{"id":670,"date":"1997-10-01T00:00:00","date_gmt":"1997-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/eclairage-ecole670\/"},"modified":"1997-10-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-09-30T22:00:00","slug":"eclairage-ecole670","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=670","title":{"rendered":"Eclairage \u00e9cole"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Entretien avec Dominique Goux <\/p>\n<p>Voir aussi Le meilleur de la langue<strong> L&#8217;INSEE d\u00e9montre l&#8217;origine plus culturelle et moins socio-\u00e9conomique des in\u00e9galit\u00e9s scolaires. Les \u00e9carts persistent en d\u00e9pit de la d\u00e9mocratisation de l&#8217;\u00e9cole. <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Dans un syst\u00e8me scolaire de plus en plus complexe, le niveau g\u00e9n\u00e9ral des dipl\u00f4mes obtenus est en progression constante. Pour autant, peut-on parler de d\u00e9mocratisation de l&#8217;\u00e9cole ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Dominique Goux : <\/strong> Paradoxalement, l&#8217;\u00e9cole s&#8217;est d\u00e9mocratis\u00e9e, sans pour autant que les in\u00e9galit\u00e9s ne se r\u00e9duisent. Au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, l&#8217;\u00e9cole s&#8217;est ouverte \u00e0 des milieux qui jusqu&#8217;alors en \u00e9taient pour ainsi dire exclus. Dans les ann\u00e9es soixante-dix, les trois quarts des enfants d&#8217;employ\u00e9s, d&#8217;ouvriers et d&#8217;agriculteurs ne d\u00e9passaient pas le certificat d&#8217;\u00e9tudes. Aujourd&#8217;hui, ils obtiennent dans leur majorit\u00e9 au moins un dipl\u00f4me de l&#8217;enseignement professionnel ou encore leur baccalaur\u00e9at. Cependant, dans le m\u00eame temps, l&#8217;ouverture du syst\u00e8me scolaire a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 aussi aux enfants d&#8217;origine plus d\u00e9favoris\u00e9e. Plus de la moiti\u00e9 des enfants de cadres et de chefs d&#8217;entreprise suivent d\u00e9sormais des \u00e9tudes sup\u00e9rieures, contre moins d&#8217;un tiers au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante-dix. Au total, le niveau de formation s&#8217;est consid\u00e9rablement \u00e9lev\u00e9 au fil des g\u00e9n\u00e9rations et tous les enfants ont dor\u00e9navant la possibilit\u00e9 d&#8217;acc\u00e9der aux dipl\u00f4mes les plus \u00e9lev\u00e9s, quelle que soit leur origine: en cela, l&#8217;\u00e9cole s&#8217;est d\u00e9mocratis\u00e9e. Pour autant, les classements ont peu chang\u00e9. Si l&#8217;on compare la r\u00e9ussite scolaire des enfants de cadres \u00e0 celle des enfants d&#8217;ouvriers, les \u00e9carts sont toujours aussi grands qu&#8217;au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante-dix. Par exemple, si l&#8217;on prend au hasard un enfant de cadre et un enfant d&#8217;ouvrier ou d&#8217;employ\u00e9, la probabilit\u00e9 pour que le premier quitte l&#8217;\u00e9cole mieux dipl\u00f4m\u00e9 que le second est environ sept fois plus \u00e9lev\u00e9e que la probabilit\u00e9 inverse, c&#8217;est-\u00e0-dire que l&#8217;enfant d&#8217;ouvrier termine l&#8217;\u00e9cole plus dipl\u00f4m\u00e9 que l&#8217;enfant de cadre. C&#8217;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le cas il y a vingt-cinq ans.<\/p>\n<p> <strong> Vos travaux confortent des \u00e9tudes ant\u00e9rieures sur l&#8217;influence de milieu socio-culturel dans la r\u00e9ussite scolaire des enfants. Vous semblez consid\u00e9rer que dans ce processus l&#8217;influence du niveau culturel pr\u00e9domine sur celle du niveau \u00e9conomique. En quoi ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> D. G.: <\/strong> Les m\u00e9canismes expliquant les in\u00e9galit\u00e9s devant l&#8217;\u00e9cole sont \u00e0 la fois socio-\u00e9conomiques (les familles ais\u00e9es peuvent payer plus longtemps des \u00e9tudes \u00e0 leurs enfants) et culturelles (les familles cultiv\u00e9es peuvent plus facilement aider leurs enfants dans leur travail scolaire). Aujourd&#8217;hui, les in\u00e9galit\u00e9s de r\u00e9ussite entre les enfants refl\u00e8tent avant tout les in\u00e9galit\u00e9s de niveau scolaire de leurs parents. En tendance, les in\u00e9galit\u00e9s sont m\u00eame de plus en plus d&#8217;origine culturelle et de moins en moins d&#8217;origine socio-\u00e9conomique. En d&#8217;autres termes, au cours de vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, le lien entre le dipl\u00f4me du p\u00e8re et le dipl\u00f4me de l&#8217;enfant s&#8217;est plut\u00f4t renforc\u00e9 tandis que le lien entre le m\u00e9tier du p\u00e8re, son statut social et ses revenus, et le dipl\u00f4me de l&#8217;enfant se serait plut\u00f4t desserr\u00e9. Concr\u00e8tement, l&#8217;influence croissante du niveau culturel sur la r\u00e9ussite scolaire serait \u00e0 rapprocher de l&#8217;allongement des cursus scolaires et de l&#8217;augmentation des moments o\u00f9 se d\u00e9cide l&#8217;orientation. La connaissance des strat\u00e9gies d&#8217;orientation, la capacit\u00e9 \u00e0 aider les enfants \u00e0 r\u00e9ussir leurs examens deviendraient de plus en plus d\u00e9terminantes dans la construction des in\u00e9galit\u00e9s.<\/p>\n<p> <strong> En quoi peut-on dire que, au-del\u00e0 de l&#8217;\u00e9cole, le devenir social porte longtemps la marque de l&#8217;origine sociale, culturelle, \u00e9conomique ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> D. G.: <\/strong> Nos analyses montrent que les in\u00e9galit\u00e9s de destin\u00e9es sociales entre personnes issues de milieux diff\u00e9rents ne se forgent pas seulement \u00e0 l&#8217;\u00e9cole. Elles se construisent \u00e9galement tout au long de la carri\u00e8re professionnelle. Deux personnes disposant du m\u00eame dipl\u00f4me n&#8217;ont pas la m\u00eame destin\u00e9e sociale: les individus ont une tendance assez nette \u00e0 reproduire la situation sociale de leurs parents. Par exemple, \u00e0 dipl\u00f4me \u00e9gal, les situations sociales des enfants de cadres et celles des enfants de non-cadres reproduisent beaucoup plus fr\u00e9quemment celles de leurs parents qu&#8217;elles ne les inversent. En outre, l&#8217;influence du dipl\u00f4me a tendance \u00e0 diminuer en cours de carri\u00e8re, au profit de celle du milieu d&#8217;origine.<\/p>\n<p>* Chercheuse au d\u00e9partement des \u00e9tudes d&#8217;ensemble de l&#8217;INSEE, co-auteur du rapport Mobilit\u00e9 sociale: la part de l&#8217;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 et de la formation, Economie et statistiques, n\u00b0 306, juin 1997.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Entretien avec Dominique Goux <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-670","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/670","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=670"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/670\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=670"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=670"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=670"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}