{"id":7497,"date":"2014-02-21T10:32:25","date_gmt":"2014-02-21T09:32:25","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/vive-la-crise-une-fable-de-trente7497\/"},"modified":"2023-06-23T23:16:43","modified_gmt":"2023-06-23T21:16:43","slug":"vive-la-crise-une-fable-de-trente7497","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=7497","title":{"rendered":"&#8220;Vive la crise !&#8221;, une fable de trente ans"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Le 22 f\u00e9vrier 1984, Yves Montand m\u00e8ne un show t\u00e9l\u00e9visuel qui pr\u00eache le renoncement aux &#8220;privil\u00e8ges&#8221; ainsi qu&#8217;aux &#8220;id\u00e9ologies&#8221;, et entend botter les fesses des Fran\u00e7ais pour les pr\u00e9cipiter dans l&#8217;avenir. M\u00eame si \u00e7a fait un peu mal, on vous remet devant Antenne 2, ce soir-l\u00e0.<\/p>\n<p>Il faut bien l&#8217;avouer : il est bon et il porte beau. Mince, son habituel phras\u00e9 chuintant, le regard cam\u00e9ra assur\u00e9, la pose de trois-quarts, une pointe de cabotinage&#8230; Le com\u00e9dien et chanteur ex\u00e9cute parfaitement son texte dans cette <em>\u00ab \u00e9mission racont\u00e9e par Yves Montand \u00bb<\/em> sur Antenne 2, annonc\u00e9e \u00e0 grand bruit et accompagn\u00e9e d&#8217;un hors-s\u00e9rie du quotidien <em>Lib\u00e9ration<\/em>. Notre monsieur Loyal promet que <em>\u00ab si l&#8217;on raconte la crise, cela devient aussi passionnant qu&#8217;un film \u00bb<\/em>. <em>Vive la crise !<\/em> bat des records d&#8217;audience, et marque un moment majeur des ann\u00e9es 80 : celui d&#8217;un immense reniement.<\/p>\n<p>\u00c0 ce moment de la d\u00e9cennie, le pouvoir socialiste a pris le &#8220;tournant de la rigueur&#8221;, choisi de rester dans le syst\u00e8me mon\u00e9taire europ\u00e9en. En 1983, la croissance est presque nulle, le seuil de deux millions de ch\u00f4meurs est franchi. La crise dure depuis dix ans et il faut convaincre les Fran\u00e7ais que rien ne peut plus \u00eatre comme avant. <\/p>\n<p><strong><em>\u00ab Les id\u00e9ologies, c&#8217;est de la blague \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Pour \u00e9vang\u00e9liser les masses, la t\u00e9l\u00e9vision est donc mise \u00e0 contribution : ce 22 f\u00e9vrier, l&#8217;\u00e9mission sp\u00e9ciale commence par un flash d&#8217;information pr\u00e9sent\u00e9 par Christine Ockrent, qui annonce une s\u00e9rie de mesures visant \u00e0 r\u00e9duire l&#8217;aggravation des d\u00e9ficits publiques : d\u00e9remboursements de m\u00e9dicaments, suppressions d&#8217;allocations familiales, baisse des indemnisations ch\u00f4mage et des retraites&#8230; <em>\u00ab Rassurez-vous, cela n&#8217;est pas vrai. Ce flash est un faux, et ces nouvelles sont imaginaires \u00bb<\/em>, encha\u00eene Yves Montand, qui pointe le t\u00e9l\u00e9spectateur du doigt :<em> \u00ab Mais avouez que vous avez eu peur. Car dans le fond, ces mesures sonnent vrai, et elles donnent une id\u00e9e de ce qui nous attend si la crise s&#8217;aggrave. \u00bb <\/em> <\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" frameborder=\"0\" width=\"460\" height=\"259\" src=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/embed\/video\/xnhou?logo=0&#038;info=0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Jalonn\u00e9e de s\u00e9quences de documentaire-fiction, sc\u00e9naris\u00e9e par le journaliste Jean-Claude Guillebaud, l&#8217;\u00e9mission donne dans la vulgarisation \u00e9conomique et repose essentiellement sur le livre <em>Le Pari fran\u00e7ais<\/em> de Michel Albert, ancien commissaire au Plan. Cet ap\u00f4tre de la croissance et du commerce ext\u00e9rieur, th\u00e9oricien de ce qu&#8217;on n&#8217;appelle pas encore les d\u00e9localisations, est l&#8217;invit\u00e9 principal des s\u00e9quences de plateau. Car l&#8217;expert \u00e9conomique fait d\u00e9sormais autorit\u00e9. On le reconna\u00eet d\u00e9j\u00e0 \u00e0 son ton docte, empreint de condescendance : la politique n&#8217;a plus lieu d&#8217;\u00eatre, elle doit faire all\u00e9geance. De droite ou de gauche, les politiques anciennes n&#8217;ont plus cours. <em>\u00ab Les recettes politiques ne marchent plus \u00bb<\/em>, nous dit Montand, qui enfoncera le clou plus tard : <em>\u00ab Les gens de condition modeste (&#8230;) ils sentent tr\u00e8s bien que ce n&#8217;est pas les id\u00e9ologies quelles qu&#8217;elles soient qui peuvent r\u00e9soudre les probl\u00e8mes, on sait tr\u00e8s bien que c&#8217;est de la blague aujourd&#8217;hui, dieu merci, ils commencent \u00e0 comprendre \u00e7a. \u00bb <\/em> <\/p>\n<p><strong><em>Cesser de se plaindre<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Parfois badin, le propos oscille cependant entre dramatisation et culpabilisation. La crise est grave, et elle est de notre faute. La faute des &#8220;privil\u00e8ges&#8221;. <em>\u00ab Le pays profite malgr\u00e9 certaines in\u00e9galit\u00e9s de privil\u00e8ges incroyables. Le probl\u00e8me, c&#8217;est que ces privil\u00e8ges, nous y sommes tellement habitu\u00e9s que nous ne les remarquons plus. \u00bb<\/em> Cessez de vous plaindre, voil\u00e0 le premier message. Une touriste russe en visite \u00e0 Paris \u00e9crit \u00e0 sa famille: <em>\u00ab Des crises comme \u00e7a, on en voudrait bien chez nous. \u00bb<\/em> Mme Lambert, repr\u00e9sentante de la classe moyenne, d\u00e9crit ses conditions de vie dans les ann\u00e9es cinquante et soixante. La crise des ann\u00e9es 30, c&#8217;\u00e9tait autre chose que la n\u00f4tre et en comparaison, <em>\u00ab certaines de nos revendications pourraient faire sourire \u00bb<\/em> [[Co\u00efncidence troublante, l&#8217;image montr\u00e9e au moment de ces propos est celle du cort\u00e8ge (pas tout \u00e0 faire reconnaissable de prime abord) de la Marche pour l&#8217;\u00e9galit\u00e9 et contre le racisme qui s&#8217;est achev\u00e9e deux mois plus t\u00f4t.]].<em> Tout le monde r\u00e9clame. Le treizi\u00e8me, le quatorzi\u00e8me, quelques fois le dix-septi\u00e8me mois. La s\u00e9curit\u00e9 de l&#8217;emploi, davantage de vacances&#8230; Parfois on a raison, mais souvent on exag\u00e8re. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/vive-la-crise-fonctionnaire.jpg\" alt=\"vive-la-crise-fonctionnaire.jpg\" align=\"center\" \/><\/p>\n<p>Sont renvoy\u00e9s dos \u00e0 dos : un radioth\u00e9rapeute qui d\u00e9crit la baisse de revenus l&#8217;ayant contraint \u00e0 renoncer \u00e0 son <em>\u00ab employ\u00e9e de maison \u00bb<\/em>, un \u00e9lectricien EDF qui tient \u00e0 ses avantages en nature, un fonctionnaire se plaignant d&#8217;un d\u00e9m\u00e9nagement dans une tour \u00e0 air conditionn\u00e9. Les effets de la crise seraient donc d\u00e9risoires sur les Fran\u00e7ais, mais c&#8217;est pour mieux dire que le pays se trouve <em>\u00ab au d\u00e9but d&#8217;une maladie \u00bb<\/em> bien plus grave. Les Trente glorieuses sont finies, et elles ne peuvent plus nous permettre de vivre \u00e0 cr\u00e9dit : <em>\u00ab Maintenant, il va falloir payer. Cessons donc de r\u00eaver, parce qu&#8217;effectivement, c&#8217;est grave. \u00bb <\/em> <\/p>\n<p><strong><em>\u00ab Devenir une esp\u00e8ce d&#8217;Afghanistan \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Le terme n&#8217;a pas encore cours, mais on a l&#8217;impression d&#8217;entendre parler de mondialisation, avec ces Japonais capables de fabriquer des calculettes par millions. La rh\u00e9torique du d\u00e9clin fait \u00e9cho \u00e0 un discours profond\u00e9ment anxiog\u00e8ne. <em>\u00ab L&#8217;Europe est peut-\u00eatre en voie de sous-d\u00e9veloppement \u00bb, \u00ab en train de rater la troisi\u00e8me r\u00e9volution industrielle \u00bb<\/em>, au point <em>\u00ab de devenir \u00e0 tous \u00e9gards une esp\u00e8ce d&#8217;Afghanistan \u00bb,<\/em> affirme Michel Albert. <em>\u00ab Nous sommes bel et bien condamn\u00e9s \u00e0 ne plus nous enrichir. Et peut-\u00eatre, bient\u00f4t, \u00e0 nous appauvrir. \u00bb<\/em> Sur le mode de la politique-fiction, on imagine que le Mexique refuse de payer sa dette et d\u00e9clenche une crise mondiale. <em>\u00ab Six mois plus tard, la France compte neuf millions de ch\u00f4meurs. \u00bb<\/em> En guest star, Denis Kessler fait de la figuration pour fustiger&#8230; la vision n\u00e9olib\u00e9rale des \u00c9tats-Unis et des banques am\u00e9ricaines. Et voici Alain Minc, onctueux et l&#8217;\u0153il p\u00e9tillant, pour pond\u00e9rer ce sc\u00e9nario, mais promettre <em>\u00ab un 1929 ralenti \u00bb<\/em>. L&#8217;auteur de <em>L\u2019Apr\u00e8s-crise est commenc\u00e9<\/em> est, comme Albert, membre de la Fondation Saint-Simon.