{"id":7088,"date":"2013-10-10T15:40:43","date_gmt":"2013-10-10T13:40:43","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/les-economistes-ne-sont-pas-tous7088\/"},"modified":"2023-06-23T23:15:36","modified_gmt":"2023-06-23T21:15:36","slug":"les-economistes-ne-sont-pas-tous7088","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=7088","title":{"rendered":"Les \u00e9conomistes ne sont pas tous des sales types (3)"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Revue de presse p\u00e9riodique  de ce que disent les \u00e9conomistes sur  le monde tel qu\u2019il va et tel qu\u2019il pourrait aller mieux.<\/p>\n<h2>Au sommaire<\/h2>\n<p>\u2022 <a href=\"#1\"> <strong>Le budget 2014<\/strong><\/a><br \/>\n\u2022 <a href=\"#2\"> <strong>\u00ab\u00a0Le Capital au XXIe  si\u00e8cle\u00a0\u00bb<\/strong><\/a><br \/>\n\u2022 <a href=\"#3\"> <strong>La d\u00e9sindustrialisation<\/strong><\/a><\/p>\n<h1><a name=\"1\" id=\"1\">Budget 2014: la question cach\u00e9e<\/a><\/h1>\n<p>Depuis 2011 une politique budg\u00e9taire d\u2019aust\u00e9rit\u00e9  est mise en \u0153uvre en France par le gouvernement de N. Sarkozy puis de fa\u00e7on amplifi\u00e9e par celui de F. Hollande.  Il en a \u00e9t\u00e9 de m\u00eame \u00e0 des degr\u00e9s variables dans les autres pays de l\u2019Union europ\u00e9enne. Cette politique a enfonc\u00e9 notre pays  comme l\u2019ensemble de la zone euro dans la r\u00e9cession et aujourd\u2019hui la stagnation, une nouvelle progression  du ch\u00f4mage de masse  et de la pauvret\u00e9. Sans r\u00e9ussir \u00e0 r\u00e9soudre les probl\u00e8mes de d\u00e9ficit et de dettes publiques  qui \u00e9taient  pr\u00e9tendument sa raison d\u2019\u00eatre. On observera au passage le  \u00ab\u00a0plantage\u00a0\u00bb de la \u00ab\u00a0th\u00e9orie \u00e9conomique \u00bb  qui  sert de justification \u00e0 la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats des march\u00e9s financiers. Cette th\u00e9orie nous disait que les restrictions budg\u00e9taires \u00e9taient sans effets notables sur la croissance,  la d\u00e9pense  priv\u00e9e (consommation des m\u00e9nages et investissement des entreprises) \u00e9tant  suppos\u00e9e prendre le relai de la d\u00e9pense   publique. Mais les \u00e9conomistes du FMI eux-m\u00eames ont d\u00fb admettre  qu\u2019ils avaient\u00a0fait <em>\u00ab\u00a0une erreur\u00a0\u00bb<\/em>. Les explications sont <a href=\"http:\/\/papers.ssrn.com\/sol3\/papers.cfm?abstract_id=2226267\">ici<\/a> (en Anglais). En fait, l\u2019impact n\u00e9gatif des politiques budg\u00e9taires restrictives  est d\u2019autant plus fort que l\u2019on se trouve en situation d\u2019insuffisance de la demande et de taux d\u2019int\u00e9r\u00eat proche de z\u00e9ro. Dans un tel contexte la demande priv\u00e9e ne prend pas le relai de la restriction budg\u00e9taire publique. Au contraire, les effets d\u00e9pressifs s\u2019entretiennent mutuellement. <\/p>\n<p>Les questions de base sur le  projet de budget pour 2014 rendu public  par le gouvernement le 25 septembre  sont donc  de savoir\u00a0: 1) si l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire  se poursuit et avec quelle ampleur et 2)  si elle aura les m\u00eames effets  sur la situation \u00e9conomique et sociale  que celle conduite les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Ces questions ont fort peu occup\u00e9  les m\u00e9dias principalement attach\u00e9s \u00e0 faire monter<br \/>\n<em>\u00ab le ras le bol fiscal \u00bb<\/em> comme un nouveau consensus, annonciateur d\u2019une future nouvelle offensive  de grande envergure contre l\u2019\u00c9tat social.  <\/p>\n<p>Parmi les rares analyses  se  pr\u00e9occupant  de  la  question,  voici ce qu\u2019<a href=\"http:\/\/www.jolpress.com\/budget-2014-depense-publique-croissance-bernard-cazeneuve-article-821932.html\">en dit<\/a> Eric Heyer, \u00e9conomiste \u00e0 l\u2019OFCE\u00a0:  1) oui la politique budg\u00e9taire pr\u00e9vue pour 2014 est toujours restrictive mais  avec une ampleur  un peu moindre qu\u2019en 2013\u00a0:  <em>\u00ab\u00a0Le gouvernement dit que la Commission<br \/>\n(europ\u00e9enne) demande de faire 0,8 % du PIB d\u2019efforts structurels, c\u2019est-\u00e0-dire 16 milliards. Il annonce un peu plus, 18 milliards, et explique que ces efforts seront obtenus \u00e0 80 % par une baisse des d\u00e9penses publiques et non par les imp\u00f4ts. Les pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires seront, en effet, stables en 2014, mais on voit bien qu\u2019au sein des pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires, vous avez les imp\u00f4ts pay\u00e9s par les entreprises et ceux pay\u00e9s par les m\u00e9nages. Le gouvernement a choisi d\u2019\u00e9pargner les entreprises mais pas les m\u00e9nages. Quand il affirme qu\u2019il y aura une \u00ab pause fiscale \u00bb, elle existe bien pour les entreprises, mais pas pour les m\u00e9nages\u00a0\u00bb<\/em>.  2)\u00a0<em>\u00ab\u00a0Ce budget ne soutient pas la croissance, mais la p\u00e9nalise au contraire, car il vise plut\u00f4t \u00e0 r\u00e9duire les d\u00e9ficits. Certains disent que r\u00e9duire les d\u00e9ficits pourrait permettre un retour \u00e0 la croissance dans 5, 6 ans, c\u2019est discutable. Ce qui est s\u00fbr c\u2019est qu\u2019\u00e0 court terme, ce budget ne permet pas de faire plus de 0,9 % de croissance. Et 0,9 % de croissance, ce n\u2019est pas suffisant pour permettre \u00e0 l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise de cr\u00e9er des emplois et au ch\u00f4mage de baisser\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<h2>Le pi\u00e8ge du ras le bol fiscal <\/h2>\n<p>Le d\u00e9bat se concentre donc \u00e0 tort sur les imp\u00f4ts. Le ras le bol fiscal est affich\u00e9 comme une pr\u00e9tendue nouvelle exigence populaire. Il est soutenu par le gouvernement, ministre de l\u2019\u00c9conomie en t\u00eate, par la droite et par le patronat. C\u2019est un pi\u00e8ge qu\u2019analyse l\u2019\u00e9conomiste Thibault Gajdos (directeur de recherche  au CNRS)\u00a0 (<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2013\/09\/29\/ras-le-bol-de-l-illisibilite-fiscale_3486774_3234.html\"><em>Le Monde<\/em>, 1er octobre 2013<\/a>)\u00a0:<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Entre 1980 et 2011, les pr\u00e9l\u00e8vements de l&#8217;Union europ\u00e9enne sont rest\u00e9s inf\u00e9rieurs \u00e0 1 % du produit int\u00e9rieur brut (PIB), ceux des collectivit\u00e9s locales ont augment\u00e9, passant de 3 % \u00e0 6 % du PIB, ceux de la S\u00e9curit\u00e9 sociale de 17 % \u00e0 24 % du PIB, et ceux des administrations centrales de l&#8217;Etat ont diminu\u00e9, passant de 19 % \u00e0 14 % du PIB. Et c&#8217;est bien parce que les pr\u00e9l\u00e8vements ont \u00e9t\u00e9 massivement orient\u00e9s vers la S\u00e9curit\u00e9 sociale (pensions, sant\u00e9, prestations sociales) que les Fran\u00e7ais ne rejettent pas l&#8217;imp\u00f4t. Les Fran\u00e7ais ne veulent pas moins d&#8217;imp\u00f4t : ils veulent un imp\u00f4t plus juste, qui permette de financer la protection sociale. Vouloir miner ce consensus en agitant un pr\u00e9tendu &#8220;ras-le-bol