{"id":7093,"date":"2013-10-11T18:25:30","date_gmt":"2013-10-11T16:25:30","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/le-chemin-des-morts-et-la-reforme7093\/"},"modified":"2013-10-11T18:25:30","modified_gmt":"2013-10-11T16:25:30","slug":"le-chemin-des-morts-et-la-reforme7093","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=7093","title":{"rendered":"Le chemin des morts et La r\u00e9forme de l\u2019op\u00e9ra de P\u00e9kin"},"content":{"rendered":"<p>Ce sont les deux \u00ab\u00a0fictions\u00a0\u00bb les plus courtes de cette rentr\u00e9e litt\u00e9raire\u00a0: une soixantaine de pages chacune. Toutes deux parlent de l\u2019Histoire, de ceux qui la font puis qui la subissent. L\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9puration est commune \u00e0 ses deux r\u00e9cits \u00e9pur\u00e9s.<br \/>\nLe Chemin des morts de Fran\u00e7ois Sureau se situe dans les ann\u00e9es 80, \u00e0 cette \u00e9poque o\u00f9 <em>\u00ab\u00a0le man\u00e8ge fran\u00e7ais tournait depuis cinquante ans, avec ses chevaux de bois fatigu\u00e9s, aux t\u00eates de r\u00e9sistants, de collaborateurs, de flics et de trotskystes\u00a0: on pouvait d\u00e9sormais en descendre et partir \u00e0 l\u2019aventure\u00a0\u00bb<\/em>. Un jeune juriste doit alors statuer sur la demande d\u2019asile politique d\u2019un ancien militant basque. Il va alors d\u00e9couvrir ce que le droit contient de tragique. Sous pr\u00e9texte que l\u2019Espagne est devenue d\u00e9mocratique, il refuse la demande. De retour au pays, le militant qui avait depuis longtemps rendu les armes, est abattu par l\u2019un des \u00ab\u00a0escadrons de la mort\u00a0\u00bb du GAL. On ignore ce que cette confession a d\u2019autobiographique, et Fran\u00e7ois Sureau se garde bien de nous le dire. Mais jusque dans sa bri\u00e8vet\u00e9 qui contredit la s\u00e8cheresse, cet apologue fait songer \u00e0 ce qu\u2019on appelle en droit un recours en gr\u00e2ce.<\/p>\n<p>Autre apologue, celui de Ma\u00ebl Renouard qui se passe en Chine durant la R\u00e9volution culturelle. <em>\u00ab\u00a0Mao enseignait\u00a0: \u00ab\u00a0De deux choses l\u2019une\u00a0: ou bien l\u2019on est un \u00e9crivain, un artiste bourgeois et alors on n\u2019exalte pas le prol\u00e9tariat, mais la bourgeoisie\u00a0; ou bien l\u2019on est un \u00e9crivain, un artiste prol\u00e9tarien et alors on exalte non la bourgeoisie, mais le prol\u00e9tariat et tout le peuple travailleur\u00a0\u00bb<\/em>. Selon cette doctrine, un enseignant en litt\u00e9rature, d\u2019extraction bourgeoise, est charg\u00e9 de d\u00e9poussi\u00e9rer les op\u00e9ras chinois et d\u2019en composer de nouveaux <em>\u00ab\u00a0sans empereurs et damoiseaux, mais avec des ouvriers, des paysans et des soldats\u00a0\u00bb<\/em>. Mais la roue tourne\u00a0; et tournera encore. Le modernisateur sera bient\u00f4t jug\u00e9 et \u00e9cart\u00e9 pour ses d\u00e9viances id\u00e9ologiques. Vingt ans plus tard, \u00e0 l\u2019approche de sa mort, il d\u00e9couvre que ses op\u00e9ras mod\u00e8les sont de nouveau appr\u00e9ci\u00e9s, et ce, jusqu\u2019en Am\u00e9rique\u00a0! Dans ce bref r\u00e9cit, plus document\u00e9 qu\u2019il n\u2019y para\u00eet, Ma\u00ebl Renouard parle \u00e0 la fois de la Chine (<em>\u00ab\u00a0Notre pays est un immense navire\u00a0; trois mots murmur\u00e9s sur la passerelle d\u00e9cident d\u2019un changement de cap\u00a0\u00bb<\/em>) et de la condition de l\u2019artiste, dont le succ\u00e8s varie au gr\u00e9 des modes, de la politique et de la nostalgie du public. <\/p>\n<p><em>Le chemin des morts<\/em>, Fran\u00e7ois Sureau, ed. Gallimard, 7,50 \u20ac.<br \/>\n<em>La r\u00e9forme de l\u2019op\u00e9ra de P\u00e9kin<\/em>, Ma\u00ebl Renouard, \u00e9d. Rivages, 5,10 \u20ac.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce sont les deux \u00ab\u00a0fictions\u00a0\u00bb les plus courtes de cette rentr\u00e9e litt\u00e9raire\u00a0: une soixantaine de pages chacune. Toutes deux parlent de l\u2019Histoire, de ceux qui la font puis qui la subissent. 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