{"id":678,"date":"1997-10-01T00:00:00","date_gmt":"1997-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/arts678\/"},"modified":"1997-10-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-09-30T22:00:00","slug":"arts678","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=678","title":{"rendered":"ARTS"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Henri Cueco, n\u00e9 en 1929, est l&#8217;un des peintres de la Figuration critique. Une r\u00e9trospective \u00e0 Meymac, une exposition \u00e0 Paris, un ouvrage consacr\u00e9 \u00e0 ses dessins permettent de prendre la mesure de son oeuvre et de sa place sur la sc\u00e8ne artistique fran\u00e7aise. <\/p>\n<p>Cueco est de ce type d&#8217;artiste que l&#8217;on classe dans la cat\u00e9gorie des peintres alors qu&#8217;il appartient \u00e0 la famille d&#8217;artistes polyphoniques, aussi bien \u00e9crivain qu&#8217;orateur, aussi bien dessinateur que promeneur ou observateur. L&#8217;histoire qui le l\u00e9gitime est attach\u00e9e \u00e0 celle de la Figuration critique qui s&#8217;imposa en France de 1965 jusqu&#8217;au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt.<\/p>\n<p> <strong> Visite et interrogation de la &#8221; grande peinture occidentale &#8221; <\/strong><\/p>\n<p>Dans le catalogue d&#8217;une exposition \u00e0 Lyon en 1992 consacr\u00e9e \u00e0 11 artistes de la Figuration critique, Cueco d\u00e9clarait, se tournant vers les ann\u00e9es 65-75 &#8221; que l&#8217;engagement politique du groupe restera incompr\u00e9hensible aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations s&#8217;il n&#8217;est pas replac\u00e9 dans son contexte. Pour les artistes group\u00e9s autour du peintre Gilles Aillaud ou des gens qui participaient au Salon de la Jeune Peinture, il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s vite clair qu&#8217;il n&#8217;\u00e9tait pas possible de changer le monde depuis la position de l&#8217;artiste, que la situation de l&#8217;artiste ne donnait pas la possibilit\u00e9 d&#8217;articuler un langage par rapport aux gens que nous voulions toucher \u00e0 l&#8217;\u00e9poque et que l&#8217;on d\u00e9signait comme &#8221; la classe ouvri\u00e8re &#8220;. Par contre, ils nous a sembl\u00e9 possible de modifier ce qui se passait dans notre milieu. Et toute une \u00e9nergie s&#8217;est dispens\u00e9e \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de ce milieu, avec sa diversit\u00e9, ses contradictions, bref, une passion inou\u00efe du moment.&#8221; Ce parcours de Cueco l&#8217;inscrit dans l&#8217;histoire de l&#8217;art, mais aujourd&#8217;hui, d\u00e9gag\u00e9 de ce lien quasi tribal, il continue \u00e0 interroger l&#8217;image, non pas \u00e0 partir de l&#8217;actualit\u00e9 la plus directe et quotidienne, mais en revisitant et en r\u00e9activant les mod\u00e8les de la &#8221; grande peinture occidentale &#8220;. Ces images restent toujours \u00e0 interroger au m\u00eame titre que celles de la plan\u00e8te Mars, ou de la pomme de terre, que Cueco a examin\u00e9e sous toutes les coutures et dans tous les \u00e9tats de d\u00e9composition et de germination. Rien ne se cr\u00e9e, tout se recycle et il en va ainsi de Poussin comme de Philippe de Champaigne dont Cueco interroge les oeuvres qui deviennent, sous son scalpel, objet d&#8217;examen aussi bien que le serait un fragment de la r\u00e9alit\u00e9. Cueco se glisse donc dans les plis et replis des drap\u00e9s qu&#8217;il d\u00e9sarticule en autant de particules et de d\u00e9tails que peuvent livrer ces images qui sont pour lui des sortes d&#8217;ic\u00f4nes de notre m\u00e9moire. Depuis trois ann\u00e9es, en effet, Cueco nourrit son point de vue d&#8217;artiste sur le monde par l&#8217;analyse d&#8217;un ordre esth\u00e9tique et politique mis en place dans les tableaux du th\u00e9oricien Poussin ou de l&#8217;id\u00e9ologue jans\u00e9niste Philippe de Champaigne. Ces r\u00e9cents travaux sont expos\u00e9s au Centre d&#8217;art de Meymac (1) et donnent suite \u00e0 une exposition, \u00e0 Paris, \u00e0 la galerie Louis-Carr\u00e9 (2). Cette pr\u00e9sentation est accompagn\u00e9e par la sortie d&#8217;un ouvrage r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 partir des dessins de Cueco aux \u00e9ditions du Cercle d&#8217;Art (3).