fiscal&#8221; n&#8217;est pas seulement malhonn\u00eate : c&#8217;est dangereux\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Evidemment la l\u00e9gitimit\u00e9 de l\u2019imp\u00f4t est min\u00e9e  de toute part\u00a0: par un syst\u00e8me fiscal illisible, complexe,  faiblement progressif et m\u00eame  r\u00e9gressif  pour les plus  riches; par un dumping fiscal europ\u00e9en qui favorise l\u2019\u00e9vasion  fiscale \u00e0 grande \u00e9chelle  pour le grand capital et concentre les imp\u00f4ts sur le travail et la consommation\u00a0; par la d\u00e9gradation  des services publics que l\u2019imp\u00f4t finance\u00a0; par la faiblesse des r\u00e9formes  mises en place par le gouvernement Hollande.<\/p>\n<p>Bref si l\u2019on veut sortir du pi\u00e8ge il faut remettre la question de la r\u00e9forme fiscale en haut de l\u2019agenda politique plaident ensemble Thomas Coutrot d\u2019Attac, Vincent Drezet de Solidaires, Li\u00eam Hoang Ngoc de Paris I, Dominique Plihon de Paris XIII et Xavier Timbeau de l\u2019OFCE (<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2013\/09\/29\/trop-d-impot-ou-pas-assez-de-reforme_3486770_3234.html\"><em>Le Monde<\/em>, 1er octobre 2013<\/a>). <em>\u00ab\u00a0Pour en finir avec le &#8220;ras-le-bol fiscal&#8221;, nous estimons qu&#8217;il faut au contraire affirmer le r\u00f4le central de l&#8217;imp\u00f4t dans une soci\u00e9t\u00e9 et mener une v\u00e9ritable r\u00e9forme fiscale de fond portant non pas sur le niveau global des imp\u00f4ts et taxes, mais sur leur structure\u00a0\u2026 Il s&#8217;agit d&#8217;engager sans tarder une r\u00e9forme dont l&#8217;orientation serait de rendre la fiscalit\u00e9 :<\/p>\n<ul>\n<li> \u2013 plus juste, c&#8217;est-\u00e0-dire mieux r\u00e9partie entre agents \u00e9conomiques (riches\/pauvres, petites\/grandes entreprises, pollueurs\/non-pollueurs) et plus progressive, tant au niveau local et national qu&#8217;europ\u00e9en. A ce sujet, des r\u00e8gles communes europ\u00e9ennes sont absolument n\u00e9cessaires, par exemple en mati\u00e8re d&#8217;imposition des soci\u00e9t\u00e9s, pour neutraliser les effets pervers de la concurrence et de l&#8217;optimisation fiscales ; l&#8217;instauration d&#8217;un taux plancher sur une base unique est indispensable ;<\/li>\n<li> \u2013 plus simple, ce qui passe par une r\u00e9duction importante du nombre de dispositions d\u00e9rogatoires (les &#8220;niches fiscales&#8221;) et permet de d\u00e9gager des ressources sur la base d&#8217;un syst\u00e8me fiscal dont la progressivit\u00e9 serait harmonieuse et permettrait d&#8217;en finir avec un syst\u00e8me caract\u00e9ris\u00e9 par des taux marginaux \u00e9lev\u00e9s assis sur des assiettes \u00e9troites ;<\/li>\n<li> \u2013 plus stable, afin de renforcer la lisibilit\u00e9 fiscale une fois la r\u00e9forme achev\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em>.<br clear=\"all\"><br \/>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h1><a name=\"2\" id=\"2\">It\u2019s the  capital stupid\u00a0!<\/a><\/h1>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignleft size-full wp-image-19121\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/piketty-22e.jpg\" alt=\"piketty.jpg\" align=\"left\" width=\"160\" height=\"244\" \/>Dans le climat actuel des id\u00e9es et des politiques mettant en accusation  le travail, son co\u00fbt et les droits sociaux des salari\u00e9s pr\u00e9sum\u00e9 excessifs,  il est d\u2019utilit\u00e9 publique que le d\u00e9bat  porte sur le capital.