{"id":6706,"date":"2013-03-20T15:49:00","date_gmt":"2013-03-20T14:49:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/les-fralib-en-finale6706\/"},"modified":"2023-06-23T23:14:37","modified_gmt":"2023-06-23T21:14:37","slug":"les-fralib-en-finale6706","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=6706","title":{"rendered":"Les Fralib \u00aben finale\u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Jeudi 28 f\u00e9vrier, la Cour d&#8217;appel d&#8217;Aix en Provence a prononc\u00e9 la nullit\u00e9 du troisi\u00e8me plan de sauvegarde de l&#8217;emploi (PSE) d&#8217;Unilever concernant Fralib. Le g\u00e9ant anglo-n\u00e9\u00e9rlandais est mis en difficult\u00e9 par cette d\u00e9cision de justice qui signe une victoire cruciale des salari\u00e9s. Ces derniers entendent d\u00e9sormais voir les politiques prendre leurs responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p><em>\u00ab Mine de rien, vous avez fait plier une multinationale, ce n&#8217;est pas rien. Bravo \u00e0 tous ! Il faut f\u00e9d\u00e9rer nos luttes, rester soud\u00e9s et continuer ensemble \u00bb<\/em>. Jeudi 28 f\u00e9vrier en fin de matin\u00e9e dans l&#8217;usine Fralib de G\u00e9menos, Christophe Barbier, le secr\u00e9taire CGT du Comit\u00e9 d&#8217;entreprise de Pilpa (usine de cr\u00e8me glac\u00e9e de Carcassonne, dont les 124 salari\u00e9s sont en lutte depuis juillet dernier pour sauver leur emploi), a r\u00e9sum\u00e9 le sentiment g\u00e9n\u00e9ral: apr\u00e8s 884 jours de lutte, les salari\u00e9s de Fralib ont remport\u00e9 une bataille qui fera date dans l&#8217;histoire r\u00e9cente du combat syndical en France.<\/p>\n<p>Face \u00e0 une bonne soixantaine de personnes (dont une quinzaine de journalistes) euphoriques, le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 syndical CGT de Fralib, Olivier Leberquier, a pris le temps de lire le contenu de l&#8217;arr\u00eat rendu le matin m\u00eame par la Cour d&#8217;Appel d&#8217;Aix en Provence. La Cour constate <em>\u00ab la nullit\u00e9 du plan de sauvegarde de l&#8217;emploi et celle des licenciements d\u00e9j\u00e0 intervenus [et] ordonne \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 Fralib Sourcing Unit de reprendre \u00e0 son d\u00e9but ladite proc\u00e9dure et de pr\u00e9senter au comit\u00e9 d&#8217;entreprise un plan de sauvegarde de l&#8217;emploi concernant l&#8217;ensemble des salari\u00e9s du site de G\u00e9menos \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Sans se l&#8217;avouer, les soutiens des salari\u00e9s de Fralib attendaient le rendu de cet arr\u00eat avec une pointe d&#8217;inqui\u00e9tude. Si la Cour d&#8217;appel avait valid\u00e9 le troisi\u00e8me \u00abPlan de sabordage de l&#8217;emploi\u00bb (v\u00e9ritable d\u00e9veloppement du sigle &#8220;PSE&#8221; selon les Fralibiens) d&#8217;Unilever, l&#8217;horizon de la lutte, d\u00e9but\u00e9e en septembre 2010, se serait obscurci. Et ce malgr\u00e9 la volont\u00e9 r\u00e9affirm\u00e9e des salari\u00e9s de poursuivre quoi qu&#8217;il arrive. Questionn\u00e9 sur un \u00e9ventuel Plan B en cas d&#8217;\u00e9chec, <em>\u00ab on aura toujours la possibilit\u00e9 d\u2019aller sur le fond, ce n\u2019est pas la fin de nos recours judiciaires \u00bb<\/em> nous avait assur\u00e9 G\u00e9rard Cazorla, secr\u00e9taire CGT du CE, fin janvier.