{"id":651,"date":"1997-09-01T00:00:00","date_gmt":"1997-08-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique-internationale651\/"},"modified":"1997-09-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-08-31T22:00:00","slug":"politique-internationale651","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=651","title":{"rendered":"POLITIQUE INTERNATIONALE"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Les circonstances ont fait que la gauche a acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la direction des affaires du pays dans une p\u00e9riode marqu\u00e9e, sur le plan international, par des \u00e9ch\u00e9ances de port\u00e9e historique. Mais les propositions ne manquent pas pour reprendre l&#8217;initiative en Europe. <\/p>\n<p>Durant les tout prochains mois, sinon les semaines \u00e0 venir, des choix devront \u00eatre faits, qui d\u00e9termineront pour une large part la capacit\u00e9 du nouveau gouvernement tout \u00e0 la fois \u00e0 tenir ses engagements de politique int\u00e9rieure &#8211; il s&#8217;agit du dilemme entre le social et l&#8217;euro &#8211; et \u00e0 d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats bien compris de la France \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur, notamment sur trois &#8221; th\u00e9\u00e2tres &#8221; proches, aujourd&#8217;hui en pleine mutation ou en crise aigu\u00eb: le continent europ\u00e9en, le Sud de la M\u00e9diterran\u00e9e, l&#8217;Afrique (**). Plus g\u00e9n\u00e9ralement, les d\u00e9cisions prises \u00e0 ces occasions illustreront la nature des ambitions que nourrit la gauche pour notre pays dans le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, il serait hasardeux de laisser le gouvernement seul face \u00e0 la coalition des conservateurs (de l&#8217;ordre \u00e9tabli) &#8211; fran\u00e7ais et \u00e9trangers &#8211; dont l&#8217;exp\u00e9rience r\u00e9cente a montr\u00e9 la force et la d\u00e9termination. Face \u00e0 des enjeux aussi structurants et \u00e0 des bras de fer aussi rudes, il est vital pour la r\u00e9ussite de la gauche que la soci\u00e9t\u00e9 se mobilise et s&#8217;implique. Un d\u00e9bat adulte doit donc s&#8217;y d\u00e9velopper, d\u00e9passant r\u00e9solument les lieux communs, pour viser le coeur des probl\u00e8mes, sans craindre de remettre en cause les id\u00e9es re\u00e7ues, y compris sur les sujets les plus d\u00e9licats. Nous ne partons d&#8217;ailleurs pas de rien, loin de l\u00e0.<\/p>\n<p>Le premier de ces sujets est incontestablement la marche \u00e0 la monnaie unique. Le Premier ministre a implicitement appel\u00e9 \u00e0 une vraie confrontation d&#8217;id\u00e9es \u00e0 ce propos, en annon\u00e7ant qu&#8217;il demanderait aux Fran\u00e7ais de l'&#8221; aider \u00e0 trancher &#8220;, s&#8217;il s&#8217;av\u00e9rait que les engagements europ\u00e9ens de la France entraient en contradiction avec les aspirations prioritaires des Fran\u00e7ais: promotion de l&#8217;emploi et refus de nouveaux sacrifices sociaux. Or, tel est bien le cas.<\/p>\n<p>Pour qui en doutait, le sommet d&#8217;Amsterdam a, \u00e0 son corps d\u00e9fendant, soulign\u00e9 avec \u00e9clat face \u00e0 toute l&#8217;opinion publique europ\u00e9enne la profondeur du hiatus entre les pr\u00e9occupations des peuples et la conception de l&#8217;Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire symbolis\u00e9e par l&#8217;euro. Il a suffi que Lionel Jospin, mesurant l&#8217;attente de ses \u00e9lecteurs, demande ne serait-ce qu&#8217;une p\u00e9riode d&#8217;\u00e9valuation avant l&#8217;examen du &#8221; Pacte de stabilit\u00e9 &#8221; pour d\u00e9clencher un branle bas de combat g\u00e9n\u00e9ral. C&#8217;est qu'&#8221; on ne peut pas laisser un outil aussi important que la monnaie entre les mains des politiques, parce que ceux-ci, \u00e9tant soumis au cycle \u00e9lectoral, peuvent avoir la tentation d&#8217;y toucher &#8221; (1). C&#8217;est l\u00e0 toute la signification de l&#8217;institution d&#8217;une banque centrale europ\u00e9enne ind\u00e9pendante des gouvernements, comme de l&#8217;\u00e9laboration du fameux &#8221; pacte &#8220;, cens\u00e9 constituer une &#8221; garantie tous-risques &#8221; pour les march\u00e9s financiers face aux pressions \u00e0 venir des mouvements sociaux.