<br \/>\nLa nouvelle somme de  Thomas Piketty, directeur d\u2019\u00e9tudes \u00e0 l\u2019EHESS et professeur \u00e0 l\u2019\u00c9cole d\u2019\u00e9conomie de Paris (\u00ab\u00a0Le capital au XXI\u00e8me si\u00e8cle\u00a0\u00bb,  Les livres du nouveau monde, Seuil, 968 pages) et la m\u00e9diatisation qui l\u2019entoure sont donc appr\u00e9ciables.<br \/>\nLe travail de Thomas Piketty porte essentiellement sur la r\u00e9partition des richesses et sur leurs in\u00e9galit\u00e9s. Le plus gros du livre est consacr\u00e9 \u00e0  \u00e9tudier l\u2019histoire des patrimoines et du capital depuis le XVIIIe si\u00e8cle et la r\u00e9volution industrielle. Il repose sur un \u00e9norme travail statistique conduit par l\u2019auteur en collaboration internationale avec de nombreux chercheurs.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu est pos\u00e9 d\u00e8s la premi\u00e8re page\u00a0: il s\u2019agit de savoir si la dynamique du capitalisme\u00a0<em>\u00ab\u00a0conduit in\u00e9vitablement \u00e0 une concentration toujours plus forte  de la richesse  et du pouvoir en quelques mains comme l\u2019a cru  Marx au XIXe si\u00e8cle\u00a0? Ou bien les forces \u00e9quilibrantes de la croissance, de la concurrence, et du progr\u00e8s technique conduisent-elles spontan\u00e9ment \u00e0 une r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s et \u00e0 une harmonieuse stabilisation dans les phases avanc\u00e9es du d\u00e9veloppement, comme l\u2019a pens\u00e9 Kuznets au XXe  si\u00e8cle\u00a0\u00bb<\/em>. (Simon Kuznets est un \u00e9conomiste am\u00e9ricain d\u2019origine russe, l\u2019un des p\u00e8res des comptabilit\u00e9s nationales apr\u00e8s la 2\u00e8me guerre mondiale,  prix Nobel en 1971). Les r\u00e9ponses apport\u00e9es quoiqu\u2019<em>\u00ab\u00a0imparfaites et incompl\u00e8tes\u00a0\u00bb<\/em> sont sans ambigu\u00eft\u00e9. La dynamique historique  du capitalisme est effectivement une dynamique de concentration des patrimoines et des revenus. Un r\u00e9\u00e9quilibrage a eu lieu au XXe  si\u00e8cle. Il est le r\u00e9sultat des destructions  de patrimoine des  deux  guerres mondiales, des nationalisations  et des institutions sociales de l\u2019apr\u00e8s-guerre qui ont r\u00e9duit l\u2019accumulation du patrimoine priv\u00e9 et favoris\u00e9 une  croissance forte plus proche de celle du rendement du capital.  Mais depuis les ann\u00e9es 1970 le mouvement s\u2019est invers\u00e9, retrouvant la dynamique historique fondamentale du syst\u00e8me.  A tel point qu\u2019actuellement, au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010, la totalit\u00e9 de ce que poss\u00e8dent les Fran\u00e7ais en patrimoine mobilier, financier est de l\u2019ordre de six \u00e0 sept ann\u00e9es de revenu national, soit le niveau de  la \u00ab\u00a0belle \u00e9poque\u00a0\u00bbau d\u00e9but du XXe  si\u00e8cle, alors qu\u2019en 1950, 1960, on en \u00e9tait  \u00e0 deux ou trois ann\u00e9es. <\/p>\n<p>Bien  entendu les diff\u00e9rences sont sensibles d\u2019un si\u00e8cle \u00e0 l\u2019autre et entre les pays, selon l\u2019histoire et les luttes sociales et politiques de chacun d\u2019entre eux. Le capital a chang\u00e9 de main. La terre et la dette publique comptent moins que le capital industriel et financier et le patrimoine immobilier. Une classe moyenne patrimoniale a \u00e9merg\u00e9 dans tous les pays riches depuis le milieu du si\u00e8cle dernier. La concentration des patrimoines aux USA \u00e9tait moins forte qu\u2019en Europe au XIXe  si\u00e8cle. Elle est maintenant plus \u00e9lev\u00e9e ainsi que les in\u00e9galit\u00e9s de salaires avec l\u2019\u00e9mergence de r\u00e9mun\u00e9rations extr\u00eamement  \u00e9lev\u00e9es, notamment parmi les cadres dirigeants des grandes entreprises et de la Finance.