{"id":7149,"date":"2013-10-25T11:47:48","date_gmt":"2013-10-25T09:47:48","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/une-alternative-de-gauche-est-elle7149\/"},"modified":"2023-06-23T23:15:49","modified_gmt":"2023-06-23T21:15:49","slug":"une-alternative-de-gauche-est-elle7149","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=7149","title":{"rendered":"Une alternative de gauche est-elle possible au Chili\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">A l\u2019approche des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et l\u00e9gislatives du 17 novembre, et alors que les mouvements sociaux de 2011-2012 ont largement influenc\u00e9 les d\u00e9bats de la campagne, une alternative de gauche peine \u00e0 se dessiner au Chili. <\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Les partis politiques au Chili ne valent pas un clou\u00a0\u00bb<\/em> (\u00ab\u00a0Ils valent des champignons\u00a0\u00bb, en argot Chilien dans le texte). \u00c1lvaro Ahumada San Mart\u00edn, \u00e9conomiste et vice-pr\u00e9sident de la Villa Grimaldi, une association chilienne de d\u00e9fense des Droits de l\u2019Homme, ne m\u00e2che pas ses mots. A l\u2019en croire, \u00e0 quelques semaines des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et l\u00e9gislatives, la tambouille \u00e9lectorale ne met pas en app\u00e9tit les citoyens chiliens aspirant \u00e0 une alternative de gauche. Les circonstances semblent pourtant favorables \u00e0 sa construction. <\/p>\n<h2>Une candidate-revenante pour des partis-fant\u00f4mes<\/h2>\n<p>Selon Carla Amtmann, ex-pr\u00e9sidente de la F\u00e9d\u00e9ration des Etudiants de l\u2019Universit\u00e9 Catholique de Valparaiso, <em>\u00ab\u00a0la droite politique, descendante de l\u2019\u00e8re dictatoriale, part battue\u00a0: le gouvernement de Pi\u00f1era\u00a0est parvenu \u00e0 un tel niveau d\u2019impopularit\u00e9 que son action n\u2019est soutenue que par 27% de la population\u00a0\u00bb<\/em>. La favorite est l\u2019ex-pr\u00e9sidente socialiste Michelle Bachelet (2006-2010), soutenue par une coalition \u2013 la \u00ab\u00a0Nouvelle Majorit\u00e9\u00a0\u00bb \u2013 qui va du Parti D\u00e9mocrate-Chr\u00e9tien au Parti Communiste. Cette candidature <em>\u00ab\u00a0ne repr\u00e9sente pas une alternative de gauche aux propositions n\u00e9olib\u00e9rales,<\/em> estime Carla Amtmann. <em>D\u2019apr\u00e8s les intentions de vote des magnats de l\u2019\u00e9conomie chilienne, Bachelet est m\u00eame la candidate de la droite \u00e9conomique, car elle peut lui assurer une gouvernementalit\u00e9 que Pi\u00f1era n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 garantir\u00a0\u00bb. <\/em> <\/p>\n<p>La popularit\u00e9 de la candidate cache mal l\u2019agonie des partis de gauche traditionnels qui la soutiennent: <em>\u00ab\u00a0Ils existent parce que Michelle Bachelet existe, explique \u00c1lvaro Ahumada. Elle a r\u00e9ussi \u00e0 gagner la confiance de grands pans de la population, mais il n\u2019en va pas de m\u00eame pour ces partis. Si elle n\u2019avait pas exist\u00e9, la gauche serait certainement an\u00e9antie aujourd\u2019hui, car elle l\u2019a \u00e9t\u00e9 de fait lorsqu\u2019elle a perdu les \u00e9lections contre Pi\u00f1era en 2010 \u00bb<\/em>. Face \u00e0 cette gauche virtuellement morte et post-id\u00e9ologique, quelles alternatives voient le jour\u00a0? <\/p>\n<h2>Sous la pression des mouvements sociaux<\/h2>\n<p><em>\u00ab\u00a0Cette \u00e9lection pr\u00e9sidentielle est tr\u00e8s diff\u00e9rente des pr\u00e9c\u00e9dentes\u00a0car les mobilisations sociales de ces derni\u00e8res ann\u00e9es obligent les candidats \u00e0 se prononcer sur des questions qu\u2019ils n\u2019abordaient pas auparavant, <\/em> se f\u00e9licite Carla Amtmann. <em>On leur demande s\u2019ils sont favorables ou non \u00e0 la gratuit\u00e9 de l\u2019\u00e9ducation, \u00e0 la r\u00e9daction d\u2019une nouvelle Constitution, ou encore \u00e0 la r\u00e9forme du syst\u00e8me de retraites\u00a0\u00bb<\/em>. Autre particularit\u00e9, c\u2019est la premi\u00e8re fois depuis la chute de la dictature qu\u2019autant de candidats (neuf au total) se pr\u00e9sentent. Parmi eux, Marcel Claude, qui se d\u00e9finit lui-m\u00eame comme un partisan de l\u2019\u00e9cosocialisme. <em>\u00ab\u00a0A travers sa candidature s\u2019est effectu\u00e9e l\u2019articulation d\u2019une partie des forces sociales qui se sont accumul\u00e9es