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-19843\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/vive-la-crise-albert-minc-e9c.jpg\" alt=\"vive-la-crise-albert-minc.jpg\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"177\" srcset=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/vive-la-crise-albert-minc-e9c.jpg 460w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/vive-la-crise-albert-minc-e9c-300x115.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px\" \/><\/p>\n<p>Alors que la France conna\u00eet <em>\u00ab une grande temp\u00eate \u00bb<\/em> dans laquelle nos gouvernements <em>\u00ab ne savent plus piloter \u00bb<\/em>, trois <em>\u00ab rem\u00e8des miracles \u00bb<\/em> contre le ch\u00f4mage sont discr\u00e9dit\u00e9s par des reportages fictifs : faire partir les immigr\u00e9s (les rues sont jonch\u00e9es d&#8217;ordures non ramass\u00e9es, les usines d\u00e9sert\u00e9es par leurs OS), fermer les fronti\u00e8res (la France est isol\u00e9e, les consommateurs en font les frais, un contrebandier se r\u00e9jouit), engager davantage de fonctionnaires (l&#8217;augmentation des imp\u00f4ts entra\u00eene de nouveaux licenciements). On tient l\u00e0 un coupable : le fonctionnaire, ex\u00e9cut\u00e9 par un raccourci saisissant : <em>\u00ab Depuis dix ans, la part du revenu pr\u00e9lev\u00e9 par l&#8217;\u00c9tat sous forme d&#8217;imp\u00f4ts et de cotisations sociales est mont\u00e9e \u00e0 pr\u00e8s de 50%. Cet argent sert pour une grande part \u00e0 financer les salaires de la fonction publique, mais cet argent a fait d\u00e9faut aux entreprises. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong><em>Philippe de Villiers, l&#8217;homme du futur<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Vient le morceau de bravoure. Le 23 f\u00e9vrier&#8230; 2014, l&#8217;historien Henri Amouroux d\u00e9crit la faillite des syst\u00e8mes de protection sociale et l&#8217;effondrement d\u00e9mocratique qui a r\u00e9sult\u00e9 de l&#8217;effondrement \u00e9conomique. En 1990, <em>\u00ab c&#8217;est la r\u00e9alit\u00e9 de l&#8217;\u00c9tat-providence qui s&#8217;effondre \u00bb <\/em> : ch\u00f4mage, ins\u00e9curit\u00e9, guerre civile, retour au Moyen-\u00c2ge. Ironique mais accompagn\u00e9e d&#8217;une musique angoissante \u00e0 la John Carpenter, la s\u00e9quence suivante pr\u00e9sente la troisi\u00e8me guerre mondiale comme une \u00e9ventualit\u00e9. Alors, comment s&#8217;en sortir, \u00e0 d\u00e9faut d&#8217;en sortir puisque la crise est une fatalit\u00e9 ? <em>\u00ab La crise est une chance, c&#8217;est un peu comme un accouchement. \u00bb<\/em> <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/vive-la-crise-amouroux-de-villiers.jpg\" alt=\"vive-la-crise-amouroux-de-villiers.jpg\" align=\"center\" \/><\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9mission \u00e9gr\u00e8ne les success stories. Celle d&#8217;Annette Roux, <em>\u00ab samoura\u00ef vend\u00e9enne \u00bb<\/em> et PDG du constructeur de bateaux Beneteau, mais surtout de celui que Michel Albert pr\u00e9sente comme un de ses camarades de promotion \u00e0 l&#8217;ENA, <em>\u00ab \u00e0 la fois l&#8217;homme de l&#8217;association, l&#8217;homme de la tradition et l&#8217;homme de l&#8217;ordinateur \u00bb<\/em>. Entre ici, Philippe de Villiers, organisateur du spectacle high tech du Puy du Fou avec son budget d&#8217;un milliard de centimes et ses b\u00e9n\u00e9fices r\u00e9investis. La Vend\u00e9e peut \u00eatre notre Californie, les loisirs, la culture, la communication et les nouvelles technologies notre planche de salut. Et puis, il nous reste l&#8217;Europe. D&#8217;ailleurs, revoil\u00e0 Christine Ockrent pour pr\u00e9senter Margaret Thatcher en pr\u00e9sidente des \u00c9tats-Unis d&#8217;Europe re\u00e7ue par Ronald Reagan \u00e0 la Maison Blanche. Les autres sujets de son JT sont \u00e0 l&#8217;avenant : le succ\u00e8s