<\/p>\n<p>Mais pourquoi donc des protections aussi rigides, puisque l&#8217;euro est r\u00e9put\u00e9 favoriser la croissance et l&#8217;emploi ? En fait, plus on approche de l&#8217;\u00e9ch\u00e9ance, plus les experts s&#8217;inqui\u00e8tent de voir cultiver de telles illusions, dont les contrecoups futurs risqueraient de compromettre le succ\u00e8s de l&#8217;entreprise.&#8221; On sous-estime les dangers de l&#8217;Euro &#8220;, avertit un membre du Conseil de la politique mon\u00e9taire, pourtant partisan de la monnaie unique.&#8221; Les risques sont un accroissement du ch\u00f4mage et des in\u00e9galit\u00e9s.&#8221; (2) D&#8217;autres jugent simplement qu&#8217;il est de leur devoir de mettre carte sur table, ind\u00e9pendamment de leurs options propres. Qu&#8217;il s&#8217;agisse de Micha\u00ebl Mussa, chef \u00e9conomiste du FMI, de M. Tietmeyer, pr\u00e9sident de la Bundesbank, ou de l&#8217;institut allemand de conjoncture IFO, les propos sont les m\u00eames: &#8221; L&#8217;euro n&#8217;aidera pas \u00e0 r\u00e9soudre le probl\u00e8me de l&#8217;emploi en Europe. Au contraire &#8220;, rappelait ainsi un conseiller financier (3). De tels exemples abondent.<\/p>\n<p> <strong> L'&#8221; examen de passage &#8221; du printemps prochain <\/strong><\/p>\n<p>Chacun voit bien, d\u00e8s lors, que la question de l&#8217;euro ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme r\u00e9gl\u00e9e, m\u00eame si les effets de la hausse conjoncturelle du dollar, joints aux mesures fiscales exceptionnelles annonc\u00e9es en juillet &#8211; au demeurant positives &#8211; suffisaient \u00e0 contenir les d\u00e9ficits publics dans des limites jug\u00e9es acceptables lors de l'&#8221; examen de passage &#8221; pr\u00e9vu au printemps prochain, sur la base des chiffres de l&#8217;ann\u00e9e 1997.&#8221; Il ne suffit pas de remplir les conditions au jour J et, ensuite, de laisser les finances publiques d\u00e9raper &#8220;, r\u00e9p\u00e8te \u00e0 l&#8217;envi la Commission de Bruxelles (4). Nous avons l&#8217;illustration par excellence de cette contrainte avec la pr\u00e9paration du budget 1998. Elle pr\u00e9figure la situation \u00e0 laquelle nous serions durablement confront\u00e9s en cas d&#8217;entr\u00e9e effective dans le syst\u00e8me de la monnaie unique: &#8221; Les pays participant \u00e0 l&#8217;euro n&#8217;auront plus aucune marge de manoeuvre budg\u00e9taire &#8221; (5).<\/p>\n<p>C&#8217;est pourquoi l&#8217;on ne peut s\u00e9parer la dimension \u00e9conomique et sociale de l&#8217;euro de sa composante politique: la mise en cause de la souverainet\u00e9 nationale et d&#8217;une certaine conception de la civilisation. C&#8217;est ce qu&#8217;a tr\u00e8s bien compris un observateur avis\u00e9 de notre continent &#8211; qui se r\u00e9jouit au demeurant &#8221; des signes frappants de r\u00e9sistance &#8221; \u00e0 cette d\u00e9rive: &#8221; Les Etats-nations d&#8217;Europe (&#8230;) seront sous l&#8217;\u00e9troite surveillance d&#8217;une puissante entit\u00e9 qui n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lue, qui veille \u00e0 ce qu&#8217;aucune mesure gouvernementale ne soit prise qui pourrait g\u00eaner les m\u00e9canismes du syst\u00e8me capitaliste. Bref, elle doit construire une Europe \u00e0 l&#8217;am\u00e9ricaine.