{"id":617,"date":"1997-07-01T00:00:00","date_gmt":"1997-06-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/noir617\/"},"modified":"1997-07-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-06-30T22:00:00","slug":"noir617","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=617","title":{"rendered":"NOIR"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Entretien avec James Crumley <\/p>\n<p>Voir aussi La trame<strong> N\u00e9 en 1939 \u00e0 Three Rivers (Texas), James Crumley est un poids lourd (dans tous les sens du terme) du roman noir am\u00e9ricain. Avant de s&#8217;imposer dans le genre, il a suivi des cours \u00e0 Georgia Tech, gr\u00e2ce \u00e0 une bourse ROTC (Reserve Officers Training Corps: r\u00e9gime correspondant pour nous au PMS. Pr\u00e9paration militaire sup\u00e9rieure). Apr\u00e8s deux ans dans l&#8217;arm\u00e9e, il \u00e9crit son premier roman en 1969, One to Count Cadence (Un pour marquer la cadence, Gallimard). Apr\u00e8s des \u00e9tudes au Texas, dans l&#8217;Iowa, il enseigne la composition litt\u00e9raire et la litt\u00e9rature \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 du Montana, l&#8217;Universit\u00e9 de l&#8217;Arkansas, Colorado State, Reed College, \u00e0 Pittsburgh, et \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 du Texas d&#8217;El Paso. Bref, le bonhomme a la bougeotte !&#8230; Il s&#8217;installe enfin \u00e0 Missoula (Montana), tente de &#8221; s&#8217;\u00e9chapper &#8221; sept fois (dixit himself), mais revient au bercail &#8221; pour voir la lumi\u00e8re de l&#8217;Ouest &#8220;. C&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;il vit toujours aujourd&#8217;hui, en bas de la Rattlesnake Valley (la vall\u00e9e des serpents \u00e0 sonnettes). Pas \u00e9tonnant que son dernier roman s&#8217;intitule: Bordersnakes (Les serpents de la fronti\u00e8re). Ses autres livres, Un pour marquer la cadence, le Canard siffleur mexicain, la Danse de l&#8217;ours, sont publi\u00e9s chez Gallimard; Fausse Piste, Dernier baiser ou le Chien ivre, en 10-18 (Christian Bourgois), et Putes, chez Rivages\/Noir. La particularit\u00e9 de James Crumley est d&#8217;\u00eatre un auteur de roman noir, dont les protagonistes \u00e9voluent, \u00e0 la fois dans un univers urbain et sombre, mais \u00e9galement dans les grands espaces, sous la lumi\u00e8re d&#8217;un soleil \u00e9touffant. Enfin, ses personnages ne tournent pas en rond, sur 10 km2: ils \u00e9voluent &#8221; on the road &#8220;, sur la route infinie de Jack Kerouac. Sa vision de l&#8217;Am\u00e9rique est une vision subversive. <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Vous \u00eates un des \u00e9crivains les plus anciens de Missoula (Montnana). Qu&#8217;est-ce qui vous a attir\u00e9 dans cette ville de &#8221; rednecks &#8221; (p\u00e9quenots) ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> James Crumley : <\/strong> Les habitants sont gentils&#8230; Tout a commenc\u00e9 avec le po\u00e8te Richard Hugo. Il a enseign\u00e9 dans les ann\u00e9es 1964-66. Depuis, il existe une communaut\u00e9 d&#8217;\u00e9crivains dans cette petite ville. Nous nous voyons souvent, mais il n&#8217;y a pas d&#8217;\u00e9cole \u00e0 proprement dire, \u00e9videmment. Chaque \u00e9crivain a son style&#8230; James Lee Burke, qui habite aussi l\u00e0-bas, n&#8217;\u00e9crit pas comme John. A. Jackson. On s&#8217;y sent bien, alors on y reste, c&#8217;est tout. Cette ville m&#8217;a adopt\u00e9. Il y fait bon vivre, nich\u00e9 entre les montagnes du Montana. Il y a de tout chez nous. M\u00eame un policier-\u00e9crivain, comme Robert Sioms Reid: c&#8217;est un bon gars&#8230;m\u00eame s&#8217;il est flic ! J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 une fois en 1962, \u00e0 Paris: Gare du Nord. J&#8217;avais de l&#8217;herbe sur moi&#8230; Mais on ne m&#8217;a pas mis en prison&#8230;<\/p>\n<p> <strong> A la fois auteur de roman noir et \u00e9crivain &#8221; naturaliste &#8220;, vous sentez-vous r\u00e9solument politiquement incorrect ?