{"id":6523,"date":"2013-04-18T20:00:00","date_gmt":"2013-04-18T18:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/the-grandmaster-tu-aimes-les-films6523\/"},"modified":"2023-06-23T23:14:13","modified_gmt":"2023-06-23T21:14:13","slug":"the-grandmaster-tu-aimes-les-films6523","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=6523","title":{"rendered":"The Grandmaster, tu aimes les films de Kung Fu\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Bien qu\u2019il soit n\u00e9 \u00e0 Hong Kong on n\u2019imaginait pas Wong Kar Wai, cin\u00e9aste \u00e0 la complexe \u00e9l\u00e9gance, se lancer dans le film de Kung Fu. C\u2019est pourtant chose faite avec <em>The Grandmaster<\/em>, superproduction en costume et chor\u00e9graphies itou, derri\u00e8re laquelle le cin\u00e9aste n\u2019oublie pas de reprendre les fils de son univers m\u00e9lancolique. Surprenant.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re fois que Wong Kar Wai avait donn\u00e9 de ses nouvelles sur grand \u00e9cran, c\u2019\u00e9tait avec <em>My Blueberry Night<\/em>, une bluette sentimentale, remplie de gimmicks esth\u00e9tisant. On avait alors bien cru que le cin\u00e9aste du temps perdu, de l\u2019image ralenti et de la m\u00e9lancolie existentielle, le type qui nous avait totalement scotch\u00e9 les pupilles avec Chungcking Express pour ne citer qu\u2019un seul de ses opus s\u2019\u00e9tait bel et bien \u00e9gar\u00e9, et finalement nous avec\u2026 Soyons francs, son retour, annonc\u00e9 sous le signe du Kung Fu, s\u2019il intriguait, ne nous faisait quand m\u00eame pas nous relever la nuit. La faute \u00e0 Bruce Lee, ce type dont tous les beaufs de cours de r\u00e9cr\u00e9 des ann\u00e9es 70 imitaient les gestes, trucs et machins chor\u00e9graphi\u00e9s avec force \u00ab\u00a0ka\u00cf\u00a0\u00bb beugl\u00e9s \u00e0 la face des Antoine Doisnel qui s\u2019ignoraient. Bruce Lee, star torse \u00e0 poil &#8211; mais sans aucune pilosit\u00e9 &#8211; d\u2019une poign\u00e9e de films assez m\u00e9diocres encens\u00e9s par une g\u00e9n\u00e9ration de petites frappes. Bruce Lee, aussi loin de l\u2019univers de Wong Kar Wai pensait on, que Roger Gicquel, du n\u00f4tre. Bruce Lee auquel donc <em>The Grandmaster<\/em> fait de facto r\u00e9f\u00e9rence puisqu\u2019il est consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire plus ou moins adapt\u00e9e de Ip Man, ma\u00eetre de kung fu qui f\u00fbt son professeur \u00e0 Hong-Kong dans les ann\u00e9es 50. <\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"460\" height=\"259\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/lKVPYBa7bl0\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>A voir <em>The Grandmaster,<\/em> on peut se demander s\u2019il en va des films de kung fu aujourd\u2019hui, comme il y a un demi si\u00e8cle des films de gladiateurs\u00a0? Finalement seuls les tr\u00e8s grands r\u00e9alisateurs parviennent \u00e0 passer outre la r\u00e9p\u00e9tition des sc\u00e8nes de bravoure n\u00e9cessaires au genre, pour y laisser se d\u00e9ployer leurs univers personnels. Ici Wong Kar Wai ne s\u2019est pas risqu\u00e9 \u00e0 r\u00e9inventer le genre, il l\u2019a simplement \u00e9pur\u00e9 en demandant \u00e0 Yuen Wo Ping, le plus c\u00e9l\u00e8bre chor\u00e9graphe des sc\u00e8nes d\u2019arts martiaux au cin\u00e9ma, concepteur des combats de <em>Kill Bill<\/em> de Tarantino ou de <em>The Matrix<\/em> des Wachowski, de respecter autant que faire se peut les lois de la gravitation universelle. De ce fait le r\u00e9sultat, notamment la sc\u00e8ne inaugurale, sous la pluie, dans l\u2019obscurit\u00e9, semble dans un