{"id":665,"date":"1997-10-01T00:00:00","date_gmt":"1997-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique665\/"},"modified":"1997-10-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-09-30T22:00:00","slug":"politique665","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=665","title":{"rendered":"Politique"},"content":{"rendered":"<p>La rencontre entre Robert Hue et Maurice Kriegel-Valrimont en juin dernier a \u00e9t\u00e9 un acte politique d\u00e9monstratif et remarqu\u00e9. Mais a-t-il eu des suites ? Une hirondelle, si belle soit-elle, ne fait pas le printemps. C&#8217;est d\u00e8s son \u00e9lection au poste de secr\u00e9taire national, dans son discours de cl\u00f4ture du 28e Congr\u00e8s, que Robert Hue a tenu \u00e0 regretter publiquement les &#8221; mises \u00e0 l&#8217;\u00e9cart &#8221; de militants. Pr\u00e8s de deux ans plus tard, dans son livre Communisme: la mutation, il \u00e9crivait am\u00e8rement qu'&#8221; aucun geste ne peut rattraper &#8221; le &#8221; formidable g\u00e2chis &#8221; que repr\u00e9sentent ces exclusions. Certes. Mais voici pourtant qu&#8217;il fait un geste. Beaucoup, et pas seulement des intellectuels &#8211; tant s&#8217;en faut -, restent aux portes du parti, h\u00e9sitent \u00e0 y revenir ou \u00e0 y venir, regardent ses efforts de changement avec sympathie, mais ils se m\u00e9fient. A juste titre, ils veulent juger sur pi\u00e8ces. C&#8217;est vrai, il est tard, beaucoup de nos victimes sont mortes ou parties trop loin. Mais quelles preuves avons-nous donn\u00e9es que nous avons analys\u00e9 les causes profondes de ce g\u00e2chis que nous avons cr\u00e9\u00e9 (et quand je dis &#8221; nous &#8221; je m&#8217;inclus), de ce &#8221; stalinisme &#8221; que nous ne cessons de condamner sans vraiment aller au bout de son examen ?<\/p>\n<p>Et puis. Je n&#8217;ai pas entendu dire que, depuis que la question est pos\u00e9e, quelqu&#8217;un ait \u00e9t\u00e9 trouver un exclu en lui pr\u00e9sentant nos excuses et en se demandant avec lui quoi faire ensemble. Je sais que plusieurs (combien ?) attendaient cette d\u00e9marche. J&#8217;ajoute qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas seulement des exclus ou des &#8221; \u00e9cart\u00e9s &#8221; des ann\u00e9es 50. Depuis un certain temps, il n&#8217;y a plus eu, para\u00eet-il, d&#8217;exclusions pour des raisons politiques. Bon. Mais combien de cellules ont &#8221; omis &#8221; de remettre leur carte \u00e0 des &#8221; contestataires &#8220;, des &#8221; opposants &#8221; ? Combien en a-t-on consid\u00e9r\u00e9s comme &#8221; s&#8217;\u00e9tant mis eux-m\u00eames en dehors du parti &#8221; ? Combien a-t-on d\u00e9go\u00fbt\u00e9 en les accusant, en ne leur confiant aucune responsabilit\u00e9 ? Peut-on dire que ces pratiques ont totalement disparu ?<\/p>\n<p>Que faut-il faire ? Une enqu\u00eate syst\u00e9matique sur les causes, les m\u00e9thodes, les effets des proc\u00e8s int\u00e9rieurs, des &#8221; affaires &#8220;, en les repla\u00e7ant dans leur cadre, la situation politique et les luttes de l&#8217;\u00e9poque. C&#8217;est l&#8217;affaire des historiens, communistes ou non. Auxquels le parti doit procurer tous les moyens en sa possession &#8211; ce qui est en cours avec le rassemblement, le classement et l&#8217;ouverture des archives. Mais il y faut aussi une d\u00e9marche politique, une appr\u00e9ciation critique, un retour sur soi, n\u00e9cessaire pour donner confiance et surtout pour aller de l&#8217;avant. Parce que ce qui est en cause c&#8217;est cette fameuse identit\u00e9 communiste. Qu&#8217;en \u00e9tait-il de Marty, de Tillon, de Casanova, de Servin, du &#8221; groupe &#8221; Barb\u00e9-C\u00e9lor, des centaines (je suis modeste) d&#8217;anonymes dont chacun est un cas particulier mais dont le sort proc\u00e8de de principes et de pratiques politiques que nous avons int\u00e9r\u00eat \u00e0 \u00e9claircir ?Et \u00e7a, c&#8217;est l&#8217;affaire du parti. J&#8217;insiste. Peut-\u00eatre pour ceux qui viennent \u00e0 nous maintenant cela peut para\u00eetre de l&#8217;histoire ancienne. Or, rien ne peut \u00eatre pass\u00e9 par profits et pertes d&#8217;une histoire qui a fait du parti ce qu&#8217;il est. En bien comme en mal. En mal comme en bien. Ne laissons pas de zones d&#8217;ombres. La franchise conditionne la confiance.<\/p>\n<p>Et maintenant ? Faut-il proposer aux survivants la r\u00e9adh\u00e9sion: &#8221; Revenez, on ne vous tiendra pas rigueur de ce que nous vous avons fait &#8220;, comme \u00e9crivait quelqu&#8217;un ? Beaucoup, d&#8217;ailleurs, sont revenus discr\u00e8tement. On ne va pas non plus susciter une sorte d&#8217;amicale des exclus retrouv\u00e9s ! C&#8217;est \u00e0 discuter cas par cas avec les int\u00e9ress\u00e9s. Et c&#8217;est le m\u00eame probl\u00e8me qu&#8217;avec tous ceux qui se rapprochent de nous &#8211; parce que nous nous rapprochons d&#8217;eux. Nous les invitons, leur ouvrons les colonnes de notre presse. Mais est-ce que nous n&#8217;avons pas tendance \u00e0 plus retenir de ce qu&#8217;ils nous disent ce qui converge avec nos positions que leurs conseils ou leurs critiques (polies, souvent implicites) ? Or, la le\u00e7on de toutes ces histoires, c&#8217;est que &#8221; les autres &#8221; ont bien souvent eu raison avant nous.<\/p>\n<p>Donc, il y a du chemin \u00e0 faire jusqu&#8217;au printemps. Il faut le faire.<\/p>\n<p>* Ont particip\u00e9 au d\u00e9bat: Jean-Fran\u00e7ois Kahn, directeur de Marianne, Ricardo Montserrat, \u00e9crivain, Viviane Forrester, \u00e9crivain, Bertrand Tavernier, cin\u00e9aste, Jean-Paul Jouary, philosophe, Bernard Vasseur, membre du Bureau national du PCF, Jean-Charles Eleb, producteur audiovisuel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La rencontre entre Robert Hue et Maurice Kriegel-Valrimont en juin dernier a \u00e9t\u00e9 un acte politique d\u00e9monstratif et remarqu\u00e9. Mais a-t-il eu des suites ? Une hirondelle, si belle soit-elle, ne fait pas le printemps. 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