{"id":6470,"date":"2013-04-04T20:17:07","date_gmt":"2013-04-04T18:17:07","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/radio-not-dead6470\/"},"modified":"2023-06-23T23:14:07","modified_gmt":"2023-06-23T21:14:07","slug":"radio-not-dead6470","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=6470","title":{"rendered":"Radio not dead"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Documentariste attentif \u00e0 rendre compte du r\u00e9el en m\u00eame temps qu\u2019\u00e0 filmer tout ce qui semble y \u00eatre invisible, Nicolas Philibert prom\u00e8ne cette fois-ci sa cam\u00e9ra dans les couloirs et les studios de la Maison de la Radio \u00e0 Paris. Un film pour les yeux autant que pour les oreilles.  <\/p>\n<p>Faire un film sur ce qu\u2019il y a de moins visuel,\u00a0\u00e0 savoir le son, les voix d\u2019une radio, l\u2019id\u00e9e paraitrait saugrenue, si elle n\u2019\u00e9tait propos\u00e9e par Nicolas Philibert, documentariste remarqu\u00e9 depuis ses travaux sur le Louvre (<em>La Ville Louvre<\/em>), l\u2019\u00e9cole et la transmission du savoir (<em>Etre et Avoir<\/em>) ou l\u2019anti psychiatrie telle qu\u2019elle est mise en pratique \u00e0 la clinique de La Borde (<em>La moindre des choses<\/em>). Rectifions notre propos. Car si par d\u00e9finition le son est \u00ab\u00a0sonore\u00a0\u00bb,  nous savons,  d\u2019exp\u00e9rience, qu\u2019en m\u00eame temps il n\u2019y a pas plus \u00e9vocateur, pas plus ouvert sur l\u2019imaginaire que lui. A la radio particuli\u00e8rement, o\u00f9, \u00e0 chaque son correspond une image, \u00e0 chaque voix un visage. Pas forc\u00e9ment de la personne r\u00e9elle, mais en tous cas r\u00e9sultant d\u2019une (re)construction visuelle, associ\u00e9e \u00e0 chaque timbre singulier. Un travail d\u2019invention constant et infini propre \u00e0 chaque auditeur\u2013auditrice.  Au point ou nous en sommes, autant se faire pr\u00e9venant. Ainsi, si vous n\u2019aimez pas la radio et encore moins le service public, si la cr\u00e9ation sonore, les bruits et les silences vous h\u00e9rissent les poils d\u2019agacement, autant passer votre chemin. Cette Maison de la Radio au sein de laquelle Philibert a pass\u00e9 plusieurs mois, au coeur de laquelle il nous immerge pendant pr\u00e8s de deux heures, n\u2019est pas pour vous. Les autres\u00a0par contre seront tr\u00e8s bienvenus.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"460\" height=\"259\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/kf8AAOpv7iM\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><br clear=\"all\"><\/p>\n<p>Il s\u2019agit donc d\u2019un film sur le son, et le travail humain qu\u2019il n\u00e9cessite, \u00e0 tous les \u00e9tages de cet \u00e9difice que l\u2019on appelle affectueusement la maison ronde. L\u2019inventaire \u00e0 la Pr\u00e9vert de cette institution radiophonique impressionne\u00a0: une soixantaine de studios, des auditoriums, une salle de concert et un millier de bureaux, la maison de la Radio r\u00e9unit l\u2019administration centrale de Radio France et les services de la plupart de ses stations : <em>France Info, France Bleu, France Culture, France Musique, le Mouv\u2019<\/em> et <em>FIP<\/em>. Elle h\u00e9berge aussi les locaux de <em>Radio France Internationale (RFI)<\/em>, qui a longtemps fait partie de l\u2019entreprise publique avant de devenir une soci\u00e9t\u00e9 distincte, ainsi que quatre formations musicales permanentes, une r\u00e9gie publicitaire et diverses filiales encore, dixit le