{"id":693,"date":"1997-10-01T00:00:00","date_gmt":"1997-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/italie693\/"},"modified":"1997-10-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-09-30T22:00:00","slug":"italie693","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=693","title":{"rendered":"Italie"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>De Venise \u00e0 Paris Par Graziella Mascia <strong> *L&#8217;Italie se serre la ceinture dans l&#8217;espoir d&#8217;entrer dans l&#8217;Europe de l&#8217;euro. Une rigueur qui ne laisse pas indiff\u00e9rents les Italiens et leurs partis politiques, malgr\u00e9 l&#8217;optimisme affich\u00e9 par Romano Prodi. R\u00e9actions. <\/strong><\/p>\n<p>La politique d&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 draconienne pour mettre l&#8217;Italie en conformit\u00e9 avec les normes de Maastricht s&#8217;av\u00e8re tr\u00e8s co\u00fbteuse en termes de croissance et d&#8217;emploi &#8220;, constatait la Tribune du 1er juillet. Le PIB a baiss\u00e9 de 0,2% fin 96, puis de 0,4% au premier trimestre 97, tandis que le ch\u00f4mage s&#8217;\u00e9levait \u00e0 12,5% au premier trimestre 97 contre 12,2% fin 96. Cela nourrit le d\u00e9bat politique de la p\u00e9ninsule. Mais ce qui retient le plus l&#8217;attention est le sort du welfare state ou &#8220;\u00e9tat social&#8221;, c&#8217;est-\u00e0-dire l&#8217;ensemble des protections des citoyens en mati\u00e8re de droit du travail, de sant\u00e9, de formation, dans un climat o\u00f9 se poursuivent les r\u00e9v\u00e9lations, vraies ou fausses, sur les scandales \u00e9conomico-politico-mafieux. Collusions et compromissions ont pr\u00e9cipit\u00e9 la chute de Bettino Craxi et Giulio Andreotti et des partis socialiste (PSI) et d\u00e9mocrate-chr\u00e9tien (DC), portant un coup d\u00e9cisif aux \u00e9quilibres politiques en vigueur depuis la fin de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale. Ils avaient \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9s dans la Constitution de d\u00e9cembre 1947.<\/p>\n<p>Les \u00e9lections l\u00e9gislatives de mars 1994 portent une majorit\u00e9 de droite au Parlement. Le gouvernement de Silvio Berlusconi prend imm\u00e9diatement des mesures souhait\u00e9es par le patronat italien. La nouvelle majorit\u00e9 repose sur le mouvement Forza Italia, cr\u00e9\u00e9 par S. Berlusconi, la Ligue du Nord, dirig\u00e9e par Umberto Bossi et qui affirme des tendances s\u00e9cessionnistes, et l&#8217;Alliance nationale dans laquelle G. Fini a regroup\u00e9 des forces de droite et d&#8217;extr\u00eame droite, exception faite des h\u00e9ritiers de la R\u00e9publique sociale de Mussolini, d\u00e9sormais retranch\u00e9s dans le mouvement Fiamma tricolore (1). La brutalit\u00e9 de l&#8217;attaque de Berlusconi contre la t\u00e9l\u00e9vision publique, contre l&#8217;Universit\u00e9, contre la magistrature, contre les retraites, jointe \u00e0 certaines pratiques de n\u00e9potisme \u00e9conomique favorisant son groupe (Fininvest), conduisent toutefois \u00e0 un s\u00e9rieux affaiblissement de son audience dans le pays et m\u00eame \u00e0 la Confindustria. Le 14 octobre, une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale exprime le refus de cette politique, notamment l&#8217;attaque contre les retraites. L&#8217;offensive contre &#8221; l&#8217;\u00e9tat social &#8220;, men\u00e9e au nom de l&#8217;assainissement des finances publiques pour pouvoir &#8221; entrer dans l&#8217;Europe &#8221; se heurte \u00e0 une premi\u00e8re r\u00e9sistance de masse. En d\u00e9cembre 1994, la magistrature ouvre une enqu\u00eate sur les affaires de Berlusconi, la Ligue du Nord se dissocie de la majorit\u00e9, et le premier ministre doit d\u00e9missionner. Son ministre du Tr\u00e9sor, Lamberto Dini, lui succ\u00e8de et, avec un gouvernement qualifi\u00e9 tant\u00f4t de &#8221; technique &#8220;, tant\u00f4t de &#8221; centre gauche &#8220;, met en oeuvre, parfois avec difficult\u00e9, la politique &#8221; d&#8217;assainissement des finances publiques &#8220;, avec pour objectif d\u00e9clar\u00e9 le retour de la lire dans le syst\u00e8me mon\u00e9taire europ\u00e9en (SME), dont elle \u00e9tait sortie en septembre 1992. A bien des \u00e9gards Dini continue la politique de Berlusconi: augmentation des imp\u00f4ts sur le revenu, de la TVA, du gaz, de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, du t\u00e9l\u00e9phone, du train, des produits p\u00e9troliers, de la taxe de sant\u00e9 pour les commer\u00e7ants et artisans, diminution des subventions aux collectivit\u00e9s territoriales, acc\u00e9l\u00e9ration des privatisations, r\u00e9forme du syst\u00e8me des pensions et retraites. Mais il obtient l&#8217;appui des syndicats et des partis de centre gauche, dont celui du PDS (parti d\u00e9mocratique de la gauche), le parti le plus influent \u00e9lectoralement de la gauche italienne, issu de la dissolution du PCI, en 1991 (2).