premier temps relever de la variation de th\u00e8me impos\u00e9. Ce n\u2019est qu\u2019au fur et \u00e0 mesure de l\u2019encha\u00eenement des figures que Wong Kar Wai semble imposer sa marque, sa patte. De ce point de vue, le combat sur un quai de gare, \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate d\u2019un train en marche sort totalement des cadres. La lumi\u00e8re des fen\u00eatres des wagons qui d\u00e9filent en d\u00e9composant les mouvements du combat, finit par nous plonger dans une exp\u00e9rience s\u00e9minale de cin\u00e9ma fa\u00e7on Muybridge. <\/p>\n<p>C\u2019est que le voyage dans le temps et les \u00e9poques se trouve constituer, encore plus que dans les pr\u00e9c\u00e9dents titres de Wong Kar Wai, la grande ligne de basse de ce film. De 1936 au milieu des ann\u00e9es 50, de la R\u00e9publique post imp\u00e9riale, \u00e0 l\u2019exil Hong-Kongais en passant par l\u2019occupation japonaise, le sc\u00e9nario ne cesse d\u2019effectuer des allers retours. Mais l\u2019histoire qu\u2019elle s\u2019\u00e9crive avec un petit ou un grand H est elle si primordiale que cela\u00a0? Certes d\u2019un c\u00f4t\u00e9 <em>The Grandmaster<\/em> s\u2019affirme comme le biopic auteuriste consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019un des maitres d\u2019une pratique qui appartient \u00e0 la culture chinoise, de l\u2019autre Wong Kar Wai ne cesse d\u2019inventer, fictionner l\u2019ensemble des autres figures du film, sans parler de leurs interactions. Un peu \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un Op\u00e9ra,<em> The Grandmaster<\/em> prend pr\u00e9texte d\u2019un personnage historique pour y tisser une trag\u00e9die, en concevoir une cosmogonie. Il n\u2019est pas anodin alors de constater l\u2019importance des airs d\u2019op\u00e9ras chinois dans le ralentissement de l\u2019intrigue du film, et le d\u00e9ploiement dans ces instants du plus pur plaisir spectatoriel. Au point qu\u2019entre les spectacles de combats, le temps en vient m\u00eame parfois \u00e0 se figer, le son \u00e0 dispara\u00eetre totalement. L\u2019image de son c\u00f4t\u00e9 peut m\u00eame se faire tremblante. On savait Wong Kar Wai adepte des ralentis fascinants. Ici ces derniers semblent \u00eatre volontairement imparfaits, comme si le r\u00e9alisateur avait voulu donner \u00e0 certains de ses plans, la texture d\u2019un parchemin sur lequel s\u2019agitent et se d\u00e9battent, dans un tempo languissant les silhouettes de magnifiques pantins, comme Tony Leung et Zhang Ziyi.  Contrairement \u00e0 la d\u00e9finition du kung fu qui y est donn\u00e9e, et qui se r\u00e9sume \u00e0 deux mots, vertical et horizontal, <em>The Grandmaster<\/em> ne se d\u00e9ploie qu\u2019en courbes, volutes, circomvolutions visuelles et sonores. Rien \u00e0 voir avec la <em>Fureur du Dragon<\/em>. Et c\u2019est tant mieux.<\/p>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-6523 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/film-6-656.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/film-6-656-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"film-6.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bien qu\u2019il soit n\u00e9 \u00e0 Hong Kong on n\u2019imaginait pas Wong Kar Wai, cin\u00e9aste \u00e0 la complexe \u00e9l\u00e9gance, se lancer dans le film de Kung Fu. C\u2019est pourtant chose faite avec <em>The Grandmaster<\/em>, superproduction en costume et chor\u00e9graphies itou, derri\u00e8re laquelle le cin\u00e9aste n\u2019oublie pas de reprendre les fils de son univers m\u00e9lancolique. 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