<\/p>\n<p>Mais jeudi 28, un large sourire lui barrait le visage. Malgr\u00e9 ses b\u00e9quilles et une r\u00e9cente intervention chirurgicale, le repr\u00e9sentant des salari\u00e9s avait tenu \u00e0 participer \u00e0 l&#8217;AG publique dans les murs de l&#8217;usine. <em>\u00ab Je vais filer la m\u00e9taphore footballistique, <\/em> a pr\u00e9venu son camarade Olivier Leberquier, radieux lui aussi : <em>on vient de gagner la demi-finale, donc on va savourer \u00e7a avec les copains de Pilpa. Et puis tr\u00e8s rapidement on va se remettre au travail parce qu&#8217;il y a la finale \u00e0 jouer&#8230; Et la vraie victoire, ce sera quand les machines de l&#8217;usine vont recommencer \u00e0 tourner et qu&#8217;on va sortir du th\u00e9 mais aussi des infusions avec du tilleul venu de Provence ! \u00bb<\/em><br \/>\nEn annulant ce troisi\u00e8me PSE, la Cour ordonne \u00e0 la multinationale de r\u00e9int\u00e9grer l&#8217;ensemble des 182 salari\u00e9s, invalidant les manoeuvres de la direction qui, en r\u00e9gularisant des transactions individuelles sur des ruptures de contrat, avait r\u00e9duit le p\u00e9rim\u00e8tre du PSE de 182 \u00e0 103 emplois. Et ce sans consultation du Comit\u00e9 d&#8217;entreprise (CE), une consultation pourtant rendue obligatoire par l&#8217;article L 2323-6 du Code du travail. Cela a suffit \u00e0 la Cour pour annuler la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Quelle suite \u00e0 la lutte des Fralib au lendemain de cette victoire? L&#8217;objectif reste le m\u00eame pour les salari\u00e9s: <em>\u00ab Aujourd&#8217;hui, on tient exactement le m\u00eame discours qu&#8217;au premier jour de lutte, explique Olivier Leberquier: on veut maintenir l&#8217;activit\u00e9 industrielle et nos emplois. Le direction d&#8217;Unilever a le choix entre s&#8217;engager dans une quatri\u00e8me proc\u00e9dure, et cette fois ce sera donc avec 182 salari\u00e9s et l\u00e0 on leur souhaite bon courage&#8230; Soit se montrer enfin raisonnable et venir s&#8217;asseoir autour de la table pour trouver une solution \u00bb<\/em>. Une solution \u00e0 laquelle les salari\u00e9s de Fralib ont travaill\u00e9 de longue date. Elle passe par la cr\u00e9ation d\u2019une Soci\u00e9t\u00e9 coop\u00e9rative ouvri\u00e8re proven\u00e7ale de th\u00e9s et infusions (SCOP T.I) dont les projets de statut ont \u00e9t\u00e9 remis le 16 novembre dernier au Ministre de l\u2019Economie Sociale et Solidaire, Beno\u00eet Hamon. Les salari\u00e9s demandent la conservation de la marque Elephant et des volumes de production tournant autour de 1000 tonnes par an, de fa\u00e7on d\u00e9gressive pendant cinq ans, pour assurer la transition et engager la relance. Experts, politiques, partenaires locaux sont d&#8217;accord: leur projet est viable. <em>\u00ab On a fait la d\u00e9monstration qu&#8217;il n&#8217;y a pas de justification \u00e9conomique \u00e0 la fermeture cette usine \u00bb<\/em> qui produisait 3000 tonnes dans sa derni\u00e8re p\u00e9riode et est parfois mont\u00e9 \u00e0 5 ou 6000 tonnes, insiste Olivier Leberquier. Une d\u00e9monstration que la direction du groupe anglo-n\u00e9erlandais, n\u00b0 2 mondial de la vente de produits de consommation courante, a toujours contest\u00e9. Les salari\u00e9s ne se font donc aucune illusion:<em> \u00ab Il faut rester tr\u00e8s attentifs aux r\u00e9actions d&#8217;Unilever, ils ont encore des cordes \u00e0 leur arc et il va falloir se battre jusqu&#8217;au bout \u00bb<\/em>, a rappell\u00e9 G\u00e9rard Cazorla aux salari\u00e9s r\u00e9unis dans l&#8217;usine. Tous ont en m\u00e9moire la succession des <em>\u00ab sales coups \u00bb<\/em> et entraves d\u00e9ploy\u00e9s par la direction depuis le d\u00e9but du conflit. Une strat\u00e9gie du pourrissement que les dirigeants d&#8217;Unliever ont pu men\u00e9 avec <em>\u00ab la complicit\u00e9 objective \u00bb<\/em> du gouvernement pr\u00e9c\u00e9dent a soulign\u00e9 Olivier Leberquier. Le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 syndical rappellant que, apr\u00e8s la premi\u00e8re annulation de la proc\u00e9dure en novembre 2011, l&#8217;\u00e9quipe de Fran\u00e7ois Fillon avait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 r\u00e9fl\u00e9chir aux conditions d&#8217;un troisi\u00e8me PSE avec la direction du groupe plut\u00f4t que de recevoir les salari\u00e9s.