{"id":6591,"date":"2013-05-06T11:11:00","date_gmt":"2013-05-06T09:11:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/hannah-arendt-de-margarethe-von6591\/"},"modified":"2023-06-23T23:14:21","modified_gmt":"2023-06-23T21:14:21","slug":"hannah-arendt-de-margarethe-von6591","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=6591","title":{"rendered":"Hannah Arendt, la controverse au cin\u00e9ma"},"content":{"rendered":"<p>Le dernier film de Margarethe  von Trotta, qui est sorti  en France le 24 avril, sous le titre \u00ab\u00a0Hannah Arendt\u00a0\u00bb  devait s\u2019appeler \u00ab\u00a0La controverse\u00a0\u00bb. C\u2019\u00e9tait un titre r\u00e9ducteur mais significatif.  L\u2019ambition de la cin\u00e9aste allemande est de montrer tout ensemble la vie et la pens\u00e9e d\u2019Hannah Arendt. Initialement, elle envisageait  de  la suivre  depuis ses  18 ans, lorsqu\u2019elle commence \u00e0 suivre  les cours des   philosophes Husserl, Jaspers et Heidegger et lorsque celui-ci devient son amant,  jusqu\u2019\u00e0  sa mort en 1975. Mais, \u00e0 trop embrasser, la cin\u00e9aste disait  ne rien saisir. Le sc\u00e9nario s\u2019est  focalis\u00e9  sur quatre ann\u00e9es, de 1960 \u00e0 1963, autour du proc\u00e8s d&#8217;Adolf Eichmann, du texte qu&#8217;Hannah Arendt en tire (\u00ab\u00a0Eichmann \u00e0 J\u00e9rusalem\u00a0\u00bb) et de la violente pol\u00e9mique qu\u2019elle suscite. <\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" frameborder=\"0\" width=\"460\" height=\"258\" src=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/embed\/video\/xz7mkv\"><\/iframe><br clear=\"all\"><\/p>\n<p>On connait l\u2019histoire\u00a0:<br \/>\nAdolf Eichmann qui avait dirig\u00e9 le bureau des affaires juives de l\u2019office central de s\u00e9curit\u00e9 du Reich et organis\u00e9 les d\u00e9portations vers Auschwitz avait r\u00e9ussi \u00e0 fuir en Argentine avec l\u2019aide de la Croix Rouge et de dignitaires du Vatican. En mai 1960 il est captur\u00e9 par des agents du Mossad et transport\u00e9 \u00e0 J\u00e9rusalem. Accus\u00e9 de crimes contre le peuple juif et de crimes contre l\u2019humanit\u00e9, Il est jug\u00e9 par un tribunal isra\u00e9lien. Le  proc\u00e8s dure  8 mois d\u2019avril \u00e0 d\u00e9cembre 1961. Condamn\u00e9 \u00e0 mort Eichmann est pendu le 28 mars 1962.<\/p>\n<p>Femme, juive, allemande, apatride 18 ann\u00e9es durant \u00e0 partir de 1933, de nationalit\u00e9 am\u00e9ricaine depuis 1951, penseuse inclassable,  Hannah Arendt est en 1960 une professeure de th\u00e9orie politique r\u00e9put\u00e9e.  Son travail sur le  totalitarisme entrepris de 1945 \u00e0 1949 et publi\u00e9 en 1951 aux Etats Unis a une importance consid\u00e9rable, bien que  m\u00e9connu en France \u00e0 l\u2019\u00e9poque, notamment \u00e0  gauche, car elle compare l\u2019Allemagne d\u2019Hitler  et l\u2019URSS de Staline et affirme le caract\u00e8re totalitaire des deux syst\u00e8mes. <\/p>\n<p>Elle propose au New Yorker de suivre le proc\u00e8s. \u00ab\u00a0 Une obligation qu\u2019elle doit \u00e0 son pass\u00e9\u00bb,\u00a0\u00ab\u00a0une cure a posteriori\u00a0\u00bb. Son compte rendu parait  en 5 articles  en 1963 puis  dans le