France ne semble pas vraiment l\u2019impressionner. Il maintient d\u2019ailleurs ses distances avec les m\u00e9dias, triant sur le volet et selon des crit\u00e8res myst\u00e9rieux les deux ou trois journalistes qui pourront lui parler lors de son passage \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>En plus d\u2019\u00eatre normal Alexis Tsipras serait sympa. C\u2019est en tout cas ainsi que le voit Philippe Marli\u00e8re auteur de <em>La Gauche radicale en Europe<\/em> (\u00e9d. du Croquant)\u2009: <em>\u00ab\u202fIl est authentiquement chaleureux et sympathique.\u202f\u00bb \u00ab\u202fTsipras\u2009? You get what you see, <\/em> anglicise Stathis Kouvelakis, enseignant chercheur en philosophie politique et proche d\u2019Alexis Tsipras.<em> Il a l\u2019air simple et gentil\u2009? Il est simple et gentil. Il n\u2019est pas pompeux comme bien d\u2019autres dans la vie politique grecque et fran\u00e7aise o\u00f9 le moindre dirigeant, f\u00fbt-il de la gauche radicale, se comporte parfois comme un petit marquis. Il poss\u00e8de des qualit\u00e9s humaines tr\u00e8s inhabituelles pour un homme politique. Il est facile d\u2019acc\u00e8s et il a une grande capacit\u00e9 d\u2019\u00e9coute qui tranche avec nombre de repr\u00e9sentants politiques. Certains lui en font m\u00eame parfois le reproche arguant qu\u2019il est trop souple ou trop influen\u00e7able.\u202f\u00bb<\/em><\/p>\n<h2>Un grec moderne<\/h2>\n<p>R\u00e9sumons. Sympa, normal, gentil. Le gendre id\u00e9al en quelque sorte. Mais comment est-il parvenu \u00e0 se faire un nom qui claque comme une menace pour les argentiers europ\u00e9ens\u2009? Il ne porte pourtant pas un patronyme c\u00e9l\u00e8bre qui ouvre les portes. Il n\u2019est pas issu d\u2019une dynastie politique comme la Gr\u00e8ce aime \u00e0 en assurer la p\u00e9rennit\u00e9. Il tranche m\u00eame avec la vieille classe politique, bien loin des caciques dinosoresques du Pasok, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 desquels Hollande est un symbole de modernit\u00e9. <em>\u00ab\u202fLe Pasok appara\u00eet aujourd\u2019hui compl\u00e8tement hors-sol, <\/em> confirme Philippe Marli\u00e8re. <em>C\u2019est un parti de notables coup\u00e9s des r\u00e9alit\u00e9s.\u202f\u00bb<\/em> Lui ne vient pas de ce milieu ferm\u00e9. Son p\u00e8re est un entrepreneur du b\u00e2timent et il m\u00e8ne une jeunesse ath\u00e9nienne ni cossue ni pauvre. Il fait des \u00e9tudes d\u2019ing\u00e9nieur et commence sa vie professionnelle dans l\u2019entreprise de papa. Mais il avait d\u00e9j\u00e0 bu le calice de la passion politique. N\u00e9 quatre jours apr\u00e8s la chute des colonels, en juillet\u202f 1974, il grandit dans le chaudron des d\u00e9bats politiques. Comme beaucoup de jeunes grecs c\u2019est au lyc\u00e9e qu\u2019il se pique de combat d\u2019id\u00e9es. Il adh\u00e8re \u00e0 la jeunesse communiste. <em>\u00ab\u202fIl est \u00e0 l\u2019image de son parcours, <\/em> analyse Philippe Marli\u00e8re. <em>La matrice est communiste, \u00e0 laquelle il a ajout\u00e9 des probl\u00e9matiques contemporaines telles que le f\u00e9minisme et l\u2019environnement.\u202f\u00bb <\/em> <\/p>\n<p>Quand la crise a commenc\u00e9 \u00e0 frapper durement son pays, il s\u2019est investi dans le mouvement des Places. Avec toute une g\u00e9n\u00e9ration il a occup\u00e9 Syntagma, la grande place centrale d\u2019Ath\u00e8nes face au parlement grec pour s\u2019opposer \u00e0 la purge d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et exiger une d\u00e9mocratie directe. <em>\u00ab \u202fAujourd\u2019hui, c\u2019est toute une population qui se radicalise et se trouve s\u00e9duite par Alexis Tsipras. En un mot, il est moderne. Ne serait-ce que par son tr\u00e8s jeune \u00e2ge. Acc\u00e9der \u00e0 de telles responsabilit\u00e9s si jeune est impensable \u202f\u00bb<\/em>, poursuite Philippe Marli\u00e8re. Il prend la t\u00eate de Syriza \u00e0 37 ans et devient le plus jeune dirigeant de parti jamais d\u00e9sign\u00e9 en Gr\u00e8ce. <em>\u00ab\u202f Syriza a longtemps \u00e9t\u00e9 un parti de jeunes, plut\u00f4t urbains, <\/em> analyse Stathis Kouvelakis. <em>La nouveaut\u00e9, c\u2019est que les actifs des villes ont d\u00e9sert\u00e9 le Pasok pour se tourner vers Syriza. Hier encore dominant, le Pasok est aujourd\u2019hui r\u00e9duit \u00e0 l\u2019\u00e9tat de groupuscule.