{"id":620,"date":"1997-07-01T00:00:00","date_gmt":"1997-06-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/d-autres-etonnants-voyageurs620\/"},"modified":"1997-07-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-06-30T22:00:00","slug":"d-autres-etonnants-voyageurs620","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=620","title":{"rendered":"D&#8217;autres \u00e9tonnants voyageurs&#8230;"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> A l&#8217;abordage ! <\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir publi\u00e9 Cap sur la gloire, Capitaine de sa majest\u00e9, Mutinerie \u00e0 bord, Toutes voiles dehors, En ligne de bataille, ennemi en vue, A rude \u00e9cole, et le Feu de l&#8217;action, une s\u00e9rie romanesque contant les aventures du Capitaine Bolitho, Ph\u00e9bus nous offre En vaillant \u00e9quipage, du m\u00eame Alexander Kent; ma\u00eetre incontest\u00e9 du genre maritime. A lire au bord de la mer, berc\u00e9 par le ressac&#8230;en imaginant \u00eatre en 1777 \u00e0 bord d&#8217;un superbe voilier deux-ponts. Dans le m\u00eame registre, le Faucon des mers, de Rafael Sabatini, est un chef-d&#8217;oeuvre, \u00e0 l&#8217;\u00e9gal de Captain Blood et Pavillon Noir, du m\u00eame auteur (deux fr\u00e8res s&#8217;affrontent sur l&#8217;Oc\u00e9an). Enfin, Samuel Shellabarger \u00e9crivit Capitain de Castille en 1945. Plus qu&#8217;un excellent roman de cap et d&#8217;\u00e9p\u00e9e, il \u00e9voquait pour la premi\u00e8re fois la conqu\u00eate de l&#8217;Am\u00e9rique par les Espagnols. En fait, le premier g\u00e9nocide de l&#8217;histoire: l&#8217;an\u00e9antissement de la civilisation am\u00e9rindienne au profit des conqu\u00e9rants de la vieille Europe&#8230;n<\/p>\n<p>Alexander Kent, En vaillant \u00e9quipage, Ph\u00e9bus, 315 p., 139 F Rafael Sabatini, le Faucon des mers, Ph\u00e9bus, 330 p., 135 F Samuel Shellabarger, Capitaine de Castille, Ph\u00e9bus, 700 p., 169 F<\/p>\n<p> <strong> R\u00e9cits de voyage et aventures <\/strong><\/p>\n<p>Consid\u00e9r\u00e9 comme l&#8217;un des meilleurs r\u00e9cits de voyage (en Orient) \u00e9crit en langue anglaise, Eothen (1844) fut le livre de chevet de Bruce Chatwin, Paul Theroux, Evelyn Waugh, Peter Fleming, Graham Greene, et Henry James. Il est l&#8217;oeuvre d&#8217;Alexander William Kinglake, l&#8217;un des p\u00e8res du &#8221; travel-writing &#8220;. Plus grave, le Village oubli\u00e9 est le r\u00e9cit autobiographique de Theodor Kroger: un jeune prisonnier allemand, lors de la Grande Guerre, est envoy\u00e9 au bagne en Sib\u00e9rie. El Paso, de R. B. Cunninghame Graham (aristocrate \u00e9cossais devenu anarchiste), \u00e9tait admir\u00e9 par Joseph Conrad&#8230; C&#8217;est dire son talent. Il s&#8217;agit de quinze nouvelles qui \u00e9voquent le monde brutal de la pampa argentine, dans les ann\u00e9es 1860-70. A l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 les fils de vaquero inventent le tango. L&#8217;auteur du Salaire de la peur, Georges Arnaud, a laiss\u00e9 deux autres romans du m\u00eame tonneau, dont les Oreilles sur le dos (1953). Trois hommes et une femme sont en fuite (les Oreilles sur le dos: la posture du li\u00e8vre lorsqu&#8217;il est poursuivi) et empruntent la cordill\u00e8re des Andes. Un r\u00e9cit entre Hemingway et Mac Orlan.n<\/p>\n<p>Georges Arnaud, les Oreilles sur le dos, Ph\u00e9bus, 185 p., 119 F R. B. Cunninghamme Graham, El Paso, Ph\u00e9bus, 190 p., 119 F Theodor Kr\u00f6ger, le Village oubli\u00e9, Ph\u00e9bus, 528 p., 159 F Alexander William Kinglake, Eothen, Ph\u00e9bus, 262 p., 129 F<\/p>\n<p> <strong> Un bon rio tranquille <\/strong><\/p>\n<p>Les fans de la premi\u00e8re heure (Merlin, Aliz\u00e9s, Archipel) ne seront pas \u00e9tonn\u00e9s de voir Michel Rio se tourner vers le roman Noir. Ecrivain inclassable, son dernier roman la Statue de la libert\u00e9 nous entra\u00eene une fois de plus dans les profondeurs philosophico-psychologique d&#8217;un ma\u00eetre du style. Avec Tlacuilo, cet amoureux de la mer se lan\u00e7ait sur le terrain du roman d&#8217;aventure. Cette fois, l&#8217;ironie est toujours pr\u00e9sente (le h\u00e9ros solitaire est un g\u00e9ant, il tombe les femmes, boxe \u00e0 merveille, tire plus vite que bon nombre&#8230;et joue du piano en virtuose !), mais derri\u00e8re l&#8217;exercice de style se profile une attaque franche du syst\u00e8me lib\u00e9ral. Francis Malone est un policier fran\u00e7ais de haut vol charg\u00e9 d&#8217;enqu\u00eater sur la corruption li\u00e9e \u00e0 la drogue entre la France et les Etats-Unis. N\u00e9 d&#8217;un p\u00e8re po\u00e8te irlandais