livre\u00a0\u00ab\u00a0Eichmann in Jerusalem\u00a0\u00bb publi\u00e9 peu apr\u00e8s. La repr\u00e9sentation qu\u2019Hannah Arendt donne d\u2019Eichmann (non pas un\u00a0monstre, mais un homme au contraire  tr\u00e8s m\u00e9diocre, rouage de la machine totalitaire), la th\u00e8se de \u00ab\u00a0la banalit\u00e9 du mal\u00a0\u00bb et l\u2019affirmation d\u2019une participation de responsables des communaut\u00e9s juives d\u2019Europe \u00e0 l\u2019accomplissement du g\u00e9nocide provoquent des r\u00e9actions d\u2019une rare violence, y compris parmi certains de ses amis.      <\/p>\n<p><strong>Filmer la pens\u00e9e en action<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Filmer l\u2019intelligence en action, la pens\u00e9e en train de produire est une gageure. Margarethe Von Trotta la rel\u00e8ve. Son film  d\u2019un style tr\u00e8s classique est passionnant. Tout n\u2019est pas r\u00e9ussi. Des sc\u00e8nes dans les rues de J\u00e9rusalem manquent de vie. Les retours en arri\u00e8re qui mettent en sc\u00e8ne la relation d\u2019Hannah Arendt avec Martin Heidegger n\u2019ont pas de consistance. Mais Barbara Sukowa est remarquable. Margarethe von Trotta et elle font vivre devant nous Hannah Arendt, une femme ind\u00e9pendante, \u00ab\u00a0addicte\u00a0\u00bb \u00e0  la cigarette, qui pense sans garde-fou et \u00e0 contre-courant, qui aime son mari Heinrich Bl\u00fccher et ses ami(e)s et se nourrit de ses \u00e9changes avec eux\u00a0; une femme qui \u00e9labore sa pens\u00e9e allong\u00e9e sur un sofa, en voyant Eichmann \u00e0 J\u00e9rusalem, en travaillant d\u2019arrache-pied sur les minutes du proc\u00e8s, qui a le go\u00fbt de la contradiction et le courage de d\u00e9fendre son travail envers et contre tout\u00a0;  une femme dont \u00ab\u00a0le stradivarius est  l\u2019allemand\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0l\u2019anglais est  seulement un second violon\u00a0\u00bb, comme le montre tout au long du film un respect remarquable des langues utilis\u00e9es par les uns avec les autres.<br \/>\nLa cin\u00e9aste  choisit de  recourir \u00e0 des images d\u2019archives pour tout ce qui concerne le d\u00e9roulement du proc\u00e8s. Ni Eichmann ni les t\u00e9moins ne sont jou\u00e9s. Elle ne recr\u00e9e la salle d\u2019audience que pour un seul plan. Pour la suite du proc\u00e8s, Hannah restera en salle de presse, assistant aux audiences via un t\u00e9l\u00e9viseur. Ces images d\u2019archives sont d\u2019une force terrible. Ainsi pouvons-nous ressentir \u00e0 bonne distance le  choc v\u00e9cu par Hannah Arendt de voir  Eichmann tel qu\u2019il \u00e9tait dans sa cage de verre, plut\u00f4t \u00ab\u00a0clown\u00a0\u00bb que \u00ab\u00a0monstre\u00a0\u00bb.  <\/p>\n<p>A la fin du film Hannah Arendt s\u2019explique devant un amphith\u00e9\u00e2tre comble. Cela dure plusieurs minutes. Cela ressemble au  plaidoyer final d\u2019un film de proc\u00e8s.  