{"id":6439,"date":"2013-04-02T09:00:00","date_gmt":"2013-04-02T07:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/les-fractures-de-la-jeunesse6439\/"},"modified":"2013-04-02T09:00:00","modified_gmt":"2013-04-02T07:00:00","slug":"les-fractures-de-la-jeunesse6439","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=6439","title":{"rendered":"Les fractures de la jeunesse tunisienne"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">L&#8217;\u00e9dition 2013 du FSM s&#8217;est achev\u00e9e samedi par une marche en solidarit\u00e9 avec la Palestine. Les jeunes militants de gauche tunisiens ont per\u00e7u et v\u00e9cu ce Forum comme un \u00e9v\u00e8nement important, li\u00e9 \u00e0 la r\u00e9volution de 2011. Pour les <em>haragas<\/em> de la banlieue sud, en revanche, il n&#8217;a pas eu lieu et le seul horizon reste celui des c\u00f4tes europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Mohamed L., presque 20 ans, n&#8217;a rien \u00e0 cacher. On peut \u00e9crire son nom, mettre sa photo, et raconter qu&#8217;il fume un gros joint \u00e0 11 h du matin \u00e0 la terrasse d&#8217;un boui-boui dans la banlieue sud de Tunis. Il vient de sortir du lit et s&#8217;envoie un petit caf\u00e9 serr\u00e9 pour se d\u00e9verrouiller les paupi\u00e8res.<br \/>\nAu bout de la rue, la plage. La ville d&#8217;Hammam Lif est \u00e0 une demi-heure de train du centre de Tunis. Etir\u00e9e le long de la c\u00f4te, elle a longtemps \u00e9t\u00e9 un lieu de vill\u00e9giature privil\u00e9gi\u00e9 des fran\u00e7ais et de la bourgeoisie. Domin\u00e9e par une colline qui offre une vue imprenable sur la baie de la capitale, Hammam-Lif est aussi devenue ces derni\u00e8res ann\u00e9es un lieu de d\u00e9part embl\u00e9matique de ceux que l&#8217;on appellent les <em>haragas<\/em>, ces voyageurs clandestins en partance pour l&#8217;Eldorado europ\u00e9en. On parle ici de \u00abl&#8217;a\u00e9roport d&#8217;Hammam Lif\u00bb pour \u00e9voquer ces jeunes qui depuis des ponts autoroutiers acc\u00e8dent \u00e0 des containers, les percent et y prennent place avant de s&#8217;en extraire une fois parvenus dans un port europ\u00e9en. C&#8217;est aussi le titre d&#8217;un court-m\u00e9trage documentaire de 23 minutes que Slim Ben Chiekh leur a consacr\u00e9 en 2007 (\u00e0 voir, partie 1 <a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Y56Zv6AaYzM\">ici<\/a>,  et partie 2, <a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=5dmGqBRMuG0\">l\u00e0<\/a>, en arabe).<\/p>\n<p>Mohamed, lui, n&#8217;a pas pris un container mais une grosse barque. En janvier 2011, il a vol\u00e9 une voiture et tir\u00e9 de ce butin l&#8217;argent d&#8217;un aller simple pour l&#8217;Italie. Le 24, dix jours apr\u00e8s le d\u00e9part de Ben Ali, il prenait la mer avec 71 autres jeunes, dont trois filles, majoritairement d&#8217;Hammam Lif. Une vingtaine d&#8217;heures plus tard, Lampedusa. Lui avait 17 ans. Il dit \u00eatre rest\u00e9 19 mois dans la r\u00e9gion de Pise, avoir v\u00e9cu de petits boulots, trafics et vols, dormi et squatt\u00e9 o\u00f9 il pouvait. \u00ab<em>L\u00e0-bas, les flic ne me connaissaient pas, donc je n&#8217;ai pas eu trop de probl\u00e8mes<\/em>\u00bb. Mais il a fini par rentrer, en juillet dernier. \u00ab<em>Je n&#8217;avais plus d&#8217;argent, plus de boulot, j&#8217;\u00e9tais en situation de risque<\/em>\u00bb. Moins d&#8217;un an s&#8217;est \u00e9coul\u00e9 depuis son retour \u00e0 Hammam Lif. Mohamed a d\u00e9j\u00e0 essay\u00e9 de repartir et il assure qu&#8217;il recommencera d\u00e8s que possible: \u00ab<em>gal\u00e9rer l\u00e0-bas, c&#8217;est mieux que gal\u00e9rer ici<\/em>\u00bb. Ses potes n&#8217;ont d&#8217;ailleurs pas compris pourquoi il \u00e9tait revenu. Eux aussi sont convaincus que \u00ab<em>l\u00e0-bas, c&#8217;est mieux, il y a plus de chances<\/em>\u00bb. Mohamed