<\/p>\n<p> <strong> Le r\u00f4le lib\u00e9ratoire du graphisme dans la d\u00e9marche de Cueco <\/strong><\/p>\n<p>Cet ouvrage fait suite en quelque sorte \u00e0 un autre, consacr\u00e9 \u00e0 l&#8217;artiste par les m\u00eames \u00e9ditions, en 1995. Force est de constater que cet ouvrage consacr\u00e9 \u00e0 l&#8217;oeuvre dessin\u00e9e de Cueco se parcourt sans que besoin soit, dans un premier temps, de conna\u00eetre le reste du travail de Cueco. L&#8217;analyse qu&#8217;en fait Marie-Jos\u00e9 Mondzain, philosophe connue, entre autre, pour sa connaissance de la probl\u00e9matique de l&#8217;ic\u00f4ne, rend toute son autonomie au dessin que l&#8217;on consid\u00e8re bien souvent dans la culture occidentale comme un fondement traditionnel de la peinture, mais qui n&#8217;est qu&#8217;une \u00e9tape, magnifi\u00e9e par l&#8217;oeuvre aboutie que serait la peinture. Marie-Jos\u00e9 Mondzain nous montre en la figure de Cueco un peintre d&#8217;histoire qui, paradoxalement, semble s&#8217;\u00eatre d\u00e9tach\u00e9 de l&#8217;actualit\u00e9 pour entrer de plus en plus profond\u00e9ment dans l&#8217;inscription du pr\u00e9sent, un militant devenu po\u00e8te o\u00f9 l&#8217;unit\u00e9 de l&#8217;\u00eatre humain r\u00e9concilie l&#8217;artiste et le citoyen, l&#8217;intime et l&#8217;universel. Le plaisir dicte son \u00e9criture qui nous invite \u00e0 d\u00e9couvrir &#8221; un dessin allant des paradoxes topologiques aux vertiges r\u00e9alistes, passant du calembour photographique aux rugissements anticapitalistes &#8220;. De m\u00eame, l&#8217;artiste &#8221; mesure son go\u00fbt de la vie \u00e0 son intimit\u00e9 avec la mort, retrouvant l\u00e0, la plus grande tradition du dessin qui ne trafique pas comme la peinture avec les fant\u00f4mes de l&#8217;immortalit\u00e9 &#8220;. Le sens de la formule de l&#8217;auteur, la reproduction de nombreux dessins (des ann\u00e9es cinquante jusqu&#8217;\u00e0 nos jours) d\u00e9montrent le r\u00f4le essentiel et lib\u00e9ratoire que joue le graphisme dans la d\u00e9marche de Cueco.<\/p>\n<p> <strong> Que sont les soixante-huitards devenus ? <\/strong><\/p>\n<p>En 1992, Cueco, \u00e9voquant la r\u00e9volte de Mai-68, brossait le portrait &#8221; du r\u00e9volutionnaire pessimiste pensant que son action n&#8217;a eu pour simple effet que d&#8217;adapter la sph\u00e8re culturelle \u00e0 une \u00e9volution qui se faisait dans la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, exemple visible \u00e0 travers un certain nombre de cadres de cette soci\u00e9t\u00e9 capitaliste qui ont \u00e9t\u00e9 des grands r\u00e9volt\u00e9s de 68 &#8220;. Il d\u00e9crivait \u00e9galement une &#8221; autre vision, plus optimiste: des pens\u00e9es utopistes sont apparues, que l&#8217;on a fait m\u00fbrir, dont certaines ce sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es invivables, et d&#8217;autres comme des germes qui sont encore en \u00e9tat de porter autre chose. Des revendications de d\u00e9mocratie, certaines attitudes \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du pouvoir aujourd&#8217;hui sont bien n\u00e9es en 68, et c&#8217;est une naissance qui est sans doute porteuse d&#8217;utopies \u00e0 venir, m\u00eame si nous sommes dans un moment d\u00e9pressif pour tout le monde &#8220;. Ces mots de Cueco sont toujours d&#8217;actualit\u00e9 et montrent la grande lucidit\u00e9 du personnage citoyen en m\u00eame temps qu&#8217;artiste..<\/p>\n<p>1. Meymac (19250), Abbaye Saint-Andr\u00e9, jusqu&#8217;au 20 octobre.T\u00e9l: 05 55 95 23 30.<\/p>\n<p>2. Paris (75008), Galerie Carr\u00e9, 10 avenue de Messine, jusqu&#8217;au 31 octobre.T\u00e9l: 01 45 62 57 07.<\/p>\n<p>3. Cueco, dessins, texte de Marie-Jos\u00e9 Mondzain, \u00e9ditions du Cercle d&#8217;Art, 1997, 200 p., 300 illustrations, 390 F.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Henri Cueco, n\u00e9 en 1929, est l&#8217;un des peintres de la Figuration critique. Une r\u00e9trospective \u00e0 Meymac, une exposition \u00e0 Paris, un ouvrage consacr\u00e9 \u00e0 ses dessins permettent de prendre la mesure de son oeuvre et de sa place sur la sc\u00e8ne artistique fran\u00e7aise. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-678","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/678","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=678"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/678\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=678"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=678"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=678"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}