La facture est parfois lourde entre les  plans qui opposent la masse des  \u00e9tudiants ouverts et reconnaissants \u00e0 ce que dit   Hannah Arendt   et les  membres du conseil  de l\u2019universit\u00e9 de Chicago fig\u00e9s dans leur rejet. Mais le texte du discours et l\u2019interpr\u00e9tation de Barbara Sukowa rendent la sc\u00e8ne limpide et m\u00e9morable. <\/p>\n<p><strong>Comprendre<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui 50 ans apr\u00e8s la parution de \u00ab\u00a0Eichmann \u00e0 J\u00e9rusalem, essai sur la banalit\u00e9 du mal\u00a0\u00bb,  la pol\u00e9mique n\u2019est pas \u00e9teinte.<br \/>\nClaude Lanzmann ach\u00e8ve un film sur Benjamin Murmelstein, le dernier Pr\u00e9sident du Conseil Juif du ghetto de Theresienstadt, seul  &#8220;doyen des Juifs&#8221; \u00e0 n\u2019avoir pas \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 durant la guerre. Il sera pr\u00e9sent\u00e9 dans quelques semaines  \u00e0 Cannes en 2013. Il y a un an et demi, en novembre 2011, dans une interview \u00e0 Marianne,  il expliquait le sens de ce projet, et s\u2019en prenait \u00e0 Hannah Arendt\u00a0: \u00ab\u00a0Eichmann n\u2019\u00e9tait pas du tout le falot bureaucrate dont Arendt a bross\u00e9 le portrait en m\u00eame temps qu\u2019elle inventait le concept de banalit\u00e9 du mal, qui n\u2019\u00e9tait au fond que la banalit\u00e9 de ses propres conclusions\u2026\u00a0A la demande de Ben Gourion qui souhaitait en faire un acte fondateur pour Isra\u00ebl, Hausner a ouvert le proc\u00e8s par un immense discours moralisateur, insupportable. Cette ouverture a d\u00e9plu \u00e0 Arendt. A juste titre. Mais elle-m\u00eame ne savait rien. C\u2019\u00e9tait une juive allemande exil\u00e9e qui ignorait tout de la r\u00e9alit\u00e9 de ces choses et de ces gens&#8230; Le pr\u00e9sident du conseil juif de Varsovie a choisi de se suicider, le 23 juillet 1942, quand il a vu que les d\u00e9portations vers Treblinka commen\u00e7aient et qu\u2019il ne pouvait rien y faire&#8230; Beaucoup d\u2019autres se sont \u00e9galement suicid\u00e9s. Vingt-quatre membres du m\u00eame Conseil juif se sont parfois donn\u00e9 la mort la m\u00eame nuit. Pourquoi Arendt n\u2019insiste pas plut\u00f4t l\u00e0-dessus? La premi\u00e8re chose face \u00e0 une catastrophe pareille, c\u2019est l\u2019humilit\u00e9\u00bb.<br \/>\nA l\u2019occasion de la sortie du film de Margarethe von Trotta, ces critiques sont reprises quoique formul\u00e9es de fa\u00e7on moins virulentes, notamment par  l\u2019historienne Annette Wieviorka interview\u00e9e par la revue \u00ab\u00a0L\u2019Histoire\u00a0\u00bb. Elle   conteste \u00e9galement la teneur du film de Margarethe von Trotta\u00a0: \u00ab\u00a0Hannah Arendt n&#8217;est rest\u00e9e \u00e0 J\u00e9rusalem que trois semaines, alors que le proc\u00e8s a dur\u00e9 plusieurs mois&#8230;Rien n&#8217;atteste qu&#8217;elle prit des notes lors du proc\u00e8s\u2026 Elle n&#8217;a que tr\u00e8s peu vu parler l&#8217;homme dans la cage de verre\u2026 Elle n&#8217;est plus \u00e0 J\u00e9rusalem, lorsqu\u2019est \u00e9voqu\u00e9 l&#8217;\u00e9pisode de la d\u00e9portation des juifs hongrois. Le premier t\u00e9moin est, le 24 mai, Pinhas Freudiger, qui \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate de la communaut\u00e9 juive orthodoxe de Budapest. Alors qu&#8217;il d\u00e9crit le passage dans la ville d&#8217;un convoi de d\u00e9port\u00e9s, un homme se dresse dans la salle et hurle : \u00ab Vous nous