caresse un r\u00eave: la Su\u00e8de. Et a une r\u00e9ponse \u00e0 tous les \u00e9cueils qu&#8217;on lui objecte. La survie al\u00e9atoire \u00e0 fond de container? Avec \u00ab<em>de l&#8217;eau et du sucre<\/em>\u00bb il survivra. Les disparus en mer? La plupart ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s vivant, assure-t-il. Les centres de r\u00e9tention? Il s&#8217;en est \u00e9vad\u00e9. Draguer les forc\u00e9ment \u00ab<em>tr\u00e8s belles<\/em>\u00bb su\u00e9doises sans parler leur langue? Il a d\u00e9j\u00e0 appris l&#8217;italien, il apprendra le su\u00e9dois. Un sourire, une bouff\u00e9e sur le joint.<\/p>\n<p>Ne nourrissant pas un projet personnel tr\u00e8s abouti \u00e0 part quitter la Tunisie, Mohamed a tout d&#8217;un gibier de mafia. Vivant chez ses parents, il se voit comme \u00ab<em>un aventurier<\/em>\u00bb \u00e9pris de \u00ab<em>libert\u00e9<\/em>\u00bb et vivote en vendant des bi\u00e8res. Au march\u00e9 noir, se plaint-il, elle est pass\u00e9e de 1,250  \u00e0 1,600 Dinars tunisiens (DT), soit \u00e0 peu pr\u00e8s de 60 cents \u00e0 80 cents d&#8217;Euros. La faute aux extr\u00e9mistes, Ennahda et les salafs, qu&#8217;il n&#8217;aime pas et sont en train de \u00ab<em>fermer les bars et les bordels<\/em>\u00bb. A son retour d&#8217;Italie, il a trouv\u00e9 que la situation, avec la pr\u00e9sence des islamistes au pouvoir, \u00e9tait moins \u00ab<em>s\u00e9curis\u00e9e<\/em>\u00bb que sous Ben Ali. Pour lui, c&#8217;est clair, deux ans apr\u00e8s la r\u00e9volution &#8211; un mot qui le fait sourire et dont le seul souvenir qu&#8217;il garde est celui d&#8217;avoir \u00e9t\u00e9 tabass\u00e9 par la police dans une manif \u00e0 Tunis &#8211;  \u00ab<em>les riches et les politiques sont en train de se battre pour le pouvoir mais rien n&#8217;a chang\u00e9<\/em>\u00bb. <\/p>\n<p><object width=\"460\" height=\"305\"><param name=\"flashvars\" value=\"offsite=true&#038;lang=fr-fr&#038;page_show_url=%2Fphotos%2F90482272%40N02%2Fsets%2F72157633145255673%2Fshow%2F&#038;page_show_back_url=%2Fphotos%2F90482272%40N02%2Fsets%2F72157633145255673%2F&#038;set_id=72157633145255673&#038;jump_to=\"><\/param><param name=\"movie\" value=\"http:\/\/www.flickr.com\/apps\/slideshow\/show.swf?v=124984\"><\/param><param name=\"allowFullScreen\" value=\"true\"><\/param><embed type=\"application\/x-shockwave-flash\" src=\"http:\/\/www.flickr.com\/apps\/slideshow\/show.swf?v=124984\" allowFullScreen=\"true\" flashvars=\"offsite=true&#038;lang=fr-fr&#038;page_show_url=%2Fphotos%2F90482272%40N02%2Fsets%2F72157633145255673%2Fshow%2F&#038;page_show_back_url=%2Fphotos%2F90482272%40N02%2Fsets%2F72157633145255673%2F&#038;set_id=72157633145255673&#038;jump_to=\" width=\"460\" height=\"305\"><\/embed><\/object><br \/>Photos : Jean de Pe\u00f1a \/ Collectif \u00e0-vif(s)<br clear=\"all\"><br \/>\n<\/p>\n<p>Walid et Haythem partagent globalement cet amer constat. Natifs d&#8217;Hammam Lif, \u00e2g\u00e9s de 25 et 27 ans, ils n&#8217;ont rien de <em>haragas<\/em> et sont dans des situations professionnelles qu&#8217;ils d\u00e9crivent eux-m\u00eames comme \u00ab<em>bonnes<\/em>\u00bb. \u00ab<em>Mais on est comme tout le monde, si on avait un visa, on partirait tout de suite. Pas forc\u00e9ment pour rester loin longtemps mais au moins pour voir ce qui se passe ailleurs, prendre l&#8217;air quelques mois, quelques ann\u00e9es&#8230;<\/em>\u00bb. Sortir de ce pays o\u00f9 la situation \u00e9conomique et politique s&#8217;est \u00ab<em>clairement d\u00e9grad\u00e9e<\/em>\u00bb depuis deux ans estiment-ils. Eux ne regrettent pas Ben Ali et s&#8217;ils souhaitent son retour c&#8217;est pour le voir finir en prison. \u00ab<em>Ce fils de pute \u00e9tait un dictateur mais il \u00e9tait bien entour\u00e9,<\/em> grince Walid. <em>Aujourd&#8217;hui, on a un ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res