{"id":5746,"date":"2012-10-26T11:21:31","date_gmt":"2012-10-26T09:21:31","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/le-cinema-et-ses-formes-le-regard5746\/"},"modified":"2023-06-23T23:12:35","modified_gmt":"2023-06-23T21:12:35","slug":"le-cinema-et-ses-formes-le-regard5746","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=5746","title":{"rendered":"Le cin\u00e9ma et ses formes, le regard de la sociologie politique"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Travelling, fondu encha\u00een\u00e9, ou genre cin\u00e9matographique, les dispositifs des films sont d\u00e9finis, produits, et diffus\u00e9s dans des espaces structur\u00e9s par des rapports de pouvoir. La journ\u00e9e d\u2019\u00e9tudes que proposent ce lundi Gael Marsaud et Georges Meyer \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Paris 8 se propose d\u2019interroger et d\u2019\u00e9clairer les enjeux politiques des formes filmiques avec entre autres interventions, celle de Mathieu Trachman sur la politique des films X. Focus.\n<\/p>\n<p>Au menu quelques interventions all\u00e9chantes sont programm\u00e9es, tant sur le cin\u00e9ma militant des ann\u00e9es 70 en France (par Romain Leclerc), que sur les formes du documentaire (Aude Servais) sans oublier l\u2019usage militant de l\u2019\u00e9criture filmique, notamment dans ses manifestations syriennes (C\u00e9cile Boex). De son c\u00f4t\u00e9 Mathieu Trachman concluera la journ\u00e9e en prenant la parole autour des \u00ab\u00a0Repr\u00e9sentation des fantasmes et (la) politique de la sexualit\u00e9 (ainsi que d)es enjeux sexu\u00e9s de la politisation de la pornographie\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 l\u2019on se pose souvent la question de savoir en quoi les films pornographiques peuvent \u00eatre politiques, Mathieu Trachman, lui, retourne l\u2019interrogation pour se demander comment et sous quelles conditions les gens, appartenant \u00e0 l\u2019industrie des fantasmes pornographiques, revendiquent la dimension politique du X.  Jeune docteur en sociologie, enseignant \u00e0 l\u2019EHESS, Trachman m\u00e8ne depuis plusieurs ann\u00e9es ses investigations sociologiques sur le milieu du X fran\u00e7ais au sein duquel il a men\u00e9 de nombreux entretiens avec les producteurs, r\u00e9alisateurs, acteurs, hommes ou femmes, de ce secteur particulier du cin\u00e9ma. <\/p>\n<p>Cette particularisation \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019ensemble de productions d\u2019images et de sons, voil\u00e0 qui constitue pour Trachman la premi\u00e8re raison par laquelle le porno entre dans une cat\u00e9gorie politique. En tant qu\u2019elle est d\u00e9finie de l\u2019ext\u00e9rieur, par l\u2019Etat et ses organismes de contr\u00f4le, comme le CSA ou la commission d\u2019agr\u00e9ment des films. <\/p>\n<p>Une fois revenus sur les conditions et les arguments ayant pr\u00e9sid\u00e9s au vote de la loi instituant une cat\u00e9gorie X, notamment dans sa distinction entre cin\u00e9ma et support masturbatoire, (et \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 pas mal de pornographes appartiennent encore \u00e0 la fine fleur des r\u00e9alisateurs et techniciens fran\u00e7ais sortis de l\u2019IDHEC) il s\u2019agit d\u2019interroger la question politique \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de cette cat\u00e9gorie d\u2019Etat.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors Trachman d\u00e9finit 3 aspects de cette cat\u00e9gorie politique. Premi\u00e8rement la d\u00e9politisation des producteurs et r\u00e9alisateurs qui se voient comme investisseurs dans un march\u00e9 assez vaste\u00a0: celui des fantasmes. Pour eux il s\u2019agit de l\u00e9gitimer leur activit\u00e9 en la d\u00e9politisant.  Deuxi\u00e8mement, la dimension politique du discours tenu par certains r\u00e9alisateurs qui comme John B. Root contestent la censure, celle d\u2019Etat bien \u00e9videmment, mais aussi celle que peuvent incarner les f\u00e9ministes \u00ab\u00a0tradi\u00a0\u00bb lorsqu\u2019elles \u00e9noncent que le porno avilit la repr\u00e9sentation sexu\u00e9e des femmes, d\u00e9forme la construction de la sexualit\u00e9 adolescente etc. <\/p>\n<p>La question des r\u00e9alisatrices constituent en fin le troisi\u00e8me point du rapport au politique. Trachman remarque qu\u2019on attend des filles et de femmes qui r\u00e9alisent des films X le fassent de mani\u00e8re subversives. Tout ce passe comme si s\u2019exprimait l\u00e0 une injonction \u00e0 la subversion tant dans leurs travaux que dans leurs discours, un <em>\u00ab\u00a0imp\u00e9ratif sexu\u00e9 de politisation\u00a0\u00bb<\/em> comme le souligne le sociologue. Alors qu\u2019on attend des hommes pas plus que de satisfaire un<em> \u00ab\u00a0besoin\u00a0\u00bb<\/em>, on fait porter \u00e0 la place de r\u00e9alisatrice, des enjeux conjugaux, relationnels, de repr\u00e9sentation, <em>\u00ab\u00a0reconduisant ainsi une vision diff\u00e9rencialiste\u00a0\u00bb<\/em> entre les unes et les autres.<\/p>\n<p>Ici l\u2019impertinence de Trachman consiste \u00e0 ne pas se contenter de convoquer la figure, forc\u00e9ment politique d\u2019Ovidie, mais \u00e0 la mettre en perspective avec celle,  un peu oubli\u00e9e, sauf par les fans du Journal du Hard du milieu des ann\u00e9es 90, de Laetitia. Laetitia, qui en quelques ann\u00e9es \u00e9puisa le champ esth\u00e9tique et fantasmatique de ce genre dans le genre qu\u2019est la s\u00e9quence \u00ab\u00a0amateur\u00a0\u00bb (n\u2019importe qui baise devant la cam\u00e9ra). Laetitia qui revendiqua le droit \u00e0 la vulgarit\u00e9, la m\u00eame que celle des hommes, ni plus ni moins.<\/p>\n<p>Au milieu de ce d\u00e9codage passionnant, certain(e)s pourraient n\u00e9anmoins ressentir une certaine d\u00e9ception\u00a0: que Mathieu Trachman axe ses recherches principalement sur les strat\u00e9gies professionnelles, au d\u00e9triment d\u2019un travail d\u2019analyse d\u2019images. En clair, il n\u2019y aura pas de projections d\u2019extraits de films de culs, de bites et de chattes. On se contentera d\u2019en parler. Dommage\u00a0?<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-5746 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/35b-e40.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/35b-e40-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Le cin\u00e9ma et ses formes, le regard de la sociologie politique\" aria-describedby=\"gallery-1-17037\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-17037'>\n\t\t\t\tLe cin\u00e9ma et ses formes, le regard de la sociologie politique\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Travelling, fondu encha\u00een\u00e9, ou genre cin\u00e9matographique, les dispositifs des films sont d\u00e9finis, produits, et diffus\u00e9s dans des espaces structur\u00e9s par des rapports de pouvoir. 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