dossier de presse. En r\u00e9sum\u00e9, un paquebot. Ou bien une arche, circulaire, au milieu de laquelle Philibert se prom\u00e8ne. Bien entendu, le documentariste, comme tout auditeur pratiquant, voire militant de la radio de service public, a ses \u00ab\u00a0chouchous\u00a0\u00bb qui peuvent parfois aussi \u00eatre les n\u00f4tres, comme Alain Veinstein ou Colin et Mauduit. Mais ce qui passionne v\u00e9ritablement se situe ailleurs. A la fois dans la surprise qui nous saisit au moment o\u00f9 l\u2019on fait connaissance de visu avec certaines voix famili\u00e8res, comme Ang\u00e9lique Bouin ou Mickael Th\u00e9baut, pr\u00e9sences indispensables \u00e0 la matinale de <em>France Inter<\/em>, mais aussi en d\u00e9couvrant celles et ceux qui nous sont totalement inconn(e)s mais sans lesquel(le)s l\u2019\u00e2me de cette maison serait tout autre, les \u00ab\u00a0petites voix\u00a0\u00bb des grandes \u00e9missions, les producteurs attentifs, les techniciens amus\u00e9s, les musiciens inspir\u00e9s&#8230;<\/p>\n<p>La d\u00e9marche de Philibert, pour in\u00e9dite qu\u2019elle soit au cin\u00e9ma, ne doit pas faire oublier l\u2019autre grand et m\u00eame gigantesque documentaire qui ait \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9 \u00e0 la maison de la radio. Un documentaire sans images, radiophonique donc, que l\u2019on doit au \u00ab\u00a0tailleur de son\u00a0\u00bb qu\u2019\u00e9tait Yann Paranthoen. <em>Un portrait de Lulu<\/em> (c\u2019est le titre de cette \u0153uvre), femme de m\u00e9nage au travers du regard de laquelle se d\u00e9tachait le portrait singulier du service public de radiophonie o\u00f9 elle passait le balai tous les matins\u2026 Philibert lui rend hommage, en gardant au montage le moment de solitude de Jean Bernard Pouy organis\u00e9 par Rebecca Manzoni pour son \u00e9mission. L\u2019auteur du <em>Poulpe<\/em> se souvient alors de Parantho\u00ebn, enregistrant le bruit des patates qui poussent dans la terre. Un moment de po\u00e9sie comme seule une radio pouvait l\u2019offrir \u00e0 ses auditeurs, autant dire un luxe aussi radicalement \u00e9litaire que radicalement disparu\u2026<\/p>\n<p>Il est d\u2019usage dans les milieux de la t\u00e9l\u00e9vision, afin de d\u00e9signer les \u00ab\u00a0pas beaux\u00a0\u00bb les moches, celles et ceux qui ne r\u00e9pondent pas positivement \u00e0 ses diktats esth\u00e9tiques d\u2019utiliser cette expression pour le moins condescendante\u00a0: \u00ab\u00a0il\/elle a une tronche \u00e0 faire de la radio\u00a0\u00bb. Le film de Philibert y r\u00e9pond \u00e0 sa mani\u00e8re, c\u2019est \u00e0 dire celle d\u2019un cin\u00e9aste documentaire, en choisissant manifestement le parti de la beaut\u00e9 du son, son \u00e9l\u00e9gance et celle de ceux qui le v\u00e9hiculent par les ondes, grandes, petites ou moyennes, contre celui des autres. Contre celui des cons.<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-6470 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/arton6470-d36.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/arton6470-d36-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"arton6470.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Documentariste attentif \u00e0 rendre compte du r\u00e9el en m\u00eame temps qu\u2019\u00e0 filmer tout ce qui semble y \u00eatre invisible, Nicolas Philibert prom\u00e8ne cette fois-ci sa cam\u00e9ra dans les couloirs et les studios de la Maison de la Radio \u00e0 Paris. 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