{"id":613,"date":"1997-07-01T00:00:00","date_gmt":"1997-06-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/blanc613\/"},"modified":"1997-07-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-06-30T22:00:00","slug":"blanc613","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=613","title":{"rendered":"BLANC"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Entretien avec Jim Harrisson <\/p>\n<p>Voir aussi La trame, Terre d&#8217;Am\u00e9rique<strong> A 60 ans, Jim Harrison est l&#8217;un des plus grands \u00e9crivains am\u00e9ricains vivants. N\u00e9 \u00e0 Grayling, dans le Michigan, il n&#8217;a pas ressenti le besoin de s&#8217;exiler dans le Montana comme la plupart de ses amis. Il connut son heure de gloire avec L\u00e9gendes d&#8217;automne, en 1979, adapt\u00e9 au cin\u00e9ma, notamment gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;acteur Jack Nickolson qui le finan\u00e7a pendant son \u00e9criture. Grand amateur de p\u00eache et de chasse, il a pourtant horreur qu&#8217;on le compare \u00e0 Hemingway. Son coeur balance plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 de Faulkner&#8230; C&#8217;est en France qu&#8217;il est le plus appr\u00e9ci\u00e9, les \u00e9ditions 10-18 (Christian Bourgois) ont publi\u00e9 son oeuvre compl\u00e8te (Julip, son dernier roman paru en France. After he kill, un recueil de po\u00e8mes, vient d&#8217;\u00eatre publi\u00e9 aux Etats-Unis); \u00e7a tombe bien, il aime la France et ses plaisirs culinaires&#8230; Histoire de briser la glace, l&#8217;entretien commence donc sur les vertus du vin rouge. On passe du &#8221; beaujolpif &#8221; au Roman\u00e9e Conti. C&#8217;est entendu, il aime autant le bourgogne que le bordeaux. On peut donc passer aux choses encore plus s\u00e9rieuses: la litt\u00e9rature !  <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Votre style a chang\u00e9 depuis Sorcier et Un bon jour pour mourir, des romans pleins d&#8217;humour mais tr\u00e8s noirs. Vous avez chang\u00e9 de cap avec Wolf, et surtout Dalva, qui a connu un large succ\u00e8s. <\/strong><\/p>\n<p>Jim Harrison: J&#8217;\u00e9tais plus jeune \u00e0 l&#8217;\u00e9poque de Sorcier. Aujourd&#8217;hui, je n&#8217;aime plus ce livre&#8230; J&#8217;\u00e9tais un peu fou, en col\u00e8re. J&#8217;avais des hauts et des bas. A trente ans, on est enrag\u00e9. Apr\u00e8s, j&#8217;ai \u00e9crit Wolf. J&#8217;ai mis quelques mois \u00e0 rentrer dans le personnage. Je m&#8217;\u00e9tais isol\u00e9. Je vivais comme un sauvage, dans ma &#8221; cabane &#8220;. J&#8217;aime le roman noir et le policier. J&#8217;adore James Crumley, par exemple. Ma fille, Jamie, \u00e9crit aussi des polars (dans la S\u00e9rie Noire). Elle vient d&#8217;en finir un de 600 pages, tr\u00e8s bon. J&#8217;en reviens pas d&#8217;avoir fait une gentille fille qui \u00e9crit des choses si sombres&#8230; Nous venons d&#8217;\u00e9crire un sc\u00e9nario tous les deux. Elle a trouv\u00e9 son style. Je serais incapable d&#8217;\u00e9crire ses livres. Mon esprit n&#8217;est pas fait pour \u00e7a. J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 proche du roman noir, mais sans franchir le seuil. Sorcier \u00e9tait pour moi un exercice de style&#8230; Puis je me suis trouv\u00e9. J&#8217;aime la nature. C&#8217;est mon \u00e9l\u00e9ment.<\/p>\n<p> <strong> En \u00e9crivant Dalva, vous vous mettiez dans la peau des Indiens ? Leur litt\u00e9rature vous touche-t-elle particuli\u00e8rement ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> J. H : <\/strong> Je connais bien la litt\u00e9rature indienne. James Welsh est mon ami. Je n&#8217;avais pas le choix, quand j&#8217;ai \u00e9crit ce livre. Il s&#8217;est impos\u00e9 \u00e0 moi. Dans mon pass\u00e9, j&#8217;ai beaucoup visit\u00e9 les r\u00e9serves. J&#8217;ai v\u00e9cu l\u00e0-bas pour comprendre ce qu&#8217;il s&#8217;y passait&#8230; Je me sentais proche d&#8217;eux, parce que j&#8217;\u00e9tais pauvre quand j&#8217;\u00e9tais jeune. Quand j&#8217;ai perdu mon oeil, j&#8217;ai \u00e9crit un livre pour les enfants, sur ce th\u00e8me, qui s&#8217;appelait le Gar\u00e7on qui courait dans les bois. Les \u00e9crivains indiens appr\u00e9cient ce que j&#8217;\u00e9cris, notamment la nouvelle &#8221; Chien Brun &#8220;. Je n&#8217;aime pas la x\u00e9nophobie. Je n&#8217;ai jamais eu de probl\u00e8mes avec les native-writers. La nouvelle g\u00e9n\u00e9ration (Owens, Querry, etc.) a de de bons \u00e9crivains et des hommes droits, de bons po\u00e8tes.<\/p>\n<p> <strong> Vous \u00eates tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 en France. Qu&#8217;avez-vous pens\u00e9 du Festival de Saint-Malo ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> J. H : <\/strong> Chez moi, on me lit \u00e0 New York&#8230; J&#8217;ai plus de succ\u00e8s en Europe, c&#8217;est vrai. Je suis traduit dans 24 pays. La France a une tradition plus culturelle. Les Fran\u00e7ais nous rep\u00e8rent avant nos compatriotes, comme ce fut le cas avec James Joyce et les jazzmen. Quant au festival, c&#8217;est bien mais \u00e7a m&#8217;a fatigu\u00e9, j&#8217;\u00e9tais tr\u00e8s sollicit\u00e9&#8230; En fait, j&#8217;ai surtout appr\u00e9ci\u00e9 le vin, les fruits de mer, et la plage. Pas la foule. Je suis claustrophobe. Alors, dans ma chambre, j&#8217;ouvrais la fen\u00eatre et je voyais la mer: c&#8217;\u00e9tait super !&#8230;<\/p>\n<p> <strong> Vous engagez-vous pour des causes politiques ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> J. H : <\/strong> Je me consid\u00e8re comme un po\u00e8te&#8230;de gauche. Les politiciens me font chier ! Chez moi, ils foutent en l&#8217;air le pays. Chez nous, \u00e9crire sur la nature, c&#8217;est un acte politique, \u00e7a vient du coeur. J&#8217;ai particip\u00e9 \u00e0 des marches sur Washington, dans les ann\u00e9es 60-70, et je me suis fait matraquer, comme les autres&#8230;<\/p>\n<p>Dalva et tous les autres romans de Jim Harrison sont publi\u00e9s en 10-18 ou chez Christian Bourgois.Julip, son dernier roman publi\u00e9 en France, est sorti chez Christian Bourgois, 322 p., 140 F Son dernier texte, paru chez Albin Michel, dans Terres d&#8217;Am\u00e9riques, un ouvrage de 52 pages, \u00e9crit avec James Welsh, est offert par certains libraires aux acheteurs d&#8217;un ouvrage r\u00e9cent de la collection&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Entretien avec Jim Harrisson <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-613","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/613","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=613"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/613\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=613"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=613"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=613"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}