<\/p>\n<h2>Le pass\u00e9 d\u00e9vore l\u2019avenir<\/h2>\n<p>Le facteur essentiel de ces in\u00e9galit\u00e9s est que le rendement du capital priv\u00e9 (constitu\u00e9 par les int\u00e9r\u00eats les dividendes, les plus-values, les loyers) tend \u00e0 \u00eatre continuellement et significativement plus \u00e9lev\u00e9  que la croissance du revenu global, m\u00eame d\u00e9duction faite des imp\u00f4ts. Cela entra\u00eene une diminution inexorable de la r\u00e9mun\u00e9ration du travail et une concentration des revenus en m\u00eame temps que du patrimoine. L\u2019avoir prend le pas sur le faire.\u00a0 <em>\u00ab\u00a0Le pass\u00e9 d\u00e9vore l\u2019avenir\u00a0\u00bb<\/em>  dit Thomas Piketty. <em>\u00ab\u00a0En moyenne, ce que rapporte le capital dans une ann\u00e9e va \u00eatre d\u2019au moins 4\u202f% ou 5\u202f% et, pour les plus hauts patrimoines, 7\u202f%, 8\u202f%, voire plus. Quand la croissance est de 5\u202f%, les choses s\u2019\u00e9quilibrent puisqu\u2019on peut entrer dans le jeu,  accumuler \u00e0 partir de son salaire, de son travail. Quand l\u2019\u00e9volution de la production est au mieux de 1\u202f%, la logique qui se met en place est terrible\u2009: les patrimoines qui viennent du pass\u00e9 sont recapitalis\u00e9s plus vite que la production et les salaires, et \u00e7a conduit \u00e0 un degr\u00e9 de concentration des patrimoines extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9\u00a0\u00bb<\/em> (<a href=\"http:\/\/www.humanite.fr\/tribunes\/societe-inegalitaire-comment-s-opposer-la-concentr-549203\">d\u00e9bat<\/a> \u00e0 la f\u00eate de l\u2019Humanit\u00e9 15 septembre 2013  avec Emmanuel Todd et Jean-Christophe Le Duigou).<\/p>\n<p>Or selon Thomas Piketty, la tendance de la croissance au moins dans les pays riches  devrait \u00eatre durablement au mieux de 1% par habitant et par an ce qui d\u00e9j\u00e0 ne serait  pas si mal. Dans ces conditions les in\u00e9galit\u00e9s vont devenir insupportables. <em>\u00ab\u00a0Les  d\u00e9fenseurs du march\u00e9 devraient s&#8217;en inqui\u00e9ter. Aussi  concurrentiel soit-il, ce march\u00e9 n&#8217;emp\u00eachera pas, dans les  d\u00e9cennies \u00e0 venir, le rendement du capital d&#8217;\u00eatre sup\u00e9rieur, au taux de croissance, et donc les in\u00e9galit\u00e9s de se creuser, m\u00e9caniquement. Avec le risque qu\u2019un repli national brutal &#8211; nationalisme politique ou protectionnisme exacerb\u00e9s &#8211; finisse par servir de soupape de s\u00e9curit\u00e9 aux tensions sociales\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Thomas Piketty pr\u00f4ne  le retour \u00e0 une imposition cons\u00e9quente des hauts revenus   et un imp\u00f4t progressif annuel sur le capital. Une  mesure \u00e0 mettre en \u0153uvre, sinon au niveau mondial, du moins au minimum au niveau  europ\u00e9en.  Cela fait de la  transformation de l\u2019Europe  une bataille cruciale.<\/p>\n<p>Inutile  de pr\u00e9ciser que les <em>\u00ab\u00a0d\u00e9fenseurs du march\u00e9\u00a0\u00bb <\/em> n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s  par la gr\u00e2ce. Ainsi  Jean-Marc Daniel, \u00e9conomiste au tr\u00e8s patronal Institut de l\u2019Entreprise, accuse Thomas Piketty  d\u2019aborder  <em>\u00ab\u00a0le probl\u00e8me de l\u2019accumulation du capital de fa\u00e7on plus partisane que vraiment scientifique\u00a0\u00bb<\/em> (<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/livres\/article\/2013\/08\/29\/l-impot-sur-le-capital-mondial-n-est-pas-la-solution_3467927_3260.html\"><em>Le Monde<\/em>, 30 ao\u00fbt 2013<\/a>).  <em>\u00ab\u00a0En  th\u00e9orie \u00e9conomique,<\/em> explique-t-il<em>, si le capital rapporte tant, c\u2019est-\u00e0-dire si son prix  est si \u00e9lev\u00e9, c\u2019est qu\u2019il est relativement rare\u2026Si on laisse son volume augmenter du fait du libre jeu du march\u00e9, son rendement baissera, la tendance \u00e0 son augmentation et sa concentration se corrigeront\u00a0\u00bb<\/em>. Qu\u2019importe donc  les faits retrac\u00e9s avec soin par Thomas Piketty.  Pour cet esprit \u00ab\u00a0scientifique\u00a0\u00bb, la preuve du pudding c\u2019est  qu\u2019on en a la recette et  non pas qu\u2019on le mange.<\/p>\n<p>Cela dit, si l\u2019apport de Thomas Piketty est incontestable, on peut aussi regretter qu\u2019il soit question quasi uniquement des effets de la loi de l\u2019accumulation du capital sur la r\u00e9partition et non sur la production elle-m\u00eame. <em>\u00ab\u00a0 Le Capital au XXIe si\u00e8cle est \u00e9tudi\u00e9 ici comme capital-propri\u00e9t\u00e9, et non comme capital\u2013fonction ( distinction importante de Marx) <\/em> constate l\u2019\u00e9conomiste Fran\u00e7ois Chesnais. <em>On n\u2019y trouvera rien sur la concentration, l\u2019internationalisation de la production ou la mise en concurrence mondialis\u00e9e des travailleurs  qui sont le substrat du rendement du capital\u00a0\u00bb<\/em>. (<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/livres\/article\/2013\/08\/29\/comment-desserrer-l-etau-de-l-oligarchie-financiere_3467929_3260.html\"><em>Le Monde<\/em>, 30 ao\u00fbt 2013<\/a>).<\/p>\n<p>Thomas Piketty constate \u00e0 juste raison que <em>\u00ab\u00a0l\u2019\u00e9volution technologique ne m\u00e8ne pas n\u00e9cessairement ni m\u00eame naturellement \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>. <em>\u00ab\u00a0L\u2019importance globale des qualifications augmente, mais l\u2019importance globale du capital non humain, de l\u2019immobilier, des machines et des \u00e9quipements, des brevets, augmente \u00e9galement tr\u00e8s fortement. Donc l\u2019\u00e9quilibre entre les deux, \u00e0 tr\u00e8s long terme, ne change pas n\u00e9cessairement. Pour donner plus d\u2019importance au travail et plus de contr\u00f4le aux travailleurs dans le processus de production et dans la soci\u00e9t\u00e9, il ne faut pas compter sur l\u2019\u00e9volution technologique. Il faut compter sur les institutions bien humaines, sociales, fiscales, organisationnelles. \u00c7a d\u00e9pend de nous, en fait. La rationalit\u00e9 technique ne conduit pas vers la rationalit\u00e9 d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Certes, mais c\u2019est tout de m\u00eame un peu court alors qu\u2019il s\u2019agit pr\u00e9cis\u00e9ment  d\u2019avoir quelques id\u00e9es sur la  fa\u00e7on dont  les luttes   sociales peuvent se saisir des \u00e9normes transformations technologiques en cours  avec des objectifs de <em>\u00ab rationalit\u00e9 d\u00e9mocratique \u00bb<\/em>. L\u2019accumulation,  la concentration du capital sont  loin d\u2019\u00eatre neutres  sur le type de productivit\u00e9 pr\u00e9dominant dans l\u2019\u00e9conomie. Comme on l\u2019entend tous les jours, la baisse du co\u00fbt du travail est  leur m\u00e9thode privil\u00e9gi\u00e9e. <\/p>\n<h1><a name=\"3\" id=\"3\">La th\u00e9orie \u00e9conomique contre l\u2019industrie ?