\u202f \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Alexis Tsipras \u00e9tait l\u00e0 au bon moment. Il lui fallait une qualit\u00e9 en plus. Une qualit\u00e9 en or\u2009: la t\u00e9nacit\u00e9. <em>\u00ab\u202fElle est remarquable\u202f\u00bb<\/em>, assure Pierre Laurent, pr\u00e9sident du Parti de la gauche europ\u00e9enne, et h\u00f4te d\u2019Alexis Tsipras au si\u00e8ge du Parti communiste. Il lui en fallait pour unir la grande diversit\u00e9 des forces en pr\u00e9sence. Syriza est b\u00e2ti sur une coalition de traditions politiques diff\u00e9rentes, du trotskysme au centre-gauche. Entre la ligne dite r\u00e9aliste, repr\u00e9sent\u00e9e principalement par les \u00e9conomistes de Syriza et la ligne la plus radicale, Alexis Tsipras marche sur un fil. Mais l\u2019\u00e9quilibre fonctionne. Encore marginal il y a cinq ans, il est aujourd\u2019hui aux portes du pouvoir. En octobre\u202f 2009, Syriza ne r\u00e9unit que 4,6\u202f% des \u00e9lecteurs et 13 d\u00e9put\u00e9s \u00e0 la Vouli, le parlement grec. Le 6\u202f mai 2012, lors des l\u00e9gislatives anticip\u00e9es, Syriza fait une perc\u00e9e et rafle 16,8\u202f% des suffrages et 52 si\u00e8ges \u00e0 la Vouli jusqu\u2019\u00e0 atteindre en juin dernier 26,9\u202f% et 71 d\u00e9put\u00e9s.<\/p>\n<h2>Une aura internationale<\/h2>\n<p>\u00c0 un peuple \u00e0 genoux, il promet un coup d\u2019arr\u00eat aux politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, un changement de statut de la Banque centrale europ\u00e9enne et une annulation partielle de la dette. En d\u2019autres termes, on rebat les cartes et on propose un \u00ab\u202fNew deal\u202f\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne permettant de faire red\u00e9marrer la croissance. Son ennemi principal est aussi devenu celui d\u2019une majorit\u00e9 de Grecs. Il porte le nom de Memorandum, cet accord pass\u00e9 entre le gouvernement grec et ses cr\u00e9anciers de l\u2019Union europ\u00e9enne et du FMI. En \u00e9change d\u2019un pr\u00eat de 130 \u202fmilliards d\u2019euros, la Gr\u00e8ce s\u2019engage \u00e0 r\u00e9duire ses d\u00e9penses. \u00c0 Bruxelles, on appelle \u00e7a un assainissement de la situation financi\u00e8re, dans la vie quotidienne grecque, une asphyxie organis\u00e9e. Et si la Gr\u00e8ce se voyait refuser un all\u00e9gement de la dette\u2009? <em>\u00ab\u202fNous n\u2019h\u00e9siterions pas \u00e0 interrompre les remboursements du pays, si c\u2019est n\u00e9cessaire pour assurer les besoins de l\u2019\u00e9conomie et de la soci\u00e9t\u00e9 grecque\u202f\u00bb<\/em>, r\u00e9pond Tsipras.<em> Mais je ne pense pas que cela arrivera.\u202f\u00bb<\/em> Espoir et fermet\u00e9, telles semblent \u00eatre les bases de son succ\u00e8s. <em>\u00ab\u202fLes Grecs n\u2019attendent pas d\u2019Alexis Tsipras une r\u00e9volution, <\/em> expose Vangelis Goulas, responsable de Syriza France.<em> Mais ils savent qu\u2019il est le seul capable de changer la donne concr\u00e8tement pour eux. Nous vivons en Gr\u00e8ce dans un climat terrible. En l\u2019espace de trois ans, nous avons recul\u00e9 de plusieurs d\u00e9cennies, en termes de droits sociaux, de libert\u00e9s syndicales, de droits de l\u2019Homme ou encore de libert\u00e9 de la presse.\u202f\u00bb<\/em> Alexis Tsipras donne confiance\u2009: <em>\u00ab\u202fIl n\u2019est pas l\u00e0 pour faire de la figuration et entend prendre le pouvoir\u202f\u00bb<\/em>, aime \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter ce militant de Syriza.