et d&#8217;une m\u00e8re bretonne, notre h\u00e9ros parfaitement bilingue d\u00e9barque \u00e0 New York et se m\u00e9fie de tout le monde. C&#8217;est un dur au coeur d&#8217;or, mais un anar qui croit aux vertus r\u00e9publicaines: &#8221; Le corollaire du march\u00e9 hors la loi, c&#8217;est le banditisme. Le corollaire du march\u00e9 dans la loi, c&#8217;est la corruption. On mesure le pouvoir \u00e0 la capacit\u00e9 de jouer les deux r\u00f4les. Autrement dit, Monsieur le magnat, vous \u00eates le march\u00e9, vous \u00eates un bandit, et vous \u00eates le corrupteur&#8230;&#8221; n<\/p>\n<p>Michel Rio, la Statue de la libert\u00e9, Seuil, 186 p., 89 F<\/p>\n<p> <strong> Le bourlingueur de l&#8217;Internationale <\/strong><\/p>\n<p>Francis Pornon nous livre, avec le Beau Frank, la vie aventureuse d&#8217;un homme de l&#8217;Internationale, un roman utile. Outre ses qualit\u00e9s litt\u00e9raires certaines, c&#8217;est \u00e0 la fois un reportage historique et l&#8217;histoire tragique et belle, intense et romantique, d&#8217;un militant lambda embl\u00e9matique de toute une g\u00e9n\u00e9ration. En suivant le parcours de ce &#8221; camarade ordinaire &#8220;, sillonnant les mers, pour colporter la bonne parole de la r\u00e9volution russe, tous les r\u00eaves, mais aussi les d\u00e9sillusions des &#8221; partageux &#8221; sont pass\u00e9s en revue. L&#8217;utopie d&#8217;un monde meilleur vaut-elle de perdre sa jeunesse et son \u00e9nergie ? La r\u00e9ponse est oui&#8230;mais. Remettons-nous dans le contexte historique. Nous sommes entre les deux guerres. Le fascisme italien et le nazisme allemand menacent. La r\u00e9volution bolchevique entend faire r\u00e9gner le peuple des &#8221; damn\u00e9s de la terre &#8220;. Puis ce sera la guerre d&#8217;Espagne (Frank croise la route d&#8217;Hemingway sur le front de Teruel, et rencontre le photographe Capa, dont il a vu les photo dans Regards). Puis viennent les combats de la R\u00e9sistance.n<\/p>\n<p>Francis Pornon, le Beau Frank, la vie aventureuse d&#8217;un homme de l&#8217;Internationale, le Temps des Cerises, 292 p., 120 F<\/p>\n<p> <strong> I love you, I vole you&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;homme descend du linge, c&#8217;est bien connu&#8230;&#8221;, s&#8217;amuse Christian Laborde, auteur de la Corde \u00e0 linge, l&#8217;histoire d&#8217;une fl\u00e2nerie singuli\u00e8re sur les chemins vicinaux de la France d\u00e9partementale. Il s&#8217;agit, en fait, de la satire d&#8217;une vie de satyre. Journaliste-pigiste de son \u00e9tat, L\u00e9onard Louna sort de chez lui, \u00e0 v\u00e9lo (symbole de libert\u00e9), les jours de grand vent. Il monte en direction des coteaux qui bordent le village o\u00f9 il habite et, litt\u00e9ralement gris\u00e9 par le ballet des linges balay\u00e9s par le vent, il rep\u00e8re &#8221; ses troph\u00e9es &#8220;, s&#8217;en empare et les vole. Son f\u00e9tichisme a une dimension religieuse. Il voue un culte \u00e0 la soie, au linge, \u00e0 la femme. A travers cette collection tr\u00e8s priv\u00e9e il replonge en enfance et retrouve sa m\u00e8re, et ses jambes sous la machine \u00e0 coudre Singer. Une v\u00e9ritable partie de cache-cache s&#8217;engage entre le voleur et Judith, la fille du notaire, victime de choix. Le fait qu&#8217;il s&#8217;int\u00e9resse au &#8221; beau linge &#8221; n&#8217;est pas un hasard&#8230; Les ligues de vertu n&#8217;ont qu&#8217;\u00e0 bien se tenir.n<\/p>\n<p>Christian Laborde, la Corde \u00e0 linge, Albin Michel, 229 p., 98 F<\/p>\n<p>Michael Guinzburg, L&#8217;Irrempla\u00e7able Exp\u00e9rience de l&#8217;explosion de la t\u00eate, traduit par Daniel Lemoine.Gallimard-S\u00e9rie Noire, 328 p., 105 F<\/p>\n<p>Ray King, R\u00eaves p\u00e8lerins, traduit par Elisabeth Guinsbourg.Gallimard-S\u00e9rie Noire, 295 p.<\/p>\n<p>Ronald Levitsky, Cet amour qui tue, traduit par V\u00e9ra Osterman.Gallimard-S\u00e9rie Noire, 365 p..<\/p>\n<p>George P.Pelecanos, Le chien qui vendait des chaussures, traduit par Laeticia Devaux.Gallimard-S\u00e9rie Noire, 286 p.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> A l&#8217;abordage ! <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-620","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/620","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=620"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/620\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=620"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=620"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=620"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}