<\/p>\n<p><em>\u00ab On a fait tout le travail depuis le d\u00e9but, trois d\u00e9cisions de justice successives ont \u00e9t\u00e9 rendues qui ont annul\u00e9 les PSE d&#8217;Unilever<\/em>, r\u00e9sume G\u00e9rard Cazorla. <em>Dans ces conditions, on ne voit ni pourquoi ni comment les responsables politiques et le gouvernement actuel pourraient refuser d&#8217;intervenir pour appuyer notre projet de reprise \u00bb<\/em>. Les salari\u00e9s de Fralib, dont le sort avait \u00e9t\u00e9 un enjeu de campagne et dont Arnaud Montebourg avait fait un combat embl\u00e9matique de son nouveau minist\u00e8re au printemps avant de se distancier du dossier, se veulent <em>\u00abvigilants\u00bb<\/em> sur la mani\u00e8re dont le gouvernement va ou non <em>\u00abprendre ses responsabilit\u00e9s\u00bb<\/em>.<br \/>\nDans la semaine pr\u00e9c\u00e9dent l&#8217;arr\u00eat de la Cour d&#8217;Appel d&#8217;Aix, le 21 f\u00e9vrier, ils avaient re\u00e7u sur le site la visite d&#8217;Eug\u00e8ne Caselli, Pr\u00e9sident PS de la Communaut\u00e9 Urbaine de Marseille Provence M\u00e9tropole qui a acquis en septembre dernier les terrains, b\u00e2timents et machines de l&#8217;usine de G\u00e9menos. D\u00e8s le lendemain de sa visite sur le site, Caselli a adress\u00e9 une lettre au secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de L&#8217;Elys\u00e9e Pierre-Ren\u00e9 Lemas. Il lui rappelle que <em>\u00abla situation de blocage n&#8217;a pas \u00e9volu\u00e9e depuis le d\u00e9placement de Monsieur le ministre au redressement productif du 25 mai 2012, la premi\u00e8re table ronde du 1er juin 2012 et les r\u00e9unions successives des comit\u00e9s d&#8217;engagement \u00bb<\/em> et demande (&#8230;) <em>\u00abl&#8217;ouverture d&#8217;une r\u00e9elle n\u00e9gociation entre les parties au plus haut niveau de l&#8217;Etat\u00bb, se disant \u00abpersuad\u00e9 que les solutions existent et que la puissance publique a son r\u00f4le \u00e0 jouer pour combattre la d\u00e9sindustrialisation de notre pays\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Moins d&#8217;un an apr\u00e8s sa prise de fonction, les dossiers de Florange, PSA et, plus r\u00e9cemment, Goodyear ont donn\u00e9 \u00e0 voir, sur la question du travail et de l&#8217;industrie, une \u00e9quipe gouvernementale tr\u00e8s en de\u00e7a de ses engagements de campagne. Ce dernier d\u00e9veloppement du conflit Fralib lui offre un semblant de session de rattrapage: alors que la justice vient une nouvelle fois de donner raison aux salari\u00e9s en lutte, Montebourg and Cie ont toutes les cartes en main pour cette fois s&#8217;emparer du dossier et faire preuve d&#8217;initiative. L&#8217;\u00e9quipe d&#8217;Ayrault est attendue au tournant.<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-6706 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/fra-70d.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/fra-70d-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"fra.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jeudi 28 f\u00e9vrier, la Cour d&#8217;appel d&#8217;Aix en Provence a prononc\u00e9 la nullit\u00e9 du troisi\u00e8me plan de sauvegarde de l&#8217;emploi (PSE) d&#8217;Unilever concernant Fralib. Le g\u00e9ant anglo-n\u00e9\u00e9rlandais est mis en difficult\u00e9 par cette d\u00e9cision de justice qui signe une victoire cruciale des salari\u00e9s. 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