<\/a><\/h1>\n<p>Dans le <em>Monde<\/em> du 25 septembre 2013, Augustin Landier (Professeur \u00e0 l&#8217;Ecole d&#8217;\u00e9conomie de Toulouse) et David Thesmar (Professeur d&#8217;\u00e9conomie \u00e0 HEC Paris)  plaident contre la politique industrielle du gouvernement et pour que l\u2019Etat accompagne la d\u00e9sindustrialisation au lieu de la combattre. Tout cela au nom de la  <em>\u00ab  th\u00e9orie \u00e9conomique (qui ) fournit des cl\u00e9s pour d\u00e9limiter, avec pr\u00e9cision, le p\u00e9rim\u00e8tre des actions de l&#8217;Etat \u00bb<\/em>. Et donc la \u00abTh\u00e9orie \u00e9conomique \u00bb  nous  tiendrait \u00e0 peu pr\u00e8s ce langage :   <em>\u00ab Oui, la France se d\u00e9sindustrialise : ce n&#8217;est ni une pathologie ni une catastrophe. Cette \u00e9volution, &#8220;grand espoir du XXe si\u00e8cle&#8221; selon l&#8217;\u00e9conomiste Jean Fourasti\u00e9, il est temps que l&#8217;Etat choisisse de l&#8217;accompagner plut\u00f4t que de la combattre inutilement. Dans la soci\u00e9t\u00e9 postindustrielle, la r\u00e9volution num\u00e9rique fournit des emplois \u00e9panouissants pour les travailleurs qualifi\u00e9s ; mais les services offrent aussi beaucoup d&#8217;emplois potentiels pour les travailleurs peu dipl\u00f4m\u00e9s. Plut\u00f4t que de mobiliser la capacit\u00e9 fiscale du pays pour le sauvetage d&#8217;une industrie qui remplace toujours plus les travailleurs peu qualifi\u00e9s par des robots, on pourrait la d\u00e9ployer pour rendre solvables ces emplois de services qui seuls pourront gu\u00e9rir le pays de son ch\u00f4mage de masse\u00a0\u00bb. <\/em> <\/p>\n<p>Pour un peu France, Espagne, Italie, Finlande, Irlande, Portugal, Gr\u00e8ce   devraient  donc se r\u00e9jouir et non  pas d\u00e9plorer que leur capacit\u00e9s de production de l\u2019industrie a recul\u00e9 de 10% \u00e0 30% depuis 2008, cependant que l\u2019 Allemagne, les Pays-Bas, l\u2019Autriche, ou la Belgique dont les capacit\u00e9s ont continuer d\u2019augmenter devraient se plaindre.<\/p>\n<p>Sauf que comme l\u2019explique Patrick Artus  (<a href=\"http:\/\/www.google.fr\/url?sa=t&#038;rct=j&#038;q=&#038;esrc=s&#038;source=web&#038;cd=1&#038;cad=rja&#038;ved=0CC8QFjAA&#038;url=http%3A%2F%2Fcib.natixis.com%2Fflushdoc.aspx%3Fid%3D72816&#038;ei=6dRSUrDdLOi90QXCi4Eg&#038;usg=AFQjCNFryjOTa4-cj1ko3531iCYG8ICabA&#038;bvm=bv.53537100,d.d2k\">Natixis Flash \u00e9conomie<\/a>, 19 septembre 2013)<br \/>\n<em>\u00ab Les cons\u00e9quences de cette \u00e9volution sont tr\u00e8s importantes et insuffisamment analys\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li> &#8211; divergence des niveaux de revenu et de croissance entre les deux groupes de pays, puisque les salaires industriels sont plus \u00e9lev\u00e9s et que les gains de productivit\u00e9 sont plus \u00e9lev\u00e9s dans l\u2019industrie ;<\/li>\n<li> &#8211; migrations vers les pays o\u00f9 l\u2019industrie s\u2019est concentr\u00e9e, la population active suivant les emplois ;<\/li>\n<li> &#8211; difficult\u00e9 croissante \u00e0 \u00e9quilibrer la balance commerciale dans les pays d\u00e9sindustrialis\u00e9s, d\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 pour ces pays de comprimer fortement et durablement leur demande int\u00e9rieure ;<\/li>\n<li> &#8211; difficult\u00e9 croissante \u00e0 stabiliser les taux d\u2019endettement dans les pays d\u00e9sindustrialis\u00e9s, avec le recul de leur PIB potentiel et la contraction de la partie plus sophistiqu\u00e9e de leur \u00e9conomie \u00bb.<\/em><br clear=\"all\"><br \/>\n<br \/>\nElle a vraiment bon dos la \u00ab Th\u00e9orie \u00e9conomique \u00bb.  