{"id":6724,"date":"2013-06-05T20:12:34","date_gmt":"2013-06-05T18:12:34","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/diaz-socialisme-ou-barbarie6724\/"},"modified":"2023-06-23T23:14:40","modified_gmt":"2023-06-23T21:14:40","slug":"diaz-socialisme-ou-barbarie6724","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=6724","title":{"rendered":"Diaz, socialisme ou barbarie"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Douze ans apr\u00e8s les faits, <em>Diaz &#8211; Un crime d&#8217;\u00c9tat<\/em> de l\u2019italien Daniele Vicari, revient sur l\u2019assaut sanglant men\u00e9 \u00e0 l\u2019issue du G8 de G\u00eanes par les forces de s\u00e9curit\u00e9 italiennes contre la centaine de militants alter mondialistes r\u00e9unis dans un \u00e9tablissement scolaire de la via Battisti. Un film en col\u00e8re qui d\u00e9nonce, \u00e0 travers la brutalit\u00e9 insoutenable des agents d\u2019Etat, la pr\u00e9gnance du pass\u00e9 fasciste de l\u2019Italie contemporaine. A voir de toute urgence.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait il y a douze ans. Une \u00e9ternit\u00e9 au regard de l\u2019actualit\u00e9 m\u00e9diatique, mais un pass\u00e9 encore proche pour toutes celles et ceux qui ont suivi, de pr\u00e8s ou de loin la contestation civile au G8 de G\u00eanes. On se souvient que d\u00e8s le d\u00e9but du contre-sommet Carlo Giuliani, fils de syndicalistes, avait trouv\u00e9 la mort dans une manifestation, tu\u00e9 \u00e0 bout portant par un carabinier, comme il fut d\u00e9montr\u00e9 dans le documentaire que Francesca Comencini consacra \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement dans l\u2019ann\u00e9e qui suivit. On se souvient aussi que la ville, qui accueillit plus de 300 000 contre manifestants venus de tout l\u2019Europe, aura \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre de l\u2019action radicale des groupes blacks blocs, en marge des manifestations pacifiques. De tout cela, les archives du Forum Juridique de G\u00eanes ont gard\u00e9 la trace, notamment via un millier d\u2019heures d\u2019images vid\u00e9o et de photos prises par les dizaines de cam\u00e9ramen et photographes, professionnels ou amateurs pr\u00e9sents sur place. Mais de l\u2019assaut de l\u2019\u00e9cole Diaz, qui se d\u00e9roula de nuit, alors que le sommet avait pris fin et que la plupart des militants encore pr\u00e9sents s\u2019appr\u00eataient \u00e0 quitter la ville, il ne reste que les t\u00e9moignages de celles et ceux qui y furent rafl\u00e9s, tabass\u00e9s, tortur\u00e9s, humili\u00e9s, sur place puis dans la caserne de police de Bolzaneto. Et c\u2019est l\u00e0 la moindre des qualit\u00e9s du film de Daniel Vicari de faire ressurgir par le biais de la fiction et de la reconstitution l\u2019horreur qui se d\u00e9roula alors. <\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"460\" height=\"259\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/QPG8eVQbyY0\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Evitant l\u2019\u00e9cueil du manich\u00e9isme Daniele Vicari prend soin d\u2019offrir au spectateur une multiplicit\u00e9 de points de vues, tant du c\u00f4t\u00e9 des militants que du c\u00f4t\u00e9 de la police, et choisit de d\u00e9jouer \u00e0 chaque fois le cours pr\u00e9visible de son film. Si ce dernier s\u2019ouvre par une confrontation entre Blacks Bloc et forces de l\u2019ordre, Vicari introduit imm\u00e9diatement un personnage de commandant d\u2019unit\u00e9 de gardes mobiles qui refuse de r\u00e9pliquer aux manifestants d\u00e8s lors que les conditions de s\u00e9curit\u00e9 ne le permettent pas. Il n\u2019est donc pas question de brosser un portrait caricatural des forces de l\u2019ordre. Par contre ce que le r\u00e9alisateur r\u00e9ussit  \u00e0 mettre en place progressivement c\u2019est l\u2019escalade de la tension c\u00f4t\u00e9 policier, organis\u00e9e voire encourag\u00e9e par les dirigeants depuis leur bureaux de la pr\u00e9fecture, manipulant leurs propres effectifs, choisissant de rester sourds aux recommandation des hommes de terrain, contournant enfin les proc\u00e9dures normales pour arriver \u00e0 leur fin. <\/p>\n<p>Ayant construit sa structure narrative \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019un labyrinthe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur duquel viennent se perdre les personnages Vicari ne s\u2019\u00e9gare pourtant pas au point de ne plus distinguer les victimes des bourreaux.\u00a0 A ce titre le film ne tremble pas lorsqu\u2019il s\u2019agit de mettre en image la violence qui s\u2019abattit sur les occupants de l\u2019\u00e9cole, au point que les s\u00e9quences peuvent devenir aussi insoutenables que la r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019elles d\u00e9crivent. S\u2019il ne s\u2019agissait que d\u2019une explosion de violence ultra celle ci aurait \u00e9t\u00e9 facilement circonscrite dans le film, mais l\u2019horreur se poursuivra plusieurs jours, au point de la transformer en un enfer pour les militants qui la subirent. C\u2019est ici, par del\u00e0 le spectacle du film que <em>Diaz<\/em> prend toute sa dimension politique et historique en mettant en sc\u00e8ne l\u2019expression d\u2019une barbarie institutionnelle, d\u2019un fascisme en action o\u00f9 l\u2019ensemble des barri\u00e8res d\u00e9mocratiques \u00e0 la violence, c\u2019est \u00e0 dire la loi, aussi injuste soient elle, aura \u00e9t\u00e9 abolie.<\/p>\n<p>Il va s\u2019en dire que le proc\u00e8s qui s\u2019ensuivit permet de douter de la capacit\u00e9 de l\u2019institution d\u00e9mocratique italienne \u00e0 faire en sorte que ces \u00e9v\u00e8nements ne se reproduisent jamais. Car au bout de 10 ans de proc\u00e9dure ne furent condamn\u00e9s que 27 des 300 policiers ayant particip\u00e9 \u00e0 l\u2019op\u00e9ration de l\u2019\u00e9cole <em>Diaz<\/em>, et 44 autres pour les exactions commises par la suite dans les locaux de la police, les fait les plus graves n\u2019ayant pu \u00eatre retenus \u00e0 cause de l\u2019absence de la torture comme crime dans le syst\u00e8me judiciaire italien\u00a0! Quand la d\u00e9mocratie faillit \u00e0 ce point se pose alors pour tout spectateur du film et tou(te)s citoyen(ne)s inform\u00e9(e)s de ce qui se passa le 21 juillet 2001 via Battisti \u00e0 G\u00eanes, la question de savoir dans quel camp il se situe, l\u2019alternative ayant d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e\u00a0: socialisme ou barbarie\u00a0?<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-6724 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/diaz-503.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/diaz-503-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"diaz.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Douze ans apr\u00e8s les faits, <em>Diaz &#8211; Un crime d&#8217;\u00c9tat<\/em> de l\u2019italien Daniele Vicari, revient sur l\u2019assaut sanglant men\u00e9 \u00e0 l\u2019issue du G8 de G\u00eanes par les forces de s\u00e9curit\u00e9 italiennes contre la centaine de militants alter mondialistes r\u00e9unis dans un \u00e9tablissement scolaire de la via Battisti. 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