{"id":6410,"date":"2013-03-25T16:08:26","date_gmt":"2013-03-25T15:08:26","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/les-corps-a-l-oeuvre6410\/"},"modified":"2013-03-25T16:08:26","modified_gmt":"2013-03-25T15:08:26","slug":"les-corps-a-l-oeuvre6410","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=6410","title":{"rendered":"Les corps \u00e0 l\u2019\u0153uvre"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Compagnie atypique, l&#8217;Oiseau-Mouche pr\u00e9sente deux spectacles, dont les esth\u00e9tiques propres n&#8217;oblit\u00e8rent pas la singularit\u00e9 de la structure.<\/p>\n<p>Quelqu&#8217;un qui s&#8217;amuserait \u00e0 regarder la liste des tutelles et collectivit\u00e9s subventionnant le travail de la compagnie de l&#8217;Oiseau-Mouche pourrait \u00eatre surpris. Car aux c\u00f4t\u00e9s de (l&#8217;habituel) Minist\u00e8re de la Culture et de la communication, figurent les (moins courants) Minist\u00e8re de la Sant\u00e9 et des Affaires sociales et Agence R\u00e9gionale de Sant\u00e9 du Nord Pas de Calais. C&#8217;est que l&#8217;Oiseau-Mouche n&#8217;est pas une compagnie comme les autres\u00a0: n\u00e9e en 1978, elle fonde en 1981 le premier Centre d&#8217;Aide par le Travail artistique de France. Si les membres de la compagnie sont en situation de handicap mental, ils n&#8217;en demeurent pas moins des com\u00e9diens professionnels, dont les spectacles jouent dans les r\u00e9seaux de diffusion \u00ab\u00a0normaux\u00a0\u00bb du spectacle vivant. Actuellement, deux cr\u00e9ations sont en tourn\u00e9e, chacune men\u00e9e par un artiste diff\u00e9rent \u2013 la compagnie n&#8217;ayant pas de metteur en sc\u00e8ne attitr\u00e9\u00a0: <em>De quoi tenir jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;ombre<\/em>, ballet fantomatique con\u00e7u par le chor\u00e9graphe Christian Rizzo et <em>Sortir du corps<\/em>, plong\u00e9e dans les textes de Val\u00e8re Novarina orchestr\u00e9e par C\u00e9dric Orain. Des propositions qui, en ne tentant ni de nier ni de normaliser le handicap, font des singularit\u00e9s de l&#8217;Oiseau-Mouche une force.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/20130123_dequoitenir2_0015.jpg\" alt=\"\"De quoi tenir jusqu'\u00e0 l'ombre\" Photo Fr\u00e9d\u00e9ric Iovino\" title=\"\"De quoi tenir jusqu'\u00e0 l'ombre\" Photo Fr\u00e9d\u00e9ric Iovino\" class=\"caption\" align=\"center\" \/><\/p>\n<p>Avec <em>De quoi tenir jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;ombre<\/em>, cinq personnages sont en sc\u00e8ne. Figures spectrales, elles se livrent sur un plateau seulement occup\u00e9 par un drap blanc, imperturbable pr\u00e9sence dansante anim\u00e9e par un ventilateur, \u00e0 des d\u00e9placements r\u00e9gl\u00e9s. Mouvements de groupe, danses infimes, gestes sommaires\u00a0: tout n&#8217;est qu&#8217;esquiss\u00e9. Dans ce paysage lentement la lumi\u00e8re dispara\u00eet, tandis qu&#8217;un autre paysage, sonore, prend place. Proposition muette, <em>De quoi tenir jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;ombre<\/em> constitue l&#8217;une des plus rares incursions vers la danse de l&#8217;Oiseau-Mouche. Un d\u00e9fi pour cette compagnie aguerrie au texte, qui donne \u00e0 voir, outre le processus d&#8217;\u00e9criture men\u00e9 avec les com\u00e9diens, un refus de magnifier ces derniers. Car l\u00e0 o\u00f9 l&#8217;on pourrait attendre une transfiguration des acteurs (et de leur handicap) par le th\u00e9\u00e2tre, l&#8217;on trouve des corps volontairement bruts, des visages passablement mutiques. En pr\u00e9f\u00e9rant le laconisme \u00e0 l&#8217;expressivit\u00e9, Christian Rizzo tente aussi de donner \u00e0 voir, plus que leur savoir-faire, le myst\u00e8re intime de chaque interpr\u00e8te et l&#8217;\u00e9coute mutuelle qui pr\u00e9side au groupe. <\/p>\n<p><object width=\"460\" height=\"270\"><param name=\"movie\" value=\"http:\/\/www.theatre-video.net\/video\/swf\/rxQund5w\"><\/param><param name=\"allowFullScreen\" value=\"true\"><\/param><param name=\"allowScriptAccess\" value=\"always\"><\/param><embed type=\"application\/x-shockwave-flash\" src=\"http:\/\/www.theatre-video.net\/video\/swf\/rxQund5w\" width=\"460\" height=\"270\" allowfullscreen=\"true\" allowscriptaccess=\"always\"><\/embed><\/object><br clear=\"all\"><br \/>\n<\/p>\n<p>Pour <em>Sortir du corps<\/em>, rien \u00e0 voir. Pas d&#8217;ellipses n\u00e9buleuses, nous sommes dans un th\u00e9\u00e2tre qui s&#8217;annonce de prime abord comme tel\u00a0: sur  un plateau aux lourds rideaux rouges entrent des personnages engonc\u00e9s dans leurs costumes. Traversant les textes de Val\u00e8re Novarina, ils vont progressivement abandonner ces artifices. Plus qu&#8217;une transfiguration, c&#8217;est une \u00e9vidence qui se joue-l\u00e0, celle de la rencontre entre le verbe de Novarina, mati\u00e8re organique, et les com\u00e9diens. Une langue \u00e0 laquelle ces derniers avaient initialement peur de se frotter, mais qu&#8217;avec l&#8217;aide du metteur en sc\u00e8ne C\u00e9dric Orain ils ont apprivois\u00e9e. De cette connaissance surgit une pr\u00e9sence charnelle puissante, li\u00e9e \u00e0 la parfaite ad\u00e9quation entre la parole et la chair. Avec une force fulgurante, <em>Sortir du corps<\/em> raconte l&#8217;urgence et la n\u00e9cessit\u00e9 pour les com\u00e9diens de l&#8217;Oiseau-Mouche d&#8217;en passer par le th\u00e9\u00e2tre. Le plateau devient le lieu d&#8217;une existence possible, un espace o\u00f9, pour paraphraser C\u00e9dric Orain, <em>\u00ab\u00a0la chair de l&#8217;acteur v\u00e9ritable appara\u00eet\u00a0\u00bb<\/em>. Ce, bien au-del\u00e0 du seul handicap auquel la soci\u00e9t\u00e9 ne cesse de les ramener. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compagnie atypique, l&#8217;Oiseau-Mouche pr\u00e9sente deux spectacles, dont les esth\u00e9tiques propres n&#8217;oblit\u00e8rent pas la singularit\u00e9 de la structure.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[],"class_list":["post-6410","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6410","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6410"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6410\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6410"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6410"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6410"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}