qui croit que la capitale de la Turquie c&#8217;est Istanbul&#8230;<\/em>\u00bb Ce qui fait un peu t\u00e2che quand on est le gendre de Rached Ghannouchi, leader d&#8217;un parti, Ennahda, qui cultive l&#8217;illusion d&#8217;une proximit\u00e9 avec le \u00abmod\u00e8le turc\u00bb[[Rafik Abdessalem, ex-ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res dans le gouvernement de Hamadi Jebali, dissout en mars, est mari\u00e9 avec Soumaya Ghannouchi, l&#8217;une des filles du leader d&#8217;Ennahda. Il a commis de nombreux impairs durant son passage \u00e0 la t\u00eate de la diplomatie tunisienne, notamment, donc, celui d&#8217;avoir confondu Ankara et Istanbul.]].<\/p>\n<p>Leur d\u00e9fiance vis-\u00e0-vis des islamistes est immense. \u00ab<em>On a chang\u00e9 de couleur, d&#8217;organisation, mais une dictature nouvelle est en train de na\u00eetre<\/em>\u00bb, consid\u00e8re Walid. Des propos que nuance Haythem qui s&#8217;est impliqu\u00e9 dans le mouvement de 2010-2011 ayant conduit \u00e0 la chute de Ben Ali, avant de s&#8217;en \u00e9carter, \u00e9c\u0153ur\u00e9 dit-il par la main mise des islamistes qui ont tent\u00e9 de l&#8217;intimider quand ils ont compris qu&#8217;il n&#8217;\u00e9tait pas des leurs. Lui ne croit pas \u00e0 l&#8217;installation durable d&#8217;un nouveau r\u00e9gime autoritaire mais regrette la dur\u00e9e de la p\u00e9riode transitoire: \u00ab<em>il n&#8217;y a pas de baguette magique et la situation actuelle est difficilement am\u00e9liorable tout de suite. Le pays est en transition, il faut du temps, on le sait, mais il faut que ce soit le plus court possible. Je ne veux pas que \u00e7a dure jusqu&#8217;\u00e0 mes soixante ans, je veux profiter de la vie!<\/em>\u00bb Et rien ne leur dit que la fin de la crise politique est proche.<\/p>\n<p>S&#8217;ils n&#8217;ont pas particip\u00e9 au FSM, Haythem et Walid ont suivi avec int\u00e9r\u00eat son d\u00e9roulement. Et rejoints la marche finale, samedi 30, men\u00e9e de bout en bout en surveillant de pr\u00e8s les agissements des militants des \u00abcomit\u00e9s de protection de la r\u00e9volution\u00bb, milices islamistes plus ou moins li\u00e9es \u00e0 Ennahda, brandissant le drapeau noir et ne rechignant pas \u00e0 faire le coup de poing. Ahmed et Al\u00e2a aussi y \u00e9taient. Ces deux jeunes originaires d&#8217;une ville du governorat de Bizerte partagent depuis septembre une colocation \u00e0 Bab el Khedra, un quartier populaire du centre de Tunis. Ahmed, fra\u00eechement entr\u00e9 dans la vie active, est un militant du Parti des ouvriers communistes de Tunisie (Poct), principale composante, avec le Watad de Chokri Bela\u00efd, du Front populaire cr\u00e9\u00e9 en septembre dernier et rassemblant une dizaine d&#8217;organisation de la gauche tunisienne. Al\u00e2a, lui, poursuit ses \u00e9tudes d&#8217;ing\u00e9nieur, se dit en sympathie avec les \u00ab<em>anarchistes<\/em>\u00bb et proche des milieux culturels \u00ab<em>underground<\/em>\u00bb. Il a fait parti des comit\u00e9s d&#8217;organisation tunisiens du FSM. <\/p>\n<p>Au soir, durant la semaine, les deux comp\u00e8res sont parfois aller boire quelques bi\u00e8res avec leurs amis au nouveau \u00abbar trotskyste\u00bb qui a ouvert au centre-ville au moment o\u00f9 commen\u00e7ait le Forum. Un lieu situ\u00e9 \u00e0 quelques encablures de l&#8217;avenue Bourguiba, vite devenu une sorte de QG festif des couche-tards du FSM. Ambiance internationale, canettes de Celtia &#8211; la bi\u00e8re nationale &#8211; et cigarettes \u00e0 flot, des filles pas farouches, des discussions politiques endiabl\u00e9es \u00e0 chaque coin de table et quelques morceaux de ska ou de reggae&#8230; Bref, le Tunis dans lequel Ahmed et Al\u00e2a, 23 ans tous les deux, aimeraient vivre durablement. Au moment d&#8217;entrer \u00e0 la facult\u00e9, il