&#8230; <\/strong><\/p>\n<p> <strong> J. C : <\/strong> Absolument. Les \u00e9crivains n&#8217;aiment pas \u00eatre catalogu\u00e9s. Ce sont les \u00e9diteurs qui organisent des cat\u00e9gories. Il y a de bons \u00e9crivains et de mauvais \u00e9crivains, et basta ! Je n&#8217;ai pas de probl\u00e8mes avec la censure, sauf avec les f\u00e9ministes, parfois&#8230; Pourtant, j&#8217;aime les femmes \u00e0 forte personnalit\u00e9. Cette histoire de &#8221; polically-correct &#8221; c&#8217;est de la foutaise !<\/p>\n<p> <strong> Vos r\u00e9f\u00e9rences sont Mickey Spilane, Chandler ?&#8230; <\/strong><\/p>\n<p> <strong> J. C : <\/strong> Plus Spilane, non. Ma tante me l&#8217;a fait d\u00e9couvrir quand j&#8217;\u00e9tais jeune. Chandler, OK ! C&#8217;est toujours une r\u00e9f\u00e9rence. J&#8217;\u00e9cris ce que j&#8217;ai envie d&#8217;\u00e9crire. Mon fils le plus jeune vient d&#8217;avoir 14 ans. Le plus grand a 16 ans. Il faut que je gagne de l&#8217;argent, pour qu&#8217;ils puissent aller \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9. Et puis j&#8217;ai d\u00e9pens\u00e9 beaucoup d&#8217;argent dans mes divorces&#8230; J&#8217;ai en cours des nouvelles et un roman. Je crois \u00e9crire de la litt\u00e9rature s\u00e9rieuse, sur des \u00e9v\u00e9nements dr\u00f4les et violents \u00e0 la fois.<\/p>\n<p> <strong> Comme vos h\u00e9ros, vous avez toujours \u00e9t\u00e9 r\u00e9fractaire \u00e0 toute autorit\u00e9&#8230; <\/strong><\/p>\n<p> <strong> J. C : <\/strong> J&#8217;ai appris \u00e0 manipuler le syst\u00e8me bureaucratique \u00e0 l&#8217;arm\u00e9e. J&#8217;ai compris ce qui \u00e9tait bon pour moi. J&#8217;ai donc un peu trich\u00e9 \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9, avec les dipl\u00f4mes&#8230; Je n&#8217;aimais pas la fac. J&#8217;y ai enseign\u00e9, mais je ne pouvais rester plus de deux ans au m\u00eame poste. J&#8217;ai toujours voulu \u00e9crire&#8230; Si je n&#8217;avais pas \u00e9crit, je ne sais pas ce que je serais devenu. Je ne suis pas fait pour enseigner. J&#8217;ai arr\u00eat\u00e9 en 1966. J&#8217;ai \u00e9crit Un pour marquer la cadence, en 1967, mais j&#8217;ai mis deux ans \u00e0 le faire publier.<\/p>\n<p> <strong> Vous \u00eates un enfant de la g\u00e9n\u00e9ration 68: \u00eates-vous le seul gauchiste du Texas, traditionnellement r\u00e9actionnaire ?&#8230; <\/strong><\/p>\n<p> <strong> J. C : <\/strong> Je ne suis pas le seul, heureusement. J&#8217;ai toujours \u00e9t\u00e9 \u00e0 gauche, presque anarchiste. Mes valeurs sont de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0. Pourtant, mes parents n&#8217;\u00e9taient pas politis\u00e9s. Ils votaient rarement&#8230; Mes h\u00e9ros sont des hommes libres, mais ils n&#8217;ont rien \u00e0 voir avec les milices fascistes, dites &#8221; freemen &#8220;, ou &#8221; survivalistes &#8221; du Texas. Ce sont des gens surarm\u00e9s, dangereux, et compl\u00e8tement paum\u00e9s&#8230; Ils ne font pas de politique: ce sont des criminels ! Comme Milo et Sughrue, mes personnages, je trouve que l&#8217;Am\u00e9rique a chang\u00e9. J&#8217;ai la nostalgie des ann\u00e9es 60-70: la musique \u00e9tait bonne, m\u00eame les hommes politiques me manquent: c&#8217;\u00e9tait plus fun ! On pouvait esp\u00e9rer un monde meilleur, r\u00eaver. J&#8217;\u00e9tais un peu beatnick \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Maintenant, les m\u00f4mes voudraient faire partie d&#8217;un gang: m\u00eame \u00e0 Missoula ! Il y a trop d&#8217;armes aux Etats-Unis&#8230; Il faudrait r\u00e9guler la vente d&#8217;armes. J&#8217;\u00e9cris d&#8217;ailleurs actuellement un livre qui se passe dans les ann\u00e9es 60.<\/p>\n<p>James Crumley, les Serpents de la fronti\u00e8re, traduit de l&#8217;am\u00e9ricain par Nicolas Richard et Daniel Lemoine, Gallimard (Noire), 379 p., 130 F<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Entretien avec James Crumley <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-617","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/617","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=617"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/617\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=617"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=617"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=617"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}