{"id":7133,"date":"2013-10-22T10:08:36","date_gmt":"2013-10-22T08:08:36","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/theatre-pertubation-de-krystian7133\/"},"modified":"2013-10-22T10:08:36","modified_gmt":"2013-10-22T08:08:36","slug":"theatre-pertubation-de-krystian7133","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=7133","title":{"rendered":"Th\u00e9\u00e2tre, \u00ab\u00a0Pertubation\u00a0\u00bb de Krystian Lupa, d\u00e9s\u00e9quilibres en sc\u00e8ne\u2026"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Spectacle fleuve \u00e0 la virtuosit\u00e9 de jeu et la ma\u00eetrise sc\u00e9nique rares, <em>Perturbation<\/em> offre une plong\u00e9e puissante dans un univers domin\u00e9 par la d\u00e9solation et la d\u00e9tresse. <\/p>\n<p>Il y a des spectacles dont on sait qu&#8217;ils vont rester en m\u00e9moire longtemps, cheminant souterrainement, se r\u00e9v\u00e9lant progressivement comme ce qu&#8217;ils sont\u00a0: des \u0153uvres fortes, complexes, dont la charge vitale peut toucher au plus profond. C&#8217;est ce qui ressort \u00e0 la d\u00e9couverte de <em>Perturbation<\/em>, qui en travaillant formellement la notion de perturbation, use des d\u00e9tours et longueurs comme de leviers \u00e0 la puissance d&#8217;un texte. Dans ce qui constitue sa deuxi\u00e8me mise en sc\u00e8ne avec une \u00e9quipe fran\u00e7aise, le metteur en sc\u00e8ne polonais Krystian Lupa a choisi un \u00e9crit de Thomas Bernhardt, auteur qu&#8217;il affectionne et a d\u00e9j\u00e0 mont\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment. Partant d&#8217;un roman de jeunesse de l&#8217;\u00e9crivain autrichien, Lupa l&#8217;adapte librement et remod\u00e8le le r\u00e9cit pour le conformer aux n\u00e9cessit\u00e9s du plateau. Tout en en conservant son essence, \u00e0 savoir le d\u00e9ploiement implacable d&#8217;un d\u00e9s\u00e9quilibre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, m\u00e9taphore d&#8217;un pays gangren\u00e9. Ainsi, <em>Perturbation<\/em> raconte la tourn\u00e9e d&#8217;un m\u00e9decin de campagne accompagn\u00e9 de son fils, revenu quelques jours aupr\u00e8s de lui, dans des zones recul\u00e9es des Alpes autrichiennes. Une sensation de cul de sac \u00e9nonc\u00e9e par la sc\u00e9nographie o\u00f9 dominent, dans le d\u00e9cor de sc\u00e8ne comme dans les deux \u00ab\u00a0bo\u00eetes\u00a0\u00bb r\u00e9v\u00e9lant des chambres d\u00e9cr\u00e9pies aux papiers peints arrach\u00e9s, des anciennes ouvertures mur\u00e9es. C&#8217;est ce monde d&#8217;impasses et d&#8217;obliques que le jeune homme observe, se faisant, \u00e0 l&#8217;image de son adresse initiale \u00e0 la salle faite en bord de sc\u00e8ne, le premier et dernier spectateur de l&#8217;ensemble. Apr\u00e8s des visites \u00e0 plusieurs patients o\u00f9, outre l&#8217;impuissance patente du m\u00e9decin, se r\u00e9v\u00e8le la violence des pathologies \u2013 plus souvent psychiques que physiques \u2013, ils arrivent au ch\u00e2teau du Prince Saurau. L\u00e0, dans la vieille b\u00e2tisse enlis\u00e9e dans le souvenir de son pass\u00e9 fastueux se r\u00e9v\u00e8lent verbalement et sc\u00e9niquement la profondeur des troubles. Et tandis que la premi\u00e8re partie du spectacle d\u00e9roulait dans un mouvement r\u00e9gulier une alternance subtile du jeu et de la vid\u00e9o, allant ainsi d&#8217;une chambre, d&#8217;une famille et d&#8217;une pathologie \u00e0 l&#8217;autre, les deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me parties distordent temps et action. Nous voil\u00e0 dans les entrailles du ch\u00e2teau, l\u00e0 o\u00f9 plus rien ne bouge\u00a0: r\u00e9pondant \u00e0 l&#8217;exploration par Thomas Bernhardt des douleurs psychiques, Krystian Lupa, fouille, creuse et m\u00e9nage des espaces de jeu bas\u00e9s sur l&#8217;\u00e9tirement d&#8217;une parole. <\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" frameborder=\"0\" width=\"480\" height=\"270\" src=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/embed\/video\/x10kg56?foreground=FFFFFF&#038;highlight=FFF6D9&#038;background=666666\"><\/iframe><\/p>\n<p>\u00c0 la puissance et la grandeur m\u00e9taphysique des obsessions du vieil homme \u00e0 la logorrh\u00e9e infernale r\u00e9pondent les interminables babillages oiseux des deux duos g\u00e9mellaires. Mais au bout du compte, cet \u00e9puisement des corps et des paroles ne parviennent pas \u00e0 faire dispara\u00eetre les angoisses sourdes qui les tenaille tous, Saurau en t\u00eate. Il faut le final, \u00e0 l&#8217;interpr\u00e9tation aussi virtuose que les quatre heures pr\u00e9c\u00e9dentes, pour r\u00e9v\u00e9ler dans une d\u00e9flagration ultime toute la force des th\u00e8mes chers \u00e0 Bernhardt. L\u00e0, les confidences successives de Saurau (virtuose Thierry Bosc) et de son fils (g\u00e9nial Gr\u00e9goire Tachnakian), le p\u00e8re redoutant l&#8217;an\u00e9antissement du ch\u00e2teau par son fils apr\u00e8s sa mort, mettent au jour ce qu&#8217;aucun des personnages n&#8217;a pu fuir\u00a0: les questions, \u00f4 combien universelles, de la libert\u00e9 individuelle, de la transmission et du poids de l&#8217;histoire (personnelle comme collective).  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Spectacle fleuve \u00e0 la virtuosit\u00e9 de jeu et la ma\u00eetrise sc\u00e9nique rares, <em>Perturbation<\/em> offre une plong\u00e9e puissante dans un univers domin\u00e9 par la d\u00e9solation et la d\u00e9tresse. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[405],"class_list":["post-7133","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-web","tag-theatre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7133","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7133"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7133\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7133"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7133"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7133"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}