depuis 2011\u00a0\u00bb<\/em>, soutient Carla Amtmann, qui est aussi la porte-parole du candidat. N\u00e9anmoins il reste tr\u00e8s minoritaire dans les intentions de vote. Et pour cause, l\u2019amplitude des candidatures traduit aussi l\u2019inexistence d\u2019un bloc des gauches unissant les diff\u00e9rents secteurs des \u00ab\u00a0d\u00e9\u00e7us\u00a0\u00bb de la Concertation (centre-gauche au pouvoir de 1990 \u00e0 2010). <\/p>\n<h2>Alliance improbable, transformation impossible<\/h2>\n<p>Le Parti Communiste, qui aurait pu impulser un tel mouvement, a fait le choix de s\u2019allier d\u00e8s le premier tour (pour la premi\u00e8re fois de son histoire) \u00e0 la Nouvelle Majorit\u00e9, dans l\u2019optique de faire pression de l\u2019int\u00e9rieur. L\u2019historien chilien Sergio Grez, sp\u00e9cialiste des mouvements populaires et du communisme au Chili, doute de la pertinence de cette strat\u00e9gie\u00a0: <em>\u00ab\u00a0On ne peut pas combattre le mod\u00e8le n\u00e9olib\u00e9ral en faisant une alliance avec des n\u00e9olib\u00e9raux, c\u2019est-\u00e0-dire avec les dirigeants de la Concertation, qui l\u2019ont tr\u00e8s bien g\u00e9r\u00e9 pendant vingt ans, affirme-t-il. C\u2019est une alliance contre-nature si l\u2019on veut continuer \u00e0 soutenir les revendications du mouvement \u00e9tudiant\u00a0\u00bb<\/em>. <em>\u00ab\u00a0[Cette alliance] est une grave erreur,<\/em> confirme Carla Amtman, <em>car on ne peut pas gauchiser la Concertation, et encore moins envisager des changements profonds si nous ne construisons pas une alternative de gauche qui est encore inexistante aujourd\u2019hui, alors que les conditions sont favorables\u00a0\u00bb<\/em>. Dans ces circonstances, comment combler le foss\u00e9 qui se creuse entre les mouvements sociaux en demande d\u2019une politique de gauche et les repr\u00e9sentants politiques\u00a0?  <\/p>\n<h2>Des \u00e9tudiants au Parlement<\/h2>\n<p>On n\u2019est jamais mieux servi que par soi-m\u00eame\u00a0: c\u2019est ce que semblent s\u2019\u00eatre dit plusieurs leaders du mouvement \u00e9tudiant de 2011, aujourd\u2019hui candidats aux \u00e9lections l\u00e9gislatives. Certains d\u2019entre eux ont des possibilit\u00e9s d\u2019\u00eatre \u00e9lus\u00a0: Camila Vallejo pour le Parti Communiste, Giorgio Jackson pour le mouvement R\u00e9volution D\u00e9mocratique, Francisco Figueroa et Gabriel Boric pour la Gauche Autonome. <em>\u00ab\u00a0Tous soutiennent des propositions politiques similaires \u2013 mais pas identiques \u2013, et s\u2019ils sont \u00e9lus il est probable qu\u2019ils g\u00e9n\u00e8rent une action favorable \u00e0 la construction d\u2019une gauche diff\u00e9rente, adapt\u00e9e au XXI\u00e8me si\u00e8cle, qui se nourrisse des exp\u00e9riences, et capable de repr\u00e9senter notre soci\u00e9t\u00e9 en pleine effervescence\u00a0\u00bb<\/em>, estime \u00c1lvaro Ahumada. La jeunesse est donc le moteur de la construction d\u2019une gauche alternative au Chili. <em>\u00ab\u00a0\u00catre jeune et ne pas \u00eatre r\u00e9volutionnaire est une contradiction presque biologique\u00a0\u00bb<\/em> disait Salvador Allende. Dont acte.<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-7149 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/montage-29f.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/montage-29f-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"montage.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019approche des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et l\u00e9gislatives du 17 novembre, et alors que les mouvements sociaux de 2011-2012 ont largement influenc\u00e9 les d\u00e9bats de la campagne, une alternative de gauche peine \u00e0 se dessiner au Chili. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":19227,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[320],"class_list":["post-7149","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-web","tag-amerique-latine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7149","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7149"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7149\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/19227"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7149"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7149"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7149"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}