&#8221; (6)<\/p>\n<p>A l&#8217;\u00e9vidence, un grand d\u00e9bat national s&#8217;impose. Les pistes de r\u00e9flexion alternatives ne manquent pas, d\u00e8s lors qu&#8217;existe la volont\u00e9 politique de les prendre en consid\u00e9ration. Le moment venu, il faut esp\u00e9rer que les conditions auront pu \u00eatre cr\u00e9\u00e9es pour obtenir un r\u00e9f\u00e9rendum afin que la d\u00e9cision puisse \u00eatre assum\u00e9e collectivement et en pleine connaissance de cause.<\/p>\n<p>D&#8217;ici l\u00e0, bien des choses peuvent encore bouger. D&#8217;ores et d\u00e9j\u00e0, pour 58% des Fran\u00e7ais, &#8221; le gouvernement doit n\u00e9gocier avec nos partenaires de nouvelles conditions, au risque de compromettre la passage \u00e0 la monnaie unique &#8221; (7). Comme en \u00e9cho, Hubert Vedrine lui-m\u00eame semble entrouvrir une fen\u00eatre.&#8221; Nous ne ferons pas l&#8217;euro \u00e0 n&#8217;importe quel prix &#8220;, a d\u00e9clar\u00e9 le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, ajoutant ce qui para\u00eetra \u00e0 certains comme une r\u00e9v\u00e9lation, tant a \u00e9t\u00e9 brandie &#8211; ind\u00fbment &#8211; la menace de l&#8217;isolement de la France au cas o\u00f9 elle s&#8217;aviserait \u00e0 enrayer le processus en cours: &#8221; c&#8217;est une question que se posent toutes sortes de gouvernements en Europe &#8221; (8). Cette id\u00e9e fait son chemin depuis la victoire de la gauche en France: &#8221; Rouvrir la discussion, les circonstances s&#8217;y pr\u00eatent.&#8221; (9). Voil\u00e0 la premi\u00e8re grande initiative diplomatique qu&#8217;on puisse souhaiter de la part des autorit\u00e9s fran\u00e7aises. Une tentative plus limit\u00e9e mais int\u00e9ressante a eu lieu \u00e0 la veille du sommet d&#8217;Amsterdam, elle a avort\u00e9 avec l&#8217;adoption du Pacte de stabilit\u00e9. Le moment est venu de relancer l&#8217;offensive pour de bon et sur le fond.<\/p>\n<p> <strong> L&#8217;organisation du continent europ\u00e9en, une priorit\u00e9 <\/strong><\/p>\n<p>Pour essentiel qu&#8217;il soit, le domaine mon\u00e9taire n&#8217;est naturellement pas le seul o\u00f9 le nouveau gouvernement soit appel\u00e9 \u00e0 intervenir sur la sc\u00e8ne internationale, dans la prochaine p\u00e9riode. L&#8217;une des priorit\u00e9s qui s&#8217;imposent d&#8217;elle-m\u00eame est l&#8217;organisation du continent europ\u00e9en. Cela fait huit ans que le Mur de Berlin est tomb\u00e9 sans que l&#8217;aspiration \u00e0 la construction d&#8217;une grande communaut\u00e9 paneurop\u00e9enne n&#8217;ait vu un d\u00e9but de r\u00e9alisation. Il s&#8217;en faut ! La double r\u00e9ponse apport\u00e9e \u00e0 ce jour \u00e0 cette attente pose davantage de probl\u00e8mes qu&#8217;elle n&#8217;en r\u00e9sout: c&#8217;est l&#8217;\u00e9largissement de l&#8217;Union europ\u00e9enne et de l&#8217;OTAN.<\/p>\n<p>En quoi l&#8217;entr\u00e9e de trois, voire cinq nouveaux pays dans l&#8217;organisation atlantique &#8211; que M. Brzezinski, ancien conseiller du pr\u00e9sident Carter, qualifie lui-m\u00eame de &#8221; commandement militaire int\u00e9gr\u00e9 domin\u00e9 par les Etats-Unis pour longtemps encore &#8221; (10) &#8211; contribue-t-elle \u00e0 jeter les bases de la &#8221; maison commune europ\u00e9enne &#8221; ? En v\u00e9rit\u00e9, la fa\u00e7on dont les dirigeants am\u00e9ricains, directement \u00e9paul\u00e9s par le chancelier Kohl, redessinent \u00e0 la hussarde les zones d&#8217;influence en Europe de l&#8217;Est en fonction des nouveaux rapports de force, rel\u00e8ve d&#8217;une logique compl\u00e8tement anachronique. Et, de surcro\u00eet, dangereuse du fait des divisions suppl\u00e9mentaires qu&#8217;elle structure dans cet espace si sensible.