L\u2019industrie reste un pilier essentiel du d\u00e9veloppement  \u00e9conomique et social. Elle est responsable d\u2019une part importante de la recherche et d\u00e9veloppement  de l\u2019innovation et des exportations. La  mise en \u0153uvre et la maitrise des mutations technologiques et du savoir  tout comme l\u2019essor des services ne peuvent exister sans  socle industriel.<br \/>\nL\u2019enjeu de la politique \u00e9conomique n\u2019est donc  pas de savoir s\u2019il faut ou non d\u00e9fendre et reconqu\u00e9rir des capacit\u00e9s de production industrielle mais de savoir si cela peut se faire en privil\u00e9giant  la baisse des co\u00fbts salariaux et  la mise en cause des droits sociaux.  L\u2019analyse  de Catherine Sauviat et Claude  Serfati , \u00e9conomistes \u00e0  l\u2019Ires , <a href=\"http:\/\/www.google.fr\/url?sa=t&#038;rct=j&#038;q=&#038;esrc=s&#038;source=web&#038;cd=1&#038;cad=rja&#038;ved=0CC8QFjAA&#038;url=http%3A%2F%2Fwww.ires-fr.org%2Fpublications%2Fdocuments-de-travail%2F537-document-de-travail-04-2013-la-competitivite-de-l-industrie-francaise-evolution-des-debats-initiatives-et-enjeux&#038;ei=fNpSUoijIYWA0AWJi4C4Dw&#038;usg=AFQjCNE2XaiQ12oegvI9OXdwaYllNwB9wA&#038;bvm=bv.53537100,d.d2k\">\u00ab La comp\u00e9titivit\u00e9 de l\u2019industrie fran\u00e7aise : \u00e9volution des d\u00e9bats, initiatives et enjeux \u00bb<\/a>, publi\u00e9e en mai 2013 reste de ce point de vue d\u2019une grande actualit\u00e9.   Apr\u00e8s  avoir analys\u00e9  les impasses de la politique actuelle, les auteurs concluent :<br \/>\n<em>\u00ab La France, comme un certain nombre d\u2019autres pays europ\u00e9ens, est confront\u00e9e \u00e0 l\u2019alternative suivante: continuer \u00e0 multiplier les mesures de comp\u00e9titivit\u00e9 co\u00fbt via la poursuite d\u2019une politique de r\u00e9formes structurelles au d\u00e9triment de ses partenaires dans une logique concurrentielle, ou bien s\u2019orienter vers le d\u00e9veloppement de programmes visant \u00e0 renforcer sa comp\u00e9titivit\u00e9 structurelle, \u00e0 repenser ses sp\u00e9cialisations dans le cadre d\u2019une logique coop\u00e9rative \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne, fond\u00e9e sur des compl\u00e9mentarit\u00e9s et non plus sur des rivalit\u00e9s entre voisins \u00bb<\/em>. Une fois encore la bataille de la transformation de l\u2019Europe apparait essentielle.<\/li>\n<\/ul>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-7088 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/marx-2-2-7cd.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/marx-2-2-7cd-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"marx-2-2.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/piketty-aeb.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/piketty-aeb-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"piketty.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revue de presse p\u00e9riodique  de ce que disent les \u00e9conomistes sur  le monde tel qu\u2019il va et tel qu\u2019il pourrait aller mieux.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":19121,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[],"class_list":["post-7088","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7088","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7088"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7088\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/19121"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7088"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7088"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7088"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}