{"id":632,"date":"1997-09-01T00:00:00","date_gmt":"1997-08-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/le-musee-de-madame-et-monsieur632\/"},"modified":"1997-09-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-08-31T22:00:00","slug":"le-musee-de-madame-et-monsieur632","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=632","title":{"rendered":"Le Mus\u00e9e de madame et monsieur Tout le monde"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> En vingt mille objets de la vie quotidienne et de &#8221; produits artistiques d\u00e9riv\u00e9s &#8221; con\u00e7us par Herv\u00e9 Di Rosa, un projet qui a pour ambition de mettre fin aux hi\u00e9rarchies dans le domaine de l&#8217;art. Une bonne raison d&#8217;aller \u00e0 Blois. <\/p>\n<p>De septembre 1997 jusqu&#8217;au mois d&#8217;avril 1998, le mus\u00e9e de l&#8217;Objet \u00e0 Blois (voir plus loin l&#8217;article de Jim Palette) pr\u00e9sente une exposition qui se veut une pr\u00e9figuration du mus\u00e9e de l&#8217;Art modeste, choisi parmi d&#8217;autres comme l&#8217;un des projets culturels retenu par les responsables du programme des manifestations qui accompagneront le passage \u00e0 l&#8217;an deux mille. Pierre-Jean Galdin accueille ce projet qui doit f\u00e9d\u00e9rer tous les arts populaires en d\u00e9passant les notions d&#8217;art brut, d&#8217;art na\u00eff, etc., et inclure des objets issus de la production industrielle et commerciale. Pour Herv\u00e9 Di Rosa, &#8221; l&#8217;Art modeste &#8221; est celui avec lequel on est tout de suite en contact. Mais il veut que ce concept reste ouvert et qu&#8217;il englobe toutes les marges o\u00f9 la cr\u00e9ation est encore possible sans se l&#8217;approprier pour cr\u00e9er un dogme, tel que Andr\u00e9 Breton a pu le faire ou m\u00eame Dubuffet dans une moindre mesure. Herv\u00e9 Di Rosa a trop \u00e9t\u00e9 pi\u00e9g\u00e9 par le d\u00e9nominatif Figuration libre dans les ann\u00e9es 80 pour vouloir se laisser \u00e0 nouveau enclaver. C&#8217;est pour cette raison qu&#8217;il ouvre en 1988 la boutique de l&#8217;Art modeste pour laquelle il cr\u00e9e des objets qu&#8217;il essaye de diffuser, o\u00f9 il expose, avec Herv\u00e9 Perdriolle et son fr\u00e8re, d&#8217;autres artistes, pour f\u00e9d\u00e9rer les \u00e9nergies.&#8221; Je me suis toujours battu dans ma peinture pour arriver \u00e0 ce que l&#8217;on ne fasse plus de hi\u00e9rarchie entre la BD, la peinture, l&#8217;illustration. Ce qui me g\u00eane, c&#8217;est l&#8217;\u00e9chelle de valeur, pas le classement personnel. Tu n&#8217;appr\u00e9cies pas aujourd&#8217;hui Fra Angelico, par exemple, pour ce qu&#8217;il est r\u00e9ellement, pour l&#8217;impact populaire qu&#8217;il a eu \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, pour le plaisir de ses images uniquement, sans le myst\u00e8re. Je me demande si l&#8217;art modeste n&#8217;est pas la seule solution pour essayer que l&#8217;an 2000 ne soit pas aussi atroce que ce qui commence \u00e0 poindre: le totalitarisme des id\u00e9es, la ringardise, la nivellation par le bas. Quand je parle de culture populaire, ce n&#8217;est pas pour rabaisser les hommes comme la mauvaise t\u00e9l\u00e9vision, par exemple, c&#8217;est le contraire.