<\/p>\n<p>L&#8217;Europe a besoin de surmonter ses fractures, non d&#8217;en provoquer de nouvelles. Elle a besoin d&#8217;un cadre unitaire regroupant toutes les nations du continent, sans exclusive, sans hi\u00e9rarchie et sans tuteur. Elle a besoin d&#8217;\u00e9laborer un concept de s\u00e9curit\u00e9 excluant toute tentation h\u00e9g\u00e9monique, et fond\u00e9, avant tout, sur la coop\u00e9ration \u00e9conomique, le dialogue politique, des mesures de confiance, la relance du processus de d\u00e9sarmement \u00e9quilibr\u00e9 &#8211; nucl\u00e9aire et &#8221; conventionnel &#8221; &#8211; et contr\u00f4l\u00e9. Bref, d&#8217;une strat\u00e9gie active de pr\u00e9vention des tensions et des conflits, confort\u00e9e par une ouverture tr\u00e8s hardie sur les &#8221; soci\u00e9t\u00e9s civiles &#8220;, autrement dit la mobilisation des citoyens des nations d&#8217;Europe autour de projets pacifiques, unificateurs, participant \u00e0 des projets constructifs et motivants, \u00e0 l&#8217;\u00e9chelon r\u00e9gional, continental et international. Ce n&#8217;est qu&#8217;en tout dernier recours que peut intervenir la dimension militaire. Et, dans ce cas, strictement sous le contr\u00f4le de l&#8217;ONU et d&#8217;une OSCE r\u00e9nov\u00e9e, et non dans le cadre d&#8217;une organisation impr\u00e9gn\u00e9e d&#8217;une logique de bloc totalement d\u00e9pass\u00e9e. Tout appelle l&#8217;engagement d&#8217;un processus de dissolution de l&#8217;OTAN. Le nouveau gouvernement a eu raison de stopper la r\u00e9int\u00e9gration de la France. Ce premier pas positif en appelle d&#8217;autres, dans une dynamique r\u00e9solument nouvelle.<\/p>\n<p>Quant au processus d&#8217;\u00e9largissement de l&#8217;Union europ\u00e9enne &#8211; l&#8217;un des projets les plus cruciaux de ces dix prochaines ann\u00e9es -, il est con\u00e7u et conduit de telle mani\u00e8re par les Quinze qu&#8217;il risquerait fort, si rien ne devait changer, de se traduire par une cascade de d\u00e9stabilisations sociales et politiques, tant \u00e0 l&#8217;Est que dans l&#8217;Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p> <strong> A l&#8217;appui d&#8217;un Forum des nations d&#8217;Europe <\/strong><\/p>\n<p>Ainsi, parmi les crit\u00e8res sur lesquels seront jug\u00e9s les pays candidats &#8211; dont le PIB par habitant se situe entre la moiti\u00e9 et le quart de la moyenne communautaire &#8211; figurent notamment: &#8221; la compatibilit\u00e9 des donn\u00e9es macro\u00e9conomiques; la comp\u00e9titivit\u00e9 des entreprises exportatrices; l&#8217;\u00e9tat de la privatisation et des droits d&#8217;\u00e9tablissement des firmes \u00e9trang\u00e8res &#8221; (y compris droits d&#8217;achat de biens immobiliers et de transferts de gains de capitaux&#8230;), ou encore &#8221; la place de la nation dans l&#8217;opinion publique et la volont\u00e9 de consentir \u00e0 des abandons de souverainet\u00e9&#8230;&#8221; (11). Pr\u00e9caution supr\u00eame des suzerains: &#8221; nous n\u00e9gocierons avec chaque Etat individuellement.&#8221; (12) Pour les peuples concern\u00e9s, si ces plans se r\u00e9alisaient, le r\u00e9veil serait douloureux: &#8221; l&#8217;adh\u00e9sion \u00e0 l&#8217;UE plongera les anciennes \u00e9conomies communistes dans les eaux glac\u00e9es du march\u00e9 unique.&#8221; (13)<\/p>\n<p>Le malheur des uns ne fait pas le bonheur des autres. Ce type d&#8217;\u00e9largissement affecterait tout autant, et de multiples fa\u00e7ons, la situation \u00e9conomique et sociale des pays de l&#8217;Union europ\u00e9enne: menaces sur la politique agricole commune et sur les fonds structurels, mise en concurrence des salari\u00e9s, risques accrus de d\u00e9localisations&#8230; Rappelons que &#8221; le co\u00fbt du travail ne repr\u00e9sente (en Pologne, en R\u00e9publique tch\u00e8que et en Hongrie) que 6% du niveau ouest-allemand &#8221; (14). De quoi aiguiser des app\u00e9tits en ces temps de &#8221; guerre \u00e9conomique &#8221; ! &#8221; La gueule de bois s&#8217;annonce s\u00e9v\u00e8re pour ces pays comme pour l&#8217;Union &#8220;, r\u00e9sume un observateur (15).