y a trois ans, Al\u00e2a envisageait son avenir plut\u00f4t en Europe si tant est que cela e\u00fbt \u00e9t\u00e9 possible. \u00ab<em>Mais avec ce qui s&#8217;est pass\u00e9, j&#8217;ai chang\u00e9 d&#8217;avis. Je me suis&#8230; attach\u00e9 \u00e0 mon pays<\/em>\u00bb. Il veut toujours partir d\u00e9couvrir le monde mais envisage d\u00e9sormais de commencer par \u00ab<em>un tour de la Tunisie<\/em>\u00bb, convaincu que la r\u00e9alit\u00e9 sociale n&#8217;est pas la m\u00eame dans les terres et qu&#8217;il doit la rencontrer. Ahmed, lui, se verrait bien faire carri\u00e8re dans sa ville d&#8217;origine et constituer une petite collection de vieilles voitures. En attendant, il milite et suit de pr\u00e8s les affaires politiques. Une fois par semaine, il se rend \u00e0 des s\u00e9ances de formation du parti. O\u00f9 l&#8217;on parle marxisme-l\u00e9ninisme et dette odieuse. Dans la manif, ils sont aux avant-postes, claquent des bises aux camarades. Depuis d\u00e9cembre 2010,  ils ont eu leur lot de coups de matraque et de lacrymo. Dernier en date pour Ahmed, le jour de la mort de Chokri Bela\u00efd, le 6 f\u00e9vrier, o\u00f9 il s&#8217;est fait cours\u00e9 et gaz\u00e9 par la police. \u00ab<em>En deux ans, je trouve qu&#8217;on a beaucoup m\u00fbrit&#8230;<\/em>\u00bb, ose Al\u00e2a. Difficile de le contredire. Ils ont conscience des difficult\u00e9s que rencontre le pays dans sa transition \u00abpost-r\u00e9volutionnaire\u00bb. Pour eux, le FSM a constitu\u00e9 une parenth\u00e8se enchant\u00e9e d&#8217;une semaine. Ils en ont profit\u00e9 et, comme tous les tunisiens rencontr\u00e9s, sont fiers d&#8217;avoir r\u00e9ussi l&#8217;organisation de cet \u00e9v\u00e8nement.<\/p>\n<p>Une fiert\u00e9 qui n&#8217;a pas court \u00e0 Hammam-Lif. Lorsqu&#8217;au cours de la discussion, le FSM est \u00e9voqu\u00e9, les regards de Mohamed L. et de ses amis se font interrogateurs. De quoi s&#8217;agit-il? On explique, en quelques mots. Silence poli. Jeunes tunisiens vivant \u00e0 moins de 100 km de la capitale, o\u00f9 ils se rendent r\u00e9guli\u00e8rement, ils n&#8217;\u00e9taient pas au courant. Ils semblent d&#8217;ailleurs s&#8217;en moquer: \u00e7a n&#8217;appartient pas \u00e0 leur univers. Cela tombe bien: soucieuses de ce que le Forum se d\u00e9roule sans heurts et sans \u00e9clats, les autorit\u00e9s n&#8217;ont rien fait en amont pour que l&#8217;info passe au plus grand nombre. On ne sait jamais ce qu&#8217;aurait pu donner la convergence sur le campus de pauvres <em>haragas<\/em> laiss\u00e9s pour compte de la r\u00e9volution tunisienne et de militants altermondialistes venus la c\u00e9l\u00e9brer&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;\u00e9dition 2013 du FSM s&#8217;est achev\u00e9e samedi par une marche en solidarit\u00e9 avec la Palestine. Les jeunes militants de gauche tunisiens ont per\u00e7u et v\u00e9cu ce Forum comme un \u00e9v\u00e8nement important, li\u00e9 \u00e0 la r\u00e9volution de 2011. Pour les <em>haragas<\/em> de la banlieue sud, en revanche, il n&#8217;a pas eu lieu et le seul horizon reste celui des c\u00f4tes europ\u00e9ennes.<\/p>\n","protected":false},"author":558,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[442,313,347,351],"class_list":["post-6439","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-web","tag-le-top-10-de-lannee-2013","tag-maghreb","tag-reportage","tag-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6439","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/558"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6439"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6439\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6439"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6439"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6439"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}