<\/p>\n<p> <strong> Autour de la constitution d&#8217;un centre gauche <\/strong><\/p>\n<p>En revanche, cette politique suscite, au moment du vote de la loi de finances en d\u00e9cembre 1995, une crise \u00e0 la direction du Parti de la refondation communiste (PRC), constitu\u00e9 en 1991 par des militants, essentiellement venus du PCI, en refus de la disparition de celui-ci (3). Certains dirigeants et un grand nombre de parlementaires du PRC, par crainte de favoriser le retour de la droite de Fini et Berlusconi, refusent la d\u00e9cision de la direction du parti de voter contre le gouvernement Dini. Toutefois la contestation sociale et les calculs \u00e9lectoralistes de la droite, notamment de G. Fini, aboutissent \u00e0 la chute du gouvernement Dini et \u00e0 la dissolution du Parlement en janvier 1996 et ouvrent une p\u00e9riode \u00e9lectorale qui aboutit aux \u00e9lections l\u00e9gislatives d&#8217;avril 1996 et \u00e0 la victoire du &#8221; centre gauche &#8220;. Le fait nouveau est la constitution par Romano Prodi d&#8217;un rassemblement, baptis\u00e9 &#8221; l&#8217;Olivier &#8220;, des formations de gauche, notamment le PDS, de forces progressistes issues de l&#8217;effondrement de la DC et du PSI, mais aussi de forces centristes comme Renouveau italien, le parti de Lamberto Dini. Le PDS avait depuis longtemps choisi ce type d&#8217;alliance pour constituer un centre gauche tr\u00e8s large. Son secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, Massimo D&#8217;Alema, estime que l&#8217;Italie doit devenir &#8221; un pays normal &#8221; (4), qu&#8217;il n&#8217;a pas d&#8217;autre choix politique que de gouverner au centre, ce qui conduit au bipartisme, comme en Allemagne, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis. Il pr\u00e9pare, avec d&#8217;autres forces, un congr\u00e8s au mois de d\u00e9cembre prochain, qui devrait aboutir \u00e0 la naissance de &#8221; la cosa 2 &#8221; (5) qui serait une vaste formation du centre, capable de rassembler rapidement au moins 51% des voix.<\/p>\n<p>Les communistes du PRC s&#8217;y opposent. Il existe en Italie et en Europe, dit Fausto Bertinotti, son secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, dans son rapport devant le 3e congr\u00e8s en d\u00e9cembre 1996, deux gauches, diff\u00e9rentes quant \u00e0 la politique, \u00e0 la culture politique, aux forces sociales de r\u00e9f\u00e9rence. L&#8217;autonomie du PRC est pour lui la condition de celle des mouvements sociaux, pour rompre la tr\u00eave sociale et pour que les masses puissent reprendre la parole par le conflit social; il y a entre les deux gauches, non pas une r\u00e9partition des r\u00f4les mais une &#8221; comp\u00e9tition pour l&#8217;h\u00e9g\u00e9monie &#8220;. Aussi, pour les \u00e9lections d&#8217;avril 1996, le PRC passe un accord \u00e9lectoral, et non un accord de gouvernement, avec l&#8217;Olivier, malgr\u00e9 les r\u00e9ticences de certaines composantes de ce dernier, tel Lamberto Dini. Bien que Forza Italia (20,6%) et l&#8217;Alliance nationale (15,7%) soient en progr\u00e8s, le P\u00f4le des libert\u00e9s (droite) n&#8217;obtient que 42,1% des suffrages contre les 43,3% de l&#8217;Olivier: la d\u00e9fection de la Ligue (10,1%) co\u00fbte la victoire \u00e0 la droite. Au sein du centre gauche, le PDS, avec 21,1%, confirme sa position de premier parti italien. Mais le PRC, en progr\u00e8s sensible avec 8,6%, devient indispensable pour constituer une majorit\u00e9 et un gouvernement. Pour lui, le probl\u00e8me n&#8217;est pas de savoir comment il doit soutenir un gouvernement issu de ces \u00e9lections, mais s&#8217;il doit \u00eatre dans l&#8217;opposition ou dans la majorit\u00e9. Lors du 3e congr\u00e8s de son parti, F. Bertinotti dira que ce gouvernement n&#8217;est pas celui du PRC, qu&#8217;il y a m\u00eame eu, dans l&#8217;histoire du centre gauche des ann\u00e9es soixante-dix des formes gouvernementales plus avanc\u00e9es.