avez administr\u00e9 des calmants. Vous avez aid\u00e9 les Allemands. Ma famille a \u00e9t\u00e9 an\u00e9antie. Pas la v\u00f4tre ! \u00bb Les cam\u00e9ras de Leo Hurwitz saisissent l&#8217;expulsion du perturbateur. Margarethe von Trotta int\u00e8gre cet incident dans son film. Hannah Arendt ne l&#8217;a pas vu\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Bref le travail d\u2019Hannah Arendt, si non la personne qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9, continue d\u2019\u00eatre un objet de scandale. Et il  porte, en effet, un d\u00e9bat crucial\u00a0: comprendre ce qui s\u2019est pass\u00e9. On le doit aux millions de victimes de l\u2019holocauste, comme  on le doit aux survivants et aux  vivants d\u2019aujourd\u2019hui  et de demain. Le r\u00e9cit de l\u2019Holocauste comme celui d\u2019un crime perp\u00e9tr\u00e9 par des tueurs fous et mauvais et comme  un \u00e9v\u00e8nement de la seule histoire  juive ne  le permet pas. Comme l\u2019a \u00e9crit le sociologue Zygmunt Bauman, avec un tel r\u00e9cit, \u00ab\u00a0le message de l\u2019holocauste sur la fa\u00e7on dont nous vivons, sur la qualit\u00e9 des institutions auxquelles nous faisons confiance, sur la validit\u00e9 des crit\u00e8res dont nous nous servons pour mesurer la d\u00e9cence de notre conduite et celle des sch\u00e9mas d\u2019interaction que nous acceptons et consid\u00e9rons comme normaux- ce message est r\u00e9duit au silence, il n\u2019est jamais \u00e9cout\u00e9 et transmis\u00a0\u00bb (Modernit\u00e9 et Holocauste. 1989. La fabrique \u00e9ditions).<br \/>\nHannah Arendt n\u2019a  pas  \u00e0 elle seule dit  tout ce qui permet de comprendre. Mais elle a dit quelque chose d\u2019essentiel: \u00ab\u00a0 Eichmann n\u2019est ni un Iago, ni un Macbeth\u00a0; et il ne lui serait jamais venu \u00e0 l\u2019esprit, comme \u00e0 Richard III de faire le mal par principe\u00a0\u00bb. Pour autant, \u00ab\u00a0Eichmann n\u2019est pas stupide.\u00a0C\u2019est la pure absence de pens\u00e9e-ce qui n\u2019est pas du tout la m\u00eame chose- qui lui a permis de devenir un des plus grands criminels de son \u00e9poque \u2026Que l\u2019on puisse \u00eatre \u00e0 ce point \u00e9loign\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 ce point priv\u00e9 de pens\u00e9e\u00a0; que cela puisse faire plus de mal que tous les instincts destructeurs r\u00e9unis qui sont peut-\u00eatre inh\u00e9rents \u00e0 l\u2019homme. Voil\u00e0 une des le\u00e7ons que l\u2019on pouvait tirer du proc\u00e8s de J\u00e9rusalem\u00a0\u00bb (Post-scriptum \u00e0  Eichmann \u00e0 J\u00e9rusalem).<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-6591 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/arh-08a.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/arh-08a-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"arh.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le dernier film de Margarethe von Trotta, qui est sorti en France le 24 avril, sous le titre \u00ab\u00a0Hannah Arendt\u00a0\u00bb devait s\u2019appeler \u00ab\u00a0La controverse\u00a0\u00bb. C\u2019\u00e9tait un titre r\u00e9ducteur mais significatif. 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