{"id":5806,"date":"2012-11-08T22:23:39","date_gmt":"2012-11-08T21:23:39","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/un-gars-une-fille-nuit-1-de-anne5806\/"},"modified":"2023-06-23T23:12:45","modified_gmt":"2023-06-23T21:12:45","slug":"un-gars-une-fille-nuit-1-de-anne5806","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=5806","title":{"rendered":"Un gars, une fille, Nuit #1 de Anne \u00c9mond"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Sensation qu\u00e9b\u00e9coise du moment, <em>Nuit #1<\/em>, premier long m\u00e9trage d\u2019une toute jeune r\u00e9alisatrice de Montr\u00e9al propose une variation d\u00e9senchant\u00e9e des relations amoureuses, ballot\u00e9es au gr\u00e9 du va et vient des d\u00e9sirs et de l\u2019introspection. Un  film pas sp\u00e9cialement f\u00e9ministe, mais totalement f\u00e9minin.\n<\/p>\n<h2>D\u2019abord on baise\u2026<\/h2>\n<p>Dans la foule d\u2019un club \u00e9lectro, ils sont deux, chacun dans leur bulle, chacun dans leur transe. Au rythme de la musique leurs corps se d\u00e9lient, se d\u00e9nouent avant qu\u2019au ralenti leurs regards ne se croisent. On les retrouve dans le couloir glauque d\u2019un appartement. Il ne se souvient pas de son pr\u00e9nom, elle si. Ils se d\u00e9shabillent jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle le suce. Puis c\u2019est \u00e0 son tour \u00e0 lui de la l\u00e9cher avant qu\u2019elle ne lui dise\u00a0: <em>\u00ab\u00a0j\u2019ai envie que tu me baises\u00a0\u00bb<\/em>. Il la laisse seule, revient avec une capote, la baise, donc, puis jouit, mais pas elle. Alors il la branle. Un partout, \u00e9galit\u00e9. On se demande alors ce qui fait d\u2019un plan cul film\u00e9, une sc\u00e8ne de porno. La r\u00e9ponse est en creux. C\u2019est la multiplication des angles de prise de vue, totalement absente de la mise en sc\u00e8ne d\u2019Anne \u00c9mond. Car ici la cam\u00e9ra reste fixe, suffisamment proche pour enregistrer ces instants durant lesquels la chair n\u2019est pas si triste finalement, suffisamment loin pour laisser passer un peu d\u2019air et pourquoi pas un peu de tendresse malgr\u00e9 tout.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"460\" height=\"259\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/JszI6TpHQow?rel=0\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><br clear=\"all\"><\/p>\n<h2>Apr\u00e8s on parle.<\/h2>\n<p>L\u2019id\u00e9e force du film, reprenant par l\u00e0 la structure narrative de Ma Nuit Chez Maud de Rohmer, consiste \u00e0 faire passer les amants par tous les \u00e9tats de la relation amoureuse, en une seule nuit et quasiment dans un seul lieu. Un pari risqu\u00e9, \u00e0 base de longs monologues ac\u00e9r\u00e9s. Dans ces confessions, ce qui se donne \u00e0 entendre surtout, par del\u00e0 l\u2019invariant de l\u2019incompr\u00e9hension des sexes, par del\u00e0 le \u00ab\u00a0suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis\u00a0\u00bb  c\u2019est l\u2019errance d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration.  Errance sentimentale, donc, mais aussi incapacit\u00e9 \u00e0 mener sa vie dignement, dans la contrainte \u00e9conomique comme dans l\u2019hypocrisie sociale. Ce que Anne \u00c9mond donne \u00e0 voir, c\u2019est une jeunesse, non  pas paum\u00e9e, mais terriblement d\u00e9senchant\u00e9e, sans horizon v\u00e9ritable. Un monde clos, une soci\u00e9t\u00e9 aux imp\u00e9ratifs totalitaires, aux injonctions paralysantes, un univers froid et humide. <\/p>\n<h2>Une obscure clart\u00e9<\/h2>\n<p>Dans ce temps sombre de la nuit d\u2019une histoire amoureuse surgissent pourtant des \u00e9clats lumineux. De l\u2019actrice tout d\u2019abord, Catherine De L\u00e9an, \u00e0 d\u00e9couvrir absolument \u00e0 qui Anne \u00c9mond a laiss\u00e9 les commandes \u2013 notamment de la sc\u00e8ne de baise &#8211; et qui compose un personnage g\u00e9n\u00e9reux, profond quand bien m\u00eame elle se r\u00e9v\u00e8le emplie d\u2019inqui\u00e9tudes existentielles. Sparring Partner, Dimitri Storoge a endoss\u00e9 le mauvais r\u00f4le, celui du salaud bavard et irritant, du looser complaisant, du sale type passif agressif. Depuis ce c\u00f4t\u00e9 obscur, il r\u00e9ussit pourtant \u00e0 incarner quelque chose en sommeil, en gestation, une col\u00e8re et une rage mutil\u00e9es. L\u2019expression d\u2019une existence g\u00e2ch\u00e9e. Enfin il y a la mise en sc\u00e8ne, sans laquelle le spectateur sombrerait corps et biens. Un sens du d\u00e9coupage et du cadrage qu\u2019on ne trouve que chez quelques grands cin\u00e9astes, ainsi qu\u2019un \u00ab\u00a0je ne sais quoi\u00a0\u00bb qui a \u00e0 voir avec la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 ou l\u2019intelligence du point de vue. En tout \u00e9tat de cause, un regard f\u00e9minin. <\/p>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-5806 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/film3-d34.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"80\" height=\"55\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/film3-d34.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Un gars, une fille, Nuit #1 de Anne \u00c9mond\" aria-describedby=\"gallery-1-17166\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-17166'>\n\t\t\t\tUn gars, une fille, Nuit #1 de Anne \u00c9mond\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure>\n\t\t<\/div>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sensation qu\u00e9b\u00e9coise du moment, <em>Nuit #1<\/em>, premier long m\u00e9trage d\u2019une toute jeune r\u00e9alisatrice de Montr\u00e9al propose une variation d\u00e9senchant\u00e9e des relations amoureuses, ballot\u00e9es au gr\u00e9 du va et vient des d\u00e9sirs et de l\u2019introspection. 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