&#8221;<\/p>\n<p> <strong> L&#8217;objet et la collection au del\u00e0 du f\u00e9tichisme <\/strong><\/p>\n<p>La mise en relation des collections du mus\u00e9e de l&#8217;Objet et des collection du mus\u00e9e de l&#8217;Art modeste montre \u00e0 quel point l&#8217;art contemporain s&#8217;est nourri de tous ces objets issus, ici, principalement des collections d&#8217;Herv\u00e9 Di Rosa et de Bernard Belluc. L&#8217;exposition pr\u00e9sente plus de 20 000 objets qui signent cette rencontre \u00e9clatante en 1990 de Di Rosa et Belluc, d\u00e9clenchant dans le m\u00eame temps ce d\u00e9sir de mus\u00e9e de l&#8217;Art modeste dont l&#8217;association est mise au point d\u00e8s 1991. Bernard Belluc vit chez lui entour\u00e9 d&#8217;une collection de plus de 150 000 objets qui vont des \u00e9tiquettes de &#8221; La vache qui rit &#8221; &#8211; toutes diff\u00e9rentes -, \u00e0 tous ces objets n\u00e9s dans les ann\u00e9es 50 avec l&#8217;apparition du plastique. Dans des vitrines, caverne d&#8217;Ali Baba, qui brillent de mille feux, Bernard Belluc a mis en sc\u00e8ne une partie de sa collection suivant des th\u00e8mes qu&#8217;il jugeait importants, l&#8217;Histoire, ses grandes figures, ses h\u00e9ros, ses guerriers, fantassins, cavaliers, Indiens et cow-boys; le Tour de France et tous ses colifichets, les cyclistes des jeux de sables, les chapeaux de papier de la marque Ricard, etc., l&#8217;\u00e9cole, la f\u00eate. A c\u00f4t\u00e9 des ann\u00e9es de nostalgie 50-60, le c\u00f4t\u00e9 Di Rosa: les figurines des dessins anim\u00e9s et des s\u00e9ries, les Simpsons, Goldorak, les figures de la mythologie actuelle r\u00e9unies en une grande famille, des Pierrafeu jusqu&#8217;aux h\u00e9ros de la technologie la plus sophistiqu\u00e9e, un d\u00e9fil\u00e9 inou\u00ef. Et, expos\u00e9es, sur des cimaises des enseignes de coiffeurs africains, des oeuvres venant du mus\u00e9e de Villeneuve d&#8217;Ascq qui a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 la collection d&#8217;art brut du mus\u00e9e de l&#8217;Aracine, d&#8217;autres, issues de la collection Di Rosa. Dans d&#8217;autres vitrines, des illustr\u00e9s, des planches de bandes dessin\u00e9es, des objets cr\u00e9\u00e9s par la &#8221; Di Rosa SARL &#8220;. L&#8217;Art modeste ne s&#8217;arr\u00eate pas \u00e0 une \u00e9poque et \u00e0 un monde et sa d\u00e9finition d\u00e9passe le kitsch, l&#8217;art populaire, l&#8217;art na\u00eff, l&#8217;art singulier, l&#8217;art brut. La notion de mus\u00e9e tente de donner \u00e0 l&#8217;objet banal de la vie quotidienne, en d\u00e9passant la dimension n\u00e9vrotique et le f\u00e9tichisme, une vision et une r\u00e9flexion scientifique et cr\u00e9atrice.<\/p>\n<p>1. Fran\u00e7ois Taillandier, Aragon 1897-1982.Quel est celui qu&#8217;on prend pour moi ?, Fayard, 175 p.89 F.<\/p>\n<p>2. &#8221; De l&#8217;exactitude historique en po\u00e9sie&#8221;, 1940, cit\u00e9 par Pierre Daix en exergue du chap.5 de son Aragon.<\/p>\n<p>3. Pierre Daix, Aragon, une vie \u00e0 changer, Flammarion, 566 p.160 F<\/p>\n<p>4. Aragon parle avec Dominique Arban, cit\u00e9 dans Val\u00e8re Staraselski, Aragon, la liaison d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, p.25.<\/p>\n<p>5. Aragon, une vie \u00e0 changer, Le Seuil, 1975.<\/p>\n<p>6. Val\u00e8re Staraselski, la Liaison d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, Faits et textes, l&#8217;Harmattan, 368 p.et Aragon l&#8217;inclassable, l&#8217;Harmattan, 1997, 368 p.et, aux \u00e9ditions B\u00e9r\u00e9nice\/Valmont, Aragon, l&#8217;invention contre l&#8217;utopie.Conf\u00e9rence de Manchester, suivie d&#8217;Entretiens, 93 p., 55F.(\u00e9ditions B\u00e9r\u00e9nice: 11, rue de la Glaci\u00e8re, 75013, Paris.T\u00e9l\/Fax: 01 47 07 28 27 )<\/p>\n<p>7. Nedim G\u00fcrsel, le Mouvement perp\u00e9tuel d&#8217;Aragon.De la r\u00e9volte dada\u00efste au monde r\u00e9el, L&#8217;Harmattan, coll.Espaces litt\u00c8raires, 300 p.150 F env.(parution annonc\u00e9e \u00e0 fin sept.\/oct.1997).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> En vingt mille objets de la vie quotidienne et de &#8221; produits artistiques d\u00e9riv\u00e9s &#8221; con\u00e7us par Herv\u00e9 Di Rosa, un projet qui a pour ambition de mettre fin aux hi\u00e9rarchies dans le domaine de l&#8217;art. 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