<\/p>\n<p> <strong> Une porte ouverte pour que l&#8217;on entende les voix de dehors <\/strong><\/p>\n<p>Mais, r\u00e9pondant \u00e0 la fois \u00e0 ceux qui br\u00fblent d&#8217;entrer au gouvernement et \u00e0 ceux qui, parmi les siens, ont h\u00e2te de retourner \u00e0 l&#8217;opposition, il propose l&#8217;image suivante: le PRC n&#8217;est pas \u00e0 la porte du gouvernement pour y entrer ou pour la claquer mais pour la maintenir ouverte de fa\u00e7on que la voix de ceux qui sont dehors puisse y parvenir. En m\u00eame temps, le PRC fonde ses initiatives et ses prises de position, souvent critiques \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du gouvernement, sur les aspirations et revendications du mouvement social, par exemple l&#8217;opposition \u00e0 la flexibilit\u00e9 du travail. Et quand, au d\u00e9but de l&#8217;\u00e9t\u00e9 1997, Romano Prodi, tablant sur l&#8217;id\u00e9e que la reprise est en cours, affirme que l&#8217;Italie est en mesure d&#8217;entrer dans l&#8217;Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire (UEM) et annonce en m\u00eame temps la cr\u00e9ation de 100 000 emplois pour les jeunes dans le Mezzogiorno et une baisse des imp\u00f4ts &#8221; dans une phase prochaine &#8220;, le PRC conteste cet optimisme et propose l&#8217;organisation de Comit\u00e9s pour la d\u00e9fense de &#8221; l&#8217;\u00e9tat social &#8221; puisque cet automne doit \u00eatre discut\u00e9e la r\u00e9forme globale du welfare state. Enfin, il projette une manifestation nationale en cette rentr\u00e9e contre les restrictions budg\u00e9taires envisag\u00e9es dans un budget 1998 de rigueur accrue.<\/p>\n<p><strong> De Venise \u00e0 Paris Par Graziella Mascia * <\/strong><\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e, nous avons soutenu le budget du gouvernement parce celui-ci s&#8217;est engag\u00e9 \u00e0 ne pas diminuer les retraites ni les autres acquis sociaux. S&#8217;il s&#8217;y attaque, comme sa d\u00e9termination \u00e0 remplir les crit\u00e8res europ\u00e9ens le fait penser, nous ne l&#8217;appuierons pas. Il est urgent d&#8217;agir \u00e9galement contre le ch\u00f4mage. Sur tous ces points, nous sommes en opposition aigu\u00eb avec les autres partis. Il est n\u00e9cessaire d&#8217;inventer une nouvelle politique italienne. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, un gouvernement de gauche doit travailler \u00e0 modifier les crit\u00e8res de convergence europ\u00e9ens. Avec courage les communistes fran\u00e7ais relancent le d\u00e9bat sur la construction europ\u00e9enne en revendiquant un r\u00e9f\u00e9rendum sur la monnaie unique. Ainsi, nous ne sommes pas les seuls \u00e0 demander ces changements. En Italie aussi, les syndicats l&#8217;expriment dans une certaine mesure. Deux possibilit\u00e9s d&#8217;action se dessinent. D&#8217;une part, en Italie, le mouvement populaire grandit, comme en t\u00e9moigne le succ\u00e8s des manifestations du 13 septembre \u00e0 Venise et du 20 septembre \u00e0 Milan, qui entendaient refuser le s\u00e9cessionnisme de la Ligue du Nord et revendiquer une Europe sociale. Un autre rassemblement que nous pr\u00e9parons avec de nombreuses associations a lieu \u00e0 la fin octobre \u00e0 propos des questions sociales. On y remarquera des syndicalistes, des personnalit\u00e9s de partis de gauche, PDS compris, m\u00eame si les organisations elles-m\u00eames n&#8217;y sont pas engag\u00e9es. D&#8217;autre part, nous regardons au-del\u00e0 de nos fronti\u00e8res. Tous les pays ont du mal \u00e0 appliquer les crit\u00e8res europ\u00e9ens, m\u00eame l&#8217;Allemagne! Les salari\u00e9s manifestent fortement leurs attentes. En France, la gauche a acc\u00e9d\u00e9 au gouvernement avec des communistes. Les partis communistes europ\u00e9ens se rencontrent r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 pr\u00e9sent, \u00e0 Paris, \u00e0 Madrid, \u00e0 Lisbonne, \u00e0 Amsterdam et prochainement \u00e0 Luxembourg. Ces \u00e9change d&#8217;id\u00e9es et d&#8217;exp\u00e9riences donnent une dimension europ\u00e9enne \u00e0 nos luttes qui se d\u00e9ploient dans des situations nationales tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Une voie tr\u00e8s difficile mais c&#8217;est la seule.n G. M.<\/p>\n<p>* Coordinatrice du Parti de la refondation communiste d&#8217;Italie. A particip\u00e9 au d\u00e9bat sur l&#8217;Europe organis\u00e9 par Regards \u00e0 la f\u00eate de l&#8217;Humanit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-693","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/693","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=693"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/693\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=693"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=693"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=693"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}