<\/p>\n<p> <strong> Pour une nouvelle approche d&#8217;une Europe unie et viable <\/strong><\/p>\n<p>Or, les discussions officielles de la Commission europ\u00e9enne avec chacun de ces Etats doivent s&#8217;ouvrir d\u00e8s janvier 1998. Il est donc urgent pour l&#8217;avenir d&#8217;une Europe unie et viable qu&#8217;un pays de l&#8217;Union qui dispose de l&#8217;influence n\u00e9cessaire prenne l&#8217;initiative de proposer une nouvelle approche. La France le peut. Elle peut demander l&#8217;ouverture d&#8217;une n\u00e9gociation collective avec l&#8217;ensemble des pays candidats \u00e0 l&#8217;adh\u00e9sion et favoriser \u00e0 cette occasion une prise en compte effective &#8211; et transparente &#8211; des int\u00e9r\u00eats mutuels des peuples de l&#8217;Est et de l&#8217;Ouest. Pourquoi ne pas reprendre \u00e0 ce propos, avec la d\u00e9termination de la mener jusqu&#8217;\u00e0 son terme, une proposition avanc\u00e9e il y a un an par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique lui-m\u00eame &#8211; mais presque aussit\u00f4t &#8221; oubli\u00e9e &#8220;: celle de &#8221; convoquer une conf\u00e9rence qui rassemblerait les Quinze et tous les pays candidats (qui) offrirait un forum de concertation et de dialogue politique, o\u00f9 pourraient \u00eatre trait\u00e9s tous les sujets d&#8217;int\u00e9r\u00eat commun &#8221; ? (16). Voil\u00e0 qui ferait m\u00fbrir une id\u00e9e qui nous est ch\u00e8re d&#8217;un &#8221; Forum des nations d&#8217;Europe &#8221; pour tirer ensemble tous les enseignements de la nouvelle donne sur le continent.<\/p>\n<p>* Membre du bureau national du PCF en charge de la politique internationale.D\u00e9put\u00e9 \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>** Francis Wurtz abordera ces deux derniers points dans un prochain article, NDLR.<\/p>\n<p>1. Elie Cohen, professeur \u00e0 Sciences Po.In Revue politique et parlementaire (janvier 1997).<\/p>\n<p>2. Jean-Pierre G\u00e9rard (Lib\u00e9ration, 28\/04\/97).<\/p>\n<p>3. Fran\u00e7ois Buonomo (La Tribune, 17\/06\/1997).<\/p>\n<p>4. Pierre-Yves de Silguy.Intervention \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e nationale (27\/02\/1997).<\/p>\n<p>5. Jacques Le Cacheux, directeur du d\u00e9partement des \u00e9tudes \u00e0 l&#8217;Office fran\u00e7ais de conjoncture \u00e9conomique, La Tribune, 11\/2\/97.<\/p>\n<p>6. Daniel Singer, in The Nation, New-York, hebdomadaire progressiste am\u00e9ricain, cit\u00e9 par Courrier International du 16\/1\/97.<\/p>\n<p>7. Voir le Nouvel Observateur, juin 1997.<\/p>\n<p>8. Sur LCI &#8211; (24\/06\/1997).<\/p>\n<p>9. Henri de Bresson, le Monde, 01\/06\/1997.<\/p>\n<p><strong> 10. <\/strong> Le Figaro, 27\/05\/1997.<\/p>\n<p><strong> 11. <\/strong> Rapport de la Fondation Bertelsmann &#8211; Cit\u00e9 par Rams\u00e8s 1996, revue de l&#8217;IFRI.<\/p>\n<p><strong> 12. <\/strong> Helmut Kohl (Agence Europe &#8211; 11\/12\/1994).<\/p>\n<p><strong> 13. <\/strong> The Philip Morris Institute: Europe \u00e9largie: des Etats membres \u00e9gaux ?, avril 1996.<\/p>\n<p><strong> 14. <\/strong> Le Figaro, 23\/10\/1996.<\/p>\n<p><strong> 15. <\/strong> Jean Quatremer, Lib\u00e9ration, 17\/07\/1997.<\/p>\n<p><strong> 16. <\/strong> Jacques Chirac: Discours aux Ambassadeurs, 29\/08\/1996.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Les circonstances ont fait que la gauche a acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la direction des affaires du pays dans une p\u00e9riode marqu\u00e9e, sur le plan international, par des \u00e9ch\u00e9ances de port\u00e9e historique. 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