{"id":6670,"date":"2013-05-23T12:09:23","date_gmt":"2013-05-23T10:09:23","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/only-god-forgives-magistral6670\/"},"modified":"2023-06-23T23:14:33","modified_gmt":"2023-06-23T21:14:33","slug":"only-god-forgives-magistral6670","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=6670","title":{"rendered":"Only God Forgives, magistral cauchemar rouge sang"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Pr\u00e9sent\u00e9 il y a quelques jours au festival de Cannes en comp\u00e9tition, <em>Only God Forgives<\/em>, le nouveau film du danois Nicolas Winding Refn d\u00e9ploie depuis mercredi sur les \u00e9crans fran\u00e7ais, toute l\u2019\u00e9tendue de la maitrise cin\u00e9matographique de son auteur. Un film d\u2019une violente beaut\u00e9. Une \u00e9clatante r\u00e9ussite. <\/p>\n<h2>Rouge<\/h2>\n<p>Lorsqu\u2019on tente de situer une \u0153uvre dans la filmographie de son auteur, il est courant d\u2019en comparer les genres, voire les th\u00e8mes. Plus rarement l\u2019on pr\u00eate attention \u00e0 la couleur dominante d\u2019une \u0153uvre \u00e0 l\u2019autre. A tort, notamment pour Nicolas Winding Refn, qui \u00e0 la suite de sa premi\u00e8re trilogie sur les bas fond danois, <em>Pusher<\/em>, plong\u00e9e dans le noir et la p\u00e9nombre la plus totale, avait teint\u00e9 son opus Viking, <em>Valhalla Rising<\/em>, de la couleur gris m\u00e9tallique des \u00e9p\u00e9es de ses protagonistes. Alors que <em>Drive<\/em>, son premier film avec Ryan Goslin qui le f\u00eet sortir de la confidentialit\u00e9, ne cessait de se para\u00eetre des teintes bleut\u00e9es des cr\u00e9puscules de Californie et de la froideur des n\u00e9ons urbains, c\u2019est un film rouge que signe aujourd\u2019hui le r\u00e9alisateur danois avec <em>Only God Forgives<\/em>. Un film rouge sang.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"460\" height=\"259\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/F2ztCLQCYwM?rel=0\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<h2>Noir<\/h2>\n<p>L\u2019histoire, comme dans les pr\u00e9c\u00e9dents films de Winding Refn, tient ici en moins d\u2019un feuillet. Soit Julian et Billy, tenanciers d\u2019un club de boxe Tha\u00ef servant de couverture \u00e0 un trafic de drogue. Incarnation absolue du mal, Billy viole et tue une prostitu\u00e9e de seize ans, puis se fait d\u00e9foncer le cr\u00e2ne par le p\u00e8re de la victime \u00e0 l\u2019instigation d\u2019un flic justicier coupeur de mains. Venue venger son fils pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, la m\u00e8re d\u00e9barque \u00e0 Bangkok pour organiser une vendetta que Julian se refuse \u00e0 organiser et qui va virer au cauchemar. Film rouge sous influence ultra violente <em>Only God Forgives<\/em> reprend par ailleurs les codes du film noir. Images en clairs obscurs et ombres port\u00e9es, mais aussi figures arch\u00e9typales du genre, comme la femme v\u00e9n\u00e9neuse et l\u2019homme castr\u00e9, emp\u00each\u00e9, impuissant. A ce titre, le film ne cesse de travailler sur la crainte masculine de l\u2019autre sexe au gr\u00e9 de sc\u00e8nes qui voient Julian-Ryan Goslin cauchemarder autant que fantasmer s\u2019introduire dans les b\u00e9ances obscures, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une porte au bout du couloir ou de l\u2019entrecuisse de sa ma\u00eetresse. Il y avait longtemps que le cin\u00e9ma ne nous avait pas \u00ab\u00a0gratifi\u00e9\u00a0\u00bb d\u2019une focalisation \u00e0 ce point signifiante sur les dangers des trous noirs et ceux, corollaires des premiers, des vagins dent\u00e9s, aiguis\u00e9s. <\/p>\n<h2>De l\u2019Op\u00e9ra<\/h2>\n<p>Film magistral, <em>Only God Forgives<\/em> se d\u00e9ploie aussi, par del\u00e0 le travail du cin\u00e9ma, sous la forme d\u2019un op\u00e9ra contemporain dans lequel la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 