<\/p>\n<p>C\u2019est donc Alexis Tsipras, 39 ans, \u00e0 la t\u00eate d\u2019un parti en pleine croissance, Syriza, que la gauche radicale europ\u00e9enne a choisi pour porter ses couleurs au printemps prochain. Il sera candidat au poste de pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne. Pour Pierre Laurent, <em>\u00ab\u202fcette candidature marque une maturit\u00e9 de la gauche europ\u00e9enne et signe la prise de conscience que le combat pour la transformation se joue \u00e0 l\u2019\u00e9chelon europ\u00e9en\u202f\u00bb<\/em>. Pour Martine Billard, copr\u00e9sidente du Parti de gauche, \u00ab\u202fcette candidature est un \u00e9v\u00e9nement important. Elle peut produire un appel d\u2019air. C\u2019est un espoir pour la Gr\u00e8ce, mais aussi pour l\u2019Europe enti\u00e8re. L\u2019objectif est de cr\u00e9er une dynamique de r\u00e9sistance\u202f\u00bb.<\/p>\n<p>Cette fois encore le timing est bon. Alexis Tsipras a besoin d\u2019entrem\u00ealer le combat europ\u00e9en et le combat grec. La tenue en mai des \u00e9lections europ\u00e9ennes co\u00efncidera en Gr\u00e8ce avec celles des municipales et des r\u00e9gionales. Elles auront valeur de test. Alexis Tsipras y voit <em>\u00ab\u202fun v\u00e9ritable r\u00e9f\u00e9rendum contre le gouvernement du memorandum et de la subordination\u202f\u00bb<\/em>. C\u2019est pour lui une \u00e9tape vers l\u2019obtention d\u2019\u00e9lections l\u00e9gislatives anticip\u00e9es en mai\u202f2015 o\u00f9 il compte bien que Syriza sorte en t\u00eate. Alors, son leader entrerait \u00e0 la Villa Maximos, <\/p>\n<h2>Le Matignon Grec<\/h2>\n<p>Cette candidature \u00e0 la Commission europ\u00e9enne lui permettra de gagner les galons internationaux qui lui font encore d\u00e9faut pour gravir les marches de Maximos. Depuis sa tourn\u00e9e europ\u00e9enne, Alexis Tsipras lance aussi un message \u00e0 ses compatriotes\u2009: l\u2019\u00e9chelle internationale ne l\u2019impressionne pas. Il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 sortir du d\u00e9bat grec et \u00e0 entrer dans l\u2019ar\u00e8ne europ\u00e9enne. Profitant de son s\u00e9jour en France, il d\u00e9coche quelques fl\u00e8ches \u00e0 Fran\u00e7ois Hollande : <em>\u00ab\u202fLes socialistes rejettent leurs mandats progressistes et sont avec Madame Merkel les \u201cco-managers\u201d du consensus n\u00e9olib\u00e9ral.\u202f\u00bb<\/em> Fran\u00e7ois Hollande n\u2019appr\u00e9cie pas. Il n\u2019a pas daign\u00e9 le recevoir. <em>\u00ab\u202fPour les socialistes fran\u00e7ais voir le Pasok mourir et voir une gauche radicale prendre sa rel\u00e8ve doit \u00eatre tr\u00e8s d\u00e9stabilisant. Je crois qu\u2019Alexis Tsipras g\u00eane les socialistes fran\u00e7ais, <\/em> commente Stathis Kouvelakis.<em> Ce qui se passe en Gr\u00e8ce pourrait se passer en France.\u202f\u00bb<\/em><\/p>\n<p>La dialectique entre le niveau national et europ\u00e9en, Alexis Tsipras commence \u00e0 bien la manier. Europ\u00e9en convaincu, il \u00e9carte une possible sortie de l\u2019euro et affirme que seul le refus de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 permettrait \u00e0 l\u2019Europe de rester soud\u00e9e. Angela Merkel est, dit-il en substance, dans le camp des anti-europ\u00e9ens. Ce point de vue pro-europ\u00e9en, il l\u2019articule avec la d\u00e9fense de son peuple \u00e0 qui il propose de retrouver sa part de souverainet\u00e9, d\u2019\u00eatre \u00e0 nouveau acteur du destin du pays et pas seulement de le subir. <em>\u00ab\u202fLe pays est pris dans l\u2019\u00e9tau de la Tro\u00efka, d\u00e9crit Stathis Kouvelakis. C\u2019est maintenant un pays sous surveillance.\u202f\u00bb \u00ab\u202fSe d\u00e9gager de la pression de la Tro\u00efka permettra d\u2019aider vraiment la population qui doit aujourd\u2019hui faire face \u00e0 une crise humanitaire,<\/em> affirme Vangelis Goulas. <em>Dans l\u2019approche de Syriza, la dette n\u2019est pas simplement un probl\u00e8me grec. La solution ne peut qu\u2019\u00eatre solidaire et la ren\u00e9gociation l\u2019objet d\u2019une conf\u00e9rence pan-europ\u00e9enne.