{"id":6346,"date":"2013-03-07T22:25:00","date_gmt":"2013-03-07T21:25:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/a-nairobi-des-femmes-seropositives6346\/"},"modified":"2023-06-23T23:13:51","modified_gmt":"2023-06-23T21:13:51","slug":"a-nairobi-des-femmes-seropositives6346","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=6346","title":{"rendered":"A Nairobi, des femmes s\u00e9ropositives s&#8217;organisent"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Au Kenya, difficile d\u2019\u00eatre \u00e0 la fois femme, seule, pauvre et s\u00e9ropositive. Des habitantes du bidonville de Kibera, pr\u00e8s de Nairobi, se retrouvent et s&#8217;entraident au sein d&#8217;une petite structure autog\u00e9r\u00e9e. En commercialisant des bijoux cr\u00e9\u00e9s avec des mat\u00e9riaux de r\u00e9cup\u00e9ration, elles reprennent place dans la soci\u00e9t\u00e9. Reportage.<\/p>\n<p>Les \u00e9choppes s\u2019alignent le long d\u2019un chemin caboss\u00e9 et le soleil rebondit sur les toits de t\u00f4le ondul\u00e9e, \u00e7a et l\u00e0 des poulets sautillent en picorant des peaux de bananes. Une odeur d\u2019\u00e9gout saute \u00e0 la gorge. Kibera.  Le plus grand bidonville du Kenya, l\u2019un des plus vastes d\u2019Afrique dit-on. Un peu plus d\u2019un demi-million de personnes sans doute.<br \/>\nAu d\u00e9tour d\u2019une rue, derri\u00e8re des murs de terre cuite, assises dans la p\u00e9nombre, cinq femmes bavardent tout en d\u00e9coupant des feuilles de magazine. L\u2019une, les joues creus\u00e9es et la poigne fragile se l\u00e8ve, tire une chaise et se pr\u00e9sente, Caroline Awino secr\u00e9taire du Power women group, un groupe d\u2019une quinzaine de femmes cr\u00e9atrices de bijoux et s\u00e9ropositives. Dans la pi\u00e8ce, sur les tables et pr\u00e9sentoirs, sont dispos\u00e9s sacs \u00e0 main, colliers et v\u00eatements. <\/p>\n<p>L\u2019histoire de cet atelier commence en 2004, alors que, stigmatis\u00e9es et rejet\u00e9es par la communaut\u00e9 \u00e0 cause de leur maladie, quelques femmes d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es d\u00e9cident de se r\u00e9unir, pour se soutenir moralement et partager leurs angoisses, leurs questions. Everlyne, la directrice actuelle, raconte\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Au d\u00e9but, je croyais que les antir\u00e9troviraux allaient me faire mourir plus vite, c\u2019est une des membres qui m\u2019a expliqu\u00e9 que non<\/em>\u00a0\u00bb. Puis elle ajoute, les yeux humides \u00ab\u00a0<em>ma propre famille ne voulait plus me parler, les femmes du groupe sont devenues mes s\u0153urs, nous partageons tout<\/em>\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Avec un mari mort ou \u00e9vapor\u00e9 dans le nature, ces femmes se retrouvent souvent seules pour payer le loyer, les m\u00e9dicaments et \u00e9lever et nourrir une ribambelle d\u2019enfants dont certains sont eux-m\u00eames s\u00e9ropositifs.  Alors, tr\u00e8s vite l\u2019id\u00e9e d\u2019une entraide financi\u00e8re \u00e9merge. Au d\u00e9part, il s\u2019agit d\u2019\u00e9conomiser dix shillings (soit dix centimes d\u2019euros) par personne et par r\u00e9union et de profiter \u00e0 tour de r\u00f4le de la cagnotte mensuelle. \u00ab\u00a0<em>L\u2019une d\u2019entre nous avait r\u00e9ussi \u00e0 ouvrir un kiosque \u00e0 l\u00e9gumes mais les m\u00e9dicaments lui causaient de s\u00e9v\u00e8res probl\u00e8mes de peau et personne ne voulait rien lui acheter<\/em>\u00a0\u00bb explique Caroline. Elles d\u00e9cident alors de louer un local et d\u2019y \u00e9tablir une activit\u00e9 collective\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Nous voulions montrer aux gens que nous restions utiles malgr\u00e9 le sida<\/em>\u00a0\u00bb.  Apr\u00e8s avoir visit\u00e9 une bijouterie, appris des techniques de cr\u00e9ation et achet\u00e9 du mat\u00e9riel, l\u2019atelier est lanc\u00e9. \u00ab\u00a0<em>Les designs sont sans cesse renouvel\u00e9s, nous les inventons ou trouvons l&#8217;inspiration dans des revues<\/em>\u00a0\u00bb explique fi\u00e8rement la secr\u00e9taire de l\u2019association en caressant un collier du bout des doigts. Elles apprennent rapidement \u00e0 utiliser des mat\u00e9riaux simples de mani\u00e8re ing\u00e9nieuse: feuilles de magazine pour les perles, sacs plastiques pour les paniers&#8230; Les chutes sont utilis\u00e9es pour cr\u00e9er des bracelets. Rien ne se perd, tout se transforme. Selon une organisation scrupuleuse, la recette du mois est divis\u00e9e en quatre\u00a0: salaire, nourriture, achat de mat\u00e9riel et cagnotte d\u2019urgence en cas de coup dur. D&#8217;un point de vue \u00e9conomique, cette activit\u00e9 demeure toutefois marginale\u00a0: la journ\u00e9e, la plupart d\u2019entre elles tentent de trouver des travaux domestiques. Mais ce qui compte vraiment avec ce groupe se situe ailleurs. Caroline le r\u00e9sume en une phrase\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Nous nous appelons les Power Women parce qu\u2019\u00eatre ensemble nous donne de la force.<\/em> \u00bb  <div id='gallery-1' class='gallery galleryid-6346 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/kenya_powerwomen-d77.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/kenya_powerwomen-d77-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"kenya_powerwomen.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au Kenya, difficile d\u2019\u00eatre \u00e0 la fois femme, seule, pauvre et s\u00e9ropositive. 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