des d\u00e9cors int\u00e9rieurs &#8211; qu\u2019aurait pu signer quelqu\u2019un comme Claude L\u00e9v\u00eaque &#8211; se conjugue \u00e0 la partition atonale de Cliff Martinez, compositeur par ailleurs de la quasi totalit\u00e9 des films de Steven Soderbergh. Bien loin des us et coutumes symphoniques du cin\u00e9ma, cette composition percussive, sonore, non m\u00e9lodique, vient heurter les m\u00e9lop\u00e9es sirupeuses de karaok\u00e9 tha\u00ef qu\u2019entonne avec une certaine m\u00e9lancolie le personnage du flic redresseur de tort. Une esth\u00e9tique \u00ab\u00a0op\u00e9ratique\u00a0\u00bb renforc\u00e9e par la picturalit\u00e9 de certaines images parmi lesquelles celles du visage tum\u00e9fi\u00e9 de Ryan Goslin\u00a0\u00ab\u00a0Francis Baconnis\u00e9\u00a0\u00bb apr\u00e8s sa confrontation avec le flic, figure associ\u00e9e \u00e0 celle du commandeur. Dans cet \u00e9crin, Nicolas Winding Refn, ne se prive pas de recomposer certains sch\u00e8mes des trag\u00e9dies mythologiques, comme celui d\u2019\u0152dipe m\u00eal\u00e9 par le r\u00e9alisateur danois \u00e0 une sc\u00e8ne de crucifixion\u2026 <\/p>\n<h2>Le pied<\/h2>\n<p>Pour autant dans cet univers ou le surgissement de l\u2019h\u00e9moglobine se joue comme unique possibilit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9solution des conflits latents, Winding Refn n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 parsemer son film de traits distanci\u00e9s, ironiques, \u00e0 la limite de l\u2019humour. Ainsi, apr\u00e8s que la bagnole a \u00e9t\u00e9 au centre de <em>Drive<\/em>, son pr\u00e9c\u00e9dent film, peut on appr\u00e9hender avec un l\u00e9ger sourire l\u2019ensemble des sc\u00e8nes de courses poursuites dans Bangkok qui se d\u00e9roulent \u00e0 pied\u00a0! Mani\u00e8re d\u2019affirmer que l\u2019action au cin\u00e9ma n\u2019a pas forc\u00e9ment besoin de machines puissantes pour \u00eatre efficace, qu\u2019il s\u2019agit avant tout d\u2019une question de montage. A ce titre <em>Only God Forgives<\/em> renouvelle l\u2019utilisation du montage parall\u00e8le. L\u00e0 o\u00f9 classiquement cet effet de style donne au spectateur la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre, et ici, et l\u00e0, Winding Refn l\u2019utilise pour offrir, dans une sc\u00e8ne de <em>gunfight<\/em> aussi s\u00e8che que saisissante, au personnage justicier le pouvoir d\u2019anticiper l\u2019\u00e9v\u00e9nement. A toutes ces raisons qui font du nouvel opus de Nicolas Winding Refn un pur moment de cin\u00e9ma, dans lequel le traitement de la violence \u00e0 plus \u00e0 voir avec la s\u00e9cheresse et l\u2019\u00e9pure des premiers films de Takeshi Kitano, qu\u2019avec les boursouflures des derniers opus de Quentin Tarantino, il ne faudrait, bien entendu pas oublier les prestations sid\u00e9rantes de Ryan Gosling, magnifiquement mutique, de Kristin Scott Thomas, formidablement effrayante, ainsi que de Vithaya Pansringarm, dont l\u2019inexpressivit\u00e9 du masque va de pair avec l\u2019effroi que sa pr\u00e9sence provoque. C\u2019est chose faite.<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-6670 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/film-7-580.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/film-7-580-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Only God Forgives, magistral cauchemar rouge sang\" aria-describedby=\"gallery-1-18383\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-18383'>\n\t\t\t\tOnly God Forgives, magistral cauchemar rouge sang\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sent\u00e9 il y a quelques jours au festival de Cannes en comp\u00e9tition, <em>Only God Forgives<\/em>, le nouveau film du danois Nicolas Winding Refn d\u00e9ploie depuis mercredi sur les \u00e9crans fran\u00e7ais, toute l\u2019\u00e9tendue de la maitrise cin\u00e9matographique de son auteur. 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