commercial de la traducette, outil indispensable pour communiquer dans des langues diff\u00e9rentes, la soci\u00e9t\u00e9 BIOP, conglom\u00e9rat informatique europ\u00e9en qui en remontre \u00e0 IBM, le Vinicola,<em> \u00ab la boisson la plus consomm\u00e9e dans le monde, savant coupage de tous les vins europ\u00e9ens \u00bb<\/em>&#8230; <\/p>\n<p><strong><em>\u00ab On aura ce qu&#8217;on m\u00e9rite \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Si l&#8217;\u00e9mission a pu parfois laisser un doute sur ses intentions, la conclusion d&#8217;Yves Montand le l\u00e8ve. Cette fois, il ne cache plus son \u00e9nervement, il morig\u00e8ne le t\u00e9l\u00e9spectateur et son index se fait accusateur, point\u00e9 sur ceux qu&#8217;on n&#8217;appelle pas encore des assist\u00e9s. <em>\u00ab Voyez-vous, je ne sais si nous vous avons convaincus. Mais moi je retiens une id\u00e9e de tout \u00e7a. C&#8217;est que finalement tout ce qu&#8217;on peut dire ou tout ce qu&#8217;on peut faire, en d\u00e9finitive, c&#8217;est vous, et vous seuls, qui trouverez la solution. Y a pas de sauveur supr\u00eame, y a pas de super ca\u00efd, y a pas de superman. C&#8217;est vous, prenez-vous par la main, sachez ce que vous voulez, demandez-le, voyons ce qu&#8217;on peut faire, et avancez ! Ou on aura la crise, ou on sortira de la crise, mais dans les deux cas, on aura ce qu&#8217;on m\u00e9rite. \u00bb<\/em> <\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"460\" height=\"345\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/opxo-AHhBDQ?rel=0\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>La politique pr\u00e9conis\u00e9e dans<em> Vive la crise !<\/em> nous a inflig\u00e9 ce qu&#8217;elle pr\u00e9tendait nous \u00e9pargner \u2013 m\u00eame si ses partisans diront, aujourd&#8217;hui, que c&#8217;est parce qu&#8217;on ne l&#8217;a pas pouss\u00e9e assez loin. Cette heure et demie qui pr\u00e9tendait sonner la fin des id\u00e9ologies en imposait une autre sous couvert de pragmatisme \u00e9conomique, de responsabilisation individuelle, d&#8217;exhortation \u00e0 renoncer aux \u00ab privil\u00e8ges \u00bb, ringardisant la politique d&#8217;avant et les mouvements sociaux. Ce que Pierre Rimbert appellera la<em> \u00ab p\u00e9dagogie de la soumission \u00bb<\/em> est en marche. Les ann\u00e9es \u00e0 venir vont remplir les cases lexicales vacantes : mondialisation, d\u00e9localisations, assistanat, &#8220;charges&#8221; sociales, etc. Et trente ans apr\u00e8s, la crise est encore bien vivante.<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-7497 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/vive-la-crise-liberation-edd.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/vive-la-crise-liberation-edd-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"vive-la-crise-liberation.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/vive-la-crise-albert-minc-305.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/vive-la-crise-albert-minc-305-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"vive-la-crise-albert-minc.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 22 f\u00e9vrier 1984, Yves Montand m\u00e8ne un show t\u00e9l\u00e9visuel qui pr\u00eache le renoncement aux &#8220;privil\u00e8ges&#8221; ainsi qu&#8217;aux &#8220;id\u00e9ologies&#8221;, et entend botter les fesses des Fran\u00e7ais pour les pr\u00e9cipiter dans l&#8217;avenir. M\u00eame si \u00e7a fait un peu mal, on vous remet devant Antenne 2, ce soir-l\u00e0.<\/p>\n","protected":false},"author":1188,"featured_media":19843,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[],"class_list":["post-7497","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7497","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1188"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7497"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7497\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/19843"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7497"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7497"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7497"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}