\u202f\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Mais en faisant quel compromis\u2009? La question agite la gauche radicale grecque. Philippe Marli\u00e8re se souvient de son passage \u00e0 Londres, il y a un an. Alexis Tsipras faisait alors un discours devant un parterre de d\u00e9cideurs \u00e0 la London Shools of economics\u2009: <em>\u00ab\u202fSelon moi, il a op\u00e9r\u00e9 un recentrage \u00e0 ce moment-l\u00e0, <\/em> pr\u00e9cise Philippe Marli\u00e8re. <em>J\u2019ai trouv\u00e9 qu\u2019il avait liss\u00e9 son discours et s\u2019\u00e9cartait du lexique traditionnel de la gauche radicale.\u202f\u00bb<\/em> \u00c0 l\u2019annulation pure et simple de la dette, il substitue la \u00ab\u202fren\u00e9gociation de la dette\u202f\u00bb. Peu apr\u00e8s, Alexis Tsipras s\u2019envole pour Washington. Il fait un discours devant la Brooking Institution, un think tank lib\u00e9ral\u2009: <em>\u00ab\u202fJ\u2019esp\u00e8re vous avoir convaincu que je ne suis pas aussi dangereux que certains ne le pensent\u202f\u00bb<\/em>, dit-il en conclusion. La phrase reste en travers de la gorge des plus \u00e0 gauche de la coalition qui justement, entend bien \u00eatre dangereuse pour le capitalisme.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u202fLa partie est tendue, <\/em> estime Stathis Kouvelakis, <em>car Alexis Tsipras doit montrer qu\u2019il est pr\u00eat \u00e0 prendre le pouvoir tout en n\u2019abandonnant pas le cr\u00e9neau de la radicalit\u00e9. Il ne doit pas oublier que c\u2019est ce cr\u00e9neau-l\u00e0 qui a permis son succ\u00e8s.\u202f\u00bb <\/em> Tout en sachant que, si les \u00e9lecteurs attendent un changement, souhaitent-ils pour autant une rupture\u2009? Un r\u00e9cent sondage publi\u00e9 en Gr\u00e8ce r\u00e9v\u00e8le que 75\u202f% des \u00e9lecteurs de la gauche radicale pensent que Tsipras ne reviendra pas sur le Memorandum. <em>\u00ab\u202fOn n\u2019est pas aujourd\u2019hui en Gr\u00e8ce dans le romantisme des lendemains qui chantent,<\/em> explique Stathis Kouvelaki. <em>C\u2019est un peuple \u00e0 genoux chez qui l\u2019id\u00e9e pr\u00e9vaut aujourd\u2019hui qu\u2019il faut essayer la gauche radicale de Syriza.\u202f\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Si le succ\u00e8s politique est l\u2019affaire d\u2019une rencontre r\u00e9ussie entre un homme, un peuple et une \u00e9poque, Alexis Tsipras a toutes les chances d\u2019\u00eatre au rendez-vous.<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-7732 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/regards-printemps-180-3b0.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/regards-printemps-180-3b0-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"regards-printemps-180.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous avons publi\u00e9 ce long portrait d&#8217;Alexis Tsipras dans le num\u00e9ro de Regards au printemps 2014, alors que le leader de Syriza briguait la pr\u00e9sidence de la Commission europ\u00e9enne.<\/p>\n","protected":false},"author":569,"featured_media":20269,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[352,480,420,478],"class_list":["post-7732","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-web","tag-europe","tag-europeennes-2014","tag-grece","tag-syriza"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7732